E. GRANDCHAMP
où il organisait de nouveaux troubles civils, servit de prétexte aux chouans pour renouveler la guerre en 1795. Les rassemblements ne présentaient que le tableau de l'indiscipline et de la débauche. Il n'y eut plus dés lors qu'un mélange d'assassinats et d'orgies scandaleuses. Le Morbihan avait donné le signal; le comte de Silz avait réuni 2,000 nommes à Granchamp, bourg à 1G kil.
de Vannes. Un rassemblement général devait se rendre maître de Vannes ; mais Hoche avant prévu ces mouvements, prit l'offensive. Les généraux de brigade Roman et Josnet se mirent en marche de nuit en plusieurs colonnes, avec les garnisons d'Auray , de Vannes, et les cantonnements voisins. Ils investirent, par un mouvement combiné, Granchamp et le château de Penhouèt, postes retranchés , pourvus de munitions. L'avant-garde des rebelles fut taillée en pièces. Au point du jour, l'attaque commença de tous côtés.
Les chouans s'enfuirent au lieu de combattre. La plupart, en gagnant la plaine, furent massacrés par les hussards républicains qui occupaient toutes les avenues. Cependant le comte parvint à rallier quelques braves, qui firent pendant deux Heures la plus granJe résistance. Se voyant près d'être forcé, leur chef se fait jour a travers l'ennemi. A peine est-il hors des retranchements, qu'il tombe sous les coups de fusil.
Quelques commandants subalternes et 300 chouans sont également tues. Granchamp et le château de Penhouèt sont au pouvoir des républicains.
— Uneautreaffaire importante eutlieu sur le même champ de bataille pendant
il signa l'acte de parificalion de la Vendée. Cependant accusé' d'infraetions au traité, et arrêté, il allait être soumis à une commission militaire, lorsqu'il réclama l'amnistie et les lois constitutionnelles, et parvint, en décembre 1795, à faire placarder dans Paris des affiches où il affirmait que le comité de salut public lui avait promis garantie et impunité. Les membres du comité l'ayant démenti, on le condamna à la déportation. Successivement détenu dans le fort de Cherbourg et à Ham, il recouvra la liberté sous le pouvoir consulaire, et se retira près de Mâcon. Cormatin mourut à Lyon le 19 juillet
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les troubles de la chouannerie de l'an vin. Les intrigues de George Cadoudal et la présence d'une flotte anglaise avaient fixé dans le Morbihan le loyer le plus actif de l'insurrection. Le général Harty étant sorti de Vannes avec une colonne de 400 hommes, dans le dessein de se porter sur les magasins de blé accumules à Granrhamp , trouva ce bourg abandonné, et enleva dix-sept voitures chargées de grains. Mais , à peine ar-ivé nors de Granchamp , ce convoi fut attaqué par une forte colonne d'insurgés, et 1 escorte aurait succombé si la garnison entière de Vaunes n'était accourue pour la soutenir. Alors la lutte devint générale , et l'ennemi présenta sur la un de l'action des masses qui parurent s'élever à 10 ou 12,000 nommes, soutenues par de l'artillerie et de la cavalerie. Le combat se prolongea ainsi quelque temps; et, bien que les rebelles eussent perdu 6 à 600 des leurs , les républicains parvinrent avec peine à se retirer sur Vannes, après avoir été obliges de briser sur le champ de bataille, faute de moyeus de transport , une grande quantité de fusils abandonnes par les chouans (3 pluviôs ). "Un des chefs subordonnés à George, Guillemot, le roi de Bignan, avait em mené prisonniers 36 bleus faisant par tîe de l'escorte du convoi. Le lendemain matin ces malheureux étaient rangés en ligne sur la bande de Burgaud. 36 brigands postés en face d'eux appliquaient, suivant l'ordre de Guillemot, le bout de leurs fusils sur le front des victimes, et l'exécution, commencée par le numéro 1er, se continuait jusqu'au numéro 36:
horrible spectacle qui se termina par l'enfouissement des 36 cadavres dans une même fosse.
