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SCE. HANOVRE

paix de Tilsitt (1807), les territoires de Gœttingen, de Grubenhagen, de Hohenstein et d'Osnabruck, entrèrent dans le royaume de Westphalie; le reste forma une province administrée par un gouverneur général. Au commencement de 1810, tout l'ancien électorat, à l'exception du Lauenbourg, fut incorporé aux États de Jérôme Bonaparte. Cependant, il en fut encore détaché vers la fin de la même année.

Napoléon traça une ligne depuis l'Elbe, vis-à-vis de Lauenbourg, à travers la Westphalie, dans la direction du sudouest. Tout ce qui était au nord de cette ligne, joint aux villes anséatiques et au pays d'Oldenbourg , fut incorporé à l'empire sous le nom de départements anséatiques. Le mécontentement s'accrut alors de jour en jour; et quand, au commencement de 1813, les Russes parurent dans l'Allemagne septentrionale, tout le Hanovre appelait de ses vœux les plus ardents le moment de sa délivrance. Les provinces du Nord prirent même les armes sur-le-champ; mais les Français revinrent avec de nouvelles forces, et, malgré leur défaite à Lunebourg (2 avril) , ils rétablirent leur autorité sur tout le pays, jusqu'à ce que le combat livré sur la Gœrde (16 septembre), puis la marche deTchernitchef sur Cassel , jointe au désastre de Leipzig, en eussent amené l'évacuation complète. L'armée du Nord, commandée par le prince royal de Suède , passa par le Hanovre, et", le 4 novembre , le ministère hanovrien reprit les rênes du gouvernement. Les institutions françaises firent place aux institutions caduques des temps féodaux, et toutes les possessions de la maison do Brunswick-Lunebourg furent réunies en une monarchie (24 octobre 1816).

Hanovre (guerres de). Un des principaux épisodes de la guerre de Sept ans est l'irruption d'une armée française dans l'électorat de Hanovre, au mois de mai 1757. La France qui, en 1755, à la suite de démêlés au sujet de la fixation des limites du Canada et de l'Acadie, avait vu plusieurs centaines de ses navires marchands confisqués par l'Angleterre, soutenait depuis lors, soit dans le nouveau monde , soit sur mer , une lutte acharnée contre cette puis-

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sance. Elle venait de lui enlever Minor- Dans cette situation critique , le due de

que : elle pensa ne pouvoir lui porter Cumberland recourut à la médiation du

un coup plus rude qu'en lui enlevant roi de Danemark, et, sous cette faible

encore le Hanovre. A cet effet, proli- garantie , fut signée le 8 la fameuse et

tant, pour mettre le pied en Allema- équivoque convention de Closterseven

gne, de la querelle qui allait inévi- qui renvoyait une partie de l'armée

tablement éclater entre l'impératrice nanovrienne dans ses foyers . confinait

Marie-Thérèse et le roi Frédéric, elle le reste dans Stade , mettait jusqu'à la

s'était , en mai 1756 , unie à l'Autriche, fin delà guerre le Hanovre sous la main

De son côté l'Angleterre, prévoyant les de la France, et nous laissait le champ

desseins de la France, avait jeté les yeux libre contre le roi de Prusse. Ces con-

sur Frédéric, pour défendre au besoin ditions étaient évidemment trop favo-

l'électorat , et , dès le mois de janvier , rables à l'ennemi , et le cabinet de Ver-

conclut une alliance avec la Prusse. sailles hésitait à les ratifier, lorsque nos

Au printemps de l'année suivante, armes essuyèrent la défaite de Rosbach.

deux armées françaises. Tune de vingt- Cinq jours après, arriva la ratification,

cinq mille hommes, commandée par le mais il n'était plus temps. Déjà l'armée

prince deSoubise, l'autre de quarante hanovrienne se croyait dégagée de sa

mille, conduite par le maréchal d'Es- parole; bientôt, sous un nouveau chef,

trées. franchirent le Rhin, traversèrent le prince Ferdinand de Brunswick, qui

le duché de Clèves, et occupèrent la allégua n'avoir participé en rien aux

Hcsse. De là , tandis que Soubise s'en transactions du 8 septembre, elle repa-

allait vers la Saxe renforcer les troupes rut en campagne et couvrit les États et

impériales, d'Estrées pénétra dans le les conquêtes du monarque prussien.

