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L'UNIVERS. HARDY

nii II sententia , Paris , 1684 , in-4° ; Antirrhetlcus de nitmmis antiquis cohniarum et municipiorum ad J. Foy~ raillant , 1689,in-4° ; Chronologiie ex nummis antiquis restilutœ spécimen, 1696, in-4°; Chronologia veteris Testament i , 1 697, 2 vol . i n-4° ; Conciliorum collectio regia tnaxima , 1715, supprimé par arrêt du parlement et reproduit en 1723 ; Apologie d'Homère, etc., 1716, in-12 ; Opéra varia posthuma (edenle d'Olivet), Amsterdam, 1733, in-fol. ; Prolegomena ad censurant scriptorum veterum, Londres, 1766, in-8°.

Hardy (Alexandre), poète dramatique, vécut sous Henri IV et sous Louis XIII. Il importa le drame espagnol sur notre scène, et cette importation en bannit pendant quelque temps les pièces d'après l'antique, sorties de l'école de Ronsard et de JodHIe. Du reste, Hardy copia les Espagnols sans intelligence et sans goût : il ne leur prit que leur enflure, leur extravagance fantastique et leur désordre : comme eux il compliqua à l'excès les ressorts de l'intrigue , et renchérit encore sur ses modèles à cet égard. Bâtissant des pièces coup sur coup avec une étonnante rapidité, il ne donnait aucun soin au style. Il ne songeait qu'à l'action, et croyait avoir tout fait pour cette partie de l'art quand il avait amalgamé, tant bien que mal , deux ou trois intrigues , et accumulé les coups de théâtre, les mystères et les surprises. Les contemporains applaudissaient ces ouvrages , et regardaient Hardy comme un grand poète.

Mais, avant le milieu du dix-septième sjècle , il n'y avait peut-être plus en France une seule personne qui le lût, ou qui connût seulement le titre de ses ouvrages. Le génie français, éclairé et formé, rejeta une influence étrangère qui lui eût été funeste, ou plutôt ne garda de cette influence que ce qui pouvait seconder sa marche et servir à ses progrès. Hardy avait transporté chez nous l'exagération et la confusion du théâtre espagnol ; Corneille , imitant, comme imitent les hommes de génie, ne prit de ce méirte théâtre que son énergie, son mouvement et sa fierté.

Hardy fut l'inventeur de ce genre misérable" qui subsista au théâtre pendant

quelque temps , et dans lequel s'essaya plusieurs fois la jeunesse de Corneille : il inventa la tragédie-comédie, absurde et plat mélange de bouffonnerie et de déclamation, de grossiers lazzis et de scènes d'horreur; imbroglio extravagant qui a la prétention d'exciter tour à tour le rire et les larmes , et qui ne produit que l'ennui et le dégoût. La moins mauvaise des tragédies de Hardy est Marianne, qui servit de modèle à la pièce du même nom de Tristan : c'est la seule où l'on trouve une apparence de sens et de raison. Ce poète s'était mis aux gages des comédiens de l'hôtel de Bourgogne ; sa plume inépuisable fournissait à ce théâtre jusqu'à six pièces par mois. Il y en a plus de six cents dans le recueil qui porte son nom. Soit qu'il manquât de conduite, soit qu'il fût mal payé par les comédiens, Hardy ne s'enrichit pas à ce métier : il vécut dans la gêne et mourut dans la misère.

Hardy (Antoine-François), député à la Convention nationale, naquit à Rouen en 1756. Il exerçait la médecine dans cette ville lorsqu'il fut nommé, en 1792, députe à la Convention. Dans le procès du roi, il se prononça pour la détention provisoire, le bannissement à la paix, et le sursis. Attaché au parti de la Gironde , dans lequel il se distingua par quelques sorties violentes , il fut compris dans la proscription du 31 mai. Il se réfugia dans le département de la Seine-Inférieure, où il se tint caché jus-

Su'au 9 thermidor. Rappelé dans le sein e la Convention en 1795 , il attaqua, avec sa virulence habituelle , tantôt les montagnards, tantôt les réacteurs royalistes. Il proposa la peine de mort contre Billaud-Varennes, Collot-d'Herbois et Barrère. Sa dénonciation contre Robert-Lindet , dont la famille avait favorisé sa fuite, le fit accuser d'ingratitude. Au milieu de la disette qui désola la France cette année , il proposa de déclarer propriété nationale toute la récolte prochaine, et de décréter la peine de mort contre quiconque refuserait de livrer telle mesure de grains pour une certaine quantité d'assignats. En septembre 1795, il fut nommé membre du comité de sûreté générale , ce qui lui fournit l'occasion de se faire remarquer au 13 vendémiaire, comme l'un des ad-

