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GUIZOT L'UNIVERS. GUIZOT

m tique M. Guizot n'a point reparu dans sa chaire. Toutefois , il n'a point entièrement renoncé aux travaux historiques. En 1840, a paru un nouvel ouvrage de lui, intitule : Vie, correspondance et écrits de Washington, Paris, 1840 , 4 vol. in-8°. C'est un abrégé du grand ouvrage anglais de M. Sparks, et publié aux États-Unis sous les auspices du congrès. M. Guizot a enrichi d'une introduction très-remarquable les extraits faits suivant ses vues , et traduits sous sa surveillance. Cette publication termine la série des ouvrages historiques de M. Guizot. Ce n'est pas leur nombre, mais leur mérite, qui élève leur auteur au rang des premiers historiens de notre pays. L'opinion publique est unanime a cet égard , et d'éminents historiens, émules de M. Guizot, lui ont rendu d'éclatants témoignages, en faisant de lui des appréciations qui sont des éloges. « Je dois encore davantage, dit M. Michelet, aux ouvrages de M. Guizot. Sous l'histoire des faits il a vu l'histoire des idées. Il n'existai! point avant son cours une telle analyse des grands faits sociaux et intellectuels. Si je voulais énumérer mes obligations envers l'illustre historien, la liste serait longue (*).... »

M. Augustin Thierry en dit encore davantage. « Je ne parlerai que d'une seule œuvre, celle de M. Guizot, parce qu'elle est la plus vaste qui ait encore été exécutée sur les origines, le fond et la suite de l'histoire de France : six volumes d'histoire critique, trois cours professés avec un immense éclat , composent cette œuvre dont l'ensemble est vraiment imposant.... Chaque fois que Fauteur a repris son sujet , les révolutions de la société en Gaule depuis la chute de l'empire romain , il a montré plus de profondeur dans l'analyse, plus de hauteur et de fermeté dans les vues. Tout en poursuivant le cours de ses découvertes personnelles , il a eu constamment l'œil ouvert sur les opinions seientiûques qui se produisaient à coté de lui, et les contrôlant, les modifiant, leur donnant plus de précision ou d'étendue , il les a réunies aux siennes dans un admirable éclectisme. Ses

(*) Michelet, Hbtoire de Franr., 1. 1, p. vi.

travaux sont devenus ainsi le fondement le plus solide, le plus ûdèle miroir de la science historique moderne . dans ce qu'elle a de certain et d'invariable. Il a ouvert, comme historien de nos vieilles institutions, l'ère de la science proprement dite. Avant lui, Montesquieu seul excepté, il n'y avait eu que des systèmes. »

Comme orateur, M. Guizot tient à la chambre un rang élevé. Son éloquence dont le caractère est , si nous pouvons nous exprimer ainsi, tout didactique, se distingue par les mêmes qualités que ses livres et ses cours.

M. Guizot appartient à l'Académie des sciences morales et politiques depuis 1832, à celle des inscriptions et belles-lettres depuis 1833, et a l'Académie, où il a remplacé en 1836 M. Destutt de Tracy.

G ui zot (Élisabeth - Charlotte -Française-Pauline de Meulan, madame) naquit à Paris en 1773, au sein d'une famille riche et haut placée (son père était receveur général de la généralité de Paris) , mais que la révolution réduisit à une grande gêne.

Ses premiers essais littéraires furent quelques feuilletons que Suard lui faisait rédiger pour son journal le bliciste. Ces travaux se continuèrent pendant dix années; mais eu 1807 ils furent interrompus par leur excès même.

Mademoiselle de Meulan se tourmentait du repos auquel elle se voyait contrainte par le délabrement de sa santé, et qui compromettait le sort de sa famille, lorsqu'un matin elle reçut une lettre anonyme par laquelle on lui proposait d'écrire à sa place dans le Publir ciste. Elle accepta cette offre généreuse; mais au bout d'un mois elle somma son mystérieux ami de se faire connaître.

Le discret correspondant n'était autre Que M. Guizot. Il avait alors 20 ans et étudiait en droit ; les articles du Publiciste étaient son début. A cinq ans de là , mademoiselle de Meulan devenait madame Guizot.

