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HUGUES CAP ET L'UNIVERS. HUGUES DE BREGI

France (*). Hugues Capet avait d'ail- Hugues Capet (monnaies de). Ces

leurs compris , ou peut-être n'était-ce monnaies sont extrêmement rares ; Le-

qu'une conséquence de son esprit su- blanc en a publié une où ce prince prend

perstitieux le parti qu'il pouvait tirer le titre de roi ; mais on ne la retrouve

des moines, qui jouissaient alors des plus dans aucune collection. On y li-

deux puissances spirituelle et tempo- sait d'un côté hvgo fba, et dans le

relie : il se fit le roi des prêtres, aux- champ bex; et de l'autre côté, pabisivs

quels il rendit la liberté des élections civis. C'est un denier, seule monnaie

et prodigua les donations de toute na- que l'on connût en France à cette

ture. En somme , et d'après l'examen époque.

attentif des faits que nous connaissons M. de Longperier a publié une pièce

de l'histoire de Hugues Capet, nous sur laquelle on lit en légende grati a

croyons pouvoir dire aue s'il ne fut pas dei rex , dans le champ Hvgo, et au

un grand roi, il ne mérite pas non plus revers remis civitas. Cette pièce ap-

le mépris qu'ont jeté sur lui quelques partenait à un amateur distingué dont

historiens. le monde savant déplore la perte ré-

A part les batailles , son règne pro- cente, M. Dassy de Meaux. Par son style

prement dit offre peu d'événements im- et par sa fabrique, elle paraît contempo-

portnnts; on peut cependant noter la raine de Hugues Capet. Nous hésitons

fondation de la ville d'Abbe ville, etl'em- cependant à la regarder comme appar-

ploi de la, langue vulgaire, romane ou tenant à ce prince; car, vers le même

gauloise, dans un concile tenu à Mai- temps, vivait un archevêque de Reims

son en 995. nommé Hugues. Le mot gbatia di rex

Hugues Capet mourut à Paris, le pourrait bien n'y être placé que comme

24 octobre 996 , à l'âge de cinquante- une simple formule. Cette conjecture

sept ans. Le moine Helgaud de Fleury , reçoit un haut degré de probabilité de la

à qui l'on doit un panégyrique du roi pièce suivante, frappée à Senlis, et où

Robert , assure que Hugues , sentant on lit, d'un côté, le nom latin de cette

approcher sa fin , lit appeler son fils, ... an . silva f

et lui tint ce discours , qui vient à l'ap- ■ Vllle en deux hSnes' nectis , et au re"

pui de ce que nous avons dit de la dé- vers, en première légende , gratia di

votion superstitieuse du fondateur de rex, en deuxième légende hvgo dvx. Il

la monarchie capétienne, et de ses mé- est évident que la première légende n'est

nagements envers le clergé : qu'une réminiscence carlovingienne in-

« 0 mon cher fils ! je te conjure, au signifiante , et que cette pièce n'est

« nom de la sainte et indivisible Trinité, qu'une monnaie ducale de Hugues Ca-

« de ne jamais abandonner ton esprit pet, antérieure à son avènement au

« aux conseils des flatteurs qui cherche- trône. Il en est de même d'une pièce de

« ront à te séduire par des présents p . , ... parisius

« empoisonnés, pour que tu disposes, rdr15' ou on 1,1 CIVis gratia

« selon leur volonté, de ces abbayes que di dvx ; et Hvgo , en monogramme ,

« je laisse après Dieu sous ton gouver- dans le champ. Ces pièces sont toutes

« nement. Qu'aucune légèreté d'âme ne deux calquées sur celles de Charles le

« t engage a piller leurs trésors , à les Chauve.

« distraire ou à les dissiper. Je te re- Hugues le Grand , duc de France ,

« commande encore, et cela par-dessus fils de Robert et neveu du roi Eudes.

« toute chose, de ne jamais permettre Voyez Frange (duché et ducs de),

« qu'on t'arrache à la dévotion du chef t. vin , p. 421.

«de notre religion, savoir , de notre Un autre Hugues le Grand, frère

« père saint Benoît ; c'est lui qui, après du roi Philippe I*r, se signala en terre

* la mort de ce qui n'est que chair , te sainte pendant la première croisade, et

« procurera auprès de notre commun mourut à Tarse d'une blessure reçue

« juge, l'entrée du salut, seul port trau- dans un combat contre les Turcs.