versairesles plus véhéments de l'insurrection. Éntré au Conseil des Cina- Cents, il se montra le zélé défenseur du Directoire, et attaqua vivement le parti de Clichy. Quelques membres recommandant, à l'indulgence de l'Assemblée les prêtres réfractaires , il s'opposa à toute amnistie en leur fave ir. En novembre 1796, il fut nommé secrétaire de l'Assemblée. Dans une discussion sur les abus de la presse, qui, du reste, l'avait attaqué personnellement, il se déchaîna contre cette liberté illimitée, dont abusaient surtout les écrivains royalistes , et réclama des mesures répressives. Le 17 février 1797 , il présenta un tableau affligeant de la situation de la république, et dénonça les sourdes persécutions dont les patriotes étaient l'objet, ainsi que les manœuvres contre-révolutionnaires de la société de Clichy. Il conclut ce sombre exposé en demandant des mesures rigoureuses contre les prêtres et les émigrés. Lié d'affection et de doctrine avec son compatriote Bailleul, il le défendit vivement au sujet de son écrit contre la majorité des Conseils, dénoncé par Duprat. Mais cette majorité ne voulant pas entendre l'avocat de son accusateur , elle le fit descendre de la tribune , aux cris de : A bas le valet du Directoire. Au 18 fructidor, Hardy se vengea de ce sanglant affront, en figurant parmi les plus ardents proscripteurs des hommes de Clichy. Il dénonça aussi l'état-major de la garde nationale de Rouen , comme vendu à Y homme de Hlanckenbourg (Louis XVIII) , et fît inscrire, sur la liste des déportés, le fameux pamphlétaire Robert. Hardy fut nommé membre de la commission chargée de reviser les élections , et d'annuler celles qui avaient été faites sous J'influence des contre-révolutionnaires. En 1798, il fut réélu, resta d'abord fidèle à Barras, demanda le maintien des lois restrictives de la liberté de la presse , et finit par abandonner son ancien patron au 1 8 brumaire. Il entra en conséquence au Corps législatif, d'où il sortit en 1803. Placé ensuite dans le département de l'Ardèche, en qualité de directeur des droits réunis, U fut destitué en 1814 , peu de temps après la première restauration. Il reprit alors l'exercice de la

médecine, et mourut à Paris, en 1823.

i 1 a rdy (J.) , général de division , né en 1763, à Mouzon, en Lorraine, entra au service à 21 ans, et se distingua dans les premières campagnes de la révolution. En 1798, chargé du -commandement de l'expédition d'Irlande, il fut fait prisonnier sur le vaisseau le Hoche, au combat du 1 1 octobre. De retour en France, il fit, avec l'armée du Rhin , la campagne de 1800, et, l'année suivante, il fui envoyé à Saint-Domingue , où il mourut en 1802, après avoir glorieusement coopéré aux premiers succès du général Leclerc.

Habellb de Rouen (la). C'est le nom que l'on donne à une révolte qui éclata à Rouen, au mois d'octobre 1381, presque en même temps que celle des Maillotins à Paris. Toutes deux eurent le même motif, l'augmentation des im-

Eôts (*), les dilapidations du trésor pulic. Voici comment la harelle est racontée par le religieux deSaint^Denis :

« Plus de deux cents compagnons des métiers qui travaillaient aux arts mécaniques, égarés sans doute par l'ivresse, saisirent de force un simple bourgeois, riche marchand de draps, et surnommé le Gras, h cause de son embonpoint excessif, le proclamèrent aussi leur roi pour se servir de son autorité dans leurs actes, se jetant avec ardeur dans leur entreprise , sans en calculer l'issue. Ils l'élevèrent comme un monarque sur un siège placé dans un char, et, le conduisant par les carrefours de la ville, ils parodiaient les acclamations dont on entoure le roi. Arrivés au principal marché , ils lui demandèrent que le peuple demeurât libre du joug# de tout impôt, et l'obtinrent. Cette franchise de peu de durée fut publiée en son nom dans la ville par la voix du héraut. Ûne scène si ridicule eût excité à bon droit les rires des hommes sensés; néanmoins, une foule innombrable de

Î^ens sans aveu accourut aussitôt vers ui, et on le força d'écouter , assis sur son tribunal , les cris de chacun. Quelqu'un avait - il conçu la pensée d'un crime et lui demandait-il ses ordres, on

(*) Le duc d'Anjou avait essayé d'établir arbitrairement à Rouen un droit sur les boissons et sur les draps.

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