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INSTRUCTION PRIMAIRE L'UNIVERS- INSTRUCTION PRIMAIRE

« bonne heure pour contracter les liens « si chers et si puissants de la première « enfance , et séparés néanmoins assez « tôt pour prévenir les funestes effets « des passions naissantes , l'ardeur des « préférences, l'ambition des succès, la « jalousie de l'amour , etc. »

L'empereur eût voulu que toute l'éducation de ces princes-rois se fût fondée sur des connaissances générales , de grandes vues, des sommaires, des résultats; il eût voulu des connaissances plutôt que de la science , du jugement plutôt que de l'acquis , l'application des détails plutôt que l'étude des théories ; surtout point de parties spéciales trop poursuivies ; car il estimait que la perfection ou le trop de succès dans certaines parties , soit des arts , soit des sciences, était un inconvénient dans le prince. « Les peuples, disait-il, « n'avaient qu'à perdre d'avoir pour roi « un poète, un virtuose, un naturaliste, « un chimiste, un tourneur, un serru- « rier , etc. »

Instruction primaire. Le clergé, fondateur des écoles dans lesquelles les populations de la Gaule chrétienne recevaient l'instruction, conserva longtemps le privilège de ces établissements. Il fallut plusieurs siècles pour que l'enseignement élémentaire, suivant la lente révolution qui s'opérait dans l'esprit public, commençât à se séculariser; car, on ne regardait pas alors l'instruction des masses comme une condition de la prospérité de l'État, et les gouvernants ne s'occupaient guère de cet objet au point de vue politique.

Charlemagne et saint Louis avaient maintenu l'enseignement sous le principe exclusivement religieux. Le principe philosophique vint s'y mêler a l'époque de François 1er; mais il n'exerça son action que sur les hautes études , et les lumières de la renaissance ne brillèrent point pour le peuple. Enfin , en 1598, nous voyons Henri IV ordonner la création d'écoles primaires gratuites , et enjoindre aux gens sans fortune d'y faire apprendre à lire à leurs enfants. Malheureusement , on ne sait pas jusqu'à quel point fut portée l'exécution de ces ordres. Environ un siècle après , sous la minorité de Louis XV, de nouvelles dispositions plus précises restèrent également à peu près sans

résultat. Enfin , arriva la grande lutte politique qui devait tant détruire et tant édifier. Le principe démocratique triompha alors , et l'on sentit la nécessité de faire pénétrer les lumières dans les populations : l'instruction primaire fut votée par acclamation.

Malheureusement, le décret du mois de mai 1793 , qui établissait une école primaire dans tous les lieux d'une population de 400 à 1,500 habitants , et ordonnait que dans chaque école l' instituteur enseignât aux élèves les connaissances nécessaires aux citoyens pour exercer leurs droits , remplir leurs devoirs et administrer leurs affaires domestiques, ne reçut qu'une exécution fort incomplète. Cependant une sanction pénale avait été ajoutée à ce décret par celui du mois de décembre , lequel prononçait contre les pareutsou tuteurs qui manquaient à envoyer leurs enfants à l'école primaire, une amende, doublée en cas de récidive, avec perte des droits de citoyen pendant dix ans. Au reste , ce ne lut pas le seul projet qui échoua alors, parce qu'il était trop vaste ou trop parfait pour l'époque.

Enumérous rapidement les principales mesures qui , depuis lors , ont eu pour objet l'organisation de l'instruction primaire. Un décret du 27 brumaire an III plaça plus directement les écoles sous la dépendance du gouvernement ; les instituteurs devaient, toutefois, être nommés par le peuple.

Les écoles primaires se multiplièrent sous le Directoire. Une loi du 17 pluviôse an vi les plaça sous la surveillance de l'administration cantonale ; une autre loi du 11 frimaire an vu en mit l'entretien au nombre des dépenses municipales.

L'empire fit peu de chose pour l'instruction primaire. La restauration la comprima, et livra au clergé le peu d'écoles dont elle toléra l'existence. Enfin la loi du 28 juin 1833 vint remplir en partie une promesse de la charte de 1830 , et reconnût à tout individu offrant les garanties de moralité et de capacité le droit de donner l'enseignement primaire. D'après ses prescriptions , toute commune doit , soit par elle-même, soit en se réunissant à une ou à plusieurs communes voisines, entretenir au moins une école élémentaire.

