INVENTION
ou avoir 30 ans de service effectif et 60 ans d'âge.
La police et la discipline de l'hôtel sont établies par des règlements particuliers. Les punitions , selon la gravité des fautes , sont ia prison , les amendes et le renvoi de l'hôtel, pour les sous-officiers et soldats; les arrêts, pour les officiers.
Le régime alimentaire ne laisse rien à désirer. Deux cuisines et 30 cuisiniers fournissent, soir et matin, aux heures prescrites par les règlements, une nouriture saine et abondante. Les officiers sont servis dans de la vaisselle plate , donnée à l'hôtel par l'impératrice Marie-Louise, lors de son mariage.
Les invalides ont la jouissance d'une bibliothèque d'environ 26,000 volumes, créée en 1799 par les soins du premier consul. Dans les combles, au-dessus des salles où sont rangés ces livres , se trouvent les plans en relief des principales forteresses du rovaume.
Une école , fondée par Louis XIV , est destinée à recevoir les fils dïnvalides ; on y compte aujourd'hui 18 élèves.
Le tombeau de Turenne, qui avait été transféré de Saint-Denis au musée des monuments français, fut en 1805 transporté dans l'une des chapelles du dôme.
Un monument funèbre fut consacré deux ans après, dans une autre chapelle , à la mémoire de Vauban. Enfin les restes du grand guerrier qui, créateur de la tactique moderne, avait voulu honorer, par cet hommage public, le génie des deux plus grands tacticiens du dix-septième siècle, amenés en 1840 de Sainte-Hélène à Paris, ont été, le 15 décembre de cette année, déposés dans cet asile de la gloire.
Liste des gouverneurs et commandants de l'hôtel des Invalides.
François le Maçon, seigneur d'Onnnv, prévôt général , chef de* bandes et du régiment des gardes françaises , i*r gouverneur de
l'hdtelen 1670 mort en 1678.
De Saint-Martin, maréchal général de la cavalerie 1678 1696.
Des Roches-d'Orange , maréchal
général de la cavalerie 1696 1705.
De Boyvnau, maréchalde camp.. 1705 17a*. De Beaujcu, maréchal de camp. 1738 1730. Le chevalier Deganges , lieutenant-colonel du régiment de
Beaufremont (dragons) 1730 1738.
Saint-André Marnais, maréchal
De la Cournenfve, mestre de camp de dragons 174* 1753.
Le comte de la Serre, lieutenant général 1783 1766.
Jean-Joseph de Salignac d'Amaait de Sabuguet, baron d'Espagnac , lieutenant général X766 1783.
Charles- Benoit, comte deOuibert, lieutenant-général 1783 1786.
Le marquis de Sombreuil, maréchal de camp 1786.
Démissionnaire en 1791 , mort
en 1793
La direction de l'hôtel est confiée à l'administration des services publics, instituée en 179a.
De Baville , général de brigade,
commandant de l'hôtel 1796 1796,
Briche Montiguy '79^ f797»
Jean-François Berruyer, général de division. 1797
Nommé gouverneur en 1 80 3 1 8 o4
Jeaume- Mathieu-Philibert, comte Sérurier, maréchal de France. 1804
Le maréchal Sérurier, destitué en 1816, mourut en 1819.
Anne-Françnis-Henri de Franquetot, duc de Coigny, maréchal de France 1816 1811.
Marie-Victor Fay , marquis de Latour- Maubourg , lieutenant général i8ai i83i.
Jean-Baptiste, comte Jourdan , maréchal de France i83i i833.
Rose-Adrien- Jeannot de Moncey, duc de Conégliano, maréchal de France x833 184a.
Oodinot, duc de Reggio , maréchal de France 184 a.
Invention (brevets d'). — C'est dans la déclaration de 1762 que se trouvent les premiers germes de la législation qui régit aujourd'hui les brevet?
d'invention. Jusqu'alors, la durée des privilèges accordés, par dérogation aux règlements en vigueur, était illimitée, et la faveur seule en accroissait ou en restreignait la durée. La déclaration que nous venons de citer fixa cette durée d'une, manière invariable à quinze ans. La nuit du 4 août 1789 remplaça ce régime par celui d'une liberté absolue. Mais les inconvénients de ce nouvel état de choses ne tardèrent pas à se faire sentir, et une pétition sollicitant l'introduction en France de la loi anglaise sur les patentes accordées aux inventeurs , fut adressée à l'Assemblée constituante dans le mois d'août 1 790.
M. de Bouliers en fit le rapport, et proposa un projet de décret qui, adopté le 7 janvier 1791 , devint la loi fondamentale de la matière. La législation sut les brevets d'invention fut d'ailleurs complétée et perfectionnée par les lois,
décrets et arrêtés des 25 mai 1791 , 27 sèment par les parties; quelquefois ils septembre 1800, 25 novembre 1806, étaient attachés aux contrats de vente , 25 janvier 1807 et 13 août 1810, les- de donation, etc., et, pour rendre les quels établirent en outre des brevets actes plus sacrés, on mettait ces objets pour l'importation en France des pro- hors d'usage en les brisant : c'était incédés inventés à l'étranger, et pour le diquer de la manière la plus absolue la perfectionnement des inventions appar- résolution de ne pas revenir sur ce qui tenant à des Français.' s'était fait.
Investiture , mise en possession Les investitures des fiefs étaient né-
d'un immeuble, d'un fief ou d'un béné- cessaires pour que le vassal fût en pos-
fice. — Chez tous les peuples, la trans- session légale de sa terre. Elles se fai-
lation de la propriété fut entourée de saient publiquement en la cour du
formalités solennelles et symboliques, suzerain, s'il avait juridiction, sinon au
L'ancien droit français fournit de si chef-lieu du fief dominant, en présence
nombreux exemples à cet égard , que du des officiers du seigneur et des témoins.
