ERS. INSTRUCTION PUBLIQUE
exclusivement chargé de l'instruction publique. Le décret organique de ce corps (du 17 mars 1808) classa de la manière suivante les établissements consacrés à l'enseignement secondaire :
« 1° Les lycées pour les langues an- « ciennes , l'histoire , la rhétorique , la « logique, et les éléments des sciences « mathématiques et physiques ;
« 2° Les collèges (écoles secondaires « communales) pour les éléments des « langues anciennes , et les premiers « principes de l'histoire et des scien- « ces;
« 3° Les institutions ( écoles tenues « par des instituteurs particuliers) dont « l'enseignement se rapportait à celui « des collèges;
« 4° Les pensions , pensionnats ap- « partenant à des maîtres particuliers, « et consacrés à des études moins fortes « que celles des collèges. »
L'obligation des grades universitaires fut rétablie pour les diverses fonctions de l'enseignement, et l'administration centrale préleva sur toutes les écoles secondaires le vingtième du prix de la pension des élèves. Les élèves des écoles particulières furent astreints à suivre les cours des établissements publics, et les petits séminaires furent soumis à l'autorité universitaire. Le cours d'études comprit deux années de grammaire, deux d'humanités, une de rhétorique, une de mathématiques spéciales, et enfin, mais dans les chefs-lieux d'académie seulement, une de philosophie.
L'étude du grec, qui n'avait pas fait
{>artie de l'enseignement des premiers ycées , dut commencer avec la seconde année de grammaire.
Tout en maintenant l'organisation matérielle de l'Université impériale, la restauration revint rapidement aux pratiques de l'ancien régime. Les études scientifiques et les études littéraires n'eurent plus aucun point de contact; le régime militaire fut aboli; les lycées prirent le nom de collèges royaux; les petits séminaires, affranchis de l'autorité des chefs de l'instruction publique, ne relevèrent plus que des évêques. Puis vinrent des mesures violentes, qui frappèrent à la fois les institutions et les personnes. Seize facultés des lettres, trois des sciences furent supprimées; un col-
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lége entier fut licencié , deux cents'professeurë et régents furent destitués , et remplacés la plupart par des membres du clergé. En 1820, on créa le conseil royal de l'instruction publique sous la présidence d'un ministre secrétaire d'État ; mais on attribua bientôt aux évéques un droit de surveillance sur tous les collèges de leurs diocèses, pour resserrer davantage, disait l'ordonnance du 27 février 1821 , « les liens qui doivent unir au clergé, dépositaire des doctrines divines, le corps chargé de renseignement des sciences humaines. » En 1822, l'abbé Frayssinous, évêqued'Hermopolis, fut placé à la tête de l'instruction publique avec le titre de grand maître de l'Université, qu'il changea, en 1824, contre celui de ministre des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique. Il avait déjà soumis les écoles primaires exclusivement aux évémies, qui en éloignaient chaque jour les instituteurs laïques. Bientôt on vit une foule de collèges confiés à des ecclésiastiques qui n'avaient aucun titre dans l'Université, et, au mépris des lois du pays, les jésuites ouvrirent de toutes parts des maisonsd'éducatiou pourvues, par des mains invisibles, de riches dotations.
En février 1828, M. de Vatimesnil devint grand maître de l'Université.
L'instruction publique fut alors séparée des affaires ecclésiastiques, et la surveillance de l'instruction primaire restituée à l'Université. Faisant droit aux réclamations de l'opinion publique, le gouvernement publia une ordonnance interdisant les fonctions de l'enseignement aux membres des congrégations religieuses non légalement établies, et arrêta les envahissements des petits séminaires. L'année suivante, le ministre introduisit dans les collèges renseignement des langues modernes, et y établit des cours spéciaux pour les jeunes gens qui se destinaient aux professions du commerce, de l'industrie et de l'agriculture.
La charte de 1830 proclama le principe de la liberté de l'enseignement. La loi du 28 juin 1833, préparée par M. Guizot, en régla les conditions pour l'instruction primaire. Le même ministre présenta , trois ans après , une loi
sur l'instruction secondaire, que la chambre des députés adopta après une assez longue discussion , mais dont la chambre des pairs ne fut point saisie»
Un nouveau projet, déposé depuis par M. Villemain sur le bureau de la chambre des députés, n'a pas même été discuté.
Le programme des études a été plusieurs fois modifié depuis 1830. Plusieurs essais ont été faits pour la répartition de l'enseignement des sciences et des langues modernes entre les diverses périodes du cours d'instruction des collèges; mais, disons- le, une organisation remplace la précédente sans que celle-ci ait pu être jugée, et ces tentatives d'amélioration ne font guère que rendre plus sensibles les imperfections auxquelles on veut remédier. Éminemment conservateur, le pouvoir actuel ne touche qu'en tremblant à ce qui existe, et à peine a-t-il fait un pas en avant, qu il recule comme effrayé de son œuvre , et se hâte de la défaire. D'ailleurs, il se trouve placé, sur la question de l'instruction publique, entre les tendances de plusieurs opinions. Les uns appellent de leurs vœux l'application du principe de la liberté de l'enseignement , dans l'espoir que, dans le concours d'efforts individuels qui en résultera, des méthodes plus lumineuses, un programme plus philosophique pourront être conçus; les autres veulent que l'État se dessaisisse du monopole de l'enseignement, afin de pouvoir l'accaparer plus tard à leur tour, et de ressaisir par là une domination qui leur échappe : enfin d'autres , et ceux-là seuls nous paraissent être dans le vrai , pensent que l'instruction publique n'est point une matière industrielle, et que s'il est un monopole uue le gouvernement doive se réserver, c est celui de former les jeunes citovens; que l'enseignement public est déjà beaucoup trop libre en France, et que c'est à cet état de choses qu'il faut surtout attribuer l'espèce d'anarchie qui règne aujourd'hui, chez nous dans les opinions et dans les idées. Adhuc sub judice lis est.
La statistique de l'instruction secondaire présente, d'après les relevés de 1840, les résultats suivants :