INSTRUCTION PUBLIQUE L'UN
seurs de l'université, à laquelle il demeura cependant attaché par un lien de hiérarchie. D'autres collèges de Paris suivirent ensuite cet exemple. Il y en eut dans les provinces qui ne relevèrent d'aucune université , et qui ne furent soutenus que par des engagements que prirent en leur faveur les corps municipaux. Enfin, à côté de ces établissements qui ne recevaient que des boursiers, il s'en établit d'autres qui, sous le titre de pédagogies, furent consacrés aux élèves payants.
Longtemps, dans ces diverses écoles, on n'enseigna qu'un mauvais latin. L'art de versifier fut introduit, en 1452, par le cardinal d'Estouteville dans le programme de l'université; mais ce fut la renaissance qui , en y créant l'étude du grec, y ramena en même temps le goût de la bonne latinité.
L'université releva , pendant longtemps , de l'autorité ecclésiastique , et même directement du pontife romain.
C'est en 1595 que nous voyons pour la première fois le pouvoir royal intervenir d'une manière directe dans une réforme des études. Un édit de cette annéeproscrivit les livres en latin moderne, et les remplaça par un choix des écrits de Cicéron, Virgile , Horace , Platon, Démosthène, Homère. Il était, en même temps , interdit aux instituteurs particuliers d'instruire des enfants Agés de plus de neuf ans sans les envoyer aux classes des collèges.
La concurrence qu'avaient faite à l'université les jésuites qui, en 1564, avaient ouvert rue Saint-Jacques leur collège de Clermont, depuis le collège Louis-le-Grand, avait fait sentir la nécessité d'une réforme dans l'instruction publique. Après leur expulsion , sous le règne de Henri IV, ils reparurent plus puissants qu'auparavant dans les premières années du dix-septième siècle, et comme leurs établissements n'avaient pas la discipline sévère de ceux de l'université, et qu'en les ouvrant à tous' les arts d'agrément ils les avaient mis en harmonie avec le goût du siècle, la jeunesse s'y porta en foule. D'autres corporations religieuses, plus modestes et peut-être aussi plus savantes , les bénédictins de Saint-Maur, les doctrinaires et les oratoriens fondèrent également à Sorrèze, à Juilly et dans