« quille et seul asile assuré. » Hugues db Bbégi, de Brésil ou de

(•) Voyez les Lettre* de M. Thierry sur Bersil, célèbre trouvère du 13e siècle,

l'Hist. de France. dont on sait seulement qu'il fit , avec

son père, partie de la croisade qui plaça un prince latin sur le trône de Constantinople. Outre quelques chansons pleines de grâce et de poésie et encore inédites , on possède de Hugues de firégi un poème en huit cent trente-huit vers, intitulé Ja Bible au seignor de Brèze.

C'est une imitation de la Bible de Guyot de Provins (voyez Guyot) ; mais la satire y est moins rude ; le style y a plus de douceur , parfois plus d'élégance ; et la censure des mœurs du siècle y est plus entremêlée de traits d'histoire sainte et de digressions morales. L'auteur commence son poëme au péché originel ; et quand il arrive à la rédemption, il raconte que cet événement rat suivi immédiatement du partage de la société en trois ordres :

Quant Diex nous ol d'enfer rescous, S'ordena trois ordres de nous :

La première fu, sanz mentir.

De provoire por Diex servir Ès cbapèles et ès moustiers ; Et l'autre fu des chevaliers, Por justicier les robeors ; L'autre fu des laboréors.

La Bible de Hugues a été insérée dans le tome n des fabliaux publiés par Iléon.

Hugues de Flavigny, savant bénédictin, né en 1065, entra, en 1077, dans le monastère de Saint-Vannes de Verdun; puis, persécuté par les fauteurs de l'antipape Guibert, il se retira à Saint- Bénigne de Dijon. Il fut nommé, en 1097 , abbé de Flavigny en Bourgogne ; mais il revint peu de temps après à Saint-Bénigne, ou il mourut vers 1115.

Il a laissé une chronique dont la seconde partie, qui comprend l'histoire du onzième siècle, est très-importante à cause des pièces originales qu'il y a insérées. Cet oavrage a été publié dans la Bibliotheca manuscriptorum nova du P. Labbe.

Hugues de Fleuby, aussi nommé H*tgues de Sainte-Marie , embrassa la vie monastique à l'abbaye de St-Benoîtsur- Loire, autrement de Fleury, vers la fin du onzième siècle. Les ouvrages qui nous restent de lui indiquent une grande supériorité d'esprit; son Traité de la puissance royale et de la dignité sacerdotale, ouvrage destiné à faire cesser les disputes qui s'étaient élevées de son temps sur la limite des deux

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pouvoirs, lui fit une grande réputation et une réputation méritée.

Hugues de Fleury nous a aussi laissé une chronique en six livres, dédiée à Ives de Chartres. C'est, dit un biographe, une espèce d'histoire universelle dont le principal but est de montrer la conduite de Dieu à l'égard des hommes dans les différents âges du monde. Ce seul point de vue révèle une intelligence peu commune, et en effet la chronique d'Hugues de Fleury l'emporte à bien des égards sur les compositions historiques du même siècle. La géographie y est moins inexacte. Les questions théologiques y sont bien comprises et nettement débattues. Cette chronique part du commencement du monde et s'arrête à Tan 840; elle a été publiée à Munster, en 1638, par Bernard deBoffendorfqui l'a enrichie d'une savante préface et de notes intéressantes. Le Traité de la puissance royale et de la dignité sacerdotale a été publié par Baluze dans le tome tv de ses mélanges. Hugues de Fleury mourut dans les commencements du douzième siècle.

Hugues des Payens, issu de la maison des comtes de Champagne, s'associa en 1 1 18 avec Geoffroi de Saint- Oldemar et sept autres gentilshommes français pour protéger les pèlerins qui faisaient le voyage de terre sainte, et fonda ainsi l'ordre du Temple ; il mourut en 1136 (voyez Templiers).

Hugues de Poitiers., chroniqueur du douzième siècle, sur lequel on n'a presque aucun renseignement ; on sait seulement qu'il était moine de Vczelai et qu'il écrivit, par Tordre de l'abbé Pons , l'histoire de ce monastère. Cet ouvrage est l'un des plus curieux du douzième siècle, k cause des détails qu'on y trouve sur la commune de Vézelai. Il se divise en quatre livres, dont le premier ne renferme que des chartes et des lettres relatives au monastère ; la narration commence au second livre, et comprend un espace de vingt-sept ans, de 1140 à 1167.

Le père Lelong attribue encore à Hugues de Poitiers quelques opuscules restés manuscrits, entre autres un commentaire s ur Jèrèmie, et u ne chronique qui va depuis le règne d'Auguste jusqu'à Louis VII.

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