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défense et l'extension de leur commerce. Peu à peu d'autres villes de l'Allemagne se joignirent aux deux premières, et en 136-4, à l'époque la plus brillante de la confédération, on voyait venir aux assemblées triennales, tenues à Lubeck, les députés de quatre-vingts villes.
Ce ne fut que vers la fin du treizième siècle que les Hanséatiques, qui avaient déjà à cette époque le commerce exclusif du nord de l'Europe, obtinrent en France quelques privilèges. Philippe le Bel, moyennant certains droits, leur accorda la liberté de commercer dans les ports du royaume. D'ailleurs leur commerce d'exportation se bornait presque aux sels de France.
Au quinzième siècle , la ligue , dont la décadence commençait déjà, faisait, par le moyen des marchés de la Flandre , un grand commerce avec nos aïeux ; son commeree direct , beaucoup moins important , avait été favorisé par quelques franchises, obtenues à différentes époques. En 1470, Louis XI , la considérant comme une puissance, lui fit proposer une alliance contre l'Angleterre. Mais, à la suite de cette ouverture, des difficultés assez graves s'élevèrent entre la France et la ligue. Elles furent réglées, en 1483, en faveur de cette dernière , par une convention que Charles VIII confirma en 1487. D'après cet accord, s'il survenait de nouvelles difficultés , elles devaient être tranchées non par des tribunaux ordinaires, mais par une commission composée de l'amiral et du vice-amiral de France, du grand bailli de Rouen, des sénéchaux d'Aquitaine, de Ponthieu, de Lyon , des gouverneurs de la Rochelle, d'Artois, de Boulogne, etc.
Au seizième siècle, l'accroissement que prirent l'Angleterre et la Hollande comme puissances maritimes , porta à la ligue un coup dont elle ne put se relever. Quoique la neutralité perpétuelle de la petite confédération de Lubeck , de Hambourg et de Brème, eût été de nouveau reconnue en 1803, ces trois villes, avec leur territoire, furent englobées dans l'immense empire français en 1811, et firent alors partie de la trente-deuxième division militaire. Mais en 1814, elles reprirent leur ancienne
indépendance, grâce principalement à leur accession à la coalition de l'Europe ( outre la France. (Voy. Hambourg.)
Hanses de Paris et des provinces. En parcourant les annales du moyen âge , on trouvera que toutes les villes puissantes assises sur des fleuves abusèrent de leur position pour s'emparer de la navigation exclusive, et pour attirer à elles seules le commerce fluvial. Ainsi tirent les bourgeoisies de.
Paris, de Rouen, de Nantes, d'Orléans, de Lyon , etc.
Liîtèce avait vu se former de bonne heure , parmi ses habitants , une compagnie de négociants par eau appelés Nautse, et, à sou exemple, d'autres associations exploitèrent les rivières navigables des Gaules. (Voyez Commerce, tome V, p. 386 et 387.) Les Nautœparisiaci se perpétuèrent sous le titre de marchands de Veaue , et leur compagnie s'appela la marchandise de l'eaue, ou simplement Marchandise , mercatoria , mercandisia. Cette réunion de bourgeois marchands , dont l'origine est enveloppée de l'obscurité des temps anciens , se trouve mentionnée pour la première fois, d'une manière légale, sous le règne de Louis VI, qui, en 1121, lui céda à perpétuité le droit qu'il avait de lever 60 sous sur chaque bateau qu'on chargeait de vins à Paris à l'époque de la vendange. Le peu de documents qui nous restent sur son histoire suffisent pour nous expliquer comment elle parvint , par une âpre persévérance et la fermeté de son esprit de corps , à s'emparer de toutes les affaires de la communauté de ville, à devenir, pour ainsi dire, la communauté elle-même.
En comparaison de la hanse puissante qui lia en un faisceau les intérêts commerciaux de presque toutes les cités commerçantes de l'Europe septentrionale (voyez Hanséatique [ligue]) , la hanse de Paris était réduite à d'étroites spéculations. Mais , dans le cercle restreint des opérations auxquelles donnait lieu le commerce fluvial de la banlieue de Paris , elle se montra aussi tenace, presque aussi despotique que cette formidable association. Une charte de Louis VII, de l'an 1170, lui confirma des privilèges et des droits qu'elle qualifie d'antiques. Or, voici en quoi con-
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sistaient ces prérogatives, reconnues par l'autorité royale.
