GRAMMAIRE
L'UNIVERS
amener des tableaux grandioses et des situations pathétiques au plus haut degré. D'ailleurs on retrouve, dans la plupart des épisodes, des traces de la même vigueur de pensée. Outre ce çrand ouvrage, Cousin de Grainville a écrit quel-
3ues morceaux de poésie , au nombre esquels est une fable allégorique fort estimée, insérée dans la Correspondance de Grimm , tome V, Le plaisir^ l'espérance et la pudeur. On le croit aussi l'auteur de plusieurs autres ouvrages assez fréquemment attribués à Christophe Grainville, traducteur de YAraucana.
Graisivaudan ou Grésivaudan, pays du ci-devant Dauphiné, s'étendant entre les montagnes , le long du Drac et de l'Isère ; borné, au nord, par la Savoie propre ; à l'est , par le Briançonnais et le comté de Maurienne ; au sud, par l'Embrunois, le Gapencois et le Diois; et, à l'ouest, par le Viennois et une partie du Diois. On lui donnait 8 myriam. (17 à 18 lieues) dans sa plus
grande longueur, sur 7 myria. (15 lieues) e largeur. Grenoble en était la seule ville considérable. Les autres localités remarquables étaient : la Grande-Chartreuse, Domaine, Lesdiguières , Voiron , Voreppe , Saint - Guillaume , Vizille , la Mure , Meus , le bourg d'Oysan, Saint-Bonnet et le Fort -Barreaux. Le Graisivaudan fait aujourd'hui partie du département de l'Isère.
G ra m AT, petite ville du département du Lot, arrondissement de Gourdon.
Elle possédait jadis un château fort qui résista plusieurs fois aux compagnies anglaises pendant la guerre de cent ans. A l'époque des guerres de religion, au seizième siècle, la ville fut successivement prise et saccagée par les protestants et les catholiques.
Grammaire. — Ce terme répond à des idées assez différentes, selon qu'on l'applique aux études des anciens ou à celles des modernes. Dans l'antiquité classique, au rapport de Sophron , la grammaire fut d'abord considérée comme ne formant , avec la musique , qu'un même art ; mais, plus tard, elle embrassa , au contraire, l'ensemble des connaissances qui constituent aujourd'hui la philologie. C'est dans ce dernier sens qu'était grammairien le Gau-
lois Marc- Antoine Griphon, qui tint école à Rome , dans la maison de César, encore enfant , et dont Cicéron , déjà préteur, ne dédaigna pas de suivre les leçons. Griphon avait lui-même eu pour maître son compatriote Lucius Rotius, auteur d'un traité du Geste, cité par Quintilien. Le poète et grammairien Valerius Caton était également né dans les Gaules.
Dans une acception plus restreinte, et qui est la seule que lui aient conservée les modernes , la grammaire es^la connaissance des lois tant générales que particulières qui régissent les langues. L'origine de la grammaire, prise dans ce sens, remonte en France, comme partout , au berceau de la société ; car, ainsi que l'a dit avec raison Voltaire , « c'est l'instinct commun à tous les hommes qui a fait les premières grammaires sans qu'on s'en aperçût ; »
mais ses premiers développements échappent aux recherches de l'historien. Nous ne saurions faire remonter plus haut que l'époque de l'invasion romaine l'histoire des études grammaticales dans la Gaule; car, bien que des autorités irrécusables nous aient fait connaître le degré de culture où était arrivé dans les compositions des bardes l'idiome celtique , nous ne possédons plus aucun monument de cette antique littérature nationale; et, bien que César nous apprenne que les Gaulois du Midi connaissaient les caractères grecs , il n'en est pas moins avéré que les druides, seuls instituteurs de la jeunesse, évitaient de confier à l'écriture les sciences dont ils étaient dépositaires. Mais, quand les lettres romaines eurent pénétré par la conquête dans la Transalpine , la grammaire fut une des branches qui s'y cultivèrent avec le plus de succès. Ausone , en effet, donne de grands éloges aux professeurs qui l'enseignaient de son temps (au quatrième siècle) dans la célèbre école, municipale de Bordeaux , notamment à Macrinus, son premier maître, et àGlabrion, qui avait été son condisciple. Censorius Atticus Agricius y composa un traité des synonymes latins. Urbicus y enseignait avec un égal succès les grammaires grecque et latine.
Au moyen âge, ainsi que nous l'apprend Cassiodore, la grammaire fut