GUINES
Les Anglais s'emparèrent de la ville par trahison, en 1351. Le duc de Guise renleva, le 20 janvier 1558, quelques jours après ta redditionde Calais, « quoyque le milord Grey (estimé lors des premiers guerriers d'Angleterre) y commandast; qui estant demeuré prisonnier avec quelques autres par la capitulation, et donné à monsieur le ma* rescha! Strozzi, luy confessa que, ayant
Sagné quelques batailles pour le service e la dite couronne, il avoit désiré souvant de se trouver assiégé en quelque place, pour voir s'il y seroit aussy heureux , mais qu'il n'eust jamais pensé qu'on les eust si tôt peu forcer (*). » Les fortifications , où s'étaient si longtemps abrités les ennemis du royaume, furent démolies par le vainqueur. Un
f)lan de la ville , dressé à cette époque, a représente comme une des plus fortes places de l'Europe.
Aujourd'hui, Guines compte une population de 3,840 hab.
Guines (comtes de). Descendants de Siegfried le Danois, les premiers comtes de Guines possédèrent le domaine de-
Euis le dixième siècle. Us en faisaient ommage aux comtes de Flandre. Des fondations de monastères, des voyages en terre sainte , des guerres avec les seigneurs d'Ardres , remplissent leur histoire. Leur postérité mâle s'éteignit en 1137 , dans la personne de Manassès, dont la petite-fille et héritière, BéatriXy mourut sans enfants, vers 1142; le comté revint à Arnold, seigneur de Tornehen. Baudouin II, son successeur, attaché au parti du comte de Flandre contre Philippe-Auguste, fut réduit enfin à se reconnaître vassal immédiat du roi de France, en 1181. Une nouvelle levée de boucliers rappela Philippe-Auguste sur s» s terres , dont les Français firent rapidement la conquête. Le comte resta deux ans prisonnier à Paris , et mourut bientôt après avoir recouvré sa liberté et sa terre (1206).
Arnoul II, son fils, guerroya contre Renaud de Dammartin , que Philippe- Auguste secourut, puis contre Ferraud, comte de Flandre , irrité de ce qu'il avait rendu hommage au roi de France.
(*) La vie, mort et tombeau de Philippe de Stro-tzi, par de Torsay (imp. en 1608).
Ferraud ayant fait alliance avec le roi d'Angleterre, le roi de Germanie, le comte de Boulogne , et plusieurs autres seigneurs, le pays de Guines fut cruellement ravagé pendant un an. Arnoul combattit à Bouvines , dans l'armée de Philippe - Auguste , suivit Louis de France en Albigeois , puis en Angleterre, et mourut en 1220. Sous Baudouin III, son fils , Louis IX mit dans la mouvance du comté d'Artois les comtés de Boulogne , de Guines et de S.iint-Pol. Arnoul III lui succéda en 1245, et fut, comme son père, dévoué aux intérêts de Henri III d'Angleterre.
Mais, en 1283 , accablé de dettes par suite de ses courses aventureuses , il vendit son comté à Philippe le Hardi, ne laissant à Baudouin IF, son fils, que quelques autres seigneuries.
Philippe le Bel , en 1295 , rendit la terre de Guines à Jeanne de Guines, fille de Baudouin, et à son époux, Jean de Brienne , comte d'Eu , tué à la bataille de Courtray. Raoul II , né de ce mariage, fut comte d'Eu et de Guines, et connétable de France. Il mourut en 1345. Raoul 111 , connétable comme son père, fut décapité en 1350, par ordre du roi Jean , qui le soupçonnait d'intelligence avec Édouard d'Angleterre. Le comté de Guines fut alors réuni à la couronne , puis donné à Jeanne d'Eu K sœur de Raoul, mariée avec Louis d'Évreux, comte d'Étampes.
Mais, en 1352, les Anglais se rendirent maîtres de Guines par surprise, et le traité de Brétigni leur en assura la possession.
Charles VI recouvra ce comté , qui fut de nouveau démembré de la couronne , et cédé , par le traité d'Arras (1435), à Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Les Anglais en furent plutôt maîtres que lui , et Charles VII le leur reprit. Louis XI en fit donation à la famille de Croï (1461). Cependant , Charles, comte de Charolais, revendiquait le comté, en vertu du traité d'Arras; Louis fut forcé de le lui abandonner par le traité de Conflans (1405). Plus tard, H s'en empara de nouveau , et le rendit aux Croï, qui le gardèrent jusqu'à ce que Philippe de Croï se fut engagé dans le parti du duc de Bourgogne. Toutes les terres de France de ce seigneur fu-
wnt confisquées, et G ni nés fut donné à Antoine , bâtard de Philippe le Bon.