Dans l'espace dont Paris était le centre (l'action, le chef-lieu judiciaire, sur un rayon de 24 à 32 kilom., la Seine était presque considérée comme la propriété des marchands de la ville. Il était arrêté en principeque toutbateau chargé de denrées ou de marchandises, qui en remontait le cours, devait s'arrêter au pont de Mantes, s'il n'était expédié par un bourgeois hansé; le marchand du dehors, arrivé à la limite du ressort de la compagnie française, devait déclarer son intention de vendre les produits qu'il apportait , et alors le prévôt des marchands et les échevins lui désignaient un compagnon parmi les négociants parisiens. C'est à ce compagnon qu'il déclarait le prix réel de sa cargaison ; le Parisien prenait la moitié de ce prix, ou, s'il aimait mieux laisser vendre le tout, il partageait les bénéfices avec le propriétaire; condition vraiment exorbitante. Que le marchand de la basse Seine dépassât le port de Mantes, ou qu'il fit seulement embarquer des denrées au-dessous de Paris , sans l'intervention dé la hanse , sa cargaison était saisie, et le prévôt des marchands, séant au Parloir-aux Bourgeois , aussi appelé Maison de la Marchandise , ne manquait jamais de la confisquer au profit du roi et de la compagnie. Le roi avait la moitié des amendes. On ne se relâcha en rien de la rigueur d'un pareil système , quand la Normandie fut devenue française. Ainsi, les Parisiens retenaient les denrées qui leur convenaient , soit qu'elles dussent être débarquées dans la banlieue, soit que leur destination fût la Bourgogne ou la Champagne ; ils perce/aient des profits sans courir le moindre risque.II est vrai que ces privilèges ressemblaient fort, pour la moralité, à celui des tribus arabes mettant à contribution les caravanes qui traversent le désert.
Afin de compléter son système de monopole, la hanse songea à y soumettre aussi la navigation de la haute Seine, surtout le commerce des vins de Bour-
§ogne. En 1192, Philippe-Auguste lui t cette importante concession. Quiconque amenait du vin en bateau à Paris , ne pouvait le débarquer que s'il
était oourgeois établi dans la ville. De même , les acquéreurs parisiens pouvaient seuls en faire le commerce dans la ville et aux environs.
Le confluent de la Seine et de la Marne se trouvant dans la banlieue, les Bourguignons étaient en même temps exclus de la navigation de cette dernière rivière. Philippe-Auguste accorda encore à la hanse des droits importants pour l'accroissement de son pouvoir, indépendamment de ses bénéfices commerciaux. Il lui permit de lever un impôt sur les denrées arrivant par eau (charte de 1213). C'étaient les magistrats de la Marchandise qui nommaient les mesureurs de grain et de sel , les jaugeurs, les courtiers, en un mot, tous les préposés au commerce des vivres et du combustible. Enfin , la hanse avait acheté les criages (voyez Crieubs), autre source d'un revenu considérable.
Le commerce fluvial étant resté longtemps la branche la plus importante du commerce de Paris , il n'est pas étonnant gue le corps des marchands de l'eau fut considéré comme représentant la communauté marchande tout entière, et même la bourgeoisie, qui ne se composait , en eftet , que de marchands et d'artisans. Dans les chartes de la fin du treizième siècle , ses chefs ne sont déjà plus les directeurs d'une association particulière; mais ils s'y trouvent qualifies de prévôt et échevins jurés; et, un peu plus tard, on les voit à la tête de tout le commerce de Paris. Enfin, ils deviennent les chefs de la commune. Peut-être est-ce à cette origine de sa municipalité que remonte l'adoption du vaisseau figurant dans les armoiries de la ville (*).
On ne saurait nier que les efforts de la Marchandise de l'eau pour s'assurer le monopole des denrées n'aient beaucoup contribué à la prospérité de Paris. Mais , dans les trop fréquentes années de famine (voyez ce mot), on ne voit jamais qu'elle' ait eu soin de tenir des grains en réserve , ou d'en faire venir en temps opportun. Toute son attention
(*) La substitution du vaisseau au simple bateau qui apportait le via et le sel peut avoir paru mieux convenir à des armoiries, mieux orner un sceau , un écusson.
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était absorbée par le soin de veiller avec jalousie à ce qu'aucun étranger ne portât atteinte à ses droits , à exercer sur son domaine une police sévère, minutieuse.
La condition des mnrchands naviguant sur la Seine au moyen âge devait être assez pitoyable; car," sans compter les exigences de la compagnie française, la ville de Rouen, toutes les communes bourgeoises situées sur les rives du fleuve, et tous les seigneurs qui le dominaient par leurs châteaux forts, prélevaient sur les cargaisons des contributions semblables^ Toutefois, la hanse de Paris arrêtant les sels et la marée des Normands, les vins et les bois de la Bourgogne, restait de beaucoup la plus* puissante, malgré les réclamations qui s'élevaient fréquemment contre ses prétentions. Rouen plaida pourtant sa cause avec chaleur auprès de Charles VI. Elle perdit son procès , comme elle l'avait déjà perdu en 1258 devant le parlement. « Notre grande ville , disaient « les Parisiens, a besoin d'approvision- « nements immenses. Or, qu'arriverait- « il si le commerce de la Seine était • entièrement libre? Les mei Heures den- «rées passeraient outre, iraient au de- « hors, sans que nous pussions en pro- « fiter (*). » Charles VI confirma de nouveau les privilèges de la hanse de Paris, dans l'ordonnance qu'il rendit en 1415 pour régler tout ce qui concernait l'approvisionnement et le débit des diverses denrées à Paris, ordonnance qui suivit le rétablissement de la prévôté des marchands, supprimée après l'insurrection des maillotins. Ce ne fut au dix-septième siècle que la hanse enfin supprimée, ou perdit au moins ses prérogatives. Toutefois , même à cette époque de complète décadence, son nom tut conservé. « Seront et demeureront, dit l'édit de 1672 , les « droits de compagnie francoise éteints « et supprimez, sans préjudice du droit « de hanse , et sans qu il soit fait aucrtre distinction entre marchands, que «de forains et de marchands de Pa- « rrs (**). »»
(*) Charte de Charles VI de l'an i388 , en original aux archives.