Hanovre, que le duc de Cumberland (le En vain Richelieu rappela au prince les

même qui avait été battu à Fontenoi en engagements pris par le duc de Cum-

i74ô) gardait avec une armée d'Anglais, berland ; en vain il menaça , si l'Angle-

de Hanovriens et de Hessois. Il eut terre persistait à les méconnaître, de

bientôt passé le Weser ; après quoi, sui- mettre le Hanovre à feu et à sang ; en

vant le duc pas à pas vers Minden , il vain ses menaces furent-elles rigoureu-

l'atteignit le 20 juillet près d'Hasten- sèment exécutées sur ce malheureux

beck, lui livra bataille, et remporta une pays que nous gardâmes encore tout

éclatante victoire. Mais des intrigues l'hiver : le prince suivit sa pointe et

de cour lui avaient déjà ôté le comman- parvint à rejeter les Français de l'autre

dément. Aussi prudent que brave, il côté de l'Aller.

pensait que ce n'était pas assez de s'a- La déplorable issue de la convention

vancer en Allemagne, qu'on devait aussi de Closterseven , les dévastations com-

se préparer les moyens d'en sortir, et mises dans l'électorat, et la ruine de

il n'avait opéré qu'avec une sage cir- toute discipline parmi nos troupes , oc-

conspection. Or, on affectait a Ver- casionnèrent , à l'ouverture de la cam-

sailles de le trouver trop méthodique, pagne de 1758, le rappel du maréchal

on se plaignait de cequ'il n'eût pas encore de Richelieu. L'abbé comte de Cler-

pris tout l'électorat et poussé jusqu'à mont, qu'il eut pour successeur, s'oc-

Magdebourg; et, pendant qu'il battait cupa d'abord de châtier quelques four-

l'ennemi à Hastenbeck, le maréchal duc nisseurs cupides et de rétablir la

de Richelieu , que le ministre lui avait subordination, puis de resserrer nos

donné pour successeur, était en route cantonnements, qui, disséminés sur une

pour venir le remplacer. Richelieu ar- étendue de cinquante lieues , pouvaient

riva le 21 , lendemain même de la ba- trop aisément être coupés par l'ennemi,

taille, adopta tous les plans de d'Es- Ce malheur n'en arriva pas moins : un

trées , qui les lui communiqua en bon malentendu fit évacuer Verden, et livra

citoyen, et pressa si vigoureusement par cette ville un passage au prince Fer-

l'armée battue, qu'elle se trouva dans dinand, qui se trouva ainsi au centre des

les premiers jours de septembre acculée quartiers français. Kotre armée rétro-

à 1 embouchure de l'Elbe. Richelieu grada forcément derrière le Weser. Elle

pouvait la contraindre à poser les armes, avait encore une position respectable

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sur ce fleuye , entre Minden et Hameln, lorsque la première de ces places, quoique défendue par huit bataillons et huit escadrons , capitula au bout de cinq jours , et découvrit notre aile gauche.

Nous dûmes alors reculer de nouveau , évacuer entièrement le Hanovre, et prendre le Rhin pour ligne d'appui. Le prince Ferdinand force encore cette ligne, et gagne, le 23 juin, la bataille de Crevelt ; mais là s'arrêtent ses succès. D'une part, à l'inhabile abbé de Clermont succède le marquis de Contades, un des meilleurs élèves du maréchal de $axe; dp l'autre, le prince de Soubise rentre en Hesse, et son avant-garde, commmandée par le duc de Broglie, défait, le 23 juillet, à Sonders-Hausen, un corps de huit mille Hanovriens.

Soubise lui-même bat, le 10 octobre, à Lutzelberg, près de Cassel, une autre armée hesso-hanovrienne, et nos troupes réoccupent le Hanovre.

