HOLLANDE L'UNI
l'effet de cette simple marche fut de séparer ses deux adversaires. Le prince d'Orange , ne songeant plus qu'à couvrir la Hollande, alla établir son quartier général à Gorcum ; le duc d'York, pour coopérer à la défense de la Meuse, projetée par les Impériaux, prrt position a Bois-le-Duc, et s'étendit entre la Dommel et l'Aa , espérant pouvoir par Ruremonde se lier avec Clairfayt. Les Hollandais se résignant à la défensive , une division française parut sufûsante pour les contenir, et le reste de l'armée du Nord marcha contre les Anglais.
Battu le 14 à Boxtel, et le 25 sur les bords de l'Aa, et ainsi coupé de Ruremonde, York se vit obligé de prendre la route de Grave , et ne se crut en sûreté que sur les hauteurs de Mook , au delà de la Meuse, à 15 lieues de l'extrême gauche des Impériaux.
Il n'y avait plus qu'à enlever Bois-le- Duc pour le séparer tout à fait du prince d'Orange. Pichegru , voyant cette place livrée à elle-même , I investit le 23, et pour empêcher les Hollandais de déboucher par l'île de Bommel, il prit ou cerna les forts d'Orthen , de Saint- André, de Crèvecceur, d'Empel et d'Heusden. Les divisions Bonneau et Moreau ayant, d'un autre côté, paralysé l'armée anglaise , le gouverneur , perdant espoir d'être secouru , capitula le 9 octobre. Dès lors Pichegru songe à franchir la Meuse. Il ne laisse derrière lui que les troupes strictement nécessaires pour tenir Grave en échec, et , avec 40,000 hommes , passe le fleuve près de Tefelen. Le passage , retardé par suite du mauvais état des chemins, s'effectua le 18, sans obstacle de la part des ennemis; car le duc d'York s'était replié sous le canon de Nimègue. Mais, pour atteindre cette ville, les Français avaient encore à traverser le canal d Oude-Watering , qui joint le Waal à la Meuse , d'Appeltern à Druten , et huit à dix mille Anglais étaient postés derrière cette ligne. Le 19, Pichegru en ordonne l'attaque. Nos soldats s'approchent résolu ment du canal, s'y précipitent sans s'inquiéter de sa profondeur , et malgré les boulets gravissent la berge opposée. Les Anglais fuient devant eux. Après ce combat, le duc d'York, saisi d'épouvante, ne laisse dans Nimègue que son
EPiS. HOLLANDE
lieutenant Walmoden avec vingt bataillons ou escadrons, fait rétrograder le gros de ses forces entre le Waal et le Leck , et porte son quartier général à Arnhem.
Sur ces entrefaites, Pichegru, malade, est obligé de gagner Bruxelles: mais les opérations de l'armée française n'en sont pas ralenties. Moreau quitte le siège de Vanloo , qu'il a investi dès le 8 octobre , et qui doit capituler le surlendemain de son départ ; il vient prendre le commandement en chef, et s'avance aussitôt contre Nimègue. A son approche, Walmoden s'en éloigne pour remonter le Bhin et aller au-devant d'un secours de 20,000 hommes que Clairfayt lui envoie. Moreau le suit, et pour l'empêcher de revenir sur ses pas , se poste au fort de Schenck. Vandamme , d'un autre côté, marche par Clèves pour tenir tête aux Impériaux qui débouchent par Wesel , rencontre leur avant-garde a Baserich, la culbute, et la rejette sur le corps de bataille, qu'elle entraine au delà au Rhin. Alors Walmoden luimême franchit le fleuve, et nos troupes vont sans inquiétude se livrer au siège de Nimègue. Investie le 27, la place ouvre ses portes le 9 du mois suivant.
Ce nouveau succès de nos armes plongea le duc d'York dans un tel désespoir, qu'il remit à Walmoden le commandement suprême, et s'embarqua pour l'Angleterre. D'ailleurs, la campagne de 1794 n'était-elle pas finie? L'armée du Nord , appuyée aux grands cours d'eau qui forment la barrière de la Hollande , ne devait-elle pas être mise en quartiers d'hiver? Ses généraux le demandaient à grands cris, et les fatigues
Îju'elle avait essuyées, les maladies qui a dévoraient, la rigueur de la saison , l'insalubrité du sol, le manque de vêtements et de chaussures , tout en faisait une loi ; mais les commissaires de la Convention , habitués au dévouement et à la patience de nos soldats , ne leur permirent pas de relâche avant la complète exécution des ordres du comité de salut public. L'ordre fut donné de marcher en avant. Pour dominer le cours du Waal , on n'avait plus qu'à enlever nie de Bommel. On le tenta le 12 décembre; mais l'entreprise échoua.
Cette circonstance amollit enûn l'in-
flexibilité des commissaires ; mais le repos tant désiré ne dura que peu de jours. Bientôt le froid augmente, les cours d'eau gèlent , et la glace devient assez forte pour permettre à nos troupes de les franchir. Pichegru, de retour au quartier général, en profite pour chercher de nouveau à s emparer de l'île. On y pénètre le 27 par Saint-André, Empel et Crèvecœur. L'ennemi, facilement dispersé , se réfugie à Gorcum et Buron ; on le poursuit au delà du Waal , mais la glace est trop faible pour porter l'artillerie, et nos avantgardes doivent se replier. Néanmoins , une brigade traverse l'île dans toute sa longueur, et va , par Texheede , tomber à revers sur les lignes de Breda qu'on attaque de front par Hudenbosch. On les rompt le 29 , on les repousse dans "Williemstad et Gertruydemberg , et le même jour, Grave, bloqué depuis deux mois, ouvre enfin ses portes.
Walmoden rétrogradait déjà. Rappelé par les Hollandais , il revient sur la Linge , et essaye d'en défendre le passage; un renfort d'Impériaux l'appuie en s' établissant sur le canal de Panerden; mais l'armée du Nord est aussi renforcée par deux divisions que lui envoie Jourdan, et l'intensité du froid la met à même de tenter une attaque générale. Le centre , poussant d'abord a Thiel , fait plier toute la ligne ennemie ; cependant elle se reforme derrière le Leck. Walmoden la ramène sur ses pas ; mais elle se heurte partout aux colonnes de Pichegru , qui ont franchi le Waal à Thiel, à Parden, à Kokerdum.
Ce dernier mouvement disloque les coalisés ; les Impériaux regagnent Wesel ; Walmoden franchit l'Yssel à Dewinter, pour atteindre le Hanovre, et les troupes hollandaises se replient sur la Haye.
Notre droite prena alors position à Arnhem et sur le canal de Panerden; Moreau se détache pour suivre Walmoden, et Pichegru entre triomphant dans Amsterdam , où éclate une révolution.
Bientôt la Zélande et les places du Brabant , Rotterdam , la Haye , reçoivent les troupes françaises. Un nouveau prodige signale ensuite une campagne déjà si merveilleuse : Pichegru avait envoyé dans la Nord-Hollande des détachements de cavalerie et d'artillerie lé-
gère , avec ordre de traverser le Texel , de s'approcher des vaisseaux de guerre hollandais qu'il savait y être à l'ancre, et de s'en emparer. C'était la première fois qu'on parlait de prendre une flotte avec de la cavalerie; néanmoins cette manœuvre réussit à souhait. Nos cavaliers traversèrent au galop les plaines de glaces, arrivèrent auprès des navires, les sommèrent de se rendre, et firent sans combat l'armée navale prisonnière.
