‹ FranceChapitre 155 sur 378 · L'U^VERS. H A N C A R VILLE · texte numérisé non relu

L'U^VERS. H A N C A R VILLE

mises en batterie par les soins général Drouot, et foudroyèrent les masses austro-bavaroises. L'artillerie ennemie, composée de 80 pièces, après n'avoir d'abord répondu que faiblement à Ta nôtre, s'éteignit bientôt tout a fait faute de munitions. D'autre part, tandis que les canonniers armés de la carabine défendaient opiniâtrement leurs pièces derrière leurs affûts , la cavalerie de la garde, commandée par Nansouty, se porta aussf à droUe,et exécuta une charge à fond qui put leg plus brillants résultats. Vainement |a cavalerie autrichienne et bavaroise essayait-elle de se rallier derrière les cosaques; ceux-ci, rompus euxmêmes, ne purent rétablir le combat, et l'aile gauche de l'ennemi disparut tout entière. De Wrède, se voyant alors menacé d'être pris en flanc , ordonna la retraite ; mais ce n'était pas chose facile que de sortir du défilé. Il tenta inutilement un effort sur sa droite, et l'armée austro-bavaroise , contrainte de repasser la Kintzig à la débandade , ne se reforma que sous la protection de la place de Hanau. La perte des Français, à la bataille de ce nom , s'éleva* à 3,000 hommes tués ou blessés , et à autant de prisonniers; celle des alliés fut presque double. Six généraux bavarois furent tués ou blessés , et le vainqueur enleva des canons et des drapeaux. L'empereur signala deux escaarons de gardes d'honneur comme ayant partagé les périls et la gloire des cuirassiers, des grenadiers à cheval et des dragons dans cette brillante affaire.

Le maréchal de Raguse , avec les 3e, 4e et 6e corps, fut laissé devant Hanau pour contenir de "Wrède, tandis que Wapoléon, avec le reste dé l'armée, continua dès le soir à filer sur Francfort. Le 30 , à deux heures du matin , le maréchal, qui avait ordre de prendre Hanau , commença à y jeter des obus , et bientôt la brigade autrichienne qui l'occupait se retira. Le duc de Raguse força alors le pont de Lamboi , attaqua l'aile droite de l'ennemi et la culbuta ; puis, avec les 3e et 0e corps , prit à son tour la route de Francfort. Le 4e, demeuré seul et assailli par les Autrichiens, les repoussa victorieusement, et put aussi suivre le mouvement de retraite.

Hancarville (Pierre-François-Hugues, dit d' ) , savant antiquaire, naquit à Nancy en 1729, d'un marchand de draps (suivant d'autres en 1719), ce qui ne l'empêcha pas de se faire passer pour un bon gentilhomme. Son premier ouvrage parut en 1759, sous le titre de Essai de politique et de morale calculée (anonyme) ; malgré de nombreux écarts d'imagination, il renfermait des aperçus neufs et profonds. Quelque temps après, d'Hancarville entra au service du prince Louis de Wurtemberg , et mena , en changeant de nom à plusieurs reprises, une existence fort aventureuse en Prusse, en Portugal et en Italie. Emprisonné plusieurs fois, il finit par accompagner à INapIes William Hamilton, ministre de la Grande-Bretagne, et ce fut dans cette ville qu'il publia, en anglais et en français, un ouvrage intitulé : Antiquités étrusques, grecques et romaines, tirées du cabinet du chevalier ÏV. Hamilton, 1766-1767, 4 vol.

in-fol. Il fut publié plus tard deux nouvelles éditions de cet important ouvrauo, Tune par David en 1787, l'autre en français et en anglais, Florence, 1801-1808, 4 vol. grand in-fol. Ce fut à Naples que l'auteur se lia étroitement avec le célèbre Winekelmann , qui le désignait habituellement sous le nom de capitaine Tempête. D'Hancarville mourut à Padoue en 1805. Outre les ouvrages cités plus haut, il a laissé: 1° Monuments de la vie privée des douze Césars, d'après une série de pierres gravées sous leurs règnes, Caprée (Nancy , Lcclerc), 1780, in-4°; 2° Monuments du culte secret des dames romaines , pour servir de suite aux monuments de la vie privée des douze Césars, Canrée(Nancy, Leclerc), 1784, in-4°. On pense aue cet ouvrage n'est autre chose que la traduction française et le développement d'un livre que d'Haucarville avait publié en latin , sans date , sous le titre de : Génères et Priapi , vti observant ur in gemmisantiquis, Leyde,2 vol.in-4°, ouvrage réimprimé à INapIes vers 1771 , puis à Londres, à ce que l'on croit.

Dans cette dernière édition, le texte est accompagné d'une traduction anglaise.

