H CL LIN FRA
verneur Delaunay, il l'escorta dans sa marche vers l'hôtel de ville , et fit les plus nobles efforts , jusqu'à exposer sa propre vie , pour le protéger contre la vengeance du peuple.
A partir de là , Hullin semble avoir voulu se tenir en dehors du mouvement de la révolution. Sa biographie ne présente rien d'important jusqu'en 1796.
A cette époque, employé comme adjudant général à l'armée d'Italie , il s'y distingua par divers actes de bravoure.
En 1799, il contribua puissamment à la défense de Gènes. Au 18 brumaire, il se trouvait à Paris , près du général en chef Bonaparte , dont il servit activement les projets. Il fit la nouvelle campagne d'Italie de 1800, fut nommé en 1803 général de division et commandant des grenadiers de la garde consulaire , et présida en 1804 le conseil de guerre qui condamna le duc d'Enghien.
11 lit ensuite les campagnesd'Autriche en 1805, et de Prusse en 1806, campagnes où il fut successivement chargé des commandements de Vienne et de Berlin.
Durant la campagne de Russie, il fut laissé en France, où il commanda la première division militaire. Le général ' Mallet s'adressa à lui pour l'attirer dans sa conspiration, et voyant ses ouvertures mal accueillies, lui tira à bout portant un coup de pistolet qui lui cassa la mâchoire intérieure. Le général Hullin garda le commandement de la ville de Paris jusqu'au mois de mars 1814.
Alors , après avoir accompagné à Blois l'impératrice Marie-Louise, il envoya son adhésion au gouvernement de Louis XVI II , mais il n'en fut pas moins dépouillé de toutes ses fonctions.
Au retour de l'empereur , le gouvernement de Paris lui fut rendu , et il |e garda jusqu'à la seconde restauration. Compris dans l'ordonnance du 24 juin 1815, il fut arrêté , détenu à Cosne, et enfin proscrit par l'ordonnance du 17 janvier 1816. Il passa en Belgique et en Allemagne les années de son exil.
On a de lui l'opuscule suivant : Explications offertes aux hommes impartiaux au sujet de la commission militaire instituée en Van xn pour juger le duc d'Enghien, Paris 1833.
CE. HCMBERT 517
Hulst (siège de). En 1747 , l'armée française victorieuse envoya un détachement bloquer cette ville. La garnison, forte de 1,800 hommes, se retira après une capitulation honorable.
Hulst tomba de nouveau au pouvoir des Français en 1794, lorsque sos troupes triomphantes envahirent la Flandre maritime.
Humann (Jean-George), naquit à Strasbourg en 1 780, dans une condition obscure. Devenu négociant dans cette ville , il y acquit une belle fortune par son activité et son intelligence, mais aussi en recourant parfois à des moyens que réprouvent les lois protectrices du commerce national. Élu, en 1820, député du département du Bas-Rhin, il alla siéger sur les bancs de l'opposition , et, pendant les sessions de 1824, 1825, 1826 et 1827, il prit assez fréquemment la parole dans les discussions financières. Le collège de Villefranche l'envoya de nouveau à la chambre en 1828. Il vota, en 1830, l'adresse des 221, et fut réélu le 28 juillet, par le collège de Schélestadt (Bas-Rhin).
* Le 1 1 octobre 1832 , il fut chargé du portefeuille des finances , et quitta ce poste en janvier 1836. Nommé, le 3 octobre 1837, membre de la chambre des pairs, il rentra, le 1er mars 1840, au ministère des finances. Il remplissait encore ces fonctions lorsqu'il fut frappé, au mois d'avril 1842, d'une attaque d'apoplexie à laquelle il succomba.
Humann était le fils de ses propres œuvres; il devait son élévation à son travail opiniâtre , à l'énergie de son caractère , qu'il déploya souvent aux dépens du pays , mais quelquefois aussi dans l'intérêt public. Ceux qui savent d'où il était parti pour arriver jusqu'au ministère, ceux qui mesurent la distance qui sépare l'origine et la fin de sa carrière, honoreront cette persévérance qui a lutté contre tant d'obstacles , qui a triomphé de tant de difficultés. Pourquoi faut-il que Humann ait oublié qu'il était sorti du peuple, et que le ministre de la royauté de juillet ait abjuré les principes qu'avait professés le député de l'opposition sous la restauration ?