Gbande-Babbe (la) ^seigneurie considérable en basse Normandie , mouvante du roi à cause de son duché d'Alençon , et composée de cinq paroisses avec de grandes mouvances , fut érigée en marquisat par lettres du mois d'août 1750, en faveur d'Ambroise de la Cervelle, seigneur de la Grande-Barre du Désert.
Grandblla (bataille de). — Charles d'Anjou ayant reçu au Vatican la couronne de Naples (6 janvier 1266), marcha immédiatement contre son com-
rERS. GRANDELLA
pétiteur Manfred. Après plusieurs avantages remportés par les Français , les deux armées se rencontrèrent, le 26 février, sur le fleuve Calore, à 2 milles de Bénévent. « La bataille fut engagée de part et d'autre par l'infanterie, qui, quoique ses efforts ne pussent point décider la victoire, n'en combattait pas avec moins d'acharnement. Les archers sarrasins passèrent la rivière , et vinrent, avec de grands cris , attaquer les Français, et en tirent de loin, avec leurs flèches , un massacre effroyable. La première brigade française s'ébranla Dour soutenir son cri de guerre. Montjoie , chevaliers ! Le légat du pape, pendant que les Français se mettaient en mouvement , les bénit au nom de l'Église, et leur donna l'absolution plénière de leurs péchés... Les archers sarrasins ne purent soutenir le choc des gendarmes français : ils se retirèrent avec perte; mais la première brigade de la cavalerie allemande descendit alors dans la plaine de Grandella, pour rencontrer des ennemis dignes d'elle. Son cri de guerre était : Souabe , chevaliers! Dans ce second choc, l'avantage fut encore pour les troupes de Manfred; mais les Français, soit qu'ils fussent plus pres de leur camp , ou que leurs manœuvres fussent plus rapides, recevaient toujours , les premiers, le renfort de leur seconde , troisième et quatrième ligne ; en sorte qu'ils rétablissaient chaque fois la fortune du jour par l'arrivée de troupes fraîches.
■ Cependant, au milieu de la bataille, l'ordre fut donné aux Français de frapper aux chevaux , ce qui , entre chevaliers, était considère comme une lâcheté ; les Allemands , qui avaient l'avantage , le perdirent tout à coup par cette manœuvre. Manfred , les voyant ébranlés , exhorta la ligne de réserve qu'il commandait, à les soutenir avec vigueur ; mais ce fut le moment critique que prirent les barons de la Pouille et du royaume pour l'abandonner...
Quoiqu'il n'eût plus autour de lui qu'un petit nombre de chevaliers , il résolut de mourir plutôt dans la bataille, que de prolonger sa vie avec honte. Comme il mettait son casque, un aigle d'argent, qui en faisait le cimier, tomba sur l'arcon de son cheval. Hoc estsignum Dei,
dit-il à ses barons. N'ayant plus ce signe royal qui l'aurait fait connaître, il se jeta cependant dans la mêlée , combattant en franc chevalier : mais les siens étaient déjà en déroute ; il ne put arrêter leur fuite, et il fut tué au milieu de ses ennemis, par un Français qui ne le connaissait pas (*). »
Cette victoire fut décisive. Les Français entrèrent en même temps que les fuyards dans Bénévent, où l'on prit les principaux barons de Manfred, (jui furent envoyés en Provence. Ainsi cette fois, comme cela est toujours advenu depuis, le royaume de Naples fut gagné en une bataille.
Grandes compagnies. Vov. Compagnies.
Grandidier (Philippe-André ), savant historien et chanoine du grand chœur de Strasbourg, naquit dans cette ville le 9 novembre 1752. Le cardinal deRohan, archevêque de Strasbourg, encouragea ses dispositions pour les recherches historiques , lui conféra la tonsure, et le nomma archiviste du chapitre et de l'archevêché. Épuisé par le travail, Grandidier mourut, Agé de 34 ans. Ce laborieux ecclésiastique a laissé : Y Histoire de Vévêché et des évéques de Strasbourg , Strasbourg , 1777-1778 , in-4o; les deux premiers volumes seuls ont paru : il devait y en avoir huit; Essais historiques et topographiques sur l'église cathédrale de Strasbourg, ibid., 1782, in-8° ; Histoire ecclésiastique, militaire, civile et littéraire de la province d'Alsace , ibid., 1787, in-4°, premier volume ; Notice sur la vie et les ouvrages dOttfrid, poète allemand du neuvième siècle, insérée dans la Bibliothèque du Nord, 1778 ; Mémoires pour servir à l'histoire des poètes du treizième siècle, connus sous le nom de Minnesinger ; un grand nombre de Dissertations, etc.
