HOMMAGE FRA
«a fait nostre très-cher seigneur et « ayeul, feu le roi Charles (Charles VI), a dernier trespassé, à qui Dieu pardoint, « par ses lettres sur ce faites , données «le 21e jour de mai, dernier passé, « nous avons député et députons Me « Jean le Roy, notre procureur au Chas- « telet de Paris , pour , et en lieu de « nous , à homme et vassal , de ceux « qui sont mouvans et tenus en fief les « terres , possessions et seigneuries à « nous advenues, en lavilleetvicomté de « Paris , depuis quatre ans en çà , et en « faire les debvoirs, tel qu'il appartient... « Donné à Paris , le 15e jour de mai « 14*23, et de notre règne le premier; « ainsi signé par le roi , à la relation du « conseil , tenu par l'ordonnance de « monseigneur le régent de France , « duc de Betford. »
« Paris était composé d'un grand nombre de fiefs ; neui d'entre eux relevaient de l'évêcLé : le Roule, la Grange- Batelière, l'outre Petit-Pont, etc. Les autres appartenaient aux abbayes de Sainte-Geneviève, de Saint-Germain des Prés, de Saint-Victor, du grand prieuré de France et du prieuré de Saint-Martin des Champs. On comptait en France soixante-dix mille fiefs ou arrière-fiefs, dont trois mille étaient titrés.
«Le vassal prêtait hommage tête nue, sans épée , sans éperons , à genoux , les mains dans celles du seigneur, qui était assis et la tête couverte; on disait : « Je «deviens votre homme de ce jour en « avant , de vie , de membre, de terres, « honneur, et à vous serai féal et loyal, u et foi à vous porterai des tenements « que je reconnois tenir de vous , sauf la « roi que je dois à notre seigneur le roi. » Quand cette formule était prononcée par ini tiers, le vassal répondait voire (Oui, je le jure), après quoi il était reçu par le seigneur audit hommage à la foi et à la bouche, c'est-à-dire, au baiser, pourvu qu'il ne fût pas un vilain.
« Quelquefois cependant un gentilhomme de bon lieu était contraint de se mettre à genoux devant un moindre que luy , et de mettre ses mains fortes et généreuses dans celles d'un lâche et efféminé.» {Traité des fiefs)
«Quandl'hommage était rendu par une' femme, elle ne pouvait pas dire : « Jeo deveigne vostrefcme;pur ceo que n'est
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convenient, que feme dira, que el deviendra feme à aucun home,Jors que à sa baron, quand ele est espouse{*)\ » on avait alors recours à une autre formule.
« Main , fils de Gualon , du consent tement de son fils Eudon et de Viète , sa bru , donne à Dieu et à Saint-Albin en Anjou la terre de Brilchiot; en foi de (juoi le père et le fils baisèrent le moine Gaultier; mais comme c'était chose inusitée qu'une femme baisât un moine, Lambert, avoué de Saint- Albin, est délégué pour recevoir le baiser de la donatrice, avec la permission du moine Gaultier, Jubente Walterio Monacho.
« Robert d'Artois , comte de Beaumont, ayant à recevoir deux hommages de son amée cousine madame Marie de Brebant , dame d'Arschot et de Vierzon , ordonna : • Que nous et la dame « de Vierzon devons être à cheval , et « notre cheval les deux pieds devant en « l'eau du gué de Noies, et les deux pieds « derrière à terre sèche, pardevant notre « terre de Meun , et le cheval à ladite « dame de Vierzon les deux pieds der- « rière en l'eau dudit gué, et les deux « devant à terre sèche par devers notre « terre de Meun. »
«L'hommage était lige ou simple; l'hommage ordinaire ne se doit pas compter. L'homme lige (il y avait six espèces d'hommes dans l'antiquité franke) s'engageait à servir en personne son seigneur envers et contre toute créature qui peut vivre et mourir. Le vassal simple pouvait fournir un remplaçant. On fait venir lige ou du latin ligare, liga, ligamen, etc. , ou du frank leude. Vous êtes de Tournay% laquelle est toute lige au roi de France (**). »
Hommes d'armes. Voyez Gendarmerie et Gens d'armes.
, Hommes libres. Voyez Personnes (État des). .
Hondschoote. Petite ville du dé-
(*) Cependant on trouve dans le recueil des arrêts rendus sous Philippe IV, un acte dans lequel une dainoyselle de Saint-Amand se plaint de l'abbé son seigneur qui ne veut pas l'investir d'un fief, « quoiqu'elle Ii eust offert les mains, le cors o Vommaige à faire. » (l3io, Olim, II, p. 5i7.)
(") Chateaubriand, Études historiques, III, p. 3;5 et suiv.