Les Anglais , qui occupaient encore les provinces d'Over-Yssel , de G roni figue et de Frise , furent contraints de les évacuer successivement ; et dans les derniers jours de février 1795, les Français se trouvèrent en paisible possession de la Hollande : ils voulurent bien lui laisser son indépendance ; par gratitude , elle organisa un gouvernement sur le modèle de celui de la France, et le 16 mai, la république batave signa un traité d'alliance offensive et défensive avec la république française. La Hollande nous cédait les différentes forteresses dont nous voulions nous faire une barrière sur la Meuse , et nous lui donnions 36,000 hommes de troupes pour la soutenir en cas que le prince d'Orange , alors réfugié en Angleterre, conspirât contre sa liberté.
Moins généreux que ne l avait été la Convention, l'empereur, en 1806, forma de la Hollande un royaume qu'il donna à son frère Louis ; puis, en 1810, il l'incorpora à la France. En 1814 , lors de nos désastres , elle nous fut enlevée ainsi que la Belgique , et de la réunion de ces deux contrées sous un même sceptre naquit le nouveau royaume des Pays-Bas.
Par suite de la révolution du mois d'août 1830, qui a séparé la Belgique de la Hollande, les Français se sont, vers la fin de 1832, retrouvés un instant, au profit des Belges, en guerre avec les Hollandais. Nous voulons parler de l'expédition d'Anvers. (Voyez ce mot, tome Ier, page 267.)
Hollande (relations de la France avec la ). Suivant les auteurs de KAH de vérifier les dates, ce fut après que les Francs eurent été chassés de la Ha ta vie par l'empereur Constance, que cette contrée prit le nom de Frise , dénomi-
ration sous laquelle elle est. désignée dans nos anciens historiens. Deux chefs frisons, AlgiseetRatbod, furent longtemps en guerre avec les rois francs. Le premier accueillit, en 677 , saint Wilfrid , évêque d'York , chassé de son siège , et refusa de le livrer à Êbroïn. Son successeur, Radbod, essaya de secouer le joug des Francs , auxquels les Frisons , disent les annales de Metz, avaient été soumis autrefois. Cette tentative n'eut aucun succès. La seconde ou la troisième année de l'administration de Pépin d'Héristal, l'assemblée générale des Francs décréta une expédition contre Radbod, qui fut vaincu sur les côtes de la mer du Nord. Les vainqueurs ravagèrent la Frise, où ils firent un immense butin. La soumission du Frison ne fut pas de longue durée; Radbod, dont les États s'étendaient jusqu'au Rhin et même jusqu'à la Meuse, fit sur les terres des Francs une irruption dont Pépin se vengea par une grande victoire remportée devant Duerstal (Dorestadtvm) en Gueldre. Le territoire des Frisons fut ravagé pendant plusieurs années, jusqu'au moment où ceux-ci ayant imploré la paix , Pépin fit épouser à Grimoald, son fils, Theusinde, fille du duc Radbod. Les missionnaires , après cette paix , se répandirent dans la Frise. Radbod , toutefois , fut loin d'avoir renoncé à ses idées d'indépendance, et il saisit avec empressement l'occasion de s'allier aux Neustriens contre Chnrles-Martel. Celui-ci marcha à la rencontre des Frisons et leur livra bataille en 716; mais il fut défait, et laissa sur le champ de bataille l'élite de ses troupes. Le vainqueur fit ensuite sa jonction devant Cologne avec l'armée neustrienne. Les deux armées réunies dévastèrent l'Austrasie , et ne se retirèrent qu'après avoir contraint Plectrude d'acheter leur retraite au poids de l'or. A la suite de cette victoire, les chrétiens furent chassés de la Frise, et toutes les églises détruites. Radbod étant mort en 719, les armes franques ne tardèrent pas à reprendre le dessus. Charles-Martel dirigea contre Pnppon , successeur de Radbod. plusieurs expéditions, tantôt par terre , tantôt par iner , battit leurs armées , les poursuivit dans leurs îles , brûla leurs temples , et finit par leur li-
vrer , en 736 , une bataille décisive où leur chef périt en combattant. Adgile, frère de Poppon , et Gondebaud , successeur d'Adgile, se liguèrent en vain avec les Saxons pour secouer le joug de la France; Pépin le Bref et Carloman remportèrent sur les confédérés une victoire si complète , que de longtemps les Frisons ne purent s'en relever. F.n même temps, les missionnaires achevèrent l'œuvre commencée par les armes, et enfin le pays se trouva à la fois pacifié et converti. Charlemagne fut le premier monarque franc qui donna des comtes à la Frise. Ces comtes étaient distribués par canton et subordonnés à un duc. La Frise , comprise dans la portion de l'empire que Louis le Débonnaire accorda en 839 à Lothaire, fut , en 855 , cédée par celui-ci à son fils , nommé Lothaire comme lui, pour u'il la défendit contre les incursions es Normands (*). En 882 , Charles le Gros ayant fait une paix honteuse avec le chef normand Godefroi , lui accorda une partie de la Frise; mais cette contrée rentra , trois ans plus tard , sous la domination franque , lorsque Godefroi et ses compagnons eurent été massacrés.
Depuis cette époque jusqu'à la seconde moitié du dixième siècle, la Frise dépendit du royaume de France ; mais, à partir de 980 au plus tard, elle commença à relever de l'Empire ; le nom de Hollande se trouve, pour la première fois, dans un diplôme donné en 1064 par l'empereur Henri IV.
Ce futà l'occasion de la guerre civile qui s'éleva entre Robert le Frison, comte de Frise, et son frère Baudouin VI, comte de Flandre, que s'établ irent les premières relations entre la France capétienne et la Hollande. Baudouin VI ayant péri dans une bataille , sa veuve Richilde et son jeune fils Arnolphe vinrent implorer le secours de Philippe l*r, qui, immédiatement, sans se donner beaucoup de peine pour rassembler une armée, se mit en marche vers la Flandre, se figurant qu'un comte de Hollande n'oserait jamais tenir la campagne con-
(*) Les Frisons, comme les Normands , ravagèrent à plusieurs reprises les côtes de la Gaule, notamment la Bretagne.
tre un roi de France. Nous avons raconté ailleurs cette campagne où Philippe perdit la bataille de Cassel (20 février 1070). (Voy. Cassel et Flandre.) Un mariage termina la guerre : le roi de France épousa Berthe de Hollande, fille du comte Florent Ier et belle-ûlle de Robert le Frison.
Pendant près d'un siècle et demi les deux pays semblèrent rester complètement étrangers l'un à l'autre ; cependant, en 1 2 1 3, le comte Guillaume Ier se joignit à la ligue formée contre Philippe-Auguste et rompue par la victoire de Bouvines; mais il abandonna ensuite le parti de l'empereur Otton pour celui de son rival FréJéric, ce qui l'amena à faire alliance avec la France; et même, en 1216, il amena trente-six chevaliers à Louis de France , quand celui-ci passa le détroit pour renverser Jean sans Terre.
