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HOMMAGE

L'UNIVERS

hommage

amorce; la seconde se porta sur une autre redoute à gauche, et la troisième sur des retranchements élevés à la pointe de l'île, du même côté. Les Russes, qui défendaient la deuxième redoute, se battirent avec résolution , mais furent bientôt obligés , comme les Prussiens , de rétrograder vers les ouvrages construits à la pointe de l'île, et poursuivis si vivement par les troupes françaises, qu'elles y entrèrent pêle-mêle avec eux , et les en chassèrent sans peine. Les vaincus se retiraient en désordre le Ion£ de leurs retranchements, lorsque le général Gardanne vint leur couper la retraite ; ils furent tous tués ou pris.

Hommage. La concession d'un domaine ne se faisant, au moyen âge, que par une sorte de contrat synallagmatique qui cédait la jouissance du fonds seulement , sans qu'il y eût aliénation de la part du donateur, il fallait que le nouveau possesseur reconnût le droit de suzeraineté du donateur par une démarche authentique qui constatât son état de vassalité , et lui imposât des obligations à remplir en échange de la concession qui lui était faite ; telle est l'origine de l'hommage. Le donateur ne se dessaisissait d'une propriété qu'en vue de l'avantage qui pouvait lui revenir de cette sorte de fidéi-commis ; l'hommageur devait jurer de ne jamais prendre les armes contre son suzerain, de lui conserver toujours intact le domaine accordé, sans en tirer de secours pour guerroyer contre lui , et sans jamais se lier avec des vassaux rebelles: c'était là le droit, sinon le fait. Mais de l'impossibilité où l'on était souvent desavoir si tel ou tel fief avait été concédé dans l'origine, s'il était une propriété directe du seigneur actuel ou une transmission éloignée du souverain naturel, naissaient des difficultés nombreuses qui prenaient quelquefois un caractère extrêmement grave, et produisaient même la guerre civile quand elles s'élevaient entre le roi de France et les plus puissants de ses vassaux.

La prestation de l'hommage présentait souvent le spectacle le plus singulier : de riches seigneurs , des rois euxmêmes se voyaient obligés de plier devant des inférieurs qui jouissaient alors

de leur droit dans toute sa plénitude , et se dédommageaient de l'infériorité de leur condition ordinaire par une heure de suzeraineté; l'orgueil des puissants se révoltait à l'idée de reconnaître la supériorité d'un inférieur ou d'un rival dont l'affabilité n'était qu'une humiliation de plus ; de là des discussions qui se terminaient quelquefois d'une manière sanglante. ; : ,

L'hommage cependant devait se rendre en personne, et Édouard III fut obligé de venir baiser en la bouche Philippe le Bel, pour ses possessions de la Guienne et du Ponthieu;; Philippe le Bel devait lui-même hommage à ï'évêque d'Auxerre pour le château et la terre de Dauziac, mais il le lui rendait par procureur (*}.

« Quand le rot possédait des terres dans la mouvance d'une seigneurie , il devenait vassal du possesseur de cette seigneurie; mais alors il se faisait représenter pour prêter, comme vassal, foi et hommage a son propre vassal ; on voulait bien user de cette indulgence envers lui , sans qu'il se pût néanmoins soustraire à la loi générale de la féodalité. Philippe III rend, en 1284, homihage à l'abbesse de Moissac; en 1350, le grand chambellan rend hommage, au nom du roi Jean , à l'évêque de Paris, pour les chàtellenies, de. Tournant et de Torcy : Joannès K Deit gratta Francorum rex..... Robertus jae Loriaco, de prœcepto nostro, homagtum fecit. On citera encore un exemple, parce qu'il est rare dans son genre et qu'il affectera les lecteurs français comme l'historien qui le rapnelleMle'nri VI , roi d'Angleterre, rend nommage à des bourgeois de Paris :

«Henry, par la grâce, de Dieu, roi « de France et d'Angleterre, à tous « ceux qui ces présentes verront, salut. « Savoir faisons , que, comme autrefois

(*) Voyez dans les OJim, II , p. 6|6 , édit.

f>ubl. par M. Beugoot, la discussion qui eut MU entre le parlement et 1 evèque qui ne voulait pas démordre de son droil. Des luttes avaient lieu fréquemment aussi dans 1rs classes inférieures, et dans la même collection (I, p. 497), on Yo^ M-n seigneur, Amalric de Meuû^in» refuser l'hommage à un bourgeois et être approuvé par le parlement, qui qualifie ce dernier de rusticus.

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