(**) Voyez Lainare , Traité de In police , t. K, p. 1 4«
La hanse provinciale , dont le siège était à Orléans, formait une association non moins fortement constituéeque cel le de Paris. La Loire, qui parcourt dans une vaste étendue les populeuses campagnes du centre de la France et baigne tant de bonnes villes, était dominée par de forts châteaux. Jusqu'au quinzième siècle, les marchands, entravés dans leur commerce par les châtelains , prirent patience ; mais enfin ils se liguèrent pour veiller à leur défense commune. Ils se constituèrent à l'hôtel de ? Autruche, à Orléans, en assemblée de députés des marchands de ville, naviguant et fréquentant la rivière de Loire. Ces villes hanséatiques , ces cités envoyant des délégués, c'étaient presque toutes nos villes commerçantes entre la Seme et Fa Loire. Parmi les monuments municipaux de la commune de Nantes , on trouve trois délibérations relatives à l'élection de ces députés. Ils recevaient un salaire , avaient leur procureur général, leurs commis-gérants , leur trésorier, pour la levée de la contribution que les marchands des villes s'imposaient eux-mêmes, parla permission du roi; ils avaient aussi leurs avocats, leurs procureurs à la cour présidiale d'Orléans, et au parlement de Paris.
Voyons maintenant comment cette société sut affranchir successivement son fleuve. En 1429, le seigneur de Fromentean veut percevoir des droits qui dépassent le tarif de son péage ; aussitôt un sergent va lui signifier des lettres du roi, pour qu'il ait a mettre fin à ses exactions, et l'ajourne à justice, en cas de refus. En 1451, le sire de Ronignac, seigneur de Méance-sur-PAllier , s'empare d'un chargement considérable de ter que portait un bateau, échoué sur cette rivière. Comme la fédération étend aussi sa surveillance et sa protection sur les affluents de la Loire , elle ne perd pas de temps, elle formule ses plaintes, assigne le seigneur de Méance devant le parlement, qui le condamne à la restitution et aux dépens. En 1498 et années suivantes, sa hanse, qui avait déjà fait réprimer bien d'autres extorsions féodales, s'adresse aussi à la cour des aides pour avoir justice des financiers. Les magistrats , en termes de greffe, disent alors , par plusieurs ar-
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réts, aux péagers , aux grènetiers , aux contrôleurs : « N'avez à l'avenir à visiter les bateaux des marchands de sel que lorsqu'ils descendront à terre pour vendre leur chargement; n'ayez, gourmands que vous êtes , à vous faire inviter à aîner ; et quand les bateaux des marchands navigueront au milieu de la rivière, allez avec une barque recevoir le péage; et si vous ne voulez aller au bateau , ne le forcez pas à venir vers vous, pourvu qu'en passant on vous jette l'argent dans un navet , une pomme, ou un bâton fendu. »
Après avoir encore plusieurs fois remporté la victoire sur de puissants personnages , tels que la veuve du seigneur de Montjean , née princesse de Bourbon , et messire Juvéual des Ursins, qui prélevaient indûment une part sur les provisions de figues et de raisin sec , la fédération s'attaque aussi au clergé , et obtient des arrêts contre le chapitre de Saint-Martin de Tours , en 1525 ; contre celui de Saint-Aubin d'Angers, en 1529. Ce n'est pas tout: les marchands ne craignent pas de se mesurer avec les municipalités ; par exemple, avec la communauté de Decize, qui imposait un péage sur les bateaux pour la construction de son pont. En 1606, ils font assigner ce corps de ville devant le conseil du roi ; la victoire leur demeure. Mais enfin , sous Colbert , la hanse de la Loire n'eut plus à s'occuper que du curage des digues et des travaux hydrauliques de son fleuve.
Haquebute. On désigna d'abord sous ce nom l'arme appelée ensuite arquebuse. (Voyez ce mot.)
Harancourt (famille d'). Cette ancienne maison de Lorraine , éteinte en 1715, a produit, entre autres personnages distingués , Guillaume d'Haran* court, évêque de Verdun, qui, attache à Charles, duc de Guienne, pendant ses querelles avec Louis XI , partagea les intrigues et le châtiment du cardinal la Balue. Vers.le milieu d'avril 1469 , un
{)rétre, nommé Simon Bélée , agent de 'évêque, fut arrêté et conduit vers le roi à Amboise. On avait trouvé cousue sur lui une lettre que le cardinal adressait au duc de Bourgogne pour entraver les arrangements pris par Louis XL Le roi apprit ainsi que les deux prélats tra-