Humbebt, né en Bourgogne, entra dans l'ordre de Saint-Benoît à Moyen-
518 HCMBERT L'UNIVERS. HCMlftllÊS
le-Moutier, diocèse de Toul. Le pape loppé de toute part à Conanguen, avec Léon IX, qui avait été évéque de Toul, 850 combattants seulement, il se vit l'appela près de lui à Rome en 1049, et forcé de mettre bas les armes. Amené le créa archevêque de Sicile, puis cardi- en Angleterre , il y fut honorablement nal- évéque de Blanche-Sel ve. Aucun traité, et échangé peu de temps après. Français, que l'on sache, n'avait encore Voyez Irlande. été honoré de la pourpre. Intimement Employé à l'armée du Danube en lié avec le pape et admis à tous ses con- 1799, il se fit remarquer dans toutes les seils , le cardinal Humbert fut envoyé rencontres, et reçut une blessure grave en 1053 à Constantinople, en qualité de à la fin de la campagne. En 1802, il fit légat, pour négocier la réunion de partie de l'expédition de Saint-Dominl'Eglise grecque et de l'Église latine, gue, et fut chargé de l'attaque du Port- Victor II , successeur de Léon IX , lui au-Prince , qu'il dirigea avec habileté , témoigna la même confiance. Il le nomma battit les noirs, et s'empara de la place, bibliothécaire et chancelier, fonctions II revint en France , après la mort du qu'il conserva sous Étienne III et sous général Leclerc , avec la veuve de ce Nicolas IL A la mort de Victor H, il général. Les soins attentifs qu'il profut un moment question de l'élever au digua à cette dame pendant la traversuprême pontificat. La date précise de sée , furent interprétés avec malignité, sa mort est inconnue ; toutefois, on ne Ses ennemis répandirent des bruits déla saurait reculer au delà de 1063. On favorables sur ses prétentions; on l'aca du cardinal Humbert plusieurs ouvra- cusait d'ailleurs de professer hautement ges, entre autres un traité contre les des opinions républicaines. Il fut froisimoniaques , publié par dom Martène dément accueilli par le premier consul , dans ses Ànecdota , et la relation de qui ne tarda pas à l'exiler en Bretagne, son voyage à Constantinople. Ce der- A peine y était-il arrivé, que, sur ."avis nier ouvrage, ainsi que deux écrits po- que l'on avait donné l'ordre de l'arrélemiques dirigés contre l'Église grecque, ter, il s'embarqua pour les États-Unis a été imprimé plusieurs fois , notam- d'Amérique.
ment dans les Annales ecclesiastici de Les journaux annoncèrent, en 1816,
Baronius. que le général Humbert avait réuni à la
Humbebt (Jean-Robert-Marie) , né à Nouvelle -Orléans un corps de 1,000
Bouvron (Meurthe), le 25 novembre hommes, avec lequel il se disposait à
1766, de parents pauvres, quitta la mai- joindre les indépendants du Mexique,
son paternelle en 1771, et s'engagea dans C'est la dernière nouvelle que l'on ait
le régiment de Belzunce-dragons , où il reçue en Europe de ce brave général,
servit jusqu'en 1778. II entra en 1789 HuMiÈRES(familled'). La terre d'Hu-
dans la garde nationale parisienne , mières en Artois (département du Pas*
franchit rapidement les grades infé- de-Calais, arrondissement de St-Pol),
rieurs , fut nommé en 1794 général de est le berceau de cette ancienne maison ,
brigade, et fit avec distinction les cam- dont la terre de Mouchy-Humières en
pagnes de l'armée de l'Ouest jusqu'en Beauvoisis (arrondissement de Compiè-
1797. Le général Hoche, qui avait gne) devint par la suite le siège pnnei-
su apprécier son mérite, le désigna pal.
