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GRADES MILITAIRES L'UNIVERS. GRADES MILITAIRES

maître de l'artillerie , occupèrent cette place tant qu'elles existèrent, c'est-àdire, la première, de 1270 à 1523; la seconde, de 1358 à 1762. Mentionnons également, comme supérieures jadis au grade de lieutenant général, les différentes charges de colonels généraux , qui ont existé en France : le colonel général de l'infanterie; le colonel général des Suisses et Grisons; le colonel général de la cavalerie légère et étrangère ; le colonel général de la cavalerie; les colonels généraux de la garde impériale, des carabiniers, des chasseurs à cheval, des chevau-légers lanciers, des cuirassiers, des dragons, des hussards, des gardes nationales du royaume ( voyez Colonel, tome V, page 301 et suivantes). Le titre de lieutenant général * ne s'appliqua d'abord qu'à l'officier qui représentait le roi à la téte des troupes. A partir du temps de Louis XIII, on le donna à tous les officiers qui eurent un commandement immédiat sous le commandant en chef, roi, prince ou maréchal. Il est ainsi arrivé quelquefois qu'un maréchal de France n'ait eu que le titre de lieutenant général. A Rocroi, par exemple, le maréchal de I "Hôpital n'était que lieutenant général sous le duc d'Enghien. Sous Louis XIV, les capitaines généraux étaient , dans l'armée, sous les ordres du maréchal qui la commandait, et avaient le droit de commander aux autres lieutenants généraux. Pendant la république et l'empire, les lieutenants généraux se sont appelés généraux de division ; la restauration leur a rendu leur ancien titre.

Après les lieutenants généraux vinrent les maréchaux de camp, qui, sous la république et l'empire, s'appelèrent généraux de brigade, mais qui, en 1815, reprirent aussi leur ancienne dénomination. Ce grade date de François I*r. Les officiers qui en étaient revêtus s'occupaient , de concert avec le général en chef, du campement ou des cantonnements et logements de l'armée.

A partir de Louis XIV, ces fonctions passèrent au maréchal-général des logis de l'armée, grade auquel correspond aujourd'hui celui de chef d'état- major.

Depuis ce temps, les maréchaux de camp furent employés sous les ordres des lieutenants généraux; mais ils ne

commandèrent les brigades qu'à dater des dernières années du règne de Louis XVI. De 1665, époque où les brigades furent instituées, à 1788, leur commandement appartint aux titulaires d'un grade qui n'existe plus, au brigadier des armées du roi. (Voyez ce mot, tome III , page 286.)

Le titre de colonel, qui ne date que de Louis XII , était alors associé à celui de capitaine, et donné aux chefs des bandes qui composaient l'infanterie.

François Ier le donna aussi au premier des six capitaines de chacune des sept légions qu'il créa en 1534. Lorsqu'on en revint peu après à l'ancien système des bandes militaires, les commandants de bandes gardèrent le titre de colonels jusqu'en 1544, que fut créée la charge de colonel général de l'infanterie. Les chefs de corps furent alors nommés mestres de camp jusqu'en 1661 , puis , successivement, ils s'appelèrent colonels jusqu'en 1721, mestres de camp jusqu'en 1730; colonels jusqu'en 1776, mestres de camp commandants jusqu'en 1788, colonels jusqu'en 1793, chefs de brigade jusqu'en 1803, époque où ils reprirent leur dénomination actuelle.

Un décret impérial de mars 1809 avait institué des colonels en second , mais qui ne remplissaient pas les fonctions des lieutenants -colonels actuels.

Ils étaient destinés simplement à commander les corps provisoires dont la formation pouvait être jugée nécessaire ; la restauration les a supprimés. Au contraire, il y a eu, de 1776 à 1788, des mestres de camp en second , dont l'emploi offrait beaucoup d'analogie avec le grade qui porte maintenant le titre de lieutenant-colonel. Ce titre, depuis 1552, époque de son introduction dans la hiérarchie militaire, jusqu'en 1791 , où il en disparut momentanément , ne fut porté que par le capitaine de la compagnie de chaque corps, dite compagniecolonelle. En 1791, chaque bataillon et chaque escadron reçurent un lieutenantcolonel, qui , à partir de 1793, s'appela chef de bataillon et chef d'escadron.