Les démêlés sans cesse renaissants de la Flandre et de la Hollande nécessitèrent plus d'une fois l'intervention de la France. Ainsi Marguerite, comtesse de Flandre , battue le 4 juillet Ï253, à West-Kappel , implora le secours de la France, et , pour l'obtenir, céda le Hainaut à Charles d'Anjou. Ce prince, qui débuta par quelques succès, fut forcé, en 1254, par Guillaume II de Hollande, de s'enfermer dans Valenciennes, et saint Louis , à la prière de Marguerite, se rendit lui-même à Gand pour essayer de rétablir la paix. Mais ses efforts ne furent couronnés de succès qu'après la mort de Guillaume, arrivée en 1256.
Pendant la minorité de Jean Ier, fils du comte Florent, la Hollande fut gouvernée par Jean d'Avesnes , comte de Hainaut, prince dévoué à la France. Jean étant mort , son tuteur lui succéda en 1299, et ce fut avec l'aide d'une armée française qu'il put se maintenir dans son comté contre l'empereur Albert. II eut encore recours à la France, lorsque le comte Gui , régent de Flandre, s'empara de la Zélande. Une flotte française rjattit les Flamands devant Ziricksee , pendant que leur armée de terre était défaite (1304) à Mons-en- Puelle. (Voyez Flandre.)
L'influence française se soutint en Hollande jusque vers la fin du règne de Guillaume III , successeur de Jean d'A-
vesnes. Ce prince vint en 1305 à Paris épouser la princesse Jeanne, fille de Charles de France, comte de Valois; et ce fiit grâce à la médiation de la France qu'à la mi-carême de Tannée 1322, fut signé dans la même ville le traité qui termina les longues guerres de la Flandre et de la Hollande. En 1328, Guillaume combattit vaillamment pour la France à la seconde bataille de Cassel , et plus tard il se rendit médiateur entre le duc de Brabant et Philippe de Valois , irrité contre ce dernier, qui avait accueilli dans ses États Robert d'Artois. Mais en 1334, le roi de France ayant empêché le mariage d'une des filles du comte de Hollande avec le duc de Brabant, Guillaume s'allia avec Édouard III d'Angleterre. Son fils, Guillaume IV, continua la politique de son père ; mais à partir de cette époque jusque dans la seconde moitié du seizième siècle, la France et la Hollande restèrent complètement étrangères l'une à l'autre. Leurs relations se renouèrent lorsque commença l'insurrection des Pays-Bas contre la maison d'Autriche.
Les réformés, dans leur lutte contre le catholicisme , se prêtaient mutuellement secours ; aussi la cause des insurgés excita -t-elle en France une vive sympathie. Les hostilités avant éclate en 1568 , des protestants français commandés par Cocqueville se rassemblèrent en Picardie au nombre d'environ six cents arquebusiers et deux cents cavaliers. Le duc d'Albe, gouverneur des Pays-Bas, s'en plaignit a Charles IX ; aussitôt on envoya en Picardie le maréchal de Cossé, et Cocqueville, qui s'était renfermé dans Saint -Valéry, fut pris et mis à mort, ainsi que la "plupart des aventuriers qui se trouvaient avec lui. Une tentative faite par le prince d'Orange n'eut guère un meilleur succès; ce prince se vit obligé de licencier son armée et de se retirer avec une partie de sa cavalerie en France, où il rejoignit à Soissons le prince de Condé. Cependant quelques années plus tard , le roi de France songea à profiter des troubles des Pays-Bas. Le prince d'Orange et Louis de Nassau , son frère , lui ayant fait espérer la souveraineté de ces contrées, il leur envoya à différentes reprises de l'argent pour
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les aider à lever des troupes. En 1571, il avança des sommes considérables à Coligny et à Louis de Nassau pour former en Normandie un rassemblement de protestants, à la tête duquel devaient se mettre Genlis , la Noue et Guitry.
D'autres troupes se rassemblèrent en même temps à Brouage et à Bordeaux, sous les ordres du baron de la Garde ; elles devaient s'embarquer pourattaquer les galions d'Espagne à leur retour d'Amérique; mais ces préparatifs n'eurent d'autre résultat que d'opérer une diversion en faveurdu prince d'Orange.
La Noue, après s'être emparé de la ville de Valenciennes , faisait le siège de la citadelle, lorsqu'il se vit obligé d'accourir au secours de Louis de Nassau, enfermé dans Morts , qu'il avait surpris le 24 mai 1572, avec des troupes amenées en grande partie de Paris. Pendant que l'armée espagnole était occupée de ce côté, la plupart des villes du nord de la Hollande, la Gueldre, l'Over-Yssel, secouèrent le joug espagnol. En même temps Genlis s'avança avec les cinq mille huguenots qu'il avait sur la frontière de la Picardie et de la Champagne, pour délivrer Louis de Nassau.
Mais Charles IX, avant son départ, s'était informé soigneusement de la route qu'il devait suivre et en avait instruit le duc d'Albe , qui , à la tête de toute son armée, enveloppa les huguenots, le 11 juillet, près de Saint-Guilain. Après une héroïque résistance, ceux-ci succombèrent. Douze cents d'entre eux restèrent sur le champ de bataille; un grand nombre fut fait prisonnier et livré à l'Inquisition. Genlis, tombé au pouvoir du vainqueur, fut étranglé dans son lit. Ce désastre, suivi bientôt du massacre de la Saint-Barthélemy, porta un rude coup à la cause des insurgés des Pays-Bas ; néanmoins l'année suivante on* vit se renouveler la politique contradictoire déjà suivie par François Ier, qui s'alliait aux protestants de l'Allemagne, tandis qu'il faisait brûler leurs coreligionnaires à Paris. Catherine , pour rapprocher de la France le duc d'Alençon, élu roi de Pologne , conçut le projet de le mettre à la tête des insurgés de la Hollande. Ce prince devait profiter de la sympathie que les évangéliques de son nou-
veau royaume témoignaient aux huguenots , pour armer et équiper, avec leur concours et celui de la France, une flotte à Dantzick , et la conduire dans les ports de Hollande. Le roi de Danemark avait promis son appui, et le comte de Retz fut envoyé avec de l'argent en Allemagne pour 'lever des troupes , tandis que Schombergalla trouver le prince d'Orange, et conclut avec lui un traité dont les bases avaient été convenues avec Louis de Nassau ; enfin le roi de Pologne fut élu chef pour les guerres de Flandre contre le roi d'Espagne; mais la mort de Charles IX arrêta l'exécution de ces projets.