alors au Directoire pour faire par* La généalogie de cette famille remonte tie de l'expédition d'Irlande. L'escadre sans interruption Jusqu'à Jean, seigneur française ayant été dispersée, Humbert d'Humières , châtelain de Saint-Omer , débarqua avec une poignée de braves à qui assista à la bataille de Poitiers en Killala , où quelques Irlandais vinrent 1856. Parmi ses descendants , on disgrossir sa petite troupe. Il battit d'à- tingue : Philippe, son petit-fils, qui bord les Anglais à Castelbar , et rem- combattit à Azincourt , où il fut tait porta sur eux plusieurs avantages signa- prisonnier, et qui s'attacha ensuite au lés ; mais l'arrivée de 15,000 hommes , duc de Bourgogne ; Mathieu, son fils , commandés par lord Cornwallis, chan- qui marcha avec ce prince contre les gea bientôt la face des choses, iùive- Brugeois , en 1437 , et mourut à Tat-
HUNALD
taque du château de Milly, en 1442 ; Adrien , fils du précédent , seigneur d'Humières , Bacquencourt , Bouzaincourt, etc., chevalier de la Toison d'or; Uean III, petit-fils d'Adrien , seigneur j d'Humières, Mouchy, etc., gouverneur de Péronne, Montdfdier et Roye, lieutenant général pour le roi en Dauphiné, Savoie et Piémont, nommé, en 1535, gouverneur du jeune dauphin fils de François I" ; Jacques, fils du précédent, seigneur d'Humières , Mouchy, etc.,
gouverneur de Péronne, Montdidier et oye , lieutenant général en Picardie ; Charles, fils de Jacques, seigneur d'Humières , marquis d'Ancre , gouverneur de Compiègne pendant la ligue , puis lieutenant général en Picardie. Ce dernier fut tue à la prise de Ham, en 1595, et ne laissa point de postérité.
L'héritage de la maison d'Humières passa alors à Jacqueline, sœur de Charles , mariée à Louis de Crevant , vicomte de Brigueil , dont les descendants joignirent à leur nom celui d'Humières.
Cette dame fut la maîtresse de Henri IV, oui la négligea bientôt pour Gabrîelle d'Estrées. Les terres de Mouchy, Coudieu, etc., furent érigées en 1690 en duché, sous le nom d'Humières, en faveur de Louis de Crevant- Humièr es , maréchal de France, arrière-petit-fils de Jacqueline et de Louis de Crevant. Ce maréchal, ami et créature de Louvots, se fit battre, en 1689, à Valcour, par le prince de Waldeck , et cet échec, lui fit retirer le commandement. « Il fut le premier, dit Voltaire, qui , au siège d'Arras, en 1658, se fit servir en vaisselle d'argent à la tranchée , et qui fit manger à ses convives des ragoûts et des entremets.
En campagne, Turenne n'avait eu longtemps que des assiettes de fer. »
A la mort du duc d'Humières , en 1690 , le nom et le duché d'Humières passèrent, à défaut d'héritier mâle, comme l'avaient prescrit les lettres d'érection, à Louis d'Aumont , époux de Julie de Crevant, troisième fille du ma- , réchal, et à leurs descendants.
Cette maison compte encore deux autres branches : 1° celle des seigneurs de Lassigny, qui commença vers 1538 avec Guillaume d'Humières, et finit avec ses enfants ; 2° celle des seigneurs de Vitermont , qui eut pour auteur
Baudouin d'Humières, dit te Liégeois, en 1447, et qui se termina à Adrien d'Humières , seigneur de Vitermont, gouverneur de Saint-Quentin, né en 1 d39.
Hunald ou Hunold. Eudes, duc d'Aquitaine, vaincu par les Sarrasins , avait appelé à son secours Charles Martel , dont les victoires parvinrent à refouler les musulmans au pied des Pyrénées ; le chef franc se fit payer la protection qu'il avait accordée à l'Aquitaine, en tenant cette province dans une sorte de dépendance à son égard. Eudes supporta assez patiemmentjusqu'à sa mort cet état d'asservissement; mais Hunald.
son fils , se révolta à l'idée de reconnaître une suprématie quelconque. S'étant mis, à la mort de son père, en possession de l'Aquitaine, il ajouta Bientôt après à ses États une grande partie de la Vasconje échue à Alton, son frère , dont le caractère faible et indécis devait nécessairement fléchir devant sa supériorité. D'après les conjectures les plus probables , ce fut à l'âge de trente ans qu'Hunald succéda à Eudes, et conçut le hardi projet de briser par une résistance ouverte le traité humiliant qui asservissait ses États au roi de France x à ce prince dont les chefs aquitains nièrent la souveraineté jusque sous la troisième race , apposant au bas de leurs chartes la formule bien connue :
Rege terreno déficiente, Christo régnante.
