‹ FranceChapitre 165 sur 378 · HARENGS · texte numérisé non relu

HARENGS

l'obligeait , sous peine de mort, d'approuver et dire : « Faites, faites. » Alors, poussés, je ne dirai point par leur audace, mais par une rage forcenée, ils se jetèrent sur les exacteurs royaux , les égorgèrent impitoyablement, et se partagèrent tout leur avoir comme illégitimement acquis. Ce crime une fois commis et approuvé, ils firent, en vertu de la même autorité, souffrir aux hommes d'Église beaucoup de pertes et de dommages ; puis , se dirigeant sur Saint- Ouen, dont les religieux avaient obtenu un arrêt qui maintenait contre la ville leurs privilèges, ces misérables, dignes de toute la colère du ciel , entrèrent de force dans la tour des Chartes, déchirèrent et mirent en pièces les privilèges, dont la perte aurait été irréparable si l'autorité du roi ne les avait rétablis peu après. Poussés par le même égarement, et ne craignant pas d'offenser la majesté royale , ces gens insensés et sans armes se dirigèrent vers le château du roi pour le détruire. Mais ils furent repoussés par ceux du dedans ;

Plusieurs d'entre eux furent tués ou lessés à mort.

« .... Mais bientôt le roi, irrité de l'insolence des Rouennais , et ne voulant pas fermer les yeux sur leurs outrages, de peur de les rendre plus audacieux et de les encourager à de nouvelles fautes, entra dans la ville avec ses oncles et une suite nombreuse de nobles seigneurs (février 1382). Les principaux auteurs des crimes qui avaient été commis voulaient lui refuser l'entrée, s'il ne promettait préalablement l'impunité. Le roi n'en fut que plus irrité, et, sansdifférer sa vengeance, il fit raser la porte par laquelle il était entré. En passant près du beffroi de la ville, il fit enlever la cloche qui servait à réunir la commune, et enjoignit à tous les bourgeois de porter en personne leurs armes au château royal, ce qu'ils firent avec regret et mécontentement. Le jour suivant, les principaux coupables , condamnés à mort par le conseil du roi , subirent la peine capitale, en vue du peuple ; enfin, des commissaires royaux furent chargés de recueillir l'impôt sur les boissons et la vente des draps (*). »

(•) Chronique du religieux de Saint-Denis, t. I, liv. m, cli. i e( m.

Ces supplices n'apaisèrent pas la colère du roi et des princes , et , après la défaite des Flamands à la bataille de Rosebecque , plus de trois cents habitants de Rouen furent emprisonnés et divisés en trois classes. Les uns furent condamnés à mort , les autres rachetèrent leur vie en sacrifiant tous leurs biens , et enfin les derniers furent contraints de payer, au gré des commissaires royaux , des sommes immenses , à titre de prêt, et de fournir cet argent sans délai pour éviter la prison. (Voyez M a il lot in s.)

Le mot harelle signifiait anciennement rassemblement , révolte. C'était aussi le nom que Ton donnait à la réunion des gens de guerre, des puissants évé(jues de Nantes , lorsqu'ils convoquaient leur milice en leur propre nom ; quand leurs vassaux se réunissaient à ceux du comte de Nantes , cette levée se désignait sous le nom d'ost.

Harengs (Journée des). Au mois de février 1429, pendant le siège d'Orléans, le duc de Redfonl faisait partir de Paris un grand convoi de vivres et de munitions , que les bourgeois avaient été contraints de fournir , et qu'on avait chargés sur des charrettes exigées des pauvres gens de la campagne. « Le comte de Clermont, avant de s'enfermer dans la ville , résolut d'empêcher ce convoi d'arriver aux ennemis.

«Il était à Blois, et marcha, le 12 février, pour lui couper la route de Paris, tandis que la garnison d'Orléans était sortie aussi de son côté pour venir se joindre à lui. Elle arriva la première près du village de Rouvra^. et peutêtre aurait-elle surpris les Anglais en marche et en mauvais ordre dedéfense, mais il fallait attendre le comte de Clermont.

« Durant ce délai , le convoi se disposa à soutenir l'attaque. Les chariots formèrent une ligne par derrière, et le front et les flancs furent retranchés avec ces pieux effilés des deux bouts que les Anglais portaient toujours avec eux.

Les arbalétriers de Paris et les archers anglais, placés aux deux ailes ainsi fortifiées, étaient difficiles à entamer. Les Écossais formaient l'avant- garde du comte de Clermont. En arrivant , ils s'étonnèrent que l'attaque ne fût pas

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