‹ FranceChapitre 170 sur 378 · HARO · texte numérisé non relu

HARO

son oncle François de Harlay se démit en sa faveur. Quoique l'un des plus jeunes prélats, il fut désigné par Louis XIV pour présider l'assemblée du clergé de 16G0. Il fut nommé archevêque de Paris à la mort de Hardouin de Péréfixe, en 1670. La haute faveur dont il jouissait auprès du roi excita son ambition. Il aspira d'abord à la succession de Mazarin, puis au poste plus modeste de chancelier. Il échoua, et dut se contenter de la direction des affaires du clergé régulier, ministère auquel son esprit facile et conciliant le rendait éminemment propre , et dont il s'acquitta en effet avec zèle et succès. II soutint chaudement le parti de la cour dans les querelles du jansénisme et de l'ultramontanisme. Ces bons offices ne furent pas les seuls qu'il rendit, s'il est vrai, comme on le rapporte , que ce fut lui qui célébra le mariage de Louis XIV avec madame de ISlaiutenon. Tout en reconnaissant la régularité exemplaire avec laquelle l'archevêque de Paris remplissait ses devoirs pastoraux ; tout en rendant justice à ses manières nobles et engageantes, ainsi qu'à son habileté pour les affaires , le chancelier d'Aguesseau(*) nous fait entendre qu'il était plus attentif à donner de bons conseils qu'à édifier par la sainteté de sa vie, et les lettres de madame de Sévigné viennent à l'appui de cette accusation.

François de Harlay fut membre de l'Académie française , et l'un de ses plus zélés protecteurs. Il mourut en 1695.

François- Bonacenture , marquis de Breval, seigneur de Champvallon, petitfils de Jacques, frère aîné du précédent, fut lieutenant général des armées du roi. Il servit en Guienne pefldant les Ironies, et en Italie. 11 mourut en

Louis de Harlay, marquis de Champvallon , fils du précédent , cornette des chevau-légers de la garde du roi, fut tué à la bataille de Nerwinde en 1693.

Branche des seigneurs de Cési et de Bonneuil. Cette branche commence avec Christophe- Jugu.ste de Harlay t troisième fils de Christophe , comte de Beaumont, gouverneur d'Orléans.

Nicolas- Auguste , seigneur de Bonneuil, fils de Christophe-Auguste, fut ambassadeur extraordinaire et plrnipotentiaire à Francfort en 1681, et à Ryswick, en 1697, pour les négoeiationsde la paix générale. « De tous les plénipotentiaires que le roi avoit à Ryswick , M. de Harlay étoit, dit-on, le moindre en capacité ; mais comme il étoit le premier d'une autre façon, c'est-à-dire, par son rang et par les premières charges de la robe qu'ont possédées depuis longtemps ses ancêtres , il eut en, tout l'honneur du traité, ou du moins la plus grande partie, si les peuples eussent trouvé qu'il y eût pour eux matière de s'en réjouir (*). »

La maison de Harlay s'est éteinte en 1717, dans la personne d'Achille de Harlay, avocat général au parlement de Paris.

Habnescab. Voyez Selle.

Habo (clameur (ie). C'est à tort que quelques auteurs ont voulu voir dans ce mot de haro une invocation (ha-Rol !) à la protection du duc de Normandie Rollon. Cette étymologie est trop peu vraisemblable pour qu'on y ajoute foi, malgré tout ce que les chroniqueurs racontent de l'amour de ce prince pour la justice. L'expression de haro vient plutôt, soit d'un ancien verbe de la langue franque haren, crier, appeler, soit du Scandinave hœr-op , que l'on peut traduire par les mots familiers à la garde ! Du reste, cette clameur se retrouvait chez les Francs et les Anglo-Saxons , sous d'autres formes , et longtemps avant Rollon. Nous allons donner une idée de son sens et de sa valeur.

Dans les siècles de désorganisation qui suivirent la chute des Carlovingiens, l'absence de toute police obligea le législateur à rendre les populations responsables des délits qui se commettaient au milieu d'elles. D'après ce principe, quiconque était la victime d'une violence ou d'un crime, devait pousser un cri de détresse : haro ou harou chez les Normands, et hay en France. Quiconque poussait ce cri sans motif suffisant était puni d'une amende. Quiconque, à ce cri, n'accourait pas au secours,

(•) Œuvres du chancelier d'Aguesseau , (*) Annales de la cour et de Pari* pour I. XIII , p. 162. les années 1697 , 1698.

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