Il a été un des principaux collaborateurs du recueil intitulé Germania sacra. Il était de vingt et une académies, avait le titre d'historiographe de France, et avait été pourvu de plusieurs bénéfices.
Grandier (Urbain). Il est dans la
(*) Si -m midi, Histoire des républiques ilalieunes, i8ar>, t. III, p. 349 et tuiv.
vie de Richelieu une époque qui fut surtout marquée par des vengeances impitoyables et sanglantes : c'est celle où, après avoir un instant chancelé sur la pourpre, presque vaincu par l'ascendant que la reine mère avait pris sur Louis XIII malade, il ressaisit le pouvoir avec une force nouvelle. Alors sa colère retomba, terrible, inexorable, sur tout ce qui offensait son orgueil ou portait ombrage à son ambition. L'exil, la prison , l'échafaud , servirent tour à tour sa vengeance. Mais s'il se plut à faire couler le sang illustre des Marillac, des Montmorency, il ne dédaigna pas non plus de s'acharner contre des victimes obscures. Un malheureux prêtre, accusé de magie, fut brûlé vif parce qu'on le soupçonnait d'avoir écrit un libelle contre le cardinal , acte atroce qui flétrira éternellement la mémoire de Richelieu.
Grandier , curé de Loudun et chanoine de Sainte-Croix , dans la même ville , « étoit majestueux et fastueux, dit le Mercure français, l'organe officiel de cette hideuse'affaire ( tom. XX, p. 2-18), et orné de qualités naturelles et acquises. » Malheureusement, il ne sut pas y joindre la modération, ni la chasteté. Bientôt, sa causticité, sa hauteur, ses prédications contre les confréries religieuses et contre diverses pratiques de religion , sa bienveillance pour les protestants, et ses intrigues galantes, lui attirèrent une foule d'ennemis parmi les moines de Loudun. Il fut une première fois accusé d'impudicité , et condamné à faire pénitence , puis absous en deuxième instance, et enfin accusé de nouveau , par le confesseur des ursulines , « d'employer la magie pour inspirer aux religieuses du couvent des ardeurs violentes et impudiques ( Mercure français). » Jamais il n'avait eu de communication avec elles, jamais on ne l'avait vu entrer au couvent; cependant , on prétendit qu'il avait envoyé des diables dans le corps de plusieurs d'entre elles , et avait opéré ses maléfices par une branche de rosier fleuri , qui avait ensorcelé toutes celles qui en avaient respiré l'odeur. On n'en pouvaitdouter; le diable en aval fait luimême l'aveu aux exorcistes. D'un autre côté , Grandier avait été dénoncé au
GRANDIER LUNIVERS. GRANDIER
cardinal comme l'auteur d'un libelle diffamatoire, intitulé : Lettre de la cordonnicre de la reine mère à M. de Baradas , et lorsque Richelieu était encore évêque de Luçon, ce malheureux avait eu avec lui quelques discussions de préséance. C'en était assez pour sa perte. Laubardemont , méprisable instrument de la tyrannie du ministre, et parent de la supérieure du couvent, ne tarda pas à arriver à Loudun, ainsi que le célèbre P. Joseph, avec une commission royale , datée du 30 novembre 1633. Les juges furent choisis parmi des ^ens crédules, et surtout parmi les ennemis de l'accusé. Alors commença un procès qu'on ne saurait qualifier, et qui serait ridicule et burlesque s'il n'était horrible et odieux. Les exorcismes recommencèrent, pratiqués par l'evéque de Poitiers et par des agents^ue le cardinal envoya de Paris, aux frais du roi. Les diables furent interrogés ; on produisit les pactes conclus avec eux par l'accusé; Astaroth, Cédon , Asmodée, Uriel , Belzéhuth , et autres démons puissants , parlant par la bouche des ursulines , accablèrent de leurs témoignages riufortuné Grandier. A ce sujet, les auteurs contemporains observent que ces diables répondaient en français, et souvent a contre-sens, quand on les interrogeait en latin, ou ne répondaient que par des barbarismes, et en péchant contre toutes les règles de la syntaxe. (Voyez Ménage.)