Après la mort de ce possesseur, il revint à la couronne.
Guingamp , chef-lieu de sous-préfecture du département des Côtes-du- Nord C'était jadis la capitale du duché de Pènthièvre, et elle était entourée de murailles, dont une partie existe encore.
Cette préférence d'une famille de seigneurs turbulents attira à la ville de nombreuses vicissitudes. Elle fut successivement la proie de Pierre de Dreux, la dot de sa soeur, l'apanage de Gui de Bretagne, frère de Jean 111, et retourna dans la maison de Pènthièvre pendant les dernières années du quatorzième siècle.
Elle ne traversa pas ces diverses phases sans être assiégée plusieurs fois ; prise en 1341 , par le comte de Montfort, l'année suivante par Louis d'Espagne , général de Charles de Blois ; en 1343, par Èdouard d'Angleterre ; pillée et brûlée en 1345 par le comte de Northampton. Olivier de Blois la perdit lorsque le duc de Bretagne confisqua les terres des Pènthièvre pour les punir de leurs trames ambitieuses. Jean V en fit don alors à son fils puîné, Pierre de Bretagne. Ce fut ce prince qui releva les fortifications de sa nouvelle chàtellenie , et lui rendit en partie sa splendeur passée.
Mais les mauvais jours n'étaient point passés pour la petite capitale. Les troupes de Charles VIII l'enlevèrent à la duchesse Anne, malgré la belle défense que leur opposèrent le vieux Mérien Chéro et son lieutenant Gouiket (voy.
ce mot). Reprise par ce dernier, elle fut peu après conquise et pillée une seconde fois par la Trémouille(M9t). La ligue vint ensuite avec ses troubles , et Guingamp soutint encore deux sièges meurtriers. Après la soumission du duc de Mercœur, il fut stipulé que son château serait démoli. Cette mesure ne fut du reste accomplie qu'en 1626.
Les annales intérieures de la ville offrent des particularités non moins intéressantes. Guingamp avait une communauté, avec le droit de députer aux états de Bretagne , et les pouvoirs de moyenne et basse justice , prérogative
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ordinairement réservée, cependant, à
l'évêque ou au seigneur , dans les cités bretonnes. En outre , ses bourgeois étaient représentés par un député au conseil ducal, en vertu des lettres de François II , datées du 19 mars 1486.
C'est qu'aussi ils avaient constamment
Srouvé leur attachement aux intérêts es ducs, même pendant les querelles et rébellions des Pènthièvre.
Comme centre d'activité industrielle, Guingamp n'a jamais eu une grande importance. Cependant , elle a donné son nom à des toiles renommées, et son singulier marché, connu sous le nom de Foire aux pommes ( voyez Foires), attirait jadis une foule considérable. Elle a vu naître dans ses murs le peintre Charles Valentin (1738), le général Pastol, tué à Lutzen, etc.
Guingamp compte 6,100 habitants.
Guiot (Florent) , né à Semur , en 1756, exerça dans cette ville la profession d'avocat jusqu'à la convocation des états généraux. Membre de la Constituante, il opina constamment pour les mesures révolutionnaires les plus radicales. En 1792 , le département de la Côte-d'Or l'élut député a la Convention nationale. Dans le procès de Louis XVI, il vota la mort sans appel au peuple et sans sursis. Commissaire de la Convention dans le département du Nord , en 1794, il déjoua la conspiration de Lejorne, qu'il fit exécuter, ainsi que ses complices. Il prit part à la révolution du 9 thermidor , et fut nommé commissaire dans le département du Pasde-Calais, pour y faire l'application du régime nouveau. Le 13 vendémiaire, il eut une grande part dans la résistance qu'opposa la Convention aux insurgés.
Toutefois , sincèrement attaché à la république, il ne cessa point de combattre avec une égale énergie tout ce qui pouvait tendre à la contre-révolution. C'est ainsi qu'il fut l'un des auteurs principaux au décret du 3 brumaire, qui exclut les parents d'émigrés de toute fonction publique. Sous la constitution de l'an ni , il entra au Conseil des Anciens; mais au premier renouvellement, il en sortit , et fut nommé résident auprès de la république des Grisons. Là , il favorisa les mouvements insurrectionnels qui éclatèrent à l'approche des
GiriRAUD
GUISCARD
troupes françaises, on 1798; mais n'étant pas soutenu par le Directoire , il dut se retirer, et lut envoyé à la Haye, en qualité de ministre plénipotentiaire.