En 1803, le premier consul intercala, entre le colonel et les chefs de bataillon ou d'escadron , un nouvel officier, dit gros-major. En 1815, les gros - majors de Napoléon prirent le titre de licute-

nants-colonels qu'ils ont aujourd'hui, immédiatement, et qui subsista jusqu'en

et devinrent, ce qui jusqu'alors n'était 1791 , une solde un peu plus forte que

pas, un grade par lequel il fallut passer celle des simples soldats, et le droit de

pour arriver à celui de colonel. commander en l'absence du chef d'es-

L'origine des grades de chef de ba- couade.

taiUon et de chef d'escadron, si l'on Pour tout ce qui concerne les mar-

substitue le mot commandant au mot ques distinctives des grades, voyez Par-

chef, remonte au règne de Louis XII ticle Uniforme.

ou de Henri II. En tout cas , l'emploi , Gbades UNivEBSiTAiBES.Voy. Uni-

depuis Louis XIV , n'était rempli que vebsité.

par des capitaines. La vraie création Gbàdisca. (prise de). «Après le pas-

du grade ne date donc que de 1793. sage du Tagliamento , la division Ber-

Le terme de capitahie est un de ceux nadotte se présenta devant Gradisca,

qui sont le plus déchus de leur impor- pour y passer l'Isonzo (16 mars 1797),

tance primitive. pendant que le général Serrurier se por-

Quantà celui de lieutenant, supprimé tait sur la rive gauche du torrent par le

par Charles IX , rétabli par Henri IV , chemin de Monte-Falcone ; il aurait fallu

il a toujours gardé depuis la même va- un temps précieux pour construire un

leur. pont : le colonel Andréossy, directeur

Les sous-lieutenants, introduits d'à- des ponts , se jeta le premier dans PI-

bord dans la cavalerie par Henri IV, sonzo pour le sonder ; les colonnes

Pont été ensuite par Louis XIV dans suivirent son exemple ; les soldats pas-

l'infanterie. Les enseignes avaient jus- sèrent, ayant de l'eau jusqu'à mi-corps,

qu alors rempli l'emploi. sous la fusillade de deux bataillons de

Avant de parler du grade de sergent, Croates qui furent mis en déroute. Après mentionnons celui de centenier, qui ce passage, la division Serrurier se porta n'existe plus. Dans les légions de Fran- vis-à-vis Gradisca, où elle arriva à cinq rois Ier, les centeniers avaient place heures du soir. Pendant cette marche, entre les enseignes et les sergents, la fusillade était vive sur la rive droite, Pour apprécier l'importance réelle de où Bernadotte était aux prises avec Pence grade, il faut ne pas perdre de vue nemi. Lorsque le gouverneur de Graque les lieutenants actuels ne comman- disca vit Serrurier sur les hauteurs, il dent qu'une des deux sections de la capitula et se renditprisonnier de guerre compagnie, c'est-à-dire, quarante ou avec 3,000 hommes, 2 drapeaux, 20 pièquarante-huit hommes. ces de canon de campagne attelées. Le

Le titre de sergent, jusqu'à Louis XII, quartier général se porta le lendemain

n'a servi à dénommer aucun grade. On à Goriz. La division Bernadotte marcha

l'employa, à cette époque, pour dési- sur Laybach, Serrurier regagna la chaus-

per des officiers subalternes, dont sée de la Carinthie , et Bonaparte se

l'emploi était à peu près celui des titu- dirigea sur Claçenfurth (*). »

lair«s actuels. Gbaf, en latin grafio. C'était le nom

Les caporaux, que François Ier ins- que les Francs donnaient dans leur lan -

titua , s'appelèrent d'abord caps d'esca- gue au comte des Romains. (Voyez ce

dre, c'est-à-dire, chefs d'escouade. Leur mot.)

dénomination actuelle n'apparaît, pour Gbafenboubg (combat de). Vers le

la première fois, que dans les ordon- milieu de décembre 1800, l'armée gallo-

nances de Henri IL Ils occupent au- batave, qui opérait en Bavière, sous le

jourd'hui le degré tout à fait inférieur commandement d'Augereau , occupait

de notre hiérarchie militaire ; mais il y la rive droite de la Rednitz, et menaçait

a eu autrefois deux grades encore plus d'envahir le haut Palatinat. Le 18, les

humbles : ceux d'anspessade et d*ap- trois principaux corps de l'armée aus-

pointé. Le premier, dont l'origine re- tro-bavaroise, chargée de lui tenir tête,

monte aux guerres d'Italie du seizième s'ébranlèrent ensemble dans le dessein siècle, et qui ne fut supprimé qu'en

1762, valait à ses titulaires, de même (*) Mémoires écrits à Sainte-Hélène , par

que celui d'appointé , qui le remplaça Montholon , t. IV, p. 83.

M CMWUIY L'IWERS. fiUAINDOBqtl

de forcer le centre de notre ligne , et de séparer entièrement nos deux ailes.

