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rait ensuite revenue au lieu de réunion générale. Rien de cela posrtant ne se réalisa.
Une seule escadre, pour l'armement de laquelle il fallut faire de grands sacrifices dans un moment où les finances étaient épuisées, fut mise à la disposition de Hoche. Elle se composait de quinze vaisseaux de haut bord , de vingt frégates, de six gabares, et de cinquante bâtiments de transport contenant quinze mille hommes de débarquement. Après une courte sédition élevée par quelques soldats mécontents de n'avoir pas reçu leur prêt depuis longtemps, et apaisée bientôt par Hoche, l'expédition mit à la voile le 26 frimaire (décembre), sous le commandement de Morard de Galles, qui remplaçait Villaretde Joyeuse, avec lequel le général n'avait pu s'accorder. Grâce à une brume épaisse, elle échappa aux croiseurs anglais, et traversa la mer sans accident. Mais assaillie par une tempête horrible dans la nuit du 26 au 27, elle fut entièfement dispersée; un vaisseau coula, et ce ne fut qu'à grand'peine que le contre-amiral Bouvet parvint à rallier son escadre, moins un bâtiment et trois frégates : une de ces dernières portait malheureusement Hocbe et Morard de Galles, qui se trouvèrent jetés au large et complètement séparés de l'expédition. Bouvet, après avoir louvoyé plusieurs jours à la hauteur du cap Clear, en attendant ses deux chefs, entra le 4 nivôse (24 décembre) dans la baie de Bantry; un conseil de guerre formé à la bâte décida le débarquement; mais le mauvais temps ayant empêché de l'effectuer, Bouvet, eflrayé de tant de retards, et craignant de manquer de vivres, crut devoir regagner Brest. Hoche et Morard, arrivés dans la baie quelque temps après son départ, apprirent avec rage le non succès de l'expédition, et se virent forcés de revenir en France, ce qu'ils ne purent faire qu'en courant les plus grands dangers.
En 1798, une seconde expédition d'Irlande, aussi mal organisée que la première, eut un résultat beaucoup plus fâcheux , malgré ce qu'on devait attendre de la bravoure de nos soldats, que des circonstauces heureuses semblèrent d'a-
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bord favoriser. Deux divisions navales, équipées l'une à Brest, l'autre à Rochefort, devaient composer l'escadre ; mais, par suite de la lenteur des bureaux, elles ne purent partir en même temps. L'escadre de Rochefort fit voile le 6 août 1798 avec une misérable somme de 47,000 francs que le commissaire payeur voulut bien lui avancer, pendant que la division de Brest restait dans la rade à attendre les 135,000 francs qui lui avaient été dévolus par un décret du Directoire.
L'escadre de Rochefort, commandée par le chef de division Savary, se composait de trois frégates, la Concorde, la Franchise, la Mèdèe, et d'une corvette, la Fénus; elle avait à bord le général Humbert , les adjudants généraux Fontaine et Sarrazin , et onze cent cinquante officiers et soldats; elle portait, en outre, trois pièces de campagne, des fusils et de la poudre pour les insurgés irlandais. La traversée se fit en quinze jours, sous pavillon anglais, et le 22 août la hotte mouilla dans la baie de Killala, seul point que les vents contraires eussent permis d'approcher.
À peine débarqué, l'adjudant général Sarrazin se porta sur Killala; les grenadiers attaquèrent ce poste à la baïonnette sans répondre à la fusillade de la garnison; vingt-sept hommes seulement se sauvèrent, sur les deux cents qui la composaient ; le reste fut tué ou pris. La plupart des prisonniers demandèrent h passer sous les drapeaux français, et furent incorporés immédiatement. Le lendemain, Savary, après avoir déposé à terre les munitions tt les armes, fit voile pour Rochefort, qu'il atteignit sans accident.
On fut forcé de traîner à bras les canons et les caissons jusqu'à Killala, que Humbert avait choisi pour quartier général. Cet officier s'occupa ensuite d'organiser son armée, et fit équiper quelques Irlandais qui vinrent se joindre à lui plutôt par désoeuvrement que par un autre motif; car dans la contrée sauvage où l'armée avait débarqué, on ne savait pas même ce que c'était que les Français* Le lendemain, 23, l'adjudant général Sarrazin reçut l'ordre de pousser une reconnaissance dans l'intérieur, vers Balayna. Il rencontra un
parti de cavalerie qui s'enfuit au galop, et donna l'alarme aux forces anglaises de cette ville.
