‹ FranceChapitre 234 sur 378 · HOTMAN · texte numérisé non relu

HOTMAN

geur par la richesse de leur architecture; les peuples de la famille flamande ayant trouvé de bonne heure dans leur industrie florissante une garantie d'indépendance et des moyens de perpétuer le souvenir de leur émancipation par des monuments imposants) ; viennent ensuite les beffrois de Béthune, de Dreux, les maisons communales d'Orléans, de Noyon, de Compiègne, la maison de Jacques Coeur (Voy. Habitations), devenue l'hôtel de ville de Bourges; le Capitole de Toulouse, etc.

Hotman (François), célèbre jurisconsulte, né à Paris, en 1524, d'une famille originaire de Silésie, était l'aîné de onze enfants; son père, qui lui destinait sa charge de conseiller au parlement, l'envoya à quinze ans suivre les cours de Baudoin,, à l'université d'Orléans. Le jeune Hotman fréquenta ensuite le barreau ; puis, dégoûté des subtilités de la chicane, il se renferma dans l'étude de la littérature et du droit romain, dont il fut à vingt-deux ans en état de donner des leçons publiques.

Frappé du courage avec lequel Anne Dubourg avait supporté le supplice du feu, il embrassa la réforme, et se retira au collège de Lausanne, son père lui refusant toute espèce de secours à cause de son changement de religion.

Il devint, en 1550, professeur de droit à l'université de Strasbourg. Le roi de Navarre lui confia ensuite plusieurs missions, et il s'en acquitta avec zèle et habileté. Catherine de Médicis l'envoya deux fuis en Allemagne. A son retour, en 1561, il fut nommé professeur de droit de Valence, et, bientôt, il rendit à l'université de cette ville son ancien éclat ; puis il alla à Bourges et à Orléans rejoindre les chefs du parti protestant, et, enfin , se retira à Sancerre, pour y attendre la fin des troubles. Ce lut dans cet asile qu'il composa son traité de Consolatione e sacris litteris, qui ne parut pas alors, mais dont il envoya des copies à ses amis. Il retourna ensuite à Bourges, et continua d'y professer jusqu'à la Saint-Barthélemy.

Le premier attentat dont Coligni faillit être victime, lui fit deviner le massacre qui se préparait; il se cacha et échappa ainsi à la fureur des catholiques. Aussitôt qu'il le put ensuite, il

quitta la France, et publia sa célèbre Fr ancO'Gallia, ouvrage extrêmement remarquable, et rempli d'opinions tellement hardies, que les protestants euxmêmes le condamnèrent comme dangereux (*) ; l'auteur y soutenait que les états généraux représentant la nation avaient le droit d'appeler au trône celui qu'Us en jugeraient le plus digne. Vingt ans plus tard, les ligueurs s'appuyèrent de ce principe pour contester a Henri IV son droit à la couronne de France, et Hotman se vit dans la nécessité, pour soutenir son parti, de combattre s^s propres opinions. II le fit avec une habileté qui lui valut l'offre d'une place de membre du conseil.

Mais il n'osa l'accepter, et alla se fixer à Genève, puis à Montbelliard, où il perdit sa femme; le chagrin qu'il en ressentit lui rendit le séjour de cette ville insupportable ; il se retira à Bâle, où il mourut lui-même le 15 février 1590, âgé de soixante-six ans. Ses œuvres ont été publiées à Genève, en 1599, 3 vol. in-fol., par les soins de Jacques Lect. Cette édition est précédée de l'éloge de Hotman, par Nevehl, neveu de Pithou.

Antoine Hotman, aussi zélé pour le catholicisme que son frère l'était pour le protestantisme, joua également un rôle assez remarquable pendant les troubles de la ligue. Il fut cependant nommé, en 1590, avocat général au parlement de Paris , et dès lors il embrassa avec ardeur la cause de Henri IV, auquel il fut très-utile. Il mourut en 1596. On a de lui plusieurs ouvrages, dont les principaux sont les suivants : Traité de la dissolution du mariage pour cause d'impuissance et froideur de C homme et de la femme, 1581, in-8°, souvent réimprimé; Les droits de l'oncle contre le neveu, en faveur du cardinal de Bourbon, 1585 , in-8°; Traité de la loi salique, Paris, 1593, in-4° ; Traité des Droits ecclésiastiques, franchises et libertés de V Église gallicane, inséré dans le recueil des Opuscules français de François, Antoine et Jean Hotman.

Houat ( combat naval de l'île d' ).