Cange et Carpentier ont pu citer plus On en dressait procès- verbal,
de cent façons d'octroyer l'investiture. L'héritier ou l'acquéreur du vassal
On trouve dans les lois et les formules devait aussi se faire investir. Du reste,
franques la tradition par V herbe et la ces usages , tombés dans l'oubli long-
terre, par le gazon erîe rameau vert, temps avant la révolution , avaient été
par le fétu. Le fétu qui avait servi dans remplacés par la foi et hommage.
un contrat était conservé avec soin. Irénée (saint), évéque de Lyon, et
« Si l'un des contractans, dit la loi sa- l'un des plus illustres docteurs de l'É-
« lique(*), ne remplit pas ses engage- glise, était né en Grèce, probablement
« ments, l'autre ira vers le comte, pren- dans l'Asie Mineure , vers l'an de Jésus-
« dra le fétu , et dira la parole (la for- Christ 120 , ou , selon d'autres , 140. On
a mule de la plainte). » Pour confir- ignore la date précise. Il eut pour maî-
mer un serment, les Francs promet- très saint Papias, qui avait connu les
taient aussi par le fétu. Ils reje- apôtres, et saint Polycarpe, disciple de
taient ce symbole pour se dégager de saint Jean. Selon Grégoire de Tours, ce
l'obéissance. « Les grands de la France, fut saint Polycarpe qui l'envoya dans
«réunis selon l'usage, ont unanime- les Gaules, où le christianisme com-
« ment jeté le fétu, et rejeté le roi mençait déjà à se répandre.
« (Charles le Simple) pour qu'il ne fût Quoi qu'il en soit, Irénée se rendit au-
a plus leur seigneur. » près de saint Pothin , premier évéque de
L'investiture se faisait aussi dès les Lyon, et travailla sous sa direction à
temps les plus anciens par la paille l'œuvre évangélique. A la mort de saint
noueuse, par le bâton ou par la main. Pothin, il fut choisi d'une voix unanime
Outre les symboles naturels, il y pour lui succéder.II déploya dans l'exer-
avait, pour la tradition, les symboles cice des fonctions pastorales une sagesse
artificiels, le glaive, la couronne, la égale à sa sainteté, et par ses efforts le
bannière, la lance, la crosse, les cor- christianisme fit de nombreuses con-
des des cloches, le couteau, les gants, quêtes dans les populations d'alentour,
le chapeau, le denier, le capuchon, Mais son zèle et ses services ne furent
etc., tous les objets enfin qui avaient point circonscrits dans les limites de
quelque rapport avec les choses ou les son diocèse, ni même des Gaules. L'É-
digmtés cédées, ou qui renfermaient glise tout entière le compte parmi ses
quelque sens de convention. plus glorieux défenseurs. Les nom-
Les investitures ecclésiastiques se breuses hérésies qui parurent de son
faisaient spécialement par le couteau, temps, telles que celle des Valentiniens et
les ciseaux, Vanneau, la cloche, Yen- des autres sectes gnostiques, trouvèrent
crier, la plume et le papier. toutes en lui un adversaire formidable.
Les symboles qui avaient servi dans Une querelle concernant le jour où deces cérémonies étaient gardés soigneu- vait avoir lieu la célébration de la
Pâque s'était élevée entre l'Église de
(*) 53, 3. Rome et les Églises d'Orient; une rup-
T. ix. 40* Livraison. (Dict. encycl. , ^btc.) 40
ture paraissait imminente : ce fut saint Irénee qui la prévint, par ses avis modérés et couciliants.
Selon les auteurs ecclésiastiques, saint Irénée mourut martyr, dans la persécution qui eut lieu sous le règne de Sévère, Tan de Jésus-Christ 202 , ou 208, car les érudits sont partagés sur ce point. Ses œuvres, dont une partie seulement subsiste encore, ont été publiées pour la première fois
fiar Érasme, à Baie, en 1526. La meileure édition est celle du P. Massuet, bénédictin de la congrégation de Saint- Maur, Paris, 1710, in-folio. Parmi les ouvrages qui nous restent de lui, le plus important est le Traité contre les hérésies; nous n'en possédons qu'une version latine. Ce traite, ainsi que les fragments qui nous sont parvenus des autres ouvrages de saint Irénée, révèlent un esprit profond et une remarquable érudition philosophique et mythologique.
Iblande (expéditions et combats d').
Une association formée dès 1792, entre les catholiques d'Irlande, avait donné un grand à-propos au projet que Hoche mûrissait depuis longtemps d'opérer dans cette île un débarquement et d'y proclamer la republique. Cette entreprise ne présentait pas de grandes difficultés, les partisans de la réforme parlementaire et les catholiques étant assez nombreux pour se soutenir, avec quelques secours, contre les efforts du gouvernement anglais.Truguet, alors ministre de la marine etami fervent de Hoche, partageait les projets du jeune général. L'alliance offensive et défensive conclue avec l'Espagne, à Saint - lidefonse, semblait devoir en assurer la réussite, ou du moins leur donner de grandes chances de sucées. En effet, en réunissant la Hotte de Toulon à celle de I Espagne, et en jetant cette masse, augmentée encore des forces que la France avait dans l'Océan, sur les vaisseaux anglais, on pouvait espérer de tuer d'un seul coup la puissance britannique.
Cette grande expédition devait d'ailleurs, suivant Truguet, coïncider avec le soulèvement irlandais, et la flotte qui aurait porté Hoche en Irlande aurait fait immédiatement voile pour l'île de France; de là, aurait été jeter quelques milliers d'hommes dans l'Inde, et se-