Au printemps de 736, Charles Martel, dont une première sommation adressée à Hunald était restée sans réponse, passa la Loire, entra en Aquitaine et s'avança jusqu'aux bords de la Garonne. Y eut-il un avantage décisif dans la lutte entre les deux chefs et qui l'obtint? C'est ce que les chroniques ne nous apprennent pas; on voit seulement que Charles trouva Hunald beaucoup plus aguerri et beaucoup plus habile qu'il ne le pensait, et que la confirmation définitive de l'hommage établi par le père ne fut , de la part de ce prince, qu'une feinte pour gagner du temps. C'est ce que paraît dire une chronique citée par M. Fauriel : « Eudon étant mort , Charles prit les armes contre ses fils et leur fit beaucoup de mal; mais la lutte ayant ses viassi-
HUNALD L'UNIVERS. HUNALD
tudes et beaucoup d'hommes ayant été tués de part et d'autre , les deux
Sartis conclurent une alliance qui ne evait pas durer longtemps. »
Quoi qu'il en soit, Hunald demeura paisible possesseur de ses États, sous la condition de reconnaître la suzeraineté de Charles Martel et de ses deux fils, Carloman et Pépin. Il est probable qu'Atton, qui cherchait dans Charles Martel un appui contre son frère, se rendit, lors des négociations, coupable de quelque trahison , car on le voit quel-
3ue temps après mis en prison par orre d'Hunald ; et il faut remarquer ce fait, parce qu'il présage et explique la lutte qui s'éleva entre les deux frères en 745. Quoi qu'il en soit, Atton ne supporta qu'une courte captivité, et reprit bientôt une certaine part au gouvernement de l'Aquitaine.
A la mort de Charles Martel arrivée en 742, Hunald envoya des députés à Odilon, duc de Bavière, et ces deux princes , refusant obéissance à Pépin et Carloman , conclurent une alliance offensive et défensive, et convinrent qu'aussitôt que l'un d'eux serait attaqué par les fils de Charles Martel , l'autre se mettrait immédiatement en marche pour le défendre ou faire une diversion vigoureuse en sa faveur. Les deux frères réunirent en effet Ceurs armes, passèrent la Loire à Orléans, entrèrent sur le territoire des Aquitains, et se dirigèrent sur Bourges ; mais ils se contentèrent d'en brûler ies faubourgs, la ville étant trop forte pour eux ; et marchant droit à l'ouest , ils passèrent jusqu'à Luttes, aujourd'hui Loches-sur-Indre, Un chroniqueur franc s'extasie, en racontant le siège de cette ville, sur la bénignité des vainqueurs qui épargnèrent miséricordieusement, dit-il, tous les habitants , se contentant de raser la ville, d'y faire butin de tout, et de réduire en servitude la garnison et la population tout entière.
Mais pendant que Pépin et Carloman s'amusaient ainsi à dévaster le pays de leur ennemi, une révolte éclatait contre eux au delà du Rhin. Les Allemanes. on Souabes, avaient pris les armes à l'instigation d'Odilon et revendiquaient leur indépendance. Les princes francs, quittant en toute hâte l'Aqui-
taine , gagnèrent à grandes journées les bords du Danube. Ils eurent bientôt réduit les révoltés à l'obéissance. Mais l'année suivante, ce fut Odilon luimême qui prit les armes, tandis que Hunald , sur de l'impunité , tombait comme la foudre sur Orléans et sur Chartres. Il pilla et incendia cette dernière ville , sans laisser debout ni maison, ni couvent, ni église, pas même la cathédrale placée sous l'invocation de la Vierge, et reprit ensuite le chemin de son pays sans le moindre obstacle. Mais les* suites tournèrent mal : les Bavarois et les Saxons furent défaits, et les princes francs reparurent en 745 à la tète d'une nouvelle armée sur les bords de la Loire. Rien ne pouvait sauver l'Aquitaine, et Hunald luimême se voyait sur le point de tomber entre les mains des vainqueurs , lorsqu'il imagina un expédient qut le tira d'affaire sans compromettre sa dignité et sans porter atteinte aux ressources guerrières dont ses États pouvaient avoir besoin plus tard. Ce fut dese retirer dans un cloître et de céder son pouvoir à son fils Waifre que les princes francs crurent dominer facilement , tandis qu'Hunald, de son côté, fondait sur lui les plus grandes espérances. Mais il ne lui suffisait pas d'abdiquer pour assurer le trône au jeune prince; Atton avait, nous l'avons vu , une certaine part dans le gouvernement de l'Aquitaine , et il était à craindre qu'il ne lui disputât l'autorité. Hunald l'attira à Bordeaux, et dès qu'il l'eut en son pouvoir, il lui fit crever les yeux et l'enferma dans une prison d'où il ne devait plus sortir.
