‹ FranceChapitre 236 sur 378 · HOUDETOT L'UNI · texte numérisé non relu

HOUDETOT L'UNI

détail toute cette passion insensée s nous n'en citerons qu'un seul trait qui prouve , comme tous les autres , la noblesse d'âme de madame d'Houdetot.

Émue un jour jusqu'aux larmes de l'é* loquence avec laquelle le grand écrivain lui peignait son amour , elle s'écria : « Non , jamais homme ne fut si aimable, et jamais amant n'aima comme vous; mais votre ami Saint-Lambert nous écoute, et mon cœur ne saurait aimer deux fois. » Le nous écoute était d'une admirable délicatesse de sentiment : Saint-Lambert se trouvait alors a l'armée de Flandre.

Le chantre des Saisons fut effectivement l'unique amour de madame d'Houdetot , et cette union , qui était fondée sur les plus intimes rapports de goûts, ne fut rompue que par la mort de Saint- Lambert. Marmontel, dans ses Mémoires, nous la montre en quelques lignes sous son véritable jour : «Jamais, dit-il, deux esprits et deux âmes n'ont formé un plus parfait accord ae sentiments et de pensées. »

Dans sa vieillesse, madame d'Houdetot prodigua les soins les plus tendres et les plus assidus à son ancien amant qui, tombé dans une sorte d'enfance , se plaignait sans cesse d'une amie dont il ne comprenait même plus le dévouement. Quoique depuis longtemps l'âme de Saint-Lambert fût absente lorsqu'il mourut, madame d'Houdetot, qui lui survécut dix ans, pleura amèrement celui qu'elle avait si chèrement aimé. Mais jusqu'à sa mort , qui fut douce et n'eut lieu qu'en 1813, à l'âge de 83 ans , elle conserva sa bonté , sa tendresse, son imagination , et jusqu'à son aimable talent pour la poésie.

Quelques - unes des pièces fugitives qu'elle composa, et qui sont parvenues jusqu'à nous, font regretter que la modestie de cette femme charmante l'ait empêchée de s'abandonner complètement à son .talent aussi gracieux que facile.

On a publié en 1782 un joli volume de poésies, aujourd'hui très rare, d'une belle-fille de madame d'Houdetot. C'est de cette jeune femme, morte très-jeune d'une affection de poitrine, qu'est cette piquante et touchante réponse faite peu de temps avant sa mort à un de ses amis qui lui demandait : « Â quoi rêvez-

'EUS. houdoK

vous ?» — « Je me regrette , » répondit la jeune poitrinaire.

Houdon (Jean-Antoine), sculpteur, né à Versailles en 1741, mort à Paris en 1828. A une époque où l'imitation de l'art antique était de mode, Houdon sut, ainsi que Greuze, son ami, résister à cet entraînement ; il n'eut d'autre but que de rendre la nature telle qu'elle est, sans la voir à travers le prisme des conventions et des théories. Il est vrai, et c'est un reproche qu'on est en droit de lui faire, qu'il manquait d'élévation, que ses œuvres n'offrent rien d'idéal ; mais elles sont si franchement vraies , si naturelles, qu'en leur présence l'éloge est seul possible. Houdon étudia de bonne heure à l'Académie , et reçut les conseils de Pigal. Il obtint le grand prix en 1761 , et habita dix ans l'Italie. Pendant ce temps , il fit pour une église de Rome une statue de saint Bruno, et le caractère distinctif de son talent était déjà si remarquable, que quand le pape Clément XIV vit cette statue, il s'écria : « Si la règle de son ordre ne lui prescrivait pas le silence, je suis sûr qu'elle parlerait. »

Houdon exposa au salon, en 1771, le dieu Morphée. ouvrage qui lui valut le titre d'académicien; il lit ensuite son célèbre modèle de FÉcorché, alla en Amérique exécuter la statue de ff^ashington (salle des états de Virginie); puis, à son retour, en 1781, exposa ses statues de Tourville( à Versailles) et de Voltaire (vestibule du Théâtre-Français). La première est d'un mouvement et d'une vérité admirables ; la tête est expressive, et les draperies agitées par le vent sont très belles. La statue de Voltaire est plus célèbre encore , c'est la nature prise sur le fait; de Maistre ne pouvait en supporter la vue.

La même année, Houdon fit pour l'impératrice de Russie une Diane à laquelle on a reproché d'être trop nue. Après ces œuvres principales, nous devons mentionner encore sa Frileuse , son Oiseau mort, et, si nous voulions citer tous les bustes que l'on doit au ciseau de ce célèbre statuaire, nous aurions une liste trop longue ; nous devons cependant mentionner ceux de Molière (foyer du Théâtre-Français) et de Joséphine.

