HÉBERT L'UNIVERS. HÉBERT
Cependant les.oébertistes s'agitaient dans les sections et les sociétés populaires. Tout à coup on vit paraître dans les halles et dans les marchés des affiches annonçant que h Convention était la cause de tous la maux du peuple , qu'elle devait être totalement renouvelée, qu'il fallait choisir un chef, organiser le pouvoir exécutif. Cependant Ronsin , en grand costume de général , parcourait les prisons et dressait des listes. Le 15 ventôse, la section Marat, présidée par Momoro , s'assemble , déclare en masse qu'elle est debout , et voile le tableau de la déclaration des droits. Le soir du même jour, le club des cordeliers, après une séance tumultueuse , déclare la patrie en danger , et voile pareillement la déclaration des droits de l'homme (*). Tel avait été jusqu'alors le commencement de toutes les insurrections. Le lendemain, les insurgés se présentent à la Commune pour l'entraîner dans leur mouvement; mais la Commune hésite. Dès lors le succès de l'entreprise était fort compromis. Tout dépendait du parti que prendraient les jacobins; or ce parti n était guère douteux. Robespierre étant malade, le comité de salut public envoya en toute hâte Collot-d'Herbois s'assurer
« veut gouverner ; personne ne veut èlre ci- « toyen. Où est donc la cité? Elle est presque « usurpée par les fonctionnaires. Dans les « assemblée ils disposent des suffrages et des « emplois ; dans les sociétés populaires, de l'o- • « pjnion : tous se procurent l'indépendance et « le pouvoir le plus absolu, sous prétexte « d'agir révolutionnairement, comme si le « pouvoir révolutionnaire résidait en eux. Le « gouvernement est révolutionnaire, mais les « autorités ne le sont pas intrinsèquement. » Rapport sur les principes de morale politique.
(") •< Quand les coupables et leurs com- « pagnons sont impunis (il s'agit des 7 3 dépu- « tes du côté droit) et ne tombent pas sous le « glaive, doutei ez-vous encore qu'il existe une m faction qui veut abolir les droits du peuple ? « Non sansdoute. Eh bien! puisqu'elle existe, « puisque nous la voyons, quel est le moyen « de nous en délivrer? L'insurrection, oui « l'insurrection , et les cordeliers ne seront « p^as les derniers à donner le signal qui doit « frapper a mort les oppresseurs. « Discours d'Hébert au club des Cordeliers. Séance du 4 mars.
d'eux. « Anathème, dit celui-ci , à ceux «qui demandent une insurrection! — « Oui , oui , anathème ! « s'écrient tous les jacobins en masse. Momoro prit la parole; tout en avouant des faits , il essaya de désavouer toute pensée d'insurrection; mais une insurrection désavouée devient dès lors impossible. Le lendemain , Collot-d'Herbois se rendit aux Cordeliers au nom du club des Jacobins, et les ramena, quoiqu'il y eût parmi eux un grand nombre de citoyens favorables à Hébert. Dès ce moment tout fut fini.
Le 23 ventôse, Saint-Just présenta son rapport contre les factions réunies qui menaçaient la tranquillité de l'État. « Quoi ! s'écria-t-il , notre gouverne- « ment serait humilié au point d'être la « proie d'un scélérat , qui a fait mar- « chandise de sa plume et de sa cons- « cience, et qui varie, selon l'esprit et « le danger , ses couleurs , comme un « reptile qui rampe au soleil ! Fripons , « aliez aux ateliers, allez sur les navires, «allez labourer la terre! Mauvais ci- « toyens, à qui la tâche imposée par l'é- « tranger est de troubler la paix publi- « que et de corrompre tous les cœurs , « allez dans les combats , vils artisans «des calamités, allez vous instruire « à l'honneur parmi les défenseurs de «la patrie!... Mais non, vous n'irez «point; l'échafaud vous attend.» La nuit suivante , Hébert , Vincent , Ronsin, Momoro, Mazuel, adjudant de Ronsin , furent arrêtés ainsi que le banquier étranger Kock, agioteur et ultra-révolutionnaire , chez lequel Hébert , Ronsin dînaient fréquemment et formaient tous leurs projets. Chaumette, l'évêque Gobel , auteur principal dans la grande scène d'abjuration (voy. ce mot) , et Anacharsis Clootz, furent également arrêtés quelques jours après.