Le chef aquitain ayant ainsi aplani de son mieux la carrière de son fils , lui fit ses adieux , prit congé de sa femme, etalla revétirl'habitde moine dans le monastère de l'île de Ré, où son père avait son tombeau. Vingt cinq ans , il sommeilla dans le cloître; et Pépin put, après avoir assassiné Waifre, mourir tranquille, en pensant que son successeur n'aurait rien à redouter d'un moine de soixante-dix ans. Il se trompait; le vieux levain de la rébellion fermentait eucore dans le cœur énergique d'Hunald, qu'ai-
§rissaient d'ailleurs le chagrin et le désir e la vengeance. Pépin étant mort, il jette le froc, déserte son monastère et
HUNDSMARCK
HUNDSMARCK
reprend tout ce qu'il semblait avoir quitté pour la vie, le titre de duc, sa vieille épée , et il s'élance à l'aventure dans l'Aquitaine pour en chasser les garnisons et les officiers de Pépin. Il rassembla autour de lui tous les mécontents , profita habilement des troubles qui avaient suivi la mort du chef de la dynastie carlovingienne, s'ouvrit des intelligences jusque dans la Vasconie, et fut au moment de parler en maître à Charlemagne.
Mais celui-ci parvint, par une manœuvre habile, a l'envelopper entre la Dordogne et la Garonne. Hunald gagna alors la Vasconie, puis, abandonné de son armée, il fut forcé de se réfugier chez Loup, duc de Gascogne, qui, n'osant résister aux ordres de Charlemagne, lui livra le fugitif.
Charlemagne revint triomphant en Austrasie; mais deux ansaprès, Hunald s'échappa encore et gagna la frontière des Alpes et de là Rome. Certains auteurs
f détendent cependant que Charlemagne ui permit de se rendre en Italie pour v rester sous la surveillance du pape ïtienne II; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'arrivé à Rome, Hunald se présenta au souverain pontife, et fit entre ses mains le serment ou le vœu formel de ne jamais s'éloigner du tombeau des deux apôtres. Il en devait être de ce vœu comme de tous les traités qui lui avaient été imposés jusque-là : Didier, roi des Lombards, l'appela auprès de lui , pensant qu'il pourrait tirer bon parti de son expérience et de sa renommée dans sa lutte contre Charlemagne. Hunald s'enfuit aussitôt de Rome, et soutint avec son nouvel ami le siège que le roi des Francs vint mettre devant Pavie en 774. Il y mourut la même année, écrasé sous des pierres.
Une tour, en s'écroulant, Pensevelitelle sous ses ruines, ou bien fut-il lapidé par les hnbitants qu'il exhortait à ne pas capituler? L'expression du chroniqueur {sicut meruity tapidibus dignam morte vitam finivit) est obscure et ne nous permet pas de décider cette question.
Hundsm abck (combat de). Bonaparte, vainqueur des armées autrichiennes, en Italie, parvint à Clagenfurth, et offrit la paix à l'Empereur; mais ce prince, comptant sur quelques
vieilles bandes venues récemment du Rhin, et croyant trouver quelques ressources dans le génie du prince Charles ou dans sa réunion avec le général Sporck, dans les gorges de la Carinthie, dédaigna ces offres, et la guerre dut continuer. Joubert force aussitôt les gorges d'Inspruck. Masséna , qui commande la division de l'avant-garde , rencontre les Autrichiens et les culbute entre Freisach et Neumarck. Les Français poursuivent les Impériaux avec une telle vivacité , que le prince Charles est obligé de faire revenir de son corps de bataille huit bataillons de grenadiers, les mêmes qui avaient pris Kehl, et étaient dans ce moment son dernier espoir. La deuxième d'infanterie légère se jette aussitôt sur leurs flancs de droite et de gauche, tandis que le général Masséna fait mettre en colonne les grenadiers de la dix-huitième et de la trente-deuxième. La position des Impériaux, quoique hérissée de canons, ne retarda que de quelques instants leur défaite. Leurs grenadiers, mis dans une déroute complète , laissèrent le champ de bataille couvert de morts et cinq à six cents prisonniers. Ils profitèrent de la nuit pour s'échapper; et toujours poursuivis par les Français, ils entrèrent au point du jour dans Neumarck , où on trouva quatre mille quintaux de farine et une grande quantité d'eau-devie et d'avoine, reste des immenses magasins que les ennemis avaient incendiés.