On lit paraître Grandier dans une église, où les filles possédées l'assaillirent d'injures et voulurent l'étrangler.
Des chirurgiens nommés par les juges eurent ordre de lui raser tout le poil, de lui arracher même les sourcils et les ongles , pour voir s'il avait quelque marque du diable; de lui enfoncer des aiguilles dans la chair, pour chercher sur son corps des endroits dont l'insensibilité passait pour le signe certain d'un pacte infernal. Un de ses fanatiques persécuteurs , le P. Lactance. faisait chauffer un crucifix de fer, et l'approchait, presque rougi , des lèvres de Grandier, pour le lui faire baiser; puis il prenait l'assistance à témoin que le curé retirait la tête, et avait horreur du signe de la rédemption. En vain deux prêtres honnêtes se révoltent con-
tre cette farce atroce et impie. L'un est exilé, l'autre réduit au silence par la menace. Après sept mois d'une si étrange procédure , des lettres patentes du roi, datées du 8 juillet 1634 , nomment une commission spéciale, composée de quatorze magistrats , pris dans différentes juridictions, pour juger souverainement le malheureux Grandier.
Le 18 août suivant, il est déclaré « dûment atteint et convaincu du crime de magie, maléfice et possession , arrivé par son fait ès personnes d'aucunes religieuses ursulines et autres séculières mentionnées au procès, et en conséquence condamné à faire amende honorable , nu-tête , et être son corps brûlé vif, avec les pactes et caractères magiques déposés au greffe, ensemble le manuscrit par lui composé contre le célibat des prêtres , et ses cendres être jetées au vent. » Avant son supplice, le patient fut appliqué à une si rude torture , qu'il en eut les jambes rompues, et que la moelle des os en sortit a la vue de tout le monde. Il persista à protester de son innocence, confessant, d'ailleurs, qu'il avait commis des faiblesses provenant de la fragilité humaine, et dont il se repentait. Il demanda pour confesseur un cordelier qu'on lui refusa ;et, par un raffinement inouï de cruauté, on lui offrit un récollet, son ennemi mortel. Il le refusa, et supporta ensuite son supplice avec la dignité et le calme qu'il avait montrés pendant tout son procès. On lui avait promis qu'il parlerait au peuple, et qu'on l'étranglerait (ordinairement, on préparait une corde pour étrangler le condamné avant qu'il fût atteint par le feu); mais, chaque fois qu'il voulait ouvrir la bouche, un exorciste lui jetait une si grande quantité d'eau bénite sur le visage, qu'il en était accablé. En outre , ou noua la corde de façon que le bourreau ne pût la tirer. « Ah, s'écria Grandier, voyant cette barbarie et cette infidélité , « père Lactance , ce « n'est pas là ce qu'on m'avait promis, a II y a un Dieu au ciel qui sera le juge « de toi et de moi ; je t'assigne à com- « paraître devant lui dans le mois.»
(Le pere Lactance mourut en effet un mois après, jour pour jour.) Puis , le malheureux prononça ces paroles :
Deus meus , miserere mei. Pour l'empêcher d'en dire davantage, ils lui jetèrent au visage ce qu'ils avaient d'eau bénite et se retirèrent. Le bourreau ne pot jamais l'étrangler. Une troupe de pigeons vint voltiger sur Je bûcher plusieurs fois. Les partisans de la possession dirent que c'étaient des démons qui venaient tâcher de secourir le magicien, d'autres dirent que ces innocentes colombes venaient rendre témoignage de l'innocence du patient. Enfin, il arriva u'une grosse mouche vola en bouronnant autour de sa téte ; un moine cria tout aussitôt que c'était le diable Belzébuth qui venait emporter son âme (*).
