HOLM
alors. La Hollande devint l'ennemie de la France : on y insultait les Français ; Fon n'y parlait plus que de s'allier à l'Angleterre. Louis, pour plaire à ses nouveaux sujets, favorisait lui-même la contrebande. Le Moniteur ayant relevé amèrement ses contraventions au système continental, il s'en plaignit à l'empereur , mais celui-ci lui répondit de Schœnbrunn, le 17 juillet 1809 : « C'est la France qui a sujet de se plaindredu mauvais espritqui règnechez vous... Vos règlements de douane sont si mal exécutés, que toute la correspondance de l'Angleterre avec le continent se fait par la Hollande.... La Hollande est une province anglaise. » Enfin, après bien des récriminations, un traité fut signé entre les deux frères ( 10 mars 1810), par lequel la Hollande s'engageait à n'avoir ni commerce, ni communication avec l'Angleterre; le Brabant méridional et la Zélande étaient cédés à la France , et le Thalweg du Wahal devenait la limite entre les deux États; dix-huit mille hommesde troupes françaises étaient chargés de la garde des côtes et des embouchures des fleuves.
Louis se refusant plus tard à l'exécution de ces clauses , et se préparant à faire la guerre à la France, Napoléon fit occuper Amsterdam. Le roi de Hollande abdiqua en faveur de son fils (1er juillet 1810), et s'enfuit dans les États autrichiens. Alors l'empereur, voulant, disait-il, compléter son système de guerre , de politique et de corn? merce, réunit la Hollande à l'empire.
La nouvelle acquisition fut partagée en neuf départements; on lui donna Lebrun pour gouverneur général, et Amsterdam fut déclarée la troisième ville de l'empire.
Cette réunion , qui nous aliéna entièrement les Hollandais, fut également mal accueillie dans les deux pays. Aussi vit-on , après la campagne de Russie et les premiers succès des coalisés, la Hollande se mettre promptement en pleine insurrection. Le 24 novembre 1813, Bulow entra dans Amsterdam, et y établit un gouvernement provisoire qui proclama l'indépendance des Provinces-Unies, et rappela Guillaume V. Un mois plus tard, toute la Hollande était évacuée par les trou-
pes françaises , et Guillaume, proclamé roi des Pays-Bas le 6 mars 1815 , se joignit en cette qualité à la coalition qui fut conclue le 31 mai 1815, à Vienne, contre Napoléon revenu de l'île d'Elbe.
Depuis cette époque jusqu'en 1830 , les rapports politiques des deux pays se sont bornés à un traité de commerce ; la révolution de juillet , en provoquant la révolution belge , vint seulement troubler pour quelque temps cette bonne harmonie ; le 9 août 1831 , une armée française entra en Belgique pour s'opposer à une invasion hollandaise, et le 30 novembre , nos troupes mirent le siège devant la citadelle d'Anvers, qui se rendit le 23 décembre suivant; mais aujourd'hui que les différends soulevés par la question belge sont terminés , la Hollande revient à notre alliance, à laquelle elle tiendra, nous l'espérons, chaque jour davantage, car elle doit savoir ce que vaut celle de l'Angleterre. C'est dans ce but que la France a vu avec plaisir son gouvernement conclure avec le gouvernement hollandais , le 30 juin 1841, un traité de commerce où nous avons certainement donné plus que jious n'avons reçu.
Holm ( prise de l'île d' ). — Lorsque le 10* corps de la grande armée , commandé par le maréchal Lefebvre, vint, dans les premiers jours de février 1807, assiéger Danzig, l'occupation de l'île d'Holm , formée par la Vistule un peu au-dessous de la place, fut jugée indispensable. Mais , faute de moyens suffisants , il fallut différer l'entreprise jusqu'à la nuit du 6 au 7 mai. Quinze cents Russes, deux cents Prussiens et une compagnie tout entière d'artillerie, avec quinze pièces de canon et autant d'obusiers, défendaient l'île , où étaient d'ailleurs établis d'immenses magasins de munitions. Le général Drouet fut chargé de l'attaque avec huit cents hommes. Le 6, à dix heures du soir, deux barques, pouvant porter chacune vingtcinq personnes, furent mises à l'eau et montées par une partie de ces braves.
A peine aébarqués, il se divisèrent en trois troupes : la première marcha contre la redoute la plus voisine du rivage, qui était défendue parades Prussiens, et s'en empara sans briller une