Au commencement de la campagne suivante (1759) , le duc de Broglie , qui avait succédé au prince de Soubise et passé l'hiver sur le Mein, gagne, le Ï3 avril, la victoire de Berghen sur le prince de Brunswick. De son côté, le marquis de Contades passe le Rhin et se réunit au duc de Broglie. Tous deux alors ils pénètrent en >Vestphalie, s'emparent de Munster et de Minden, et conçoivent l'espoir non-seulement de chasser le prince au delà du Weser, mais pput-etre de cerner encore une fois l'armée hanovrienne. Cependant, à .Minden même, le prince cesse de reculer; il fond à l'improviste sur l'armée française, et le l" août lui inflige une défaite non moins honteuse que celles de Rosbach et de Crevelt. Le cabinet de Versailles , qui croyait réparer les déroutes en disgraciant les généraux auxquels il les attribuait, remplaça le marquis de Contades par le duc de Broglie, qui reçut le bâton ; et si le nouveau maréchal ne répara point l'échec de Minden par des succès, du moins eut-il l'avantage de se contenir en Kesse contre tons les efforts de l'ennemi, puis de s'étendre de plus en plus sur le territoire hanoyien.

Pendant les trois dernières campagnes de la guerre de Sept ans (1760, 1761 et 1762), les Français continuè-

rent à se maintenir en Hanoyre, mais sans qu'il s'y passât aucun fait militaire digne d'être mentionné. A la paix que nous signâmes en 1763 avec l'Angleterre, il nous fallut lui restituer la partie de l'électorat que nous occupions encore. Qu'avait gagné la France à intervenir dans la querelle de l'Autriche et de la Prusse ? Rien , et loin de là : notre lutte continentale avec les Anglais avait diminué d'autant nos ressources; pour soutenir la lutte maritime déjà engagée avec eux, nous perdîmes presque toutes nos colonies, et notre commerce extérieur fut ruiné pour longtemps.

Ceux de nos généraux qui n'avaient pas encore le bâton de maréchal y gagnèrent seuls quelque chose : Soubise, Contades , Broglie , l'obtinrent successivement ; mais ce fut tout.

— Lorsque l'Angleterre, au commencement de l'année 1803, rompit le traité d'Amiens, Bonaparte, premier consul , songea aussitôt à l'en punir par l'invasion de l'électorat de Hanovre. Il y destina le corps d'armée française qui se trouvait alors en Hollande , et en donna le commandement au général Mortier, qui , pour se mettre en route, n'attendit pas même l'arrivée de divers renforts qu'on lui envoyait de la Belgique et de nos anciennes frontières du Nord. Le 15 avril il quittait Nimègue avec moins de quinze mille hommes, franchissait le Waal , traversait la province d'Amheim, passait l'Ems à Meppen, et, le 31 mai, prenait position en avant de Wechte. L'armée hanovrienne, forte de douze mille fantassins, de quatre mille chevaux et de huit ou neuf cents artilleurs ou sapeurs, était réunie dans les lignes de la Hunte. Le duc de Cambridge, troisième fils du roi d'Angleterre, la commandait, et il avait juré quelques jours auparavant de mourir les armes à la main plutôt que de hisser un seul Français mettre le pied en Hanovre; mais au premier bruit de l'approche de nos troupes , il donna sa démission et prit la poste pour s'embarquer. Le feld-maréchal Walmoden lui succéda. Mortier fit dans la soirée du 21 ses préparatifs pour attaquer le lendemain. Mais l'ennemi n'osa nous attendre, et, dans la nuit, évacua toutes ses positions pour se replier sur Bors-

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tell. Le 2 juin , l'avant-garde française, conduite par le général Drouet, arrivait sous les murs de cette place. Malgré son énorme infériorité numérique et surtout l'extrême fatigue de sa colonne qui venait de faire un trajet de douze lieues, Drouet attaqua les Hanovriens, les culbuta, leur prit beaucoup de monde , et contraignit le reste à se retirer précipitamment sur le Weser.