Le lendemain , le quartier général de Bonaparte se porta sur Scheifling, d'où il empêcha toute jonction entre le prince Charles et la colonne du général Sporck. Cependant l'avant-garde continuait à se porter en avant à marches forcées.
Prête d'arriver à Hundsmarck, l'arrière-garde ennemie voulut lui disputer sa couchée. Après une heure de combat, les Autrichiens furent obligés de fuir, en laissant six cents prisonniers et trois cents morts sur le champ de bataille. Découragés alors par cette suite continuelle de revers, ils parurent décidés à la retraite la plus rapide , et à ne plus engager d'affaires partielles. On s'empara, en effet, de Murau, Kintenfeld et Judembourg ; et , par une manœuvre habile , Bonaparte empêcha
HCJUNflUE L'tTNTOERS. «UNINCUE
la jonction du général Sporck et do prince Charles en avant de Vienne; puis, poussant devant lui une armée de fuyards, il s'avança jusqu'à Léoben , à trente lieues de la capitale.
La cour impériale , effrayée alors, fit proposer au vainqueur, |>ar l'intermédiaire des généraux Bellegarde et Meerfeldt, une paix qu'il avait offerte quelques jours auparavant. Bonaparte accorda d'abord , le 8 avril 1797 , une suspension d'armes de cinq jours, et signale 15, le traité de Léoben, par lequel r Autriche, vaincue, cédait à la république la Lombardie, la Belgique et toute la rive gauche du Rhin.
Huningue, petite ville de l'ancienne Alsace, aujourd'hui chef-lieu de canton du département du Haut-Rhin , sur la rive gauche de ce fleuve , à un kilomètre de Bâle. Ce n'était, avant 1679, qu'un simple village dont le nom, Hutùngen, rappela t cependant un fait historique assez important , le passage du Rhin par les Huns, qui vinrent ravager la Gaule , vers le milieu du cinquième siècle. On y jeta , à l'époque
Îjue nous venons de mentionner, les ondements d'une forteresse dont la construction, dirigée par Vauban, ne fut terminée qu'en 1682. Démantelée en partie à la paix de Ryswick , privée de son pont sur le Rh»h en 1752, et presque démolie en 1797, Huningue fut complètement rasée en 1815. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un bourg insignifiant, ou l'on compte à peine 850 habitants.
H u ningde (sièges d').Kehl ayant succombé, le 9 janvier 1797, sous les elïorts de l'archiduc Charles, les Français ne possédèrent plus d'autres fortifications sur la rive droite du Rhin que la téte du pont de Huningue; mais ce poste, confié par Moreau au général Abatucci, était d'une extrême importance pour entrer en Allemagne. Il était cependant presque dégarni de troupes, lorsque le prince de Furstemberg vint l'assiéger avec trente bataillons et dix escadrons. Il lui aurait suffi, dans les premiers moments, d'un coup de main pour s'en emparer, tandis que les murailles n'étaient pas encore relevées4 La place offrait d'ailleurs de grands avantages aux assiégeants ; eue consistait en un simple ouvrage à
cornes de peu d'étendue, placé dans «ne tle du Rhin , séparée du territoire allemand par un simple canal de dix toises de largeur. Son front était entièrement dominé par un plateau plus élevé de
?|uinze toises, a où l'artillerie devait aire un feu plongeant nécessairement sur les fortifications d'Huningue. Sur son flanc , le Rhin formait rapidement un coude dont la convexité présentait aux assiégeants un emplacement commode pour foudroyer le pont de communication entre fa ville et lefort; mais de nombreuses batteries, situées sur la rive gauche du Rhin , au-dessus et audessous d'Huningue, formaient cependant autour des fortifications un rempart d'une certaine force.