Leur procès commença le 1er germinal (20 mars). Les accusés étaient au nombre de dix-neuf. C'étaient Ronsin, Hébert, Vincent, Momoro, Mazuel, le banquier Kock, le jeune Lyonnais Leclere, chef de division dans les bureaux de Bouchotte ; Aucar et Ducroquet , commissaires aux subsistances, et quelques autres membres de l'armée révolutionnaire. On confondit dans la même accusation, Proli, Du buisson, Péreyra,
Desfieux. Hébert et Momoro se lamen- dans tous les excès, et à en tirer parti, taient ; Ronsin leur dit : « Lorsqu'il était plus considérable qu'on ne le penfallait agir vous avez verbiage; main- sait; ceux qui venaient de payer de leur tenant sachez mourir. » A peine daigna- tête leurs menées anarchiques étaient t-on traiter Hébert sérieusement; on les âmes damnées plutôt que les chefs le couvrit de honte en produisant au du parti; ceux-ci, retranchés à la Congrand jour ses escroqueries. vention , dans les comités , savaient, Ils furent exécutés le 4 germinal. Ron- sans se compromettre , diriger les (ils sin et Clootz montrèrent jusqu'au der- de la conspiration. Ils échappèrent alors nier moment beaucoup de sang-froid; à la vindicte publique; et quand, plus Hébert, hué par le peuple le long de la tard, le véritable parti révolutionnaire, route, perdit plusieurs fois connais- celui qui voulait sincèrement la répusance, et mourut lâchement. blique légale, régulière, et pure de toute «Ainsi, dit M. Thiers, furent sacrifiés sorte d'excès; quand le parti que dirices misérables à l'indispensable néces- geait Robespierre voulut leur demander sité d'établir un gouvernement ferme à leur tour un compte sévère de leur et vigoureux. Et ici , le besoin d'ordre conduite, ils le renversèrent, et , en se et d'obéissance n'était pas un de ces so- joignant aux contre-révolutionnaires, phismes à l'aide desquels les gouverne- ils assurèrent leurs succès. (Voyez ments immolent leurs victimes. Toute Thermidor [journée du 9]; Billauti'Europe menaçait la France, tous les Varennes, Collot-d'Herbois, Foubrouillons voulaient s'emparer de l'au- ché, Tallien, etc.) torité, et compromettaient le salut pu- Hecquet (Philippe), célèbre médeblic par leurs luttes. Il était indispensa- cin , naquit à Abbeville en 1661 , entra blequequelques hommes plusénergiques en 1088 a Port-Royaldes Champs, passa s'emparassent de cette autorité dispu- plusieurs années dans cette retraite , tée, l'occupassent à l'exclusion de tous, s'occupant à la fois de pratiques reliet pussent ainsi s'en servir pour résis- gieuses et d'études scientifiques, devint ter à l'Europe (*). » professeur de médecine légale à la fa- Pour ne pas rompre l'enchaînement cultéde Paris, puis, en 1712, régent de des faits, nous avons omis de mention- cette même faculté, donna plusieurs ner une circonstance fameuse de la vie ouvrages importants , et mourut en d'Hébert. Nous voulons parler de sa hi- 1737 chez les carmélites de la rue Saintdeuse conduite lors du procès de Marie- Jacques , où il passa les dix dernière* Antoinette, conduite dont Robespierre années de sa vie. fut révolté. Chargé d'interroger le jeune Heddersdorf (combats d'). Dans 1% dauphin , il lui adressa des questions et nuit du 1er au 2 juillet 1796, une troupe lui dicta des réponses d'une telle mons- de grenadiers français, abordant à la truosité, qu'il fallait, pour en conce- rive droite du Rhin, où six bataillons voir la pensée , la réunion du cœur le autrichiens occupaient la vallée de Neuplus bas à l'imagination la plus obscène, wied, en chassa l'ennemi, puis s'élança • Hébert, dit un biographe, était petit, vers une redoute que les Autrichiens lluet, d'une figure jolie et spirituelle; avaient élevée en avant d'Heddersdorf, c'était un des élégants de l'époque révo- et y pénétra, tandis qu'un détachement, lutionnaire , personne ne mettait plus conduit par le chef de bataillon Winde soin à sa toilette. » Selon Paganel, ton, attaquait avec non moins de valeur c'était un homme de mœurs aouces le village même d'Heddersdorf, et s'en dans la vie privée. A travers leur cy- emparait.
nisme ignoble, ses écrits ne manquaient — - Le 1 8 avril 1 797 , Heddersdorf vit
ni de verve, ni d'originalité. encore les Français aux prises avec les
La condamnation d'Hébert et de ses Autrichiens; mais ce combat se rapporte
complices n'anéantit point le parti des à la bataille de Neuwied.
hébertistes. Le nombre des hommes Hédé, petite ville de l'ancienne Bre-
qui cherchaient à pousser la révolution tagne , aujourd'hui du département
d'Ille -et- Vilaine , arrondissement de
(*) Histoire de la révolut., t. v, p. 33o. Rennes , peuplée de 850 habitants.