Il était temps cependant que la France intervînt, car la campagne de 1573 avait été funeste pour le prince d'Orange. L'année suivante, son frère, Louis de Nassau, s'avança par la Gueldre avec une armée de sept mille fantassins et de quatre mille cavaliers qu'il avait levés avec l'argent de Charles IX , et à laquelle beaucoup de protestants français s'étaient joints. La souveraineté des comtés de Hollande et de Zéelande avait été promise au roi de France pour l'indemniser de ses avances. Malheureusement cette armée fut défaite à Mooches le 14 avril , et Louis de Nassau périt lui-même dans la mêlée. Malgré ce désastre, l'habileté du prince d'Orange et l'énergie des populations sauvèrent la cause du protestantisme. Les Flamands catholiques s'unirent d'ailleurs aux Hollandais et implorèrent le secours des puissances étrangères. Ils s'adressèrent à la reine d'Angleterre et au frère de Henri III , à Monsieur, duc d'Anjou (Voyez Fbançois de France), et entamèrent leur'néociation avec ce dernier par le moyen e Mondoucet , qui , après avoir été ministre de France dans les Pays-Bas, était revenu à Paris, chargé par beaucoup de seigneurs et de communautés d'invoquer la protection du roi. « Mondoucet , dit Marguerite de Valois dans ses Mémoires , voyant que le roi méprisoit ses avis, ne lui en parla plus, et s'adressa à mon frère, qui, ayant un vrai naturel de prince, n'aimoit qu'à entreprendre choses grandes et hasardeuses, étant plus né à conquérir qu'à conserver; lequel embrasse soudain
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cette entreprise , qui lui plaît d'autant plus qu'il voit qu'il ne fait rien d'injuste , voulant seulement r'acquérir à fa France ce qui lui étoit usurpé par l'Espagnol. »
« Quoique Henri III craignît que l'entreprise de son frère ne le brouillât avec Philippe II, il languissait de le voir sortir de France , pour être délivré des esprits remuants qui le dirigeaient, des aventuriers qu'il avait engagés sous ses drapeaux , pour soulager ses sujets de leurs pillages, et plus encore pour éloigner un rival dont il se méfiait. La petite armée du duc d'Anjou (6,000 hommes de pied et 1,000 chevaux) traversa sans obstacle une partie de la France, et arriva sur les frontières du Hainaut. Le duc lui-même partit de Verneuil , le 7 juillet(1678), à minuit, avec Bussy, la Rocheguyon, et un petit nombre d'officiers, pour rejoindre ses troupes. Au commencement d'août, il fut reçu dans Mons. Alors il publia un manifeste, par lequel il déclarait qu'il n'avait pu résister aux instances des habitants des Pays-Bas, autrefois sujets de la France, qui le suppliaient de les délivrer de la tyrannie des Espagnols ; qu'il s'y était déterminé malgré la résistance de la reine sa mère, et les remontrances des principaux seigneurs du royaume; mais qu'il prenait le ciel à témoin que ni l'avarice, ni l'ambition, ni l'envie de profiter des dépouilles d'un prince voisin ne l'avaient engagé dans cette entreprise, à laquelle il n'aVait été déterminé que par le sentiment du devoir et de la compassion. Ce manifeste fut suivi par un traité que Bussy négocia et signa à Anvers, le 13 août, traité par lequel le duc d'Anjou était proclame protecteur de la liberté belge. Il s'engageait à entretenir pendant trois mois, a ses frais, 10,000 fantassins et 2,000 chevaux pour la défense des États. Ceux-ci promettaient de lui livrer pour places de sûreté les forteresses de Bavay , du Quesnoy, et deLondrecies, et ils lui cédaient toutes les conquêtes qu'il pourrait faire à droite de la Meuse; celles qu'il ferait à la gauche de cette rivière devaient leur être restituées. Ils promettaient, s'ils venaient à rompre sans retour avec le roi d'Espagne, de préférer le duc à tout autre pour être leur souverain; enfin
ils consentaient à ce que les ordres fussent donnés en son nom, quand il serait présent à l'armée; mais quant à la police et au gouvernement du pays «le duc, «était-il dit dans le traite, sera content « de ne point s'y entremettre (*). »
Mais la discorde éclata bientôt entre les insurgés des Pays-Bas. Les catholiques des provinces wallonnes, jaloux de l'influence toujours croissante des protestants de Flandre et de Brabant, refusèrent de livrer au duc d'Anjou les trois villes qui lui avaient été promises comme places de sûreté, et se rapprochèrent des Espagnols. Le prince français s'empara de Binch en Hainaut , le 7 octobre ; il prit ensuite Maubeuge ; mais après avoir vainement négocié pour se mettre en possession de Landrecies et du Quesnoy , il licencia son armée et ne tarda pas à rentrer en France (1573).
Après son départ, les affaires des Pays-Bas ne firent qu'empirer , malgré la célèbre Union d'Utrecht, conclue au mois de janvier 1579 , entre les cinq provinces de Gueldre et Zutphen, de Hollande, de Zeelande, d'Utrecht, de Frise et des Ommelandes. Maèstricht avait été prise d'assaut par les Espagnols, et la population entièrement exterminée. Le brave la Noue, qui était arrivé en Flandre au mois de juin 1578, accompagné d'un grand nombre d'officiers protestants, se laissa surprendre, le 10 mai 1580, à Engelmunster, et fut fait prisonnier. Les États, découragés , se tournèrent alors de nouveau vers le duc d'Anjou. Un décret qu'ils rendirent le 20 juin 1580 lui déféra le commandement général de toutes les forces des Provinces-Unies; le 12 août , un nouveau décret chargea une députation d'aller lui offrir la souveraineté des provinces qui avaient signé l'union d'Utrecht ; enfin le traité fut signé le 19 septembre. Aussitôt le duc d'Anjou , pour se former une armée, supplia son frère de terminer la guerre civile , et Henri III , dans le triple but de susciter des embarras à Philippe II , de se débarrasser de son frère , et d'éloigner du royaume des bandes de soldats pillards,
(*) De Sismondi , Histoire des Français , t. XIX, p. 49'J et suiv.
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ossez semblables à celles que du Guesclin avait emmenées en Espagne, signa la paix de Fleix, le 26 novembre 1580.
Le duc d'Anjou lit alors ses apprêts pour la guerre de Flandre. Philippe II en fut très-irrité ; mais Henri III lui déclara que cette entreprise était toute personnelle à son frère , et qu'il faisait tous ses efforts pour l'en détourner.
Nous avons raconté ailleurs (voyez Flandre , p. 126) comment le jeune duc finit par s'attirer la haine des insurgés , et comment , dans leur découragement, ils allaient de nouveau le reconnaître pour souverain, lorsqu'il mourut, en 1584. Peu après, le prince d'Orange fut assassiné , et la mort de ce grand homme entraîna , pour les Provinces-Unies, de tels revers , qu'elles résolurent de se donner entièrement à la France. Henri III donna audience aux députés hollandais , le 12 février 1585 ; il les remercia de la confiance que leurs provinces avaient précédemment accordée à son frère , les assura de l'intérêt qu'il leur portait, mais demanda du temps pour réfléchir à leur proposition. A la fin de mars , il les congédia , en leur annonçant que les circonstances ne lui permettaient pas de les accueillir, et en leur recommandant de s'adresser à la reine d'Angleterre; il invita eu effet celle-ci à faire
f>our eux ce qu'il ne voulait point faire ui-même.Cette négociation, bien qu'elle n'edt été suivie d'aucun résultat , souleva contre le roi tout le parti catholique , et fournit à la ligue l'occasion d'éclater. Les troubles qui désolèrent la France, à partir de cette époque, l'empêchèrent de venir au secours des Provinces-Unies.
