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GUILLON L'UNIVERS

«UILLOX

a été traduit en espagnol , en anglais , et mis en prose française.

Guillon (Marie - Nicolas - Sylvestre) , évêque de Maroc in partibûs infide- Hum , est né à Paris en 1760. Élève du collège du Pies si s, et ensuite du collège Louis le Grand , où il eut Robespierre pour condisciple , il se fit connaître dès 1788 par la publication d'un ouvrage intitulé : Mélanges de littérature orientaie , dédié à 1 abbé Barthélémy. Il se livra aussi avec succès à la prédication. La princesse de Lamballe se l'attacha comme lecteur, comme aumônier et bibliothécaire ; mais la révolution , dans sa marche rapide, vint bientôt lui enlever ces fonctions. Il se retira à Sceaux, où il se tint caché tant que dura l'orage, sous le nom de Postel , qui était celui de sa mère. Il se donna comme médecin, et exerça en effet la médecine avec succès. Un Mémoire sur les maladies nerveuses, inséré dans le Journal encyclopédique, reste pour attester ses études médicales. Il n'en poursuivit pas moins ses travaux de politique et de religion. Constant adversaire de la constitution civile du clergé , il avait entrepris dès 1791, sous le titre de Collection ecclésiastique, une bibliothèque raisonnée de tous les écrits soit critiques, soit apologétiques, que cette mesure avait suggérés. Le tome IV de la collection, qui fut poussée jusqu'au XIIe volume, comprend le Parallèle des révolutions sous le rapport des hérésies qui ont désolé l'Eglise , ouvrage qui produisit une assez grande sensation et fut réimprimé plusieurs fois. En 1798, l'abbé Guillon publia sans nom d'auteur une Collection des brefs et instructions du saint-siège relatifs à la révolution française, collection qu'il accompagna de notes et dissertations. En 1801 parurent les Recherches historiques et critiques stir les élections populaires , la pragmatique sanction et le concordat , ouvrage qui , au rapport de l'auteur , lui valut une détention de quatre mois au Temple. Lorsque l'exercice du culte fut rétabli, l'archevêque le nomma chanoine honoraire et bibliothécaire de l'archevêché. Peu de temps après , le cardinal Fesch ayant été nommé ambassadeur à Rome, l'abbé Guillon l'accompagna en qualité d'auditeur théologique

de la légation française. Revenu à Paris en 1804, il commença par se livrer au ministère de la prédication , et ne tarda pas à entrer dans la carrière de l'enseignement. En 1808, il fut nommé professeur de la seconde classe des langues anciennes dans le lycée Bonaparte.

En 1811, une faculté de théologie avant été fondée dans l'Université impénale , la chaire d'éloquence sacrée devint le partage de l'abbé Guillon. Nous regrettons de devoir dire qu'aux titres sérieux et suffisants qui le recommandaient aux faveurs du gouvernement impérial , il en ajouta un autre d'une efficacité plus certaine , l'adulation , une adulation d'aussi mauvais goût pour la forme que peu digne pour le fond. M. l'abbé Guillon jugea sans doute que ces exercices d'éloquence idolâtrique faisaient partie des attributions de sa chaire ; car à la chute de l'homme des destinées, de celui qui occupait la droite de Dieu, sans transition, sans embarras, il transporta ces mêmes hommages aux rois légitimes , et de ceux-ci à la monarchie de juillet. Il a été , durant cette dernière époque, nommé à l'évéché de Cambrai, ensuite à celui de Beauvais ; mais l'opposition du clergé annula ces nominations. Enfin, en 1833, il reçut les bulles de Rome qui l'instituaient évêque de Maroc in partibus.

Si le caractère de M. l'abbé Guillon n'est point à l'abri de tout blâme , du moins, il faut lui rendre cette justice, qu'il représente dans le clergé le parti

f>eu nombreux de la modération et de a tolérance, le parti qui pactise avec les lumières. Il donna une preuve signalée de cet esprit de tolérance lorsque, appelé par Grégoire aux derniers moments de celui-ci , il lui accorda les sacrements de l'Église; conduite qui fut publiquement censurée par l'archevêque de Paris. M. l'abbé Guillon, il faut aussi le reconnaître, a puissamment contribué, par d'utiles publications, à propager une solide instruction religieuse. Sa Bibliothèque choisie des Pères grecs et latins (Paris, 1822, 26 vol. in-8°) compte cinq réimpressions.

Nous avons encore de lui : 1° Promenade savante au jardin des Tuilenes, ou Description de ses monuments, Paris , 1799 ; 2° Du respect dû aux tom-

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