‹ FranceChapitre 139 sur 378 · ERS. GUYOT · texte numérisé non relu

ERS. GUYOT

Guvot écrivit sa bible qui , suivant lui , contient toute vérité ,

Por poindre et por aiguillonner, Kl por grant essample donner.

Il qualifie de puant et orrible le treizième siècle, le siècle des croisades, et nous le représente souillé par l'ignorance, le fanatisme, la simonie, le charlatanisme, et ces tristes caractères lui fournissent matière à des comparaisons avec le passé, avec les âges glorieux de la Grèce , de Rome , avec les héros de ce qui alors était le bon vieux temps.

Tour à tour il nous dépeint les légistes avides et déloyaux, les médecins, physiciens qui

Ne voldroient ja trovcr

Nul homme sans aucun mrbaing (maladie), Maint oign«Miient fout et maint bail. g Ou il no ne sens ne raison, etc.

Mais c'est surtout le clergé, c'est Rome qui excite sa bile :

Rome nos suce et nos englot, Rome destruit et ocist lot, Rome est la doit de la malice D'où sordenl toit li iimlvés vice; C'est un vivier» plein de vermine Contre l'escriplure divine, Et contre Deu sont tuil lor fet.

S' adressant à ses contemporains , il leur prêche une croisade contre les désordres de la papauté; puis il flagelle les prélats riches et orgueilleux, les curés , les chanoines qui se donnent par anticipation le paradis ici-bas, les moines, dont il dit :

Oncques plus dures gens ne vi 1

Il s'attaque à ces opulents et élégants religieux de Grandmont, à ces disciples de saint Antoine , peuplant les pays qu'ils parcourent, emmenant avec eux leurs amies, accueillant les malfaiteurs, excitant la pitié à l'aide de plaies factices. Nulle part il ne voit la charité, base véritable de la morale chrétienne :

Uns moines puet soffrir grant painoe.

Trop puel lire, trop puet ebanter.

Et travailler et géuner; Mès s'il n'a charité en soi Holt li valt pou, si com je croi.

La bible-Guyot, appelée aussi Y Armure du chrétien, est un poème toujours plein d'esprit et de verve, et quelquefois de délicatesse. Elle est restée longtemps manuscrite. La plus ancienne et la meilleure copie est celle du président Fauchet. MM. Méon et Barbazan l'ont insérée dans leur recueil de fabliaux

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