Lorsqu'en 15Ô1, Henri IV, monté sur le trône, alla chercher partout des alliés , son envoyé , le vicomte de Turenne, trouva les Provinces-Unies dans un état de prospérité auquel il était loin de s'attendre ; Maurice d'Orange promit que si l'armée espagnole quittait les Pays-Bas pour entrer en France, il en profiterait aussitôt pour faire une
{missante diversion ; il tint parole, et a France et la Hollande y gagnèrent toutes deux.
En 1596, après la prise de Calais par les Espagnols , et de la Fère par Heu-
ERS. HOLLANDE
ri IV, ce prince envoya Buzenval auprès des États-Généraux pour en obtenir quelques secours. Un traité fut conclu, le 31 octobre, par le duc de Bouillon, qui avait, été à la Haye joindre Buzenval. Les États-Généraux promirent 4,000 hommes de troupes auxiliaires, et une avance de trois cent cinquante mille florins (450,000 liv.), sous la condition qu'aucune négociation ne se ferait avec l'ennemi commun, sans le consentement des deux parties contractantes.
Cette condition ne fut pas exécutée par Henri IV, oui, lors de la paix signée en 1598 avec 1 Espagne , sacrifia ses alliés. (Voyez Vervins.). Mais aussi ce prince ne se piqua pas d'observer fidèlement ce dernier traité, car il ne cessa défaire passer aux Hollandais des subsides, qu'il regardait comme le payement d'anciennes dettes, et il encouragea les protestants de France à lever des régiments pour les conduire au service des Provinces-Unies.
Enfin les Hollandais ayant signé, le 24 avril 1607, une trêve avec l'Espagne, Henri IV leur envoya de nouveau Buzenval et le président Jeannin , qui parvinrent, après de longues négociations, à conclure, le 23 janvier 1608, un traité
f>ar lequel la France, rattachant à elle es Provinces-Unies, se rendait garante envers elles de la paix qu'elles se proposaient de faire avec 1 Espagne, et promettait de les assister avec 10,000 hommes de pied, dans le cas où la guerre recommencerait (*).
Lors des querelles religieuses relatives à l'arminianisme qui troublèrent si violemment la Hollande, la France intervint pour défendre la cause de l'humanité. Le grand pensionnaire Barnevveldt ayant été jeté en prison, le 24 août 1618, Boissise fut envoyé immédiatement auprès des États-Généraux pour chercher à le sauver. On sait que cette démarche fut inutile.
Grotius, condamné en même temps à une prison perpétuelle, s'échappa en 1621, et n'eut qu'à se louer de l'accueil
(*) La trêve tic douze ans qui admit les Hollandais parmi les puissances indépendantes de l'Europe, fut siguée en i ('...<>, à Anvers, entre la Hollande et l'Espagne , sous la garantie de Henri IV et de Jacques Ier, roi d'Angleterre.
qu'il reçut en France, où il séjourna plusieurs années.
La guerre ayant été rallumée entre la Hollande et l'Espagne , les secours de la France ne manquèrent pas à son alliée , qui cependant eut à se plaindre de la conduite de Richelieu lorsque celui-ci conclut perfidement en 1626, avec l'Espagne, le traité de Monçon, (Voy. ce mot.) Néanmoins, malgré ce traité, les volontaires français abondèrent toujours dans les armées hollandaises. Ce fut au siège de Bois-le- Duc, en 1628, que Tare une fit ses premières armes.
Quelques années plus tard, Richelieu cherchant à embarrasser la maison d'Autriche dans des guerres continuelles, lit tout ce qu'il put pour empêcher les Hollandais de se rapprocher de l'Es-? pagne; le baron de Charnacé fut envoyé chez eux dans ce but ; ils déclarèrent qu'ils étaient tout disposés à s'unir sincèrement à la France, et à travailler à la conquête de la Flandre avec et pour le roi, pourvu que Louis XIII déclarât ouvertement la guerre à l'Espagne. Mais le cardinal n'était pas encore prêt. Il se borna à offrir des subsides, dix mille soldats et cinq cents chevaux, que des navires hollandais devaient seulement venir chercher dans les ports de France, et, sur ces entrefaites, la maladresse de l'Espagne fit rompre les négociations.
Le 15 avril 1634, Richelieu augmenta les subsides annuels payés aux Provinces-Unies, sous la condition que de toute une année elles ne feraient aucun traité avec l'Espagne; et enfin, le 8 février 1635, Louis XIII signa avec elles, à Paris, un traité d'alliance offensive et défensive, par lequel il promit d'attaquer les Pays-Bas à la tête de vingtcinçi mille fantassins et de cinq mille cavaliers. Aussitôt que les ratifications seraient échangées, les deux parties s'engageaient à poursuivre la guerre dans les Pays-Bas, jusqu'à l'entière expulsion des Espagnols ; après qûoi toute la Belgique devait être partagée entre elles. Bientôt après s'engagea la guerre générale dont nous avons déjà raconté les événements. (Voy. Annales, 1. 1.)
La mésintelligence commença à éclater dans le cours de cette guerre entre
la France et les Provinces-Unies, qui voyaient avec inquiétude nos progrès en Flandre; d'ailleurs Mazarin semblait tenir peu à leur alliance. En 1650, le président de Bel lièvre, ambassadeur en Hollande, offensa les États-Généraux par la
{détention qu'il avaitdeprendredans-son jotel \epaset la main sur leurs députés. Son successeur Pierre Chanut se montra moins difficile sur l'étiquette, mais tout aussi peu accommodant pour la réparation des griefs dont la Hollande avait à se plaindre. Les corsaires français enlevaient sans scrupule les vaisseaux marchands des Provinces-Unies; et malgré une cinquantaine d'arrêts des conseils et des amirautés, les armateurs gardaient obstinément ces prises. En 1657, les Hollandais reclamaient trois cent dix -huit vaisseaux marchands.
Ruyter reçut l'ordre d'exercer des représailles, et s'empara de deux vaisseaux de la marine royale. De Thou , envoyé pour terminer ce différend, ne put y parvenir; enfin les Hollandais, indignés de voir Mazarin intéressé dans les bénéfices des corsaires français, et surtout inquiets de la puissance toujours croissante de la France, ne cachèrent plus leur mauvais vouloir, et ils prirent parti pour le roi de Danemark contre le roi de Suède, allié de la France.
Cependant, malgré ces sujets de plainte, malgré les prétentions de la France sur les Pays-Bas catholiques, le parti français, ayant pour chef Jean de Witt, était encore puissant en Hollande. Mais l'abaissement de la maison d'Autriche devait uécessurement amener un revirement complet en Europe; l'intérêt politique avait partout remplacé l'intérêt religieux, et la France allait trouver des ennemis dans les peuples que depuis plus d'un siècle elle avait eus pour alliés. On put s'apercevoir de ce changement lorsque, le 27 avril 1662, la ratification d'un traité de commerce signé entre la Hollande et la France, fut différée par la première de ces deux puissances, jusqu au 20 mars 1 663, époque de l'achat de Dunkerque par Louis XIV.
Les prétentions que ce prince éleva sur les Pays-Bas espagnols en vertu du droit de dévolution, donnèrent lieu à des négociations fort importantes en-
tre la France et la Hollande. De Witt proposait d'ériger les dix provinces catholiques en république îédérative indépendante, mais alliée des Provinces-Unies et garantie par elles et par la France; comme compensation, il offrait à la France 1 occupation d'un certain nombre de places frontières.
