‹ FranceChapitre 138 sur 378 · GUYOT L'UNI · texte numérisé non relu

GUYOT L'UNI

de la république romaine. Ainsi, Trebatius devient monsieur de Trêbace; Planeius, monsieur dePlancy; Pomponius, monsieur de Pompone. Par suite de ce parti pris , toutes les lettres que Guyot traduit commencent par le mot monsieur ou madame. Mais , sauf ce ridicule que l'époque où Guyot écrivait peut lui faire pardonner, son style est ceiui des bons écrivains du grand siècle , et certains passages de ses préfaces sont dignes de Pascal ou de Bourdaloue.

Ajoutons que ses Avis au lecteur renferment les préceptes ou les conseils les plus judicieux. On y reconnaît un nomme qui a mûrement réfléchi sur les devoirs de l'instituteur public , et sur les meilleurs procédés pédagogiques.

On peut , sur cet estimable et modeste écrivain, consulter une notice de M. Barbier, insérée dans le Magasin encyclof>édiquey 1813, t. IV, p. 275 et suiv. On ignore la date de sa naissance et de sa mort.

Guyot de Provins. Ce poëte naquit au douzième siècle, dans la ville alors florissante de Provins. Adonné, dès sa jeunesse, à la culture de l'art qui fit sa renommée, il parcourut les principales cités de l'Europe, recevant partout des éloges et des présents , poussa jusqu'à Jérusalem , suivant quelquesuns jusqu'à Constantinople, et entra* à son retour dans l'état monastique. Les persécutions qu'il y éprouva nous ont sans doute valu l'amère satire des mœurs de son temps, intitulée par lui Bible y suivant l'usage de l'époque , pour ces sortes d'ouvrages. L'auteur passa quelque temps à Clairvaux ; puis il prit l'habit des bénédictins de Clunv. « Ces bons frères, dit-il,

lis me promistrrnl sans mentir Que qant je voldroie dormir Que il nie convenroit veillier Ei qaut je roldroie tnengier Qu'il me fcroient géuner. . .etc.

Mais nous ne connaissons pas l'époque de la mort du poëte , pas plus que celle de sa naissance ; il y a même du doute sur l'époque précise où il composa sa bible ; nous savons seulement que ce fut douze ans après qu'il se fut fait moine :

Il a plus de dose ans passez Qu'en noir» dras fui envelopes.

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