‹ FranceChapitre 201 sur 378 · VERS. HERAUT · texte numérisé non relu

VERS. HERAUT

veau. Arrêté le 9 mars 1794, pour avoir violé la loi du 4 du même mois, qui interdisait toute communication avec les prévenus de conspiration, sous peine d'être traité comme leur complice, il fut, bientôt après, compris dans le rapport fait par Saint-Just contre les dantonistes Accusé d'avoir communiqué aux gouvernements étrangers les délibérations du comité diplomatique , et d'avoir détourné des papiers appartenant à ce comité, pour les livrer aux journaux , il ne se défendit que faiblement, et ne réfuta point d'une manière péremptoire les charges tirées contre lui de correspondances saisies par les agents du comité, et où il était violemment compromis. Condamné à mort le 5 avril 1794, à la différence de ses complices, il entendit son arrêt avec sérénité; et, Rapprochant de Camille Desmoulins qui était furieux, il ajouta : « Montrons, « mon ami, que nous savons mourir.»

Au pied de l'échafaud et jusqu'au dernier instant il conserva le même calme.

Il mourut âgé de trente-quatre ans.

Hérault de Séchelles s'était essayé dès sa jeunesse dans la littérature," et il avait déployé dans les genres alors en vogue toutes les heureuses qualités et aussi tous les défauts de son esprit. On connaît de lui les ouvrages suivants :

1° Éloge de Suger, abbé de Saint- Denis , 1770; 2° Visite à Buffon, 1785; réimprimé en 1802, avec plusieurs opuscules du même auteur, sous le titre de Voyage à Montbar; 3° Détails sur la société d'OUen, 1790; 4° Théorie de l'ambition, etc.

Héraut (Heraldus, de l'ancien verbe allemand, Haren, crier, annoncer, ou du substantif celtique Herody messager). Sans chercher à fixer l'époque de la création des hérauts d'armes, nous nous occuperons de leur ordre à l'époque où il était en pleine vigueur. Il se divisait en trois classes : chevaucheurs, poursuivants et hérauts d'armes, soumis au commandement d'un chef nommé roi d'armes. Les aspirants ne parvenaient à ces différents degrés que successivement, et après un certain nombre d'années de service dans les cours et à l'armée.

Les chevaucheurs commençaient à se former par les fonctions les plus péni-

bles, devaient faire les corvées et s'acquitter des missions dont le seigneur les chargeait; et lorsque l'un d'eux était admis à l'état de poursuivant, il fallait que le héraut , sans l'aveu duquel l'installation eût été nulle, le présentât au seigneur, qui lui donnait un nom, lui versait ensuite sur la tête une coupe remplie d'eau et de vin , et le revêtait de sa propre tunique, en ayant soin de faire tomber une manche sur la poitrine, et l'autre sur le dos. Le chevaucheur devenu poursuivant devait garder cette tunique, placée aiusi obliquement, jusqu'à sa nomination à la charge de héraut , qu'il ne pouvait obtenir qu'après sept années de service. Furetière remarque qu'on baptisait les poursuivants de quelque nom gaillard, après les réjouissances et les festins des fêtes solennelles ; ainsi on les appelait/o/ica?ttr, rerluisantySansmentir, Gaillardet , Beauaemblant , Hautiepted , etc. Leur cotte d'armes était différente de celle des hérauts, et ils portaient des bâtons sans ornement. Quant aux hérauts, l'usage était de leur conférer l'ordre, soit à la guerre dans un jour d'action, soit au couronnement des rois et des reines, soit à un tournoi. Le prince, après avoir fait publiquement l'éloge de son poursuivant et l'avoir proclamé vaillant, fidèle et discret, déclarait l'agréer au nombre de ses hérauts. Le plus ancien de ceuxci lui dictait alors le serment, qu'il répétait mot pour mot. Ce grade anoblissait le récipiendaire, qui changeait encore de nom et prenait celui de son seigneur ou de quelque province,après un nouveau baptême de vin et d'eau. Enfin, la dernière dignité était celle de roi d'armes, à laquelle on attachait le plus grand honneur ; quand on choisissait le premier roi d'armes , nommé Montjoie, héraut qui avait l'honneur de représenter le roi de France, on le conduisait d'abord en cérémonie au palais du souverain, où les valets le revêtaient des vêtements royaux. Lorsque le monarque était près de se rendre a l'église , ou à la chapelle de son palais, pour entendre la messe, le connétable de France, et quelquefois les maréchaux conduisaient l'élu, précédé des hérauts et rois d'armes des différentes provinces qui se trouvaient

alors à la cour, vis-à-vis du grand autel, sur une chaise couverte d un tapis de velours, au-dessous de l'oratoire du roi, à l'aspect duquel il se levait, et prononçait à genoux le serment que le connétable ou le premier maréchal lui dictait. Après le serment, le connétable lui ôtait le manteau royal, prenait une épée des mains d'un chevalier, et la présentait au roi, qui conférait l'ordre de chevalerie au néophyte. Le connétable prenait ensuite là cotte d'armes portée par un autre chevalier au bout d'une lance; il la donnait au prince, gui en revêtait lui-même le roi d'armes futur en lui disant: «Messire tel, par « cette cotte et blason couronnés de nos « armes, nous t'établissons perpétuelle- « ment en l'office de roi d'armes, » et en ajoutant, lorsqu'il lui posait la couronne sur la tête : « Notre roi d'armes, par « cette couronne, nous te nommons par « nous Montjoye , qui est notre roi d ar- « mes, au nom de Dieu, de Notre-Dame, « sa benoîte mère , et de monseigneur « saint Denis, notre patron. » Les hérauts et poursuivants répétaient alors par trois fois : Montjoye Saint- Denis, et le roi d'armes était conduit à un banquet splendide où il était servi par deux écuyers, et avait une coupe dorée que le roi remplissait habituellement de pièces d'or. Après avoir pris les épices et le vin de congé, il présentait au roi le héraut qu'il choisissait pour son maréchal d'armes, et retournait à son hôtel escorté du connétable ou des maréchaux, et des divers officiers qui avaient assisté à la cérémonie. Quand il était arrivé dans son appartement, on lui offrait encore, de la part du souverain, une couronne et un habillement complet de chevalier, ce qui terminait l'installation.

Les rois d'armes étaient soumis à la juridiction de iMontjoye; roi d'armes du roi. Leurs fonctions et leurs insignes étaient presque les mêmes que ceux de leurs officiers subalternes. Les rois d'armes portaient une cotte d'armes de velours richement brodée , appelée tunique, chargée sur les manches de Heurs de lis d'or , des armoiries et du nom de leur province, et distinguée de la plaque ou cotte des hérauts ordinaires par une couronne qui surmon-

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