Nous terminerons le récit de cette horrible affaire par l'extrait suivant d'une note de la oibliothèque historique de France , par le P. Lelong et Fcvret deFontenette (tom. I, p. 322) : « Le crimede Grandier n'était pas la magie;
je l'ai appris de ses juges mêmes
Lorsque le roi ne bailla plus d'argent pour exorciser les religieuses, le diable les quitta. Quelque temps après , il y eut à Chinon des religieuses qui voulaient faire les possédées comme celles de Loudun. Mais trois évéques étant venus à Chinon pour prendre connaissance de ce fait, ils chassèrent le diable du corps de ces filles aven le fouet qu'ils leur firent donner. » On trouve des pièces intéressantes relatives à ce procès , dans les Archives curieuses de l'histoire de France, par M. Danjou, T série, tom. V, pag. 187 et suivantes.
Grand maître de l'abtillebie.
Voy. Abtillebie, tom. I, pag. 379.
Grand maîtbb de l'université.
Voy. iNSTBUCTION PUBLIQUE.
Grandmaîtbede Fbance, premier officier de la couronne, premier domestique et surintendant du roi , sous l'ancienne monarchie.
Le grand maître , successeur des comtes du palais, des grands sénéchaux, des souverains maîtres d'hôtel, avait la garde de la personne royale, dressait le rôle annuel des officiers de la maison du roi, commandait dans toutes les cérémonies , introduisait auprès de Sa Majesté les princes ou ambassadeurs et
(*) FU du père Joseph, par l'abbé Richard.
ministres étrangers. Du moins , telles étaient les fonctions dont les maîtres d'hôtel s'acquittèrent d'abord en son nom, avant qu'on les eût partagées entre un assez grand nombre d'officiers, tels que aides ou maîtres des cérémonies , introducteurs des ambassadeurs, etc. Sa juridiction et son autorité s'étendaient sur la chapelle rovale, sur les maîtres d'hôtel, contrôleurs généraux de la maison du roi, officiers de bouche , etc. Il portait pour insigne le bâton virole d'or.
Grand maître des abbalétbiers.
Grand officier de la couronne , qui avait la surintendance sur tous les officiers des machines de guerre avant l'invention de l'artillerie. Le premier qui eut cette qualité, est Thibaud de Montléart, en 1230, et le dernier fut Aimar de Prie, en 1523.
GBAND MAÎTBE DES CÉRÉMONIES.
La charge de cet officier faisait d'abord partie des fonctions du grand maître de la maison du roi. Henri III l'en sépara en 1585. Le grand maître des cérémonies fixait le rang de chacun dans les fêtes solennelles, au sacre, aux réceptions des ambassadeurs, aux obsèques et pommes funèbres des rois, des princes et des princesses, etc.
Gbandmesnil (Jean- Baptiste Faucha rd de), comédien célèbre du dix-huitième siècle, fut d'abord avocat. Il appartenait à une bonne famille , et avait reçu une éducation distinguée. Il se fit estimer dans le barreau par plusieurs procès où il plaida avec talent, entre autres par la défense qu'il présenta pour le célèbre cabaretier Ramponneau, qui avait ençagé avec l'entrepreneur de spectacles forains, Gandon, un procès dont la société d'alors s'amusa beaucoup. Plus tard, Grandmesnil s'etant prononcé contre le parlement .\faupeou, eut a soutenir des contestations désaréables avec plusieurs membres du arreau; en outre, il n'était pas parfaitement content des procédés de sa famille à son égard; enliu, la profession d'avocat ne lui plaisait que médiocrement. Il disparut, et l'on apprit bientôt qu'il jouait la comédie à Bruxelles; ensuite, il alla s'engager successivement sur les théâtres de Bordeaux et de Marseille. La réputation de bon acteur