‹ FranceChapitre 241 sur 378 · HUISSIER · texte numérisé non relu

HUISSIER

La chronique de Vezelai, insérée dans le Spicilegium de d'Achery, a été traduite dans le tome vu de la Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France, publiée par M. Guizot.

Hugues de Romans, célèbre légat du pape en France, neveu de Hugues l"r, duc de Bourgogne, fut élevé en 1073 au siège épiscopal de Die , bien qu'il ne fût encore que simple clerc. Il fut ordonné prêtre l'année suivante par Grégoire VII qui , en 1074, le chargea de la légation de France. Nommé archevêque de Lyon en 1082, Hugues de Romans présida un grand nombre de conciles, entre autres celui d'Autun en 1099, où il excommunia Philippe 1er. Grégoire VII le désigna pour lui succéder sur le siège pontifical, et il essaya, après l'élection de Victor III, de former un schisme; mais il échoua, et encourut une sentence d'excommunication dont il ne fut relevé que par Urbain II. Il mourut en 1186, en se rendant au concile de Guastalla. On a de lui un grand nombre de lettres, dispersées dans plusieurs recueils.

Hugues de Saint-Cheb, né près de Vienne en Dauphiné, dominicain, légat du saint-siège, et le premier de son ordre qui ait été honoré de la pourpre, à laissé plusieurs ouvrages qui lui firent, de son temps, une grande réputation de savoir. Le plus important est la Concordance latine de la Bible, le premier livre publié en ce genre.

Ses i i très ouvrages sont le Spéculum Ecclesix, des notes sur l'Écriture, des sermons, etc. Il mourut àOrvietto en 1263. Ses œuvres, publiées a Lyon en 1645, forment huit volumes in-folio.

Hugues (Victor), né à Marseille, d'une famille commerçante, fut tout jeune envoyé par ses parents à Saint- Domingue, d'où il revint au commencement de la révolution. Il y fut envoyé de nouveau en 1793, en qualité de secrétaire de Simon dés; mais la mission de ce dernier ayant manqué, Hugues se hâta de revenir en France , où il exerça successivement les fonctions d'accusateur public à Rochefort et à Brest. Il partit, en 1794, avec le titre de commissaire de la Convention pour les îles du Vent.Lorsqu'il arriva à la Guadeloupe, cette île était au pouvoir des Anglais,

il la leur reprit, ainsi que la Désirade, les Saintes et Marie-Galande. Mais plusieurs des arrêtés de Hugues furent vivement critiqués; on alla même jusqu'à l'accuser de concussion. De nouvelles accusations se renouvelèrent contre lui en 1808, lors de la prise de Cayenne par les Anglais; il fut acquitté par un conseil de guerre , cependant il resta exposé à de fâcheux soupçons. Il mourut a Bordeaux , en 1826.

Huissier. Ce nom qui, d'après sa racine, signifie portier, paraît n'avoir été appliqué dans l'origine qu'à des officiers chargés d'ouvrir et de fermer Y huis , soit chez les grands, soit dans les cours de justice. Cet emploi changea ensuite peu à peu de nature , et de bas qu'il était d'abord , finit par devenir trèsimportant.

Les huissiers civils furent, selon toute apparence, précédés par des huissiers d'armes qui, malgré la puérile distinction établie par quelques auteurs entre ces dénominations, paraissent avoir été les mêmes que les sergents d'armes (*). Ces huissiers ou sergents , espèce de gardes du corps, devaient veiller à la sûreté du roi ; il leur était ordonné d'avoir leurs carquois pleins de carreaux, et d'accompagner leur souverain sans jamais le laisser seul.

Indépendamment de ces officiers militaires, on en créa ensuite d'autres pour le civil , qui durent porter les ordres du roi partout le royaume, publier les arrêts au péril de leur vie, s'exposer à la vengeance des seigneurs qui se moquaient de l'autorité royale, et expier souvent leur hardiesse par une longue captivité ou par la mort. Aussi la royauté comprit-elle qu'elle devait les revêtir comme les hérauts d'une espèce d'égide, et les mettre sous la sauvegarde de la loi qui commençait à se produire,

3uoique d'une manière incomplète , et evait bientôt faire courber les vassaux les plus orgueilleux. Il suffit de parcourir les arrêts rendus sous Philippe III, saint Louis, Charles IV. etc., pour se convaincre de la sollicitude avec laquelle les rois veillaient au maintien de leurs prérogatives et considéraient l'outrage

(*) Daniel, Histoire de la milice française, t. II, p. 56.