M. Guizot ayant entrepris, après son mariage , de publier les Annales de l'éducation y sa femme composa divers écrits de morale pour ce recueil. L'entrée de M. Guizot aux alfaires permit à madame Guizot de travailler à son

tiUM TERDORF

GUNTERSDORF

gré, et non plus par nécessité. Elle donna ensuite successivement: t 'Écolier, roman d'éducation qui reçut le prix Montyon ; lYaité de l'éducation domestique, ou Lettres de famille, ouvrage de naute portée qui doit trouver place à côté du livre d'une autre femme (De l'éducation progressive) , par madame Necker. Madame Guizot mourut à Paris, le 1er août 1827. On a publié, en 1834 , sous le titre de Conseils de morale, deux volumes inédits.

Marguerite - Andrée - Êliza m lion , née le 30 mars 1804, et nièce de la précédente, devint , d'après le désir même de celle-ci , la femme de M. Guizot.

Elle a publié un très-petit nombre d'écrits, des articles pour la Revue française, remarquables par l'élévation de sentiment et la piété dont ils sont empreints. En 1834, M. Guizot lit imprimer, pour être donnés à quelques amis, différents essais littéraires de la compagne bien-aimée que la mort lui avait ravie un an auparavant.

Gumenen (combat de). Le 5 mars 1798, les Bernois, pour défendre leur capitale [voyez Berne (prise de)], se virent dans l'obligation de retirer une partie des troupes qu'ils avaient au poste important de Gùmenen. Rampon, profitant de la circonstance, fît. occuper le pont de ce village, situé sur la rivière de Sarine, qui se jette à quelques milles de là dans l'Aar, et s'empara des premières balteries; les autres ne tardèrent pas à être abandonnées, sur la nouvelle que Berne venait d'ouvrir ses portes à nos soldats.

Guntersdorf (combat de). Les bruits d'armistice et de paix que le passage réitéré du comte Giulay avait accrédités à Vienne s'étaient promptement répandus dans les armées : loin de les démentir, chaque parti en tirait avantage suivant sa position. Si les Français obtinrent celui du passage et de la conservation du beau pont de Vienne, une colonne de quatre mille hommes d'infanterie autrichienne et un régiment de cuirassiers détachés de l'armée de Kutusof, et coupant la route de Bohême, avaient traversé les postes français. Sur la même assurance , le général autrichien de JSoslitz, atteint le 15 novembre 1805 entre Hollabrùnn et

Schœngraben par l'avant-garde de Murat, n'opposa aucune résistance, et fournit à la nombreuse cavalerie française le moyen d'attaquer presque à f improviste le prince Bagration. Une convention d'armistice avait été signée à la suite de cette journée entre Murât et Kutusof. Cette convention devait être soumise à l'empereur; en attendant la notification, l'armée russe et le corps d'armée du prince resteraient dans les mêmes positions qu'ils occupaient :

en cas de non acceptation , on devait se prévenir quatre heures avant de rompre l'armistice (*). « Mais, ajoute le Bulletin delà grande armée, le prince Murât, instruit que les généraux russes, immédiatement après la signature de la convention , s'étaient mis en marche avec une portion de leur armée sur Znaïm , et que tout indiquait que l'autre partie allait la suivre , leur a fait connaître que l'empereur n'avait pas ratifié la convention , et qu'en conséquence il allait attaquer. En effet, Murât a fait ses dispositions, a marché à l'ennemi, et l'a atttaqué le 25 brumaire an xiv (16 novembre 1805), à quatre heures après midi; ce qui a donné lieu au combat de Guntersdorf (village près de Brunn en Moravie) , dans lequel la partie de l'armée russe qui formait l'arrièregarde a été mise en déroute, a perdu douze pièces de canon , cent voitures de bagages, deux mille prisonniers et deux mille hommes restés sur le champ de bataille. Le maréchal Lannes a fait attaquer l'ennemi de front; et tandis qu'il le faisait tourner sur la gauche par la brigade de grenadiers du général Dupas, le maréchal Soult le faisait tourner sur la droite par la brigade du général Levasseur, de la division Legrand, composée du troisième et du dix-huitième régiment de ligne. Le général de division Waither a chargé les Russes avec une brigade de dragons, et a fait trois cents prisonniers.

« La brigade de grenadiers du général Laplanche-Mortier s'est distinguée.

Sans la nuit rien n'élit échappé. On s'est battu à l'arme blanche plusieurs fois. Le général Oudiuot a été blessé ;

(*) Précis des événements militaires , par le général Mathieu Dumas, t. XIV, p. 47*

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