Apres la révolution du 18 brumaire, Guiot resta attaché au parti démocratique Cet homme, qui avait tenu dans les assemblées nationales et hors des assemblées une position éminente ; qui s'était vu candidat au Directoire pour remplacer Laréveillère - Lépeaux , fut alors réduit, pour subsister, à tenir un
ritit cabinet de lecture à Paris. Arrêté l'occasion du complot de la machine infernale , il fut longtemps détenu , et ne recouvra la liberté que sur les instances de Merlin de Douai, son ancien ami. En 1806, il fut nommé secrétaire, puis substitut du procureur impérial au conseil des prises, emploi qui fut supprimé en 1814. Banni en 1816, comme ayant voté la mort de Louis XVI, il ne tarda pas à obtenir l'autorisation de rentrer en France. Il mourut à A vallon, le 18 avril 1834.
Guipy (bataille de), gagnée le 20 juin 1475 sur les Bourguignons par le sire de Combronde, commandant les francs archers de Beaujolais , de Bourbonnais et d'Auvergne. Le chef des Bourguignons, le comte de Roussi , demeura prisonnier, et les Français entrèrent en Bourgogne par Auxerrè et Mâcon.
Guipy est un bourg de l'ancien Nivernais, près de Chàteau-Chinon.
Guibaud (le baron Pierre- Marie- Théodore- Alexandre ) , poète dramatique, né à Limoux, en Languedoc, le 25 décembre 1788. Les premiers essais poétiques de M. Guiraud furent couronnés par l'Académie des jeux floraux. En 1820, il fit recevoir au Théâtre-Français une tragédie de Pelage, mise à Yindex par la censure. Il a donné depuis à POdéon : 1° les Machabées , tragédie en 5 actes ; 2° le Comte Julien , ou l'Expiation , tragédie en 5 actes, 1823, in-8°; 3° Élégies savoyardes, 1823, in-8°; cet ouvrage, vendu dans les salons au profit de l'œuvre des petits Savoyards , leur a valu plus de 4,000 francs; 4» Poèmes et chants éiégiaques, 1824, in-8° ; ce volume est le titre littéraire le plus solide de M. Guiraud; 5° Chants hellènes, 1824 , in-8°. Il a donné au Théâtre-
Français : Virginie, tragédie en 5 actes, 1827,in-8°.M. Guiraud a été élu membre de l'Académie française, en 1826, en remplacement du duc de Montmorency. Charles X lui conféra, plus tard, le titre de baron , en lui accordant des lettres de noblesse.
Guisabme , lance dont le fer avait la forme d'une hache à deux tranchants.
Guiscard (Robert), duc de Pouille et de Calabre , l'un des plus grands capitaines du onzième siècle, était fils du célèbre Tancrède de Hauteville (voy. ce nom), et naquit vers l'an 1015. Ses trois frères aînés, Guillaume Bras de Fer, Drogon et Humphrey ou Umfroi, avaient formé des établissements solides en Italie , et Umfroi permit à son frère Guiscard de chercher fortune en Calabre ; celui-ci , à la tête d'une poignée de braves , se distingua tellement dans plusieurs occasions périlleuses, qu'à la mort de Humphrey son armée le proclama comte de la Pouille, au préjudice d'Abaçilard, fils de son frère. Il continua à dépouiller les Grecs de leurs possessions en Pouille et en Calabre.
Pour se donner un appui contre les seigneurs normands , et pour légaliser ses conquêtes , il sut disposer la cour de Rome en sa faveur , si bien qu'en 1059, à Amalfi, Nicolas II le confirma solennellement dans le titre de duc de Pouille et de Calabre, et lui donna l'investiture , non -seulement de ces deux duchés, mais de la Sicile, qui était encore à conquérir, toutefois, movennant une redevance annuelle que Robert devait payer au saint-siége. L'année suivante ,"il chargea son jeune frère Roger de conquérir la Sicile. Messine tomba au pouvoir des Normands; les Sarrasins furent défaits complètement près d'Enna , par les deux frères réunis ; mais la mésintelligence qui survint entre Robert et Roger faillit leur faire perdre le fruit de leurs Victoires. Lors-
Su'ils se furent réconciliés , la conquête e la Sicile fut bientôt achevée par Roger, tandis que Guiscard assiégeait les villes d'Italie restées au pouvoir des Sarrasins. Ainsi furent reunies, dans une seule main toutes les provinces qui forment encore aujourd'hui le rovaurae de Naples.