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fait à leur huissier comme une grave insulte à leurs droits.

En 1254 , saint Louis rend un arrêt qui ordonne à l'abbé de Vézeiay de comparaître en personne pour avoir laissé battre le sergent du roi par ses moines (*).

En I27i. arrêt du roi qui condamne le doyen et le chapitre de Lyon à 600 liv. parisis d'amende, parce que des habitants de lodite ville avaient dit des injures à un sergent, et même avaient osé l'arrêter (et etiam arrestando (**).)

En 1278, les bourgeois de Villeneuvesur-Yonne sont condamnés à 1 ,000 liv.

d'amende pour avoir insulté un sergent du roi ; sur leur dénégation du fait et sur leur refus de payer, le roi déclare que la somme sera le\ée sur la ville entière (***).

En 1279, l'évéque d'Orléans est condamné à 50 liv. parisis pour avoir laissé emprisonner par un de ses clercs l'huissier du roi (****).

La même année, l'abbé de Daurat est condamné à payer 600 liv. d'amende , et de plus à faire des excuses à un sergent qu'il avait battu (*****).

La même année encore, un autre abbé est condamné à 100 liv. tournois d'amende, applicables moitié au roi et moitié à deux sergents insultés (******).

Elle annonçait une grande force, cette puissance royale qui osait ainsi condamner des évêques et assigner des clercs à comparaître devant des juges laïques-, on pouvait de là pressentir ce qu'elle deviendrait bientôt. Mais continuons de la suivre dans ses développements, et voyons-la s'attaquer auxgrands vassaux. « Il y avait au pays de Toulouse un haut et puissant baron nommé Jourdain de Lille , seigneur de Casaubon , qui avait épousé une nièce du pape. Cet nomme avait déjà été cité devant la cour du roi pour dix-huit accusations, dont chacune méritait la peine de mort.

(*) Voyez les Olim du parlement, publ.

par M. Beugnot, dans la collection des monuments inédits de l'histoire de France , 1. 1,

H Ibid., I, 875.

(*") Ibid. , II, xxo.

(****) Ibid., II, 120.

(**♦ '*) Ibid., II, lit.

(**•*") Ibid., II, 146.

Le roi lui avait pardonné à la prière du pape; mais Casaubon continua ses crimes et osa même assommer de son pro-, pre bâton fleurdelisé un sergent royal qui venait le citer à comparaître en ( cour de parlement. Il fut forcé de se ren- ! dre à la citation; il se présenta entouré d'une foule de comtes , de barons et de gentilshommes d'Aquitaine, qui soutenaient son parti Mais ni sa brillante

escorte, ni son alliance avec le saintpère, n'intimidèrent les gens du parlement : il fut enfermé au Châtelet, condamné à mort , traîné à la queue des chevaux , et enfin pendu , comme bien il le méritait (1323) (*). »

Voici un autre fait aussi démonstratif, mais il se passe cent ans plus tard. Le jour de la fête de la Toison d'or (1456) , monseigneur le duc dè Bourgo-

6 ne, de Lotricn, de Brabant, de Limourg, de Luxembourg, comte de Flandre, d'Artois et de Bourgogne, palatin de Hollande, de Zélande, de Namur, etc., se trouvait environné de tous les chevaliers magnifiquement parés. Comme il allait s'asseoir à la table de velours étincelante de pierreries, « un petit homme en noir jupon se trouva la, on ne sait comment, et se jetant à genoux , lui présenta à lire

une supplique? Non, un exploit, un exploit bien en forme du parlement de Paris, un ajournement en personne pour lui , pour son neveu , le comte d'Êtampes; et cela au sujet d'un quidam dont le parlement déclarait évoquer l'affaire. » Une autre fois , « c'est encore un de ces hardis sergents qui s'envient dans Lille, le duc étant en celte ville, battre et rompre à marteau de forge la porte de la prison pour en tirer

un prisonnier Le duc arrêta ses

gens qui voulaient jeter l'homme à la rivière (**). »

L'huissier proprement dit, ou le sergent , car cette confusion de noms existait alors et s'est conservée jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, ne sortait

Sas du royaume; il signifiait ses exploits ans tout le domaine soumis au roi soit directement, soit par vassaux, mais

(*) Henri Marlin , Hist. de France , t. V, P, *7*.