Dans les communes de 6,000 âmes , il ces bases , notre instruction primaire

doit y avoir des écoles primaires supé- présente dans ses divers degrés une or-

rieures, et chaque département, par lui- ganisation forte et libérale à la fois , et

même ou en se réunissant à un dépar- répond aux besoins intellectuels de nos

tement voisin, doit entretenir une école populations mieux peut-être que ne le

normale primaire. fait encore son aînée , l'instruction se-

Des commissions académiques exa- condaire.

minent les candidats aux fonctions de Voici la statistique de l'instruction

l'enseignement; des comités locaux sur- primaire en France d'après les relevés

veillent les établissements. Assise sur de 1840:

555 salles d'asile , 50,986 élères.

55.34» écoles primaires élémentaire. a,88«,679 j .Jjjjjj g***

455 écoles primaires supérieures i5,a85

3,4o3 écoles d'adultes 68,5o8

79 écoles normales primaires a,684

59,834 établissements 3,oip,i4a élères.

L'instruction primaire est donnée Le premier acte de l'exercice du pou-

par 40,504 instituteurs et 22,355 insti- voir royal sur l'instruction publique est

tutrices. De ces 62,859 personnes , un règlement fait par Chilpéric a Sois-

50,352 sont laî'jues, 12,507 appartien- sons, en 562 , et concernant l'enseigne-

nent à des congrégations religieuses, ment de la lecture du latin dans les

(Voyez Écoles, Éducation, Ensei- écoles. Plus tard, le pape Grégoire le

onÈment, Instruction publique.) Grand ayant interdit les études pro-

Insthuction publique. Les drui- fanes dans les monastères, les classes des de la Gaule indépendante comp- de grammaire furent fermées , et , sous taient, au nombre des fonctions de leur les derniers princes mérovingiens , on ministère , l'instruction de la jeunesse, peut dire que l'instruction publique Mais nous savons peu de chose sur n'existait plus, les matières contenues dans le cours Charlcmagne eut la gloire de la réd'études en vers que leurs élèves met- tablir et de l'étendre : par ses soins , taient vingt ans à apprendre. les sept arts libéraux, la grammaire, la

Dans la Gaule réduite en province dialectique, la rhétorique, 1 rithméti-

romaine, les lettres latines furent ensei- que, la géométrie, l'astronomie et la

gnées avec éclat dans une foule d'écoles, musique , qui formaient alors le pro-

On y étudia surtout d'abord la grain- gramme des écoles préparatoires à celles

maire et les belles- lettres ; mais , dès le de la théologie, furent enseignés dans

quatrième siècle, la philosophie, la ju- toute la France. La réputation des

risprudence et la médecine eurent aussi maîtres qui enseignaient à Pari6 sous

des chaires publiques. les successeurs de ce prince y fit affluer

Sous les Bourguignons et les Wisi- des écoliers, non-seulement des pro-

goths, l'instruction publique continua vinces, mais encore de tous les pays

«i prospérer dans le Midi : mais, sous voisins; et de cette nombreuse réunion

les Francs qui dominaient au Nord, les de professeurs et d'élèves se forma

écoles civiles n'avaient pas tardé à dé- l'université.

choir, et elles disparurent enfin complé- Les collèges qui s'élevèrent alors,

tement. Elles furent remplacées par les fondés principalement par la munifi-

fondations du christianisme. cence des prélats ou des bénéficiers ec-

On vit en effet, du cinquième au hui- clésiastiques , plus rarement par celle

lième siècle, la France se couvrir d'é- des princes ou de quelques riches par-

coles entretenues par le clergé. Celles tieuhers, n'étaient d'abord que des édi- ;

qui étaient placées près des cathédrales fices destinés à loger les écoliers pau- •

étaient exclusivement consacrées à Tins- vres.

truction des clercs; mais celles gui exis- Le collège de Navarre , qui existait

taient dans les monastères avaient des depuis 1304, fut le premier qui eut des

classes de grammaire ouvertes aux ex- régents particuliers , et cessa d'envoyer

ternes séculiers. ses élèves aux cours publics des protes-

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