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hissaient ses secrets , et , de concert avec le Bourguignon, engageaient Charles à rejeter toute proposition de paix. Ils furent tous deux enfermés dans des cages de fer. Celle de l'évéque était à la Bastille, et il y resta quatorze ans. On sait que Louis" XI, visitant un jour cette prison d'État, et entendant les supplications et les sourds gémissements qui sortaient de la cage où Guillaume vieillissait depuis tant d'années , feignit l'étonnement , et demanda si la cage renfermait un prisonnier.
Haras royaux. Ces établissements étaient fort nombreux en France avant 1789 , époque où ils furent tous supprimés. Cependant Napoléon ayant reconnu l'utilité de quelques-uns, fit relever en 1800 celui de Pompadour (Corrèze), fondé par M. de Choiseul en 1765, et celui du Pin (Orne), créé en 1714.
Louis XVIII, en 1815, ordonna la formation du haras de Rosières , près de Nancy, pour remplacer celui de Deux- Ponts. Ces trois haras distribuent leurs étalons dans un nombre variable de dépôts, à Abbeville, à Angers, Arles, Aurillac , Blois , Braine , Cluny, Jussey, Langonnet, Libourne, Montier-en-Der, Pau, Rhodez, Saint-Lô, Saint-Maixent, Strasbourg et Tarbes.
Harcourt (famille de). Cette maison prétend tirer son origine de Bernard le Danois, un des pirates du Nord qui vinrent en Normandie avec Rollon.
Les descendants du Danois se maintinrent à un rang fort élevé. Ainsi un Jean II , sieur d'Harcourt, fut maréchal sous Philippe le Hardi , et amiral sous Philippe le Bel en 1295. La baronnie d'Harcourt , comprenant les terres d'Elbeuf et de Lillebonne , fut érigée en comté, l'an 1338, en faveur de Jean IV.
En 1 340 , Jean V épousa Blanche de Ponthieu. Son frère Geo ff roi se vengea dequelques mécontentements qu'il avait contre Philippe de Valois , en offrant son bras à Édouard III, et il devint un des plus dévoués chevaliers du roi d'Angleterre, un des chefs de son armée.
En 1346, Édouard ayant voulu descendre sur les côtes de Guienne , fut constamment repoussé par les vents.
Il renonçait à son entreprise, et retournait en Angleterre , lorsque , sur les instances d'Harcourt, il tenta de pren-
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dre terre sur les côtes de Normandie, de Charles le Mauvais , et Geoffroi Édouard ne réussit que trop bien, et la d'Harcourt , oncle du comte, apprirent France dut au traître, non-seulement ces événements , ils songèrent à la vende voir la Normandie et la Picardie ra- geance. Geoffroi envoya au roi Jean vagées, mais encore de perdre la fatale des lettres de défi où il lui annonçait bataille de Crécy, où Geoffroi comman- une guerre mortelle, et il tint parole, dait un corps considérable de l'armée Après avoir mis ses châteaux en état de anglaise, tandis que son frère, Jean défense, il passa en Angleterre avec Phid'Harcourt, mourait avec deux de ses lippe de Navarre, pour ménager une alfils, les armes à la main, en défendant liaace avec Edouard, auquel il fit homsa patrie. mage, le 18 juillet, pour les fiefs qu'il
Sous le règne du roi Jean, le traître avait dans le Cotentin, le reconnaissant d'Harcourt reparut en France : ce fut comme roi de France. Toutes ses seipour y fomenter de nouveaux troubles, gneuries furent aussitôt conquises par Il se jeta dans le parti de Charles le l'armée de Jean. Il ne tarda pas à pa- Mauvàis. Lorsqu'en 1354, le roi de Na- raître en Normandie avec Philippe de varre voulut se défaire par un meurtre Navarre et le duc de Lancastre, à la de Charles d'Rspagne , favori du roi téte de 4,000 combattants , et ravagea (voyez Favoris), il se fit accompagner tout le plat pays de cette province, où par trois d'Harcourt , Geoffroi , Jean V ses vassaux se livrèrent à des actes d'une et Louis. Toute cette famille était alors cruauté inouïe. Il porta le fer et la flamme ennemie du roi de France. Ce fut le jusque dans les faubourgs de Caen, Saintcomte d'Harcourt, Jean V, qui résista Lô, Avranches, Coutances. Dans le mois le plus vivement à ce que la gabelle ftlt de décembre, il rencontra près de Saintétablie sur ses terres en 1356 (voy. Ga- Sauveur-le-Vicomte une troupe de chebelle). Aussi la vengeance du roi Jean valiers français supérieure à la sienne, ne tarda-t-elle pas à l'atteindre. Le dau- Ses cinq cents hommes furent défaits phin Charles eut ordre de l'inviter, ainsi après une résistance intrépide , et pour que le roi de Navarre , à dîner au châ- lui, il aima mieux se faire tuer que de se teau de Rouen, le samedi 16 avril 1356, rendre. Saint-Sauveur et tous ses autres veille de Pâques fleuries. L'invitation fiefs reçurent garnison anglaise, fut acceptée par le comte. Quant à Geof- Louis d'Harcourt, v icomte de Châtelfroiqui devait l'accompagner, il s'y re- lerault, avait refusé d'entrer dans le fusa par méfiance. Le roi Jean survint complot, et était resté fidèle au roi Jean, au moment où l'on s'asseyait à table, aussi fut-il toujours mal vu de sa famille. Après avoir mis lui-même la main sur II mourut en 1388, gouverneur et lieule roi de Navarre il passa avant, et tenant général de Normandie, prit une masse de sergent, et s'en vint Jean V avait eu de son mariage avec sur le comte de Harcourt, et lui donna Blanche de Pqnthieu trois enfants qui un grand horion entre les épaules , et formèrent autant de branches distincdit : « Avant traîtres, orgueilleux, pas- tes. L'aîné fut Jean Vi% qui, en 1374, « sez en prison, à mal étrenne; par l'âme épousa Catherine de Bourbon, sœur « de mon père, vous saurez bien chanter puînée de Jeanne, épouse de Charles V. « quand vous m'échapperez (*). » Les mâles de cette branche finirent avec
Le même jour , le comte , mené en Jean VU , époux de Marie d'Alençon. charrette à réchafaud , eut la tête cou- Marie d'Harcourt, issue de ce mariage, pée en présence du roi, et fut traîné par son alliance avec Antoine de Vaudejusqu'au gibet, où le cadavre resta pendu mont, aïeul du duc de Lorraine René II, et la téte exposée. Il paraît qu'il y eut porta les biens de sa famille dans la maiquelque mouvement à Rouen pour déli- son de Lorraine, vrer Harcourt , qui y était fort aimé , Ce Jean VII , comte d'Harcourt et et <iue Jean dut se montrer aux bour- d'Aumale, mort en 1452, était cousin geois pour les apaiser. germain de Jacques d Harcourt, ba-
Dès que Philippe de Navarre , frère ron de Mongommery, marié à Marguerite de Melun, comtesse de Tancarville,
(*) Frousard. et qui lui causa de graves embarras. Un
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