Cette proposition fut d'abord acceptée par Louis XIV, puis des projets et des contre-projets furent échangés, et, enfin, au bout de deux ans, l'ambassadeur français , d'Estrades , déclara « que c'était une proposition prématurée, et qu'il serait assez temps d'en régler les conditions à l'ouverture de la succession de la reine. »
Cependant la guerre ayant éclaté en 1665, entre l'Angleterre et les Provinces-Unies, celles-ci réclamèrent l'assistance de la France ; et Louis XIV, après avoir offert inutilement sa médiation et cherché divers prétextes pour ne pas tenir ses engagements, déclara la guerre à Charles II, le 26 janvier 1666. L'année
(précédente il avait envoyé aux Irlandais six mille hommes pour repousser les ravages de l'évéque de Munster.
Nous avons longuement raconté ailleurs (Voy. Annales, t. II ) comment le roi, après avoir promis d'unir sa flotte à la flotte hollandaise, laissa l'Angleterre et la Hollande s'épuiser dans la lutte, entreprit ensuite la conquête des Pays-Bas espagnols, et fut enfin obligé, en 1668, par l'intervention de la Hollande, de conclure à Aix-la-Chapelle un traité gui ne lui laissa que la Flandre française. Nous avons aussi raconté comment ce prince, profitant de la paix pour se préparer à la guerre, assaillit les Provinces-Unies, à la défense desquelles l'Europe entière accourut ; nous ne reviendrons pas sur les détails de cette guerre qui fut terminée en 1678, par le traité de Nimègue; nous nous bornerons seulement à dire que les historiens semblent jusqu'à présent n'avoir pas fait assez ressortir combien elle fut populaire en France : il suffit de lire les Mémoires contemporains pour voir combien la haine soulevée contre les Hollandais fut alors nationale. Jamais peut-être événement poli-
tique ne donna lieu à plus de caricatures et couplets satiriques (*).
Malgré la paix, Louis XIV continua ses conquêtes, et la Hollande fut enfin forcée au repos par sou épuisement :
pour arrêter les empiétements du roi de France, les États-Généraux rédigèrent, le 17 juin 1684 , un projet de traité par lequel ils promettaient de faire accepter par l'Espagne et l'Empire une trêve de vingt années, aux conditions offertes par lui, et, s'ils n'y réussissaient pas, de ne donner à l'Espagne aucun secours. Cette dernière puissance accéda le. 29 juin aux propositions de Louis
Ce fut la Hollande qui fut l'âme des deux coalitions européennes formées ensuite contre la France, coalitions dont les résultats furent les deux guerres de 1689 et de 1701, terminées, l'une en 1697, par le traité de Ryswick, l'autre en 1713 et en 1714, par les traités d'Utrecht , de Bade et de Rastadt. (Voyez Annales, tom. II.)
A partir de cette époque commença la décadence de la Hollande , qui avait sacrifié ses véritables intérêts pour satisfaire sa haine contre Louis XIV (**). La guerre de la succession d'Espagne lui coûta plus de 350 millions de florins, et ses acquisitions en Europe lui furent funestes, car elle devint alors puissance
(*) On connaît le virelai de la Fontaine :
Salut, révérence, hommage,
A tous , marchands de fromage,
Salut, révérence, hommage.
Voici le texte d'une chanson qui se lit au milieu d'une gravure du temps intitulée , La jouissance du soldat françois sur la déclaration de guerre contre' Us Hollandois , sur le chant : Mon mary, vous me foulez ;
Aux arme», soldats François I Nostre grand roi le commande; 11 préteitd à celte fois Faire la guerre en Hollande.
Dites donc vostre i* mantu , Pauvres marchands de fromages , Dites donc vostre in manut , De vins françois n'aurez plus.
Allons voir, allons voir, allons voir.
Ces gros a valeurs de bière.
Allons voir, allons voir, allons voir Les forces qu'ils peuvent avoir.
(•*) Nous ferons connaiire A l'article Iwoe, un des motifs qui durent le plus contribuer à jeter les Hollandais dans cette politique.
continentale, et négligea sa marine , la lus sûre garantie de son indépenance. Lors de la guerre qui éclata en 1733, elle s'engagea à rester neutre, et la France, de son côté, promit de respecter son territoire. Il n en fut pas de même dans la guerre pour la succession d'Autriche. L'Angleterre et la Hollande offrirent d'abord leur médiation ; puis . la première puissance s'étant, le 11 février 1742 , décidée à la guerre, la seconde, qui, pour nous servir de l'expression du grand Frédéric, n'était plus qu'une chaloupe traînée à la remorque d'un vaisseau Je ligne, adhéra naturellement à son alliance. On sait que cette guerre fut signalée par les succès du maréchal de Saxe dans les Pays-Bas. Louis XV vainqueur ne cessait d'offrir la paix; il proposa aux Hollandais d'en être les médiateurs. « En effet, un peuple tout commerçant, qui n'avaitni bons généraux, ni bons soldats, dont les meilleures troupes étaient prisonnières en France, au nombre de 35,000 hommes, semblait n'avoir d'au* tre intérêt que la paix. La Hollande n'était plus même une puissance maritime ; ses amirautés ne pouvaient pas alors mettre en mer vingt vaisseaux de guerre. Les républicains sentaient que si la guerre entamait leurs provinces, ils seraient forcés de se donner un stathouder; ils insistaient pour la neutralité. Le parti anglais et le préjugé général prévalurent. L'irruption de Louis XIV était encore dans les cœurs; on ne pouvait concevoir la modération de Louis XV, ni la croire sincère; ses propositions furent donc rejetées. Alors la guerre fut déclarée aux Hollandais , et les Français envahirent le Brabant septentrional. Aussitôt une révolution éclata, parodie de celle de 1672, et l'on proclama stathouder Guillaume IV, prince d'Orange, arrière-petit neveu de Guillaume III. Le stathoudérat fut déclaré héréditaire, même dans la ligne des femmes, et les Provinces-Unies devinrent réellement une monarchie plus que jamais soumise à l'Angleterre. Ensuite ces deux puissances sollicitèrent toute l'Europe «contre le voisin ambitieux et pertide qui les menaçait, » et conclurent un traité avec la cour de Russie, qui fit marcher 35,000 hommes
T. ix. S0# Livraison. (Dict. ency<
à leur secours (*). » L'année suivante, en 1748, le traité d'Aix-la-Chapelle mit fin à la guerre.
Cependant , sous le ministère Choiseul, la Hollande sembla revenir à une politique plus sage. Un parti antianglais s'y forma. Elle put , du reste, voir ce qu'elle devait attendre des Anglais , quand, à l'époque de la guerre d'Amérique, elle accéda à la ligue que Ton nomma la neutralité armée, après avoir refusé à son stathouder de se déclarer contre nous. Aussitôt que l'Angleterre eut connu cette détermination, elle attaqua , sans déclaration de guerre , suivant son habitude , les flottes et les colonies hollandaises. A la suite de cet acte de perfidie , les États-Généraux firent immédiatement alliance avec la maison de Bourbon, et mirent deux flottes en mer. Mais leurs entreprises échouèrent par la trahison de leur stathouder, qui avertit l'Angleterre de leurs préparatifs. Ils implorèrent alors le secours de la France qui, en 1781, envoya 1 1 vaisseaux dans l'Inde, sous le commandement du bailli de Suffren.
