CE. ILE DE FRANGE
côte du levant. L'île est divisée en deux versants par une crête que couronne la montagne appelée Piton, dont la hauteur (587 mètres) est encore surpassée par celles de la montagne de la Rivière-Noire (826 mètres) et du Peter' Boot, rocher qui offre la singulière configuration d'un oeuf posé sur une base extrêmement étroite.
Quoique sujette à des ouragans d'une violence extraordinaire, l'île de France ouit d'un climat agréable, et les chaeurs y sont tempérées par les vents du sud qui régnent pendant les deux tiers de l'année. Les productions principales du sol sont le sucre, les grains, les clous de girofle , le coton , l'indigo, le blé et le maïs qui donnent deux récoltes ; enfin , le manioc , dont la racine sert de nourriture aux classes pauvres.
A quelque distance de l'île Bourbon , sur laquelle elle a l'avantage de posséder deux ports excellents, elle lui servait en quelque sorte de comptoir sous le régime de la Compagnie française des Indes. C'était là que Ton envoyait le stock des vastes magasins de l'île Bourbon , où se trouvaient de vastes entrepôts destinés à contenir les marchandises achetées aux colons par la compagnie. On voit que la générosité anglaise, qui nous a rendu Bourbon en gardant l'île de France , n'a pas compromis les intérêts commerciaux des négociants de la Grande-Bretagne.
Mais heureusement ces événements qui ont fait passer cette île sous une domination étrangère , n'ont exercé aucune influence sur le noble caractère de ses habitants. Ils sont encore Français ; ils ont gardé notre langue . nos mœurs , nos usages , et jusqu'à notre législation financière; enfin ils ont toujours des chants pour nos joies et des larmes pour nos douleurs. Lors de la révolution de 1830, ils prirent part au triomphe det la cause populaire dans leur mère patrie, et une souscription pour les blessés de juillet , recueillie à trois mille lieues dans l'océan indien, vint soulager à Paris les misères de ceux qui avaient souffert pour la liberté. L'envoi des habitants de l'île de France était accompagné d'une lettre pour Béranger , qui leur répondit par des stances où on lit ces vers :