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HOUDAN

qui se trouvaient alors en mission auprès de lui , il gagna , le 8 septembre 1793, la bataille d'Hondschoote , dont les conséquences furent la levée du siège de Dunkerque et la reprise de Fumes et Menin. [Voyez Hondschootb (bataille de).]

« Avec un autre général que Houchard , dit M. Tissot dans son Histoire de la Révolution y cette victoire eût été très- importante. » Les Anglais, euveloppés, auraient tous péri sans qu'il en échappât un seul. Le comité de salut public dut demander à Houchard un compte sévère des résultats que par sa faute il n'avait pas obtenus. « Devant la liberté et devant la nation , les membres de ce comité avaient juré sur leur téte de sauver la république ; pour tenir ce serment, ils étaient obligés d'user d'une sévérité inexorable, et de punir comme des crimes tout ce qui compromettait le sort de ia France. Plus tard Napoléon, parvenu à la dictature de l'Europe , se perdit pour n'avoir pas frappé avec la rapidité de la foudre le coupable auteur de la défaite de Baylen (*).,» Arrêté et conduit à Paris, Houchard fut traduit devant le comité de salut public, sous l'accusation :

1° d'avoir refusé sa coopération au plan discuté à Bitche entre les généraux et les représentants du peuple, pour la délivrance de Mayence, et d'avoir ordonné la retraite de son armée; 2° d'avoir, en recevant l'ordre de faire lever le siège de Dunkerque , changé le plan d'attaque qui lui avait été envoyé par le comité de salut public, de telle sorte que, pouvant envelopper les ennemis de manière à n'en pas laisser échapper un seul, il leur avait, par de mauvaises dispositions , donné les moyens de se soustraire à une défaite complète. Il se contenta de nier les faits qui lui étaient reprochés , et de protester de son dévouement à la république. Condamné à mort à l'unanimité , il fut exécuté le lendemain 17 novembre 1793.

Hou dan (Hodanum) , petite ville de l'ancien Mantois, aujourd hui chef-lieu de canton du département de Seine-et- Oise. C'était jadis une place forte entourée de murailles flanquées de tours.

(*) Tissot , ouvrage cité.

T. IX. 82* Livraison. (Dtct. encycl., btc.)

On y compte maintenant 1,839 hab. On attribue au roi Robert la fondation de son église , qui est un des plus beaux monuments d'architecture gothique du département.

Houdbtot, ancienne seigneurie de Normandie érigée en marquisat en

Houdetot (Élisabeth-Francoise-Sophie de la Live de Bellegard'e, comtesse d') , née vers 1730, d'un fermier général , n'aurait trouvé place dans aucune biographie , sans la passion réelle et profonde qu'elle inspira à Jean- Jacques, âgé de 50 ans. Cette passion fut, dit ce grand écrivain, le seul amour de sa vie. Ecoutons-le donc faire le portrait de madame d'Houdetot : « Elle approchait de la trentaine , et n'était point belle; son visage était marqué de la petite vérole, son teint manquait de finesse , elle avait la vue basse et les yeux un peu ronds ; mais elle avait de grands cheveux noirs , naturellement bouclés, qui lui tombaient au jarret ; sa taille était mignonne , et elle mettait dans tous ses mouvements de la gaucherie et de la grâce tout à la fois. Elle avait l'esprit tres-naturel et très-agréable; la gaieté, l'étourderie et la naïveté s'y mariaient heureusement. Elle abondait en saillies charmantes qu'elle ne recherchait point, et qui partaient quelquefois malgré elle. Elle avait plusieurs talents agréables , jouait du clavecin , dansait bien , faisait d'assez jolis vers. Pour son caractère, il était angélique, la douceur d'âme en était le fond ; mais, hors la prudence et la force, elle rassemblait toutes les vertus. »

Certes, voilà un portrait dont, comme il arrive pour ceux de Van Dyck et du Titien, on sent la ressemblance quoiqu'on n'en ait jamais vu l'original.

Rousseau nous apprend encore que , « mariée très-jeune et malgré elle au comte d'Houdetot, homme de condition, bon militaire, mais joueur, chicaneur, très-peu aimable, et qu'elle n'aima jamais , elle trouva dans Saint- Lambert tous les mérites de son mari, avec des qualités plus agréables, de l'esprit , des vertus , des talents. * Rousseau travaillait alors à la Nouvelle Héloïse , il vit Julie dans cette femme charmante. Il a raconté lui-même en

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