Pendant le cours de l'année 1804 , le

. (*) Voyet F&ahcs et Histoire.

HOUBltiANT L'UNIVERS. HOUCHARD

ralliement à Boulogne , Étaples, "Wimereux et Ambleteuse, de l'immense flottille destinée à transporter une armée française sur les côtes de l'Angleterre, donna lieu à une multitude de petits combats où la bravoure des marins français ne fut pas déployée aussi infructueusement qu'elle 1 avait été depuis 1793. Voici la plus saillante peut-être de toutes ces glorieuses actions : Le 5 mai, une section de quatre canonnières, commandée par le lieutenant de vaisseau Tourneur, faisait route vers Lorient.

Elles furent rencontrées par une grosse corvette et un lougre anglais , qui les attaquèrent. Le combat se soutint quelque temps avec une grande opiniâtreté.

Le nombre des bouches à feu de l'ennemi était plus que double de celui de nos canonnières , mais le calibre plus fort des pièces dont elles étaient armées, joint à l'adresse et à la promptitude merveilleuse avec lesquelles ces pièces étaient servies, compensa bientôt la différence du nombre et donna l'avantage aux bâtiments français. Accablés de boulets et de mitraille par les canons de 24 des canonnières , la corvette et le lougre gagnèrent le large et firent force de voiles ; mais , non content de les avoir contraints à la retraite, le brave Tourneur voulut encore les poursuivre.

Il leur donna la chasse, les atteignit près de l'île d'Houat et les força d'amener leur pavillon.

La corvette anglaise était commandée par un capitaine nommé Wright, qui, le 21 août 1803, avait débarqué sur la côte de Normandie George Cadoudal et la plupart de ses complices. Arrêté à cette époque et mené à Paris , il avait été enfermé au Temple, puis relâché après avoir subi quelques mois de détention.

Dirigé de nouveau sur la capitale et jeté dans la même prison , il fut trouvé mort un matin ; à côté de lui se trouvait un rasoir avec lequel il s'était coupé la gorge.

Hourigant ( Charles - François ), prêtre de l'Oratoire, né à Paris en 1686, mort en 1783, est auteur de savants ouvrages, dont les principaux sont : Ravines hébraïques sans points-voyelles , Paris, 1732, in-8°; Prolegomena in tcripturam sacram, Paris, 1746, deux vol. in-4w ; Biblia hebraica eu m notis

criticis, etc. ; ibid., 1753, quatre vol. in-fol., etc.

Houchard (Jean-Nicolas), né à Forbach (Moselle) en 1740, quitta à l'âge de quinze ans la maison paternelle pour s'engager dans le régiment de Royal- Allemand-cavalerie, et parvint successivement au grade de capitaine dans celui de Bourbon-dragons. Il fit, en cette qualité, la plus grande partie de la guerre de sept ans, en Allemagne, et suivit ensuite son régiment dans la Corse, où il reçut à la joue une blessure dont il conserva toute sa vie la cicatrice. Il était, au moment où la révolution éclata, lieutenant-colonel d'un régiment de dragons.

Employé dans l'armée de Custine , il parvint promptement aux grades de général de brigade et de général de division, et fut enfin chargé du commandement de l'armée de la Moselle.

Il avait reçu du comité de salut public l'ordre de combiner ses opérations avec celles de Beauharnais, qui avait succédé à Custine dans le commandement de l'armée du llhin, pour délivrer Mayence, réduite alors à la dernière extrémité. Mais ces deux officiers mirent une telle lenteur, une telle mollesse dans l'exécution de cefcordre,que la garnison de la ville assiégée , désespérant d'être secourue, se vit forcée de se rendre.

Houchard passa ensuite au commandement de l'armée du Nord. Les Anglais venaient de pénétrer sur le territoire français; tandis que Cobourg observait les Français dans son camp de Hérin, et faisait poursuivre le siège du Quesnoy, le duc d'York porta ses troupes" au siège de Dunkerque. A cette nouvelle, le comité de salut public écrivit à Houchard : « Il faut absolument « préserver Dunkerque et empêcher « l'ennemi d'avoir une place decommu- « nication et de sûreté sur un point si « important : le salut de la république « est là ; » et en même temps il ordonna aux généraux des différentes armées de lui envoyer en toute hâte les renforts dont il avait besoin. Bientôt le moment d'attaquer l'ennemi arriva, et Houchard montra encore sa lenteur, sa mollesse ordinaire; cependant, forcé d'agir par les représentants du peuple Delbret, Bentabolte et Levasseur de la Sarthe,

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