‹ FranceChapitre 183 sur 378 · HÉBERT L'UNIVERS. HÉBERT · texte numérisé non relu

HÉBERT L'UNIVERS. HÉBERT

tés de la loi toute leur propre exagération. La terreur de cette époque fut tout empreinte de leurs couleurs. Ils ne se bornèrent pas à faire de la loi l'instrument de leurs excès ; en bien des choses , ils prirent l'initiative au moyen des arrêtés qu'ils dictèrent à la Commune. Ainsi la Commune, sous leur influence , empiétant sur les droits de la Convention, agrandit le cercle des suspects. Les actes qui émanèrent de cette petite législature usurpatrice lurent nombreux et significatifs. Les plus importants, ce furent les arrêtés contre la religion et rétablissement du culte de la raison (*). Les scènes d'abjuration du mois de novembre furent l'ouvrage des hebertistes. L'introduction du tutoiement, le culte idoldtrique rendu à Ma rat par les cordeliers, le remplacement dans les cimetières de tout emblème religieux ou funèbre par des (leurs et une statue du sommeil , les motions contre les clochers , comme attentatoires à l'égalité , l'arrêté de la Commune pour la démolition des sculptures de Notre-Dame , leur appartiennent.

Ce fut d'abord par les modérés que la lutte s'engagea. Dès le mois de septembre, Thuriot se plaint à la Convention de ce que les comités et le conseil exécutif sont harcelés , cernés par un ramas d'intrigants qui n'affichent le patriotisme que parce qu'il leur est productif. « Oui , ajoute-t-il , le temps est « venu où il faut chasser ces hommes « de rapine et d'incendie, qui croient « que la révolution s'est faite pour eux.» Le 26 novembre, ils essuyèrent au sein de la Convention un premier échec.

Danton fît une motion contre les mascarades antireligieuses, et cette motion fut adoptée. Cependant la pensée de Robespierre avait percé de suite après les scènes du 7 novembre. L'immoralité d'Hébert, le cynisme de sa conduite et de son langage le dégoûtaient. Dans la séance du 21 novembre, sans nommer Hébert, il s'était prononcé avec force contre l'athéisme à la tribune des jacovbins.

(*) Arrêté de la Commune du a 3 novembre , ordonnant la clôture de toutes les églises et la surveillance des prêtres.

« De quel droit, dit-il, des hommes « inconnus jusqu'ici dans la carrière de « la révolution viendraient-ils chercher, « au milieu de tous ces événements, les « moyens d'usurper une fausse popnla- « rite , d'entraîner les" patriotes même « à de fausses mesures, et de jeter parmi «nous le trouble et la discorde? De « quel droit voudraient-ils troubler la « liberté des cultes au nom de la liberté, « et attaquer le fanatisme par un fana- « tisme nouveau ? Il est des hommes «qui, sous le prétexte de détruire la « superstition , veulent faire une sorte « religion de l'athéisme lui-même. Tout « philosophe, tout individu peut adop- « ter là-dessus l'opinion qu'il lui plaira. « Quiconque voudrait lui en faire un « crime est un insensé; mais l'homme - public , mais le législateur serait cent « fois plus insensé qui adopterait un pa- « reil système. La Convention nationale « l'abhorre. L'athéisme est aristocrati- « que. Je le répète , nous n'avons plus a d'autre fanatisme à craindre que ce- « lui des hommes immoraux, soudoyés « par les cours étrangères pour réveiller « le fanatisme et donner à notre révo- « lution le vernis de l'immoralité , qui « est le caractère de nos lâches et fero- « ces ennemis. » Il revient sur le même sujet dans la séance du 28, et dénonce en même temps la perfidie avec laquelle on diffame chaque jour en détail tous les membres de la Convention nationale, surtout ceux qui jouissent d'une longue réputation de civisme et d'énergie.

C'était le prélude d'attaques plus sérieuses. Dans la séance du 16 décembre, sur la proposition de Robespierre, la Convention adopta un décret qui protégeait la liberté des cuites (*). Le 17 décembre, un coup plus rude encore fut porté. Des paroles atroces de Ronsin , qui revenait de Lyon , où il avait été l'instrument principal des exécutions de Collot - d'Herbois , furent dénoncées par Fabre d'Églamine. Le despotisme qu'exerçait Vincent dans les bureaux de

(*) « Je de mai ii le que vous défendiez aux m autorités particulières de servir nos ennemis « par des mesures irréfléchies, et qu'aucune « torce armée ne puisse s'immiscer dans ce qui « appartient aux opinions religieuses. » Discours de Robespierre à la Convention nationale. 5 décembre.

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