La paix de Versailles, conclue le 8 septembre 1783, rendit à la Hollando toutes ses colonies, moins Négapatam.
Peu de temps après, la Hollande fut encore sauvée par la France d'un danger imminent. Le turbulent Joseph II voulait , malgré les traités , exiger la pleine possession du cours de l'Escaut , depuis Anvers jusqu'à Saftingen, la démolition de plusieurs forts et la cession des places de la Barrière; un de ses bâtiments ayant voulu forcer le passage du fleuve, fut canonné et pris par les Hollandais, le 4 octobre 1784. Cet acte de vigueur devait nécessairement entraîner la guerre; aussi les États-Généraux réclamèrent-ils le secours de la France. « Louis XVI ne se prononçant pas sur-le-champ, on accusa la faiblesse des ministres, et l'affection de la reine pour son frère. Le comte de Vergennes pensait que la France , replacée au rang le plus honorable, devait éviter les hasards d'une guerre que ne lui commandaient point ses intérêts politiques, et dans laquelle on verrait s u-
(*) Lavallée , Histoire des Français, t. III, p. 438.
nir contre elle l'Autriche, Ja Russie et tère, détourna cette somme pour d'aula Grande-Bretagne. Le rôle de média- tre dépenses , et prétendit que la meteur lui paraissait le plus utile et le plus nace suffisait. Montmorin , cependant, noble; mais il insista sur la nécessité de fit secrètement prévenir les patriotes ne point souffrir que l'Empereur oppri- hollandais que si les États-Généraux mât la Hollande , et de réunir des for- demandaient la médiation du cabinet de ces suffisantes pour prévenir ou répri- Versailles, elle serait accordée. La promerles effets de son ambition.... Louis position en fut faite aux États par la XVI, après avoir donné l'ordre de for- bourgeoisie d'Amsterdam , et accueillie mer deux armées l'une en Flandre et presque à l'unanimité; mais un coml'autre sur le Rhin, écrivit de sa main à plot ourdi par le stathouder vint chanson beati-frère; sa médiation fut ac- ger la face des événements; vingt mille ceptée, et parut même provoquée par Prussiens se rassemblèrent à Wesel, les deux puissances, dont la querelle sous le commandement du duc de menaçait le repos de l'Europe. L'Empe- Brutiswick. Le cabinet de Versailles, reur borna ses demandes à des excuses malgré les supplications de son alliée, que la Hollande lui ferait par la bou- se borna à envoyer quelques centaines eue de deux députés, pour avoir insulté d'artilleurs, tandis qu'une simple déson pavillon , et au pavement d'une monstration aurait suffi pour la sausomme de 9,500,000 florins. Les États- ver.
Généraux consentirent aux excuses; Brunswick, qui avait reçu l'ordre d'é-
mais ils s'opiniâtrèrent à ne payer que viter une rupture avec la France, en-
5 millions de florins. La puissance mé- vova secrètement reconnaître sur nos
diatrice déclara alors qu'elle donnerait frontières si nous faisions des prépara-
le surplus, en prenant soin, toutefois, tifs. Apprenant qu'il n'y avait aucun
de s'assurer des avantages qui surnas- rassemblement de troupes, il entrabrus-
saient de beaucoup ce sacrifice ; en effet, quement dans les Provinces-Unies, et
dix jours avant leur traité avec l'Em- 1 issue de la lutte ne fut pas longtemps
pereur, les Hollandais signèrent , avec douteuse. Les Etats, retirés à Aras-
le cabinet de Versailles, un traité d'al- terdam , espéraient encore qu'en pro-
liance (10 novembre 1785), qui devait longeant la résistance , ils verraient ar-
pour longtemps enlever à l'Angleterre river les Français. La défense de cette
toute influence sur les Provinces- ville était confiée à un Français, le che-
Unies. La France paraissait généreuse ; valier de Ternant, qui s'était distingué
elle était habile et sage (*). » dans la guerre d'Amérique; mais la
Cette alliance effraya nos éternels faiblesse de l'autorité, divisée entre une
ennemis. Lorsque les États-Généraux multitude de bourgeois, et l'indiscipline
engagèrent leur lutte contre le sta- des troupes , l'avaient contraint d'a-
thouder vendu à l'étranger, l'Angle- bandonner le commandement, lorsque
terre et la Prusse se concertèrent pour le cabinet de Versailles fit dire aux
mettre les républicains à la raison; États de se soumettre à la nécessité. La
mais le comte de Vergennes n'aban- France reçut une nombreuse émigration
donna pas la Hollande, et ses notes di- d'hommes" qu'elle n'avait pas su défen-
plomatiques furent assez fermes pour dre. Notre traité d'alliance, sans être
arrêter la Prusse; Montmorin, nommé rompu, devint insignifiant après les
après lui ministre des affaires étrangè- traités que la Prusse et l'Angleterre
res, proposa au conseil de former à Gi- conclurent avec les Provinces-Unies,
vet un camp d'observation de 20,000 Des armements avaient été ordonnés
hommes, dont la présence devait suffire dans les ports de la Grande-Bretagne;
{>our faire respecter l'indépendance de Pitt voyant la faiblesse de notre mmis-
a Hollande. Ce sage avis fut adopté, et tère, les fit continuer avec une activité
Calonne sut trouver la somme néces- menaçante. La France se trouva con-
saire. Mais Brienne, parvenu au minis- trainte d'armer aussi. Il fut question
d'uuequadruple alliance entre la France,
(*) Droi, Histoire de Louis XVI, t. I, l'Espagne, l'Autriche et la Russie. En-
p. 433 et suiv. fin, le cabinet de Londres , ne jugeant
»ni ! .'»;»*" pas prudent de porter plus loin ses démonstrations , convint , avec celui de Versailles, qu'on désarmerait de part et d'autre.
Cette conduite, à la fois lâche et impolitique, du gouvernement français, acheva de le discréditer dans l'esprit de la nation. Aussi doit-on penser que la Hollande vit avec joie triompher en France la cause de la liberté; Guillaume V, au contraire , qui était vendu à l'Angleterre, ne nous montra alors que de la malveillance. Aussi, la Convention nationale ordonna-t-elle, après le 21 janvier 1793, un rapport sur la conduite de l'Angleterre et sur les intelligences de son gouvernement avec le stathouder; ce fut après avoir entendu la lecture de ce rapport, qu'elle déclara^ solennellement la guerre à la Hollande et à l'Angleterre (1" février 1793). A la fin de l'année 1794, les Français se trouvèrent au cœur de la Hollande, appelés et encouragés par tous les patriotes hollandais. Le stathouder essaya de négocier, demanda une trêve, offrit la neutralité et une indemnité pour les frais de la guerre; mais le général français et les représentants qui raccompagnaient , rejetèrent la trêve, et renvoyèrent les offres de paix au comité de salut public, qui refusa de négocier au moment où l'on était maître du pays. Enfin, au mois de janvier 1795. Guillaume V voyant sa cause entièrement désespérée, "se sauva en Angleterre; et le 20 du même mois (lv pluviôse), pendant que les orangistes et les émigrés s'enfuyaient d'un coté, de l'autre notre armée fit son entrée dans Amsterdam, aux acclamations des habitants.