Mortier, pour franchir le fleuve, se disposait, le 3, à forcer le point de Nienburg, lorsque Walmoden, après quelques escarmouches sans résultat, lui envoya demander une suspension d'armes. Bientôt, à la sollicitation des états de Hanovre, qui voulaient éviter au pays les malheurs d'une occupation de vive force, le général ennemi entra en pourparler avec le général français, et le jour même fut signée à Suhlingenune convention qui rendait la France maîtresse de tout l'électorat, particulièrement des branches du Weser et de l'Elbe. Puis, en attendant la ratification du premier consul, Mortier, après avoir mis garnison dans la forteresse de Nienburg, se porta sur la ville de Hanovre , capitale de l'électorat , et s'y installa le 5. JNienburg, Hanovre, Hameln, et plusieurs autres places que les Français occupèrent, mirent en leur pouvoir cinquante-cinq mille fusils, cinq mille paires de pistolets , six cents pièces d'artillerie de différents calibres, soixante fourgons neufs attelés de bons chevaux, un équipage de pont, une fonderie dans le meilleur état, trois millions de cartouches et d'immenses magasins de poudre. Or, Bonaparte, se rappelant la mauvaise foi avec laquelle l'Angleterre avait exécuté, en 1757, la convention de Closterseven conclue dans des circonstances analogues, refusa de ratifier celle de Suhlingen tant que George III lui-même n'y aurait pas donné son adhésion. Sa Majesté Britannique tergiversant, ordre fut expédié à Mortier de franchir l'Elbe sans délai , et d'attaquer Walmoden , dont les troupes occupaient la rive droite.

Mortier, à qui cependant l'occupation des principales places de l'électorat laissait au plus quatorze mille hommes disponibles, n'hésita pas à reprendre les hostilités, et alla s'établir sur la rive gauche, en

face de Lauenberg, s'étendant de Hitzacker à Winsen , c'est-à-dire de l'embouchure de la Jetzel à celle de la Lune. Le 3 juillet au matin, tout était prêt pour le passage du fleuve; mais auparavant Mortier envoya un de ses aides de camp notifier à Walmoden le refus fait par le premier consul de ratifier la convention du 3 juin, et l'injonction à l'armée hanovrienne de poser les armes comme ultimatum de toute proposition. Walmoden, à l'arrivée du parlementaire français , convoqua immédiatement ses divers généraux et leur lut la dépêche de Mortier, en leur annonçant qu'ils n'avaient que quelques heures pour prendre un parti. Après une discussion assez vive, ils tombèrent d'accord qu'ils ne pouvaient que capituler, et, le 4, les deux commandants en chef signèrent une capitulation qui présentait à la France toutes les garanties désirables. La possession du Hanovre nous était, à cette époque, d'un immense avantage : elle nous donnait un pied au nord de l'Allemagne, et devait beaucoup favoriser l'établissement du blocus continental que Bonaparte projetait dès lors contre l'Angleterre. L'électorat nous fournissait abondamment les moyens d'y entretenir une armée de vingt-cinq mille hommes. Enfin, la proximité du Mecklenbour^ et du duché de Brunswick nous offrait, au commencement d'une guerre nouvelle, les plus précieuses ressources pour la remonte de notre cavalerie.

En 1806, le Hanovre passa sous la domination de la Prusse, mais n'y demeura guère. La même année, la Prusse se brouillait avec la France , et après la bataille d'Iéna Napoléon envoyait le maréchal Mortier, à la tête du huitième corps, prendre de nouveau possession du Hanovre. Cette seconde invasion n'offrit pas plus de difficultés que la première : un seul combat, celui de Gross-Barkel (voyez ce mot), livra tout le pays à nos troupes.

Hànséàtique ( Rapports de la France avec la ligue). On croit généralement que la ligue hanséatique prit naissance seulement vers le milieu du treizième siècle, et eut pour origine l'alliance conclue vers 1241, entre Hambourg et Lubeck, pour ia

HANSFATIQI K (ligne) FRANCE

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