Parmi plusieurs actions assez vives oui eurent lieu dans cette journée , une des plus sérieuses, sans contredit , fut celle qui s'engagea aux environs de Grafenbourg, petite ville à 8 kilom. de Pegnitz. Le général Dufour , qui l'occupait avee sa brigade, fut vigoureusement attaqué, se défendit non moins vigoureusement, et soutint sans désavantage, maleré son infériorité numérique , un combat qui se prolongea jusqu'à la nuit ; toutefois, désespérant de pouvoir se maintenir dans sa position, il profita de la nuit pour se replier sur Emereuth, dans la direction de Forcheim.

Gbafbkthal (combat de). Au mois d'août 1812 , la division prussienne d'York (10e corps) occupait M ittau, d'où elle observait Riga, que les Français se préparaient à assiéger. Lorsque le général russe Essen , qui commandait dans cette dernière place , apprit que leur grand parc d'artillerie , venant de Kœnigsberg , approchait de M ittau , il conçut le dessein de l'enlever en tournant la ville et renversant la droite des Prussiens. 11 chargea le général Lewis d'une partie de ce plan , en lui ordonnant de se porter par la route d'Ekau.

Or, l'entreprise échoua de tous côtés.

Lewis, pour sa part, fut battu, le 2G, près de Grafenthal , par les troupes prussiennes; battu encore le 27, et poursuivi jusqu'à Dalhenkirchen, il ne put repasser la Dwiua qu'après avoir perdu près de 1,200 prisonniers.

Gbaffigny ( Françoise d Issembourg d'Apponcourt , dame de) naquit à Nancy, en 1394, d'un gentilhomme et d'une petite-nièce du fameux graveur Callot. Mariée de bonne heure à un chambellan du duc de Lorraine, elle eut à subir, de la part de cet homme grossier, une foule de mauvais traitements, qui, au bout de quelques années, amenèrent une séparation. Madame de Graffigny dut suivre alors , à Paris, mademoiselle de Guise, future duchesse de Richelieu. Sa première composition, fut publiée dans le Recueil de ces messieurs; c'est une nouvelle espagnole qui porte le titre paradoxal : Le mauvais exemple produit autant de vertus que de vices. Ou s'étonne de voir l'aveu/,

femme de $1 ans , écrivant cette nouvelle comme eût fait une pensionnaire , et c'est ici le lieu de remarquer que madame de Graffigny conserva toujours, dans son style, les qualités et les défauts de la jeunesse. La nouvel ! t est pagnole fut vivement critiquée. Les Lettres d'une Péruvienne réparèrent glorieusement cet échec. Cet ouvrage, maintenant à peu près oublié dans la foule des productions sentimentales du dix-huitième siècle, avait ce qu'il fallait pour réunir alors, de jolies descriptions, du sentiment, assez d'élégance de style, et beaucoup de traits de métaphysique et de philosophie, souvent faux, et toujours déplacés, dans la bouche de la jeune fille mise en scène par l'écrivain. Un autre défaut du livre c'est de renfermer de nombreux anachronisuies ; mais alors on n'y regardait pas de si près. Certains éditeurs ont queluefoisdonné, comme étant de madame e Graffigny, les Lettres dAza , parfaitement ennuyeuses , quoique fort courtes. Toutefois, elles sont d'un M. de la Marche-Courmont. Après les Lettres d'une Péruvienne , madame de Graffigny publia Cénée, pièce du genre larmoyant, mis à la mode par la Chaussée, puis la Fille d'Aristide , drame qui n'eut pas le même succès que te précédent. Cette chute contribua beaucoup, dit-on, à la mort de l'auteur, arrivée à Paris , en 1758. Les ouvrages de madame de Graffigny, dont nous n'avons cité que les plus importants, ont eu de nombreuses éditions. La plus complète est celle de 1788, en 4 vol. in- 12.

Grailli (maison de). Le captai de Buch , dont nous avons ailleurs donné la biographie , était Jean de Grailli, troisième du nom. Marié à Jeanne de Suffolck, il laissa pour héritier Jean IV, aussi captai de Buch, qui, se voyant saus enfants de Rose cTAlbret, légua tous ses biens à son oncle , Archamhault de Grailli , qui devint comte de Fotx. (Voyez ce mot.)

Gbaindobgb (A.)» savant médecin, né à Caen en 1616, mort en 1676. On a de lui plusieurs écrits ; le plus célèbre est : Traité de l'origine des macreuses^ Caen, 1680, in-8°, ouvrage rare et curieux , dans Lequel l'auteur réfute un préjugé encore ïepandu aujourd'hui sur

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