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NOM EN DNT BENEDICTUM

Ainsi que toutes les espèces bonnes et d'un usage commode, les hardis furent contrefaits par des princes étrangers, notamment par lesévêques de Lausanne.

Hardouin ( Jean ) , jésuite , né à Quimper, en 1646. Ce savant nous fournit l'exemple le plus bizarre de la manie du paradoxe, de la contradiction.

Il étudia l'antiquité , mais ce fut pour la nier, la détruire. Jouant le rôle de sceptique en littérature, il soutint, entre autres extravagances, que tous les écrits attribués jusqu'à nos jours à la docte antiquité avaient été fabriqués au treizième siècle , par des moines qui s'étaient donné le mot pour se nommer Homère , Platon , Aristote , ïertullien, Augustin , etc. Il n'exceptait de cette fabrication que les œuvres de Cicéron, l'histoire de Pline , les Géorgiques de Virgile, les satires et les épîtres d'Horace, et quelques autres écrits. UÉnéide, suivant lui , n'était qu'une description allégorique du voyage de saint Pierre à Rome, la Lalàge des odes d'Horace, la personnification de l'Église chrétienne, etc.

Le même aveuglement lui fit voir des athées dans Descartes, Malebranche , Arnauld, Pascal, Nicole, etc. Enfin, ses opinions en toutes choses menaient à rincrédulité,àunpyrrhonismeuniversel.

Ses supérieurs l'obligèrent, en 1708 , à rétracter ses erreurs, qui pouvaient aboutir à faire méconnaître l'authenticité des livres saints. Il les rétracta, et n'en resta pas moins obstiné dans son système ; sceptique pieux , enfant pour la crédulité, jeune homme pour la hardiesse , vieillard pour le radotage , cet homme sin- , gulier fut néanmoins toute sa vie un modèle de régularité et de piété. Un de ses confrères disputant encore avec lui, peu de temps avant sa mort , sur son système de la supposition des anciens auteurs, « O mon Dieu , » s'écria le P. Hardouin, dans l'effusion de la piété la plus sincère, « on a beau dire que je « ne crois à rien , je vous aime de tout « mon cœur , Seigneur , et je vous re- • mercie de m'avoir ôté la foi humaine, « pour me laisser la foi divine. » Le P. Hardouin, bibliothécaire du collège Louis le Grand depuis 1683 , mourut à Paris, en 1729. Nous citerons , parmi ses nombreux ouvrages , dont le catalogue a été donné par l'abbé Joly .Éloges de quelques auteurs français ; NummiantU qui populorum et urbium Ulustrati, De re monetaria vet. Jioman. ex Pli*

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