3° Recherches sur l'origine, l'esprit et le progrès des arts dans la Grèce, sur leur connexion avec les arts et la xeli-

Hanovre FRANCK. HANOVRE 311

gion des plus anciens peuples connus^ et sur les monuments antiques de l'Inde, de la Perse, dut reste de lAsie, de V Europe et de l'Égypte, Londres, Appleyard, 1785, 3 vol. in-4°. Ce livre, devenu très-rare , ne le cède sous aucun rapport aux ouvrages si remarquables de Winckelmann et de Visconti. D'Hancarville a laissé en manuscrit un grand nombre de notes et de dissertations curieuses, restées inédites jusqu'à présent.

Hanouards. — On donnait ce nom aux porteurs de sel et de poisson de mer. Il est question des hanouards ou henouars dans une ordonnance du prévôt des marchands de Paris de l'an 1293, dans la grande ordonnance du roi Jean, du 30 janvier 1350, etc. Attachés aux greniers à sel , ils étaient à Paris au nombre de vingt-quatre vers la fin du dix-huitième siècle.

Nous avons, dans notre article Funérailles , parlé de l'antique privilège qu'avaient les hanouards de porter les corps des rois défunts , privilège qu'ils exercèrent encore aux obsèques de Henri IV (*). Il ne faut y voir qu'unê récompense des fonctions pour lesquelles ils avaient dû être appelés auprès des cadavres des rois dans un temps où l'on embaumait d'après le procédé suivant, observé par exemple à la mort de Henri V, roi d'Angleterre et de France: «Son corps fut mis par pièces, et salé et bouilli dans un chaudron, tellement que la chair se sépara des os; l'eau fut jetée en un cimetière , et les os avec la chair furent mis dans un coffre de plomb, avec plusieurs espèces d'épices et de choses sentant bon (**). »

Hanovre ( relations avec le ). — Cest sous le règne de Louis XIII que commencèrent les rapports de la France avec les princes qui gouvernaient le

{>ays réuni plus tard sous le nom d'éectorat, puis de royaume de Hanovre.

George, prince de Calenberg (***), qui, pendant la période française de la guerre de Trente ans, en 1638, avait conclu une alliance avec le landgrave de Hesse,

(*) De Thou.

(**) J. Juvénal des Ursins.

(**•) Sa capitale était Hanovre, et ce fut seulement depuis cette époque qu'il y eut une maison de Hanovre."

signa , six mois après , un traité avec la France et la Suède ; mais au moment où la maison de Brunswick allait avoir le plus grand besoin de ses talents et de son épée, la mort l'enleva subitement le 11 avril 1641.

Une querelle s'étant élevée ensuite entre ses fils , et étant devenue une affaire de religion, parce que le cadet avait embrassé le catholicisme, la France s'en mêla, comme la Suède, les électeurs de Brandebourg, de Cologne, etc., et soutint le cadet, Jean-Frédéric. Aussi, en 1668, George-Guillaume, l'aîné, fournit-il des troupes à la Hollande contre Louis XIV. Devenu l'ami et le conseil de Guillaume d'Orange, il entra dans la grande coalition contre la France, assista à labatailledeTùrckheim(1674), remporta, sur le maréchal de Créqui, la victoire de Consarbrùck ( 1675 ). et conquit le duché de Brème (1677). Il mourut en 1705, ne laissant d'Éléonore d'Émiers, sa femme, issue de la maison d'Olbreuse, en Poitou , qu'une fille, Sophie Dorothée , mariée en 1682 au prince héréditaire de Hanovre. Jean- Frédéric , devenu duc de Hanovre en 1665, était marié à une princesse née et élevée en France, et qui se regardait plutôt comme Française que, comme Allemande, à Henriette, fille d'Édouard, comte palatin du Rhin, et de cette Anne de Gonzague, si connue à la cour de Versailles sous le nom de princesse palatine (*). Ces liaisons de famille avaient contribué à faire embrasser a Jean-Frédéric, dans la guerre de 1673 , la cause de la France, tandis que son frère, qu'on appelait le duc de Zell, était l'allié de l'Empereur et des États-Généraux.

La dignité électorale dont son successeur Ernest- Auguste fut revêtu en 1692, était le prix de la politique tout autrichienne de ce prince , de l'ardeur avec laquelle il avait pris part à toutes les alliances contre la France, fourni des troupes dans toutes les guerres de l'Empereur sur le Rhin, sur le Danube et en Hongrie. Son ambassadeur , pour obtenir que l'empereur Léopold introduisît dans le collège des électeurs un qua-

(*) Henriette avait aussi pour sœur la princesse de Condé, bru du grand Condc.

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