« Le premier soin des représentants, dit M. Tbiers, fut de publier une proclamation dans laquelle ils déclaraient qu'ils respecteraient toutes les propriétés particulières, excepté cependant celles du stathouder;... que les Français entraient en amis de la nation bâta ve, non point pour lui imposer un culte, une forme de gouvernemeut quelconque, mais pour l'affranchir de ses oppresseurs, et lui rendre les moyens d'exprimer son vœu. Cette proclamation, suivie de véritables effets, produisit l'impression la plus favorable. Par-
HOLLANDE
tout les autorités furent renouvelées sous l'influence française. On exclut des États quelques membres qui n'y avaient été introduits que par l'influence stathoudérienne. Cette assemblée abolit le stathoudérat à perpétuité, et proclama la souveraineté du peuple.
Elle vint en informer les représentants et leur faire hommage en quelque sorte de sa résolution.
« Les conditions de la paix qui fut signée à la Haye, le 27 floréal (16 mai), furent les suivantes : La république française reconnaissait la république des Provinces-Unies comme puissance libre et indépendante, et lui garantissait son indépendance et l'abolition du stathoudérat. Il y avait' entre les deux républiques alliance offensive et défensive pendant toute la durée de la guerre actuelle. Cette alliance offensive et défensive devait être perpétuelle entre les deux républiques dans tous les cas de guerre contre l'Angleterre. Celle des Provinces-Unies mettait actuellement à la disposition de la France douze vaisseaux de ligne et dix-huit frégates, qui devaient être employés principalement dans les mers d'Allemagne, du Nord et de la Baltique. Elle donnait en outre, pour auxiliaire à la France, la moitié de son armée de terre. Quant aux démarcations de territoire, elles étaient fixées comme il suit : La France gardait toute la Flandre hollandaise, de manière qu'elle complétait ainsi son territoire du côté de la mer, et l'étendait jusqu'aux bouches des fleuves; du côté de la Meuse et du Rhin, ejle avait la possession de Venloo et Maëstricht, et tous les pays compris au midi de Venloo et de l'autre coté de la Meuse. Ainsi, la république renonçait sur ce point à s'étendre jusqu'au Rh n, ce qui était raisonnable. De ce côté, en effet, le Rhin et la Meuse se mêlent tellement, qu'il n'y a plus de limite claire. Lequel de ces bras d'eau doit être considéré comme le Rhin ? On ne le sait, et tout est convention à cet égard. D'ailleurs, de ce côté, aucune hostilité ne menace la France que celle de la Hollande, hostilité fort peu redoutable et qui n'exige pas la protection d'une grande limite. Enfin, le territoire indique par la nature à la Hollande,
consistant dans les terrains d'alluvion transportés à l'embouchure des fleuves, il aurait fallu que la France, pour s'étendre jusqu'à l'un des principaux cours d'eau, s'emparât des trois quarts au moins de ces terrains, et réduisit presqu'à rien la république qu'elle venait d'affranchir. Le Rhin ne devient limite pour la France, à l'égard de l'Allemagne, qu'aux environs de Wesel, et la possession des deux rives de la Meuse, au sud de Venloo, laissait cette question intacte. De plus, la république française se réservait la faculté, en cas de guerre du côté du Rhin ou de la Zélande, de mettre garnison dans les places de Grave,' Bois-le-Duc et Bergop-Zoom. Le port de Flessingue demeurait commun. Ainsi, toutes les précautions étaient prises. La navigation du Rhin, de la Meuse, de l'Escaut, du Hondt et de toutes leurs branches, était à jamais déclarée libre. Outre ces avantages, une indemnité de 100 millions de florins était payée par la Hollande. Pour dédommager cette dernière de ses sacrifices, la France lui promettait, à la pacification générale, des indemnités de territoire, prises sur les pays conquis, et dans le site le plus convenable à la bonne démarcation des limites réciproques.
« Ce traité reposait sur les bases les plus raisonnables; le vainqueur s'y montrait généreux autant qu'habile.
Vainement a-t-on dit qu'en attachant la Hollande à son alliance , la France l'exposait à perdre la moitié de ses vaisseaux, détenus dans les ports de l'Angleterre, et surtout ses colonies, livrées sans défense à l'ambition de Pitt. La Hollande, laissée neutre, n'aurait ni recouvré ses vaisseaux ni conservé ses colonies , et Pitt aurait trouvé encore le prétexte de s'en emparer pour le compte du stathouder. La conservation seule du stathoudérat , sans sauver d'une manière certaine ni les vaisseaux ni les colonies hollandaises, aurait du moins ôté tout prétexte à l'ambition anglaise ; mais le maintien du stathoudérat, avec les principes politiques de la France , avec les promesses faites aux patriotes bataves , avec l'esprit qui les animait, avec les espérances qu'ils avaient conçues en nous ouvrant leurs
portes, était-il possible, convenable, honorable même (*) ? »
Malgré quelques mésintelligences relatives à l'exécution de quelques clauses du traité, la Hollande s'occupait activement, en 1797, de former une escadre et une armée d'embarquement destinées à concourir aux projets du Directoire contre l'Angleterre. Mais elle était alors divisée en plusieurs partis : et chacune des crises gouvernementales qui avaient lieu chez nous avait son contrecoup dans la république batave. Enfin , le 22 janvier 1798, quarante-trois membres de l'assemblée nationale de Hollande , soutenus par nos troupes, firent ce que, quatre mois auparavant, on avait fait à Paris, au 18 fructidor. Ils s'organisèrent en une espèce de Convention , et en peu de jours une constitution semblable à celle de la France fut rédigée et mise en vigueur. Mais cette révolution prit de suite un caractère démocratique tellement exalté, que le gouvernement français , inquiet de l'agitation toujours croissante des esprits, fut .obligé, pour y mettre un terme, d'en- "voyer le général Joubert, qui, secondant le général hollandais Daendels, dispersa le Directoire et les conseils qui s'étaient formés après la dernière révolution, créa un gouvernement provisoire et fit ordonner de nouvelles élections. Toutes les républiques que la France avait établies se ressentirent également du 18 brumaire. La Hollande fut la première (J7 octobre 1801) à remplacer sa constitution dictatoriale par une nouvelle constitution , inspirée par le premier consul , et qui concentrait davantage le pouvoir exécutif.
Bien que ses intérêts commerciaux l'entraînassent vers l'Angleterre, la Hollande nous resta fidèle tant qu'elle fut constituée en république. Mais Napoléon , monté sur le trône , et sachant les projets que la coalition avait formés sur elle, voulut assurer définitivement ce pays à la France, et le 5 juin 1806, Louis Bonaparte fut proclamé roi de Hollande, conformément à un traité conclu le 24 mai avec le gouvernement de la république batave. Tout changea
(*) Thiers, Histoire de la révolution française, t. VII, p. 24 et «3x.
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