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Dès le douzième siècle , le château d'Hédé, qui a donné naissance à la ville, était une forteresse importante. Le roi d'Angleterre Henri Ier le prit , en 1 154, au duc Conan , qui s'en rendit de nouveau maître l'année suivante. Henri II l'assiégea en 1168, et s'en empara par capitulation après une vigoureuse résistance.
En 1597, il était gardé par les troupes du duc de Mercœur, qui ravageaient de là les campagnes voisines. Henri IV en ordonna la démolition en 1599. Il n'en reste plus que les murs d'enceinte en granit, et un pan de muraille de 60 pieds de haut.
La ville de Hédé possédait avant 1789 une sénéchaussée royale, une municipalité ayant droit de députer aux états de Bretagne unesubdélé^ation. Il s'y exerçait plusieurs juridictions.
Hedelin (François), abbé d'Alibignac, naquit à Paris en 1604, d'un avocat au parlement, et de Catherine Paré, fille du célèbre chirurgien. Professeur du duc de Fronsac, neveu de Richelieu, il fut pourvu de l'abbaye dont le nom sert quelquefois à le désigner, et de celle de Mainac , se lia ou se brouilla avec tous les beaux esprits de son temps , Corneille, Ménage, Richelet, etc., prêcha , traita de la poétique , Ot des romans profanes et allégoriques, des pièces de théâtre, des sonnets, et n'acquit, malgré son érudition, que la renommée d'un pédant. Il mourut à Nemours en
Hédodvtlle (Gabriel - Marie - Théodore-Joseph, comte d') , lieutenant général, pair de France, etc., naquit à Laon en 1755. En septembre 1793, il obtint le grade de général de brigade.
Après la bataille d'Hondschoote, ii partagea l'accusation de son collègue IIouchard, et fut néanmoins acquitté. Promu plus tard au grade de général de division et de commandant en chef de l'armée des côtes de l'Ouest (1797), il fut envoyé à Saint-Domingue en 1798, et en revint oour calmer la seconde chouannerie. Quoique nous ne partagions pas l'enthousiasme de quelques écrivains pour cette campagne , il paraît cependant que la douceur d'Hëdouville et ses moyens conciliateurs furent assez efficaces. En 1801 , il fut nommé ambassa-
VERS. HBIM
deur à Saint-Pétersbourg, et devint, en 1804, chambellan, sénateur, etc. Cependant, le 1er avril 1814, il vota la déchéance de Napoléon. Élevé à la pairie par la restauration , il ne parut que rarement à la chambre , et mourut en
Heidelberg (prises d'). Cette ancienne capitale du bas Palatinat fut occupée par les Français en 1688, sans avoir opposé de résistance, et ne souffrit nullement de cette attaque. Mais l'année suivante , quand le maréchal de Duras fut chargé de dévaster le Palatinat, elle partagea le sort de Manheim, de Spire, de Worms, etc. Enfin, le 21 mai 1693, elle fut encore attaquée par les maréchaux de Lorge et de Choiseul.
Le gouverneur terrifié se retira au château avec 15,000 habitants, sans essayer decapitiiler. On traita Heidelberg comme une ville prise d'assaut; le pillage fut affreux, et bientôt le château dut se rendre.
Heidenheim (combat et prise d').
Voy. Giengen.
Heiduque , sorte de domestique vêtu à la hongroise, dont l'usage en France date de 1691, où des déserteurs hongrois s'attachèrent au service de quelques officiers de marque.
Hellsberg (combatde). — LelOjuin 1807, un combat meurtrier eut lieu entre les armées française et russe , aux environs et dans les retranchements de cette ville prussienne, située sur l'Aller. Nos troupes avaient culbuté plusieurs divisions ennemies , mais sans obtenir d'avantage positif. A neuf heures du soir, on se battait encore sur toute la ligne avec le plus grand acharnement.
Le lendemain, l'empereur fit ses dispositions pour une bataille décisive; mais les Russes se retirèrent sur la rive droite de l'Aller. L'armée française entra dans Heilsberg, le 12 juin.
Heim ( François - Joseph ) , peintre d'histoire , est né à Belfort , département du Haut-Rhin , le 16 décembre 1787. Il devait d'abord suivre la carrière des armes ; mais son goût pour la peinture détermina son père à le diriger vers l'étude des beaux-arts. II vint à Paris , en 1803 , étudier l'art de la peinture, sous la direction de M. Vincent, et obtint, dans le cours de
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