(") Michelet, Hist. de France.

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dans le domaine seul ; et c'est à tort qu'on a quelquefois appelé huissiers les ambassadeurs envoyés a des souverains étrangers ; le nom de sergent a pu seul leur être donné, parcequece terme avait, au moyen âge , une signification extrêmement vague, s'appïiquant soit aux officiers du roi , soit a ceux des seigneurs , soit même à des vassaux qui n'étaient assujettis qu'à une simple redevance (voyez Sebgent).

On trouve dès 13S8 des huissiers du parlement. Au dix-huitième siècle, ceux du Châteiet se divisaient, en huissiers audienciers, qui servaient particulièrement à l'audience ; en huissiers à cheval, qui pouvaient exploiter partout le royaume ; en huissiers à verge , dont les fonctions étaient à peu près semblables , et "dont le nom venait du bâton fleurdelisé qu'ils devaient porter à la main ; enfin en huissiers Jie/fés, ainsi appelés de ce que leur charge était cousidérée comme un fief.

Sous les derniers princes de l'ancienne monarchie, on vit de grands seigneurs briguer le titre d'huissier de la chambre du roi , qui leur permettait d'ouvrir aux familiers la porte du souverain , quand il mettait sa chemise ou prenait ses pantoufles (*).

Les huissiers de nos jours sont des fonctionnaires publics établis dans chaque arrondissement pour faire toutes citations, notifications et significations requises pour l'instruction des procès ; tous actes et exploits nécessaires pour l'exécution des ordonnances de justice, jugements et arrêts , et le service personnel près les cours et tribunaux.

Les huissiers près les tribunaux sont nommés par le roi, et ils ne peuvent faire aucun acte pour leurs parents ou alliés.

Huissieb. On appelait encore ainsi au moyen âge une sorte de vaisseaux d'une plus grande capacité que les nefs ordinaires, qui servaient à transporter la cavalerie, et avaient au-dessus de l'arrière un huis par lequel on faisait en-, trer les chevaux dans la cale. L'embarquement fini, on calfatait cette porte, qui se trouvait dans l'eau quand le navire

(*) Dictionnaire de jurisprudence de l'en- • cyclopedie méthodique, art. Htussiers.

était complètement chargé. V Atlas catalan de 1375 contient un dessin grossier d'un bâtiment de cette espèce , qui y est appelé Uxer.

On donnait encore le nom d'huissiers aux charpentiers ou menuisiers qui faisaient les portes: « Item, ne huchier ne huissier ne peuent ne ne deuent faire ne trappe, ne huis, ne fenestre, sans pouions de fust ni de fer, par leurs seremens; et se il estoit trouvé , il paieroit xx sous d'amende , x sous au roi et x sous au mestre du mestier (*). »

Hulans , hvulans, uhlans ou ulans, espèce de cavalerie d'origine asiatique, dont l'usage s'introduisit d'abord en Pologne et en Lithuanie, puis se répandit de là en Allemagne, en Russie et en France au dix-huitième siècle.

Ces cavaliers combattaient à la manière des hussards, et ils étaient armés de sabres, de pistolets et de lances surmontées d'une petite flamme destinée à effrayer les chevaux de l'ennemi.

Le maréchal de Saxe essaya, en 1734, d'introduire en France l'usage de cette arme, et en forma un régiment de mille hommes auxquels on mêla autant de dragons. Les hulans français portaient la si marre et la culotte verte, les bottes à la hongroise, et un casque garni d'un turban d'où tombait une queue en crins de couleur. Leur armement consistait en une lance de neuf pieds , en bois de frêne, surmontée d'un fer à pointe lonue et aiguë , à peu près comme celle e nos lanciers d'aujourd'hui. Ils furent licenciés à la mort du maréchal.

Hullin (Pierre-Auguste, comte), naquit à Genève en 1758. Apprenti horloger, il exerçait son état à Paris, lorsque , frappé de sa haute taille et de sa belle figure, le marquis deConflans le

Erit à son service comme chasseur. Sa elle conduite au 14 juillet 1789 lui valut le titre de vainqueur de la Bastille , titre décerné avec une médaille aux héros de cette journée par la municipalité de Paris. Autant il avait montré de courage à l'attaque de la forteresse, où il entra des premiers, autant il montra ensuite d'humanité. S'emparant du gou-

(*) Livre des métiers, titre xtvn, édition Depping.

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