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GRANDS JOURS L'UM

Les commissaires firent une entrée solennelle à Poitiers. « L'ouverture des grands jours fut pareille à celle du par» lement. Le mardi cinquième jour de septembre, les commissaires du roi se rendirent les uns après les autres, en robe rouge, au palais de Poitiers, entre huit et neuf heures du matin. On y avoit dresse un autel sur le haut des longs degrés, et au bout desdits degrés étoient élevés de chaque côté deux grands échafauds, sur lesquels étoient deux chœurs de musique. Étant donc arrivés, la messe fut célébrée à la pontificale par l'évêque de Poitiers, à l'offerte de laquelle lesdits sieurs commissaires allèrent chacun selon son rang, et après eux le sieur de Saint-George, gouverneur de ladite ville, messieurs du présidtal, le recteur de l'université, et tout le reste ensuite. L'évêque ayant officié, prit séance avec les conseillers. Pour l'ouverture des audiences, elle fut ordonnée auonzième jour de septembre. »

« Cette ouverture, dit Richelieu dans ses mémoires, se fit avec une grande terreur des plus coupables, dont les uns furent châtiés en leur personne et les autres en leurs biens, en même temps que ces juges extraordinaires (*) en prirent occasion de restreindre notablement les privilèges des huguenots dans la France occidentale. »

« La rigoureuse poursuite (nous continuons à citer la pièce mentionnée plus haut) que faisoit faire la cour des grands jours contre les criminels, fit prendre l'air à bon nombre de personnes, et des plus puissantes de ces pays là, qui, pour éviter la sévérité de ses jugemens, prirent occasion de s'aller promener ailleurs, contre lesquels, néanmoins, elle ne laissa pas d'agir, particulièrement contre deux cent trente-trois , par son arrêt du 29 novembre, aux dépens de leurs biens et de leurs personnes mêmes , si on eut pu les attraper. Elle fit plusieurs autres actes de justice et bons

réglemens particuliers Nous nous

contenterons de rapporter encore un autre arrêt qu'elle prononça le 23 de décembre, par lequel elle défend de jurer et de blasphémer, de travailler les jours

(*) M. Talon élait avocat général et M.Seguier président.

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