HUCHMRS FRANCE. huescar 499

Houel (J. P.) , né à Rouen en 1735, étudia d'abord l'architecture et la peinture sous I >c camps, puis la gravure sous Lemire , à Paris. Mais comme ia peinture avait surtout pour lui des attraits, il quitta ensuite les leçons de Lemire pour suivre celles de Casanova. Il se rendit ensuite en Italie et visita Naples, la Sicile, Malte et les îles de Lipari. De retour à Paris, il s'occupa de publier la relation de son voyage, et de graver les vues pittoresques et Jes monuments qu'il avait dessinés-, en effet, secondé par Leprince, il donna, six ans après, son Voyage pittoresque de Sicile, de Malte et de Lipari. Cet ouvrage comprend 4 vol. in-fol. de texte et 264 planches gravées. C'est un riche trésor sous le rapport des observations sur les mœurs, les coutumes et les objets d'histoire naturelle. Les principaux monuments , tels que les théâtres, les amphithéâtres, les aqueducs, les vases, les statues, les monnaies, les bas-reliefs, etc., sont représentés avec la plus grande exactitude. Outre cet ouvrage, Houel a gravé un grand nombre de vues et de paysages. Il est mort à Paris en 1813.

Houlhe (le), petit pays de la basse Normandie , borné au midi par le haut Maine, au levant par le pays des Marches, au nord par le Bocage, et au couehant par l'Avranchin. Ce pays fait actuellement partie du département de l'Orne.

Houlsai, seigneurie de l'Orléanais, érigée en marquisat , en 1678 , en faveur de Claude Maillet.

Hoziek. Voyez d'Hozieb.

Huchiers , fabricants de huches, cofrretiers. Ou comptait à Paris, en 1092, vingt-neuf huchiers, et l'on voit, par !e Livre des métiers d'Étienne Boileau, que, sous Louis IX, ces artisans étaient compris dans la corporation des charpentiers. Le statut de 1258 fait une distinction entre eux et les huissiers fabricants de portes ou fenêtres. Mais, comme l'observe M. Depping, ces deux métiers , si jamais ils ont existé séparément , ont dû* bientôt se confondre à cause de l'analogie de leurs travaux.

L'ordonnance de 1290 défend aux huchiers « que nus loue ne ne puisse huer coffres à gens morz;» ce qui nous montre que 1 usage s'était introduit dans

les familles , de prendre chez eux des coffres de louage pour s'épargner les frais d'un cercueil (*).

Les huchiers, huissiers, etc., étaient alors compris sous la dénomination générale de charpentiers de la petUe cognée.

Mudsow (expédition dans la baie <T).

Le gouvernement français résolut, en 1782, de ruiner les établissements des Anglais dans la baie d'Hudson. Il fallait pour commander cette expédition un marin aussi habile qu'intrépide : la Peyrouse fut choisi. Il partit du cap Français le 31 mai, sur le Sceptre, vaisseau de 74 , accompagné des frégates VAstrêe et C Engageante, de 36 canons.

Le 17 juillet, l'escadre eut connaissance de l'tte de la Résolution , située à l'entrée du détroit. A peine eut-elle fait vingt lieues dans la baie, qu'elle se vit. engagée dans les glaces, qui l'arrêtèrent plusieurs jours. Une brume épaisse vint a diverses reprises augmenter le péril.

Enfin , après une navigation pleine de difficultés et de périls , dans laquelle Fescadre éprouva des dommages considérables, on découvrit, le 8 août, le fort du prince de Galles, situé à l'embouchure de la rivière Churchill. Les troupes débarquèrent sans obstacle, et sur la première sommation , le fort se rendit. La Peyrouse le détruisit, nuis il se porta avec son escadre sur le fort d'York , autrefois fort Bourbon , situé à 40 lieues de là, vers le sud. Le débarquement fut des plus pénibles, et lorsqu'il fut effectué, il fallut avec la boussole se frayer une route jusqu'au fort , à travers une épaisse forêt. Du reste, le fort se rendit également sans résistance , et il fut rasé. L'expédition fut ainsi terminée à la fin d'août.

Huescab (combat d'). L'armée espagnole aux ordres du général Blacke avait été, au mois de septembre 1811 , chassée du royaume de Grenade par le

Quatrième corps de l'armée française , ont le maréchal Soult avait le commandement. Elle se reforma bientôt après aux environs de Murcie, et tenta quelques entreprises partielles sur les

(*) Documents inédits sur l'hist. de France. Règlements sur les arls et métiYrs de Paris , publies par M. Depping, p. 3;3 ei suiv.

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