Le prince de Furstemberg employa d'abord près d'un mois à se retrancher sur le plateau d'Haltingen; il tira une excellente ligne de contrevallation , de la Viessen à la route de Fribourg, l'arma de douze batteries, et fit ouvrir plusieurs boyaux descendant de la crête de la colline dans la plaine. Ces chemins couverts conduisaient à quatre autres batteries , élevées le long du Rhin, et destinées à renverser le pont d'Huningue, en le frappant latéralement. Mais pendant ces longs préparatifs , les Français, de leur coté, perfectionnaient leurs ouvrages , plaçaient une lunette en avant du fort , Vannaient de deux petites flèches pour en augmenter la force, et foudroyaient continuellement les travaux des assiégeants par une vive canonnade.
A la première attaque du prince , furieux qu' Abatucci refusât de se rendre, le pont s'écroula sous le feu sans qu'il fût possible aux Français de le rétablir. Deux jours après, le siège recommença avec plus de fureur. A la faveur d'une nuit obscure, six mille Autrichiens se précipitent sur la lunette qui se trouvait a la tête du pont ; ils arrachent les palissades , enfoncent les barrières et escaladent les remparts. On se bat longtemps corps à corps; la mêlée est terrible. Les canonniers français, voyant que leur feu ne pouvait plus atteindra un ennemi qui se trouvait sous leurs murs, prennent des obus, les enflamment et les roulent dans les fossés contre les assaillants. Cependant , malgré
HroureuE FRANCE. huns 63 s
des prodiges de valeur, ils sont à la fin Huns. Nous avons raconté ailleurs forcés de se retirer dans l'intérieur de les invasions des Huns dans la Gaule l'ouvrage à corne; les Autrichiens veu- (voyez Barbares) ; nous ne nous oclent les suivre, mais Abatucci les arrête, cuperons ici que des guerres soutenues et la rentrée des Français devient le si- contre eui hors de notre territoire, gnal d'un feu terrible dirigé contre Tinté- L'empire fondé par Attila s'écroula rieur de la lunette ; et cependant ce feu à la mort de ce conquérant. Malgré ses ne ralentit pas l'ardeur des Autrichiens dernières volontés , ses États furent qui cherchent à s'y loger. Mais Abat- partagés et tires au sort entre ses nomtucci voit leur projet, veut profiter d'un oreux enfants. Ce fut le signal de la rémouvement d'hésitation qu'il a remar- volte des divers peuples que les Huns
Î|ué dans leurs rangs, et surtout ne pas avaient soumis. Les Gépides gagnèrent es laisser se fortifier aussi près de lui. sur son fils Ellak, près du fleuve Ne- II sort du fort à la tête de sa garnison, tad, une grande bataille où ce prince pèse jette impétueusement sur eux, les rit avec 30,000 des siens. Le reste des met en déroute et tombe frappé d'un vaincus alla fonder, sous la conduite de coup mortel. plusieurs chefs, de nouveaux États en- Le général Dufour lui succéda dans tre le Danube et le Don, et au delà de le commandement , et inspira une va- ce dernier fleuve, leur extraordinaire à ses soldats. Ces Ces Huns d'Attila se confondirent braves réparèrent plusieurs fois les for- probablement alors avec un autre peutifications que l'ennemi battait conti- pie tartare, venu du plateau du Thibet, nuellement en brèche ; ils s'emparèrent les Avares, désignés toujours sous le de quatre pièces de canon; mais tous nom de Huns par les chroniqueurs, et ces prodiges furent inutiles ; ils furent qui , ayant pénétré dans la Germanie forcés de capituler à l'arrivée du prince orientale , y avaient fondé un royaume Cbarles. Ils évacuèrent Huningue en dont la Hongrie était le centre. Bientôt emportant leur artillerie, qui se com- ils s'avancèrent du côté des Francs, jusposait de 32 pièces de canon, et leurs que dans la Thuringe. munitions, et ne laissant à l'ennemi «Les Huns, dit Grégoire de Tours , que quelques monceaux de terre criblés s'efforçaient de rentrer de nouveau dans de boulets. les Gaules. Sigebert marcha contre eux La place d'Huningue soutint encore à la téte d'une armée , et accompagné un siège mémorable en 1815. Bloquée d'une grande multitude d'hommes vailpar 25,000 Autrichiens, la garnison, lants; mais, au moment du combat, composée de 500 hommes auxquels se- les Huns, habiles dans Part de la magie, taient joints quelques habitants, se dé- firent paraître à leurs veux divers ianfendit avec le plus grand courage, et ne tômes et les vainquirent entièrement, consentit à capituler qu'après 12 jours L'armée de Sigebert ayant été mise en de tranchée ouverte , et après avoir été fuite, lui-même fut retenu prisonnier réduite de moitié. La capitulation qu'elle par les Huns; mais comme il était ;igréaobtint fut honorable; elle eut la faculté Lie d'esprit et plein d'adresse , il vainde sortir avec armes et bagages , pour quit par les présents ceux qu'il n'avait se retirer sur l'armée de la Loire. Le pu vaincre par la force des combats , et lendemain de cette capitulation, une ses libéralités engagèrent le roi des Huns compagnie d'infanterie , deux pelotons à convenir avec lui que, durant le reste de canonniers , cinq gendarmes, ayant de leur vie, ils ne se feraient plus la à leur tête le général Barbanègre avec guerre; ce qu'on a pense avec juste raises officiers d'état- major , suivis des son devoir tourner à la louange de Siblessés , sortirent de la place tambour gebert plutôt qu'à sa honte. Le roi des battant , en présence de l'armée enue- Huns fit aussi beaucoup de présents au mie et d'une foule de spectateurs, eton- roi Sigebert ; on l'appelait le Chagan, nés qu'une si faible troupe eût pu faire ce qui est le nom de tous les rois de cette une défense si extraordinaire, et traiter nation. »
d'égal à égal avec une armée de 25,000 Au huitième siècle, la Gaule, devenue
hommes. conquérante sous Pépin etCharlemagne,
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se trouva de nouveau en contact avec lef Huns. Tassillon, duc de Bavière, appela ces peuples à son secours. « Ils rassemblèrent, dit Eginliard, à l'année 788, deux armées qui vinrent attaquer, Tune la Marche du Frioul , l'autre la Bavière, mais en vain. Des deux côtés, vaincus et mis en fuite, ce ne fut qu'après avoir perdu beaucoup de monde et essuyé de grands désastres, qu'ils purent regagner leur pays. Croyant venger leur défaite, ils attaquèrent de nouveau la Bavière avec des troupes plus nombreuses ; mais dès le premier engagement, repoussés par les Bavarois, ils furent égorgés par milliers, et parmi ceux qui cherchèrent leur salut dans la fuite, il y en eut beaucoup qui, en voulant passer le Danube à la nage , trouvèrent la mort dans les gouffres du fleuve. »
Cette agression des Huns attira bientôt sur eux de terribles représailles.
Quoique Charlemagne eût reçu à Worms , en 790 , des députés chargés de fixer les limites des deux peuples , le roi , dit l'auteur que nous avons déjà cité, «quitta cette ville au commencement de l'été de l'année 791, et partit pour la Bavière , dans l'intention de rendre aux Huns le mal qu'ils lui avaient fait, et de porter le plus tôt possible la guerre dans leur pays. Il rassembla dans ce but , de toutes les parties de son royaume , ses meilleures troupes, fit de grands approvisionnements , et se mit en marche après avoir divisé son armée en deux corps. S'étant ainsi mis en marche, il établit son premier camp sur les rives de l'Ems ; car ce fleuve, qui court entre les frontières des Bavarois et celles des Huns , avait toujours été regardé comme la limite des deux royaumes. Il s'y arrêta trois jours pour appeler sur ses armes , par des prières publiques, la bénédiction du ciel. Ensuite le camp fut levé, et la guerre déclarée par les Francs à la nation des Huns. Leurs garnisons furent chassées, et les forteresses qu'ils avaient élevées, l'une sur le fleuve Camb(Kamp), l'autre près de la cité de Comagène, sur le mont Cumméoberg (Kaunberg), avec des retranchements formidables, furent détruites , et tout le pays ravagé par le fer et le feu. »