Une excommunication, lancée par
Grégoire VII contre Robert, qui avait Elle avait alors ses comtes particuliers,
pénétré dans le duché de Bénévent, Ameline de Guise, héritière dece comté,
cédé aux papes par les empereurs, força le porta en dot à Jacques d'Avesnes,
le prince normand de faire la paix avec mort en 1191. Bouchard, leur tils, fut
l'Église , dont il s'engagea à respecter aussi comte de Blois. Son unique héri-
et à défendre les droits. Robert tourna tière épousa Hugues de Châtillon,
alors ses vues ambitieuses d'un autre comte de Saint-Pol , mort en 1248.
côté. Profitant du prétexte que lui of- Cette nouvelle famille s'éteignit en 1291
frit une révolution survenue à Cons- dans la branche directe; alors un neveu
tantinople, révolution qui précipita du du dernier comte lui succéda , et eut
trône Michel VII, dont le fils était son pour petit-fils Charles de Blois, ou de
gendre, il attaqua l'empire grec. Tandis Châtillon, duc de Bretagne, mort en
que Bohémond , fils de Robert , s'em- 1304. La fille du duc eut Guise en dot,
parait de Corfou et des îles voisines, ii et épousa Louis, duc d'Anjou et roi de
assiégea Durazzo , et , malgré le petit Sicile. Nous verrons plus tard comment
nombre de ses troupes , il s en empara, après avoir défait, le 18 octobre 1081, l'empereur Alexis Comnène, qui accourait au secours de la place, à la téte d'une armée de soixante mille hommes.
Le vainqueur pénétra ensuite dans l'Épire, s'approcha de Thessalonique, et jetait déjà l'épouvante dans Constantinople, lorsqu'il fut rappelé en Italie par le pape Grégoire VII, que Henri IV, empereur d'Allemagne, tenait bloqué dans le château Saint-Ange. Après avoir délivréje pontife, il débarqua sur les côtes d'Épire , défit dans trois batailles navales les Grecs et les Vénitiens, et se disposait à marcher sur la capitale de l'empire d'Orient, lorsqu'il mourut dans l'île de Céphalonie, le 17 juillet 1085, à l'âge de 70 ans.
Voici le portrait qu'en a tracé Gibbon : « Sa stature excédait celle des hommes les plus grands de son armée ; son corps avait les proportions de la beauté et de la grâce : au déclin de sa vie , il jouissait encore d'une santé robuste, et son maintien n'avait rien perdu de sa noblesse : il avait le visage vermeil, de larges épaules , de longs cheveux, et une longue barbe couleur de lin, les yeux très -vifs; et sa voix, comme cefle d'Achille, inspirait la soumission et l'effroi au milieu du tumulte des batailles. » Le mot guiscard, ou wischard , voulait dire , dans le dialecte normand, Jin, rusé.
Guise, Guisium Castrum , Guisia, ancienne petite ville de la ci-devant Picardie , aujourd'hui du département de l'Aisne, arrondissement de Vervins.
Il est fait, pour la première fois, une mention authentique de Guise en 1050.
la seigneurie de Guise passa des rois de Sicile à la maison de Lorraine. (Voyez Guise [maison de].)
Guise a 3,072 hab. Elle est la patrie de Camille Desmoulins.
Guise (maison de). Claude 7*r, cinquième filsde René H, duc de Lorraine, et de Philippine de Gueldres, sa seconde femme, fut le chef de cette puissante et dangereuse maison de Guise, d'où sont sortis ces grands hommes qui, au seizième siècle, ont tenu entre leurs mains la fortune de la France; qui furent les chefs du catholicisme contre la réforme ; les fiers et habiles auxiliaires de Rome et de l'Espagne ; qui conçurent tant de grands projets, de si vastes espérances, et dont les noms se mêlent à des forfaits si odieux et à de si tristes catastrophes. Claude de Lorraine /er, duc de Guise, naquit au château de Condé , le 20 octobre 1496. Ayant eu avec son frère Antoine Ier, duc de Lorraine, certains démêlés , à l'occasion du partage de la succession paternelle , Claude quitta pour toujours la Lorraine , et vint s'établir en France , où il possédait les comtés de Guise et d'Aumale, la sirerie «le Joinville et la seigneurie de Mayenne. Il obtint en 1506, du roi Louis XII, des lettres de naturalisation, et en 1514. le droit de nommer aux offices royaux établis dans ses comtés. François Ier, qui aimait la valeur , fut frappé des qualités brillantes du jeune prince lorrain , et le traita avec distinction. Claude accompagna ce monarque, en 1515. dans son expédition d'Italie, et se trouvaà la bataille de Marignan, où il reçut vingtdeux blessures. Il devint bientôt un des généraux les plus renommés de son siè-
T. ix. 17' Livraison. (Dict. f.ncycl., etc.)
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