Le 24, Humbert s'avança sur Balayna avec sa petite armée. Il trouva les troupes anglaises sur la route ; elles furent culbutées par l'adjudant général Sarrazin , qui les attaqua de front avec les grenadiers et un faible bataillon de li-
fne, pendant que l'adjudant général ontaine s'efforçait de les tourner.
L'ennemi évita une défaite complète en se hâtant d'opérer sa retraite. Après ce premier succès, l'armée fut jointe par un ^corps d'Irlandais unis , qui lurent armés et habillés sur-le-champ.
Le 25, l'armée continua sa marche sur Balayna; elle y arriva et y prit position le 26. Humbert ayant appris que les généraux Lakeet Hutchinsou avaient réuni des forces considérables à Castlebar (ou Castelbar) et se disposaient à venir l'attaquer, résolut de les prévenir et de tacher de les surprendre.
Il fit donc partir toute sa troupe de Balayna le même jour à trois heures après midi. Il arriva le lendemain, 27, à six heures du matin, sur les hauteurs voisines de Castlebar. L'avant -garde, commandée par l'adjudant général Sarrazin, rencontra les avant-postes ennemis à une lieue de la ville. Les Anglais étaient retranchés par la position naturelle du terrain, de manière à tenir avec peu de monde contre une armée entière; et la ville, toute remplie de troupes, avait encore derrière elle un corps de reserve. Humbert n'hésita cependant pas à ordonner l'attaque, et il remporta, après des prodiges de valeur, sur un ennemi trois fois supérieur en nombre , une victoire éclatante. ( Voyez Castelbar [bataille de].)
L'issue de la bataille de Castlebar fut décisive; elle provoqua l'insurrection d'un grand nombre d'habitants qui attendaient, pour se décider, un succès d'un côté ou de l'autre, et la révolution irlandaise commença à pren'Jre une tournure réellement alarmante pour l'Angleterre.
Cependant , Humbert ayant réuni à peu près 3,000 Irlandais , et se voyant a la tête d'une force raisonnable , crut devoirorganiser sa conquête.II publia en conséquence un arrétedont voici le texte :
I. Le gouvernement de la province de Connaught résidera à Castlebar jusqu'à nouvel ordre.
II. Ce gouvernement sera composé de douze membres . qui seront agréés par le général en cher de l'armée française.
III. Le citoyen John Moore estnommé président du gouvernement de la province de Connaught : il est spécialement chargé de la nomination et de la réunion des membres dudit gouvernement.
(John Moore ne jouit pas longtemps de cette dignité ; il fut pris et pendu par les Anglais.)
IV. Le gouvernement s'occupera surle-champ d'organiser la milice de la province de Connaught, et d'assurer la subsistance des armées française et irlandaise.
V. 11 sera organisé huit régiments d'infanterie, chacun de 1,200 hommes, et quatre régiments de cavalerie , chacun de 600 hommes.
VI. Tout individu , depuis seize ans jusqu'à quarante, est requis, au nom de la république irlandaise, de se rendre de suite au camp français pour marcher en masse contre l'ennemi commun.
VII. Le gouvernement déclarera rebelles et traîtres à la patrie tous ceux qui , ayant reçu des hauits ou des armes , ne rejoindront pas l'armée dans les 24 heures.
S'il avait suffi, pour assurer le succès de l'expédition , d avoir le courage et la tête d'un Français , certes , le général Humbert eût réussi , et la France révolutionnaire, qui s'était donné la noble . mission d'affranchir les peuples esclaves, eût compté dans l'Irlande républicaine une sœur de plus; mais que pouvait faire la petite armée qui se trouvait ainsi jetée dans un pays dont elle ne connaissait ni la topographie ni la langue , dénuée d'armes et de munitions , forcée même de partager le peu qu'elle avait avec les Irlandais qui venaient se joindre à elle? Ces peuples mirent, du reste, une lenteur extraordinaire à se soulever, et, chose singulière, les alliés durent exciter les nationaux, soit que réellement ces derniers, comme cela arriva pour quelques-uns, ne sussent pas ce qu'étaient (es Français, ni ce quils leur voulaient, soit
toute autre cause : toujours est-il que Humbert fut loin d'être accueilli avec enthousiasme; et la suite des événements montra que le Directoire s'était étrangement abusé.
La position de l'armée française se compliquait cependant; le gouvernement anglais avait pris l'éveil, et lord Cornwalïis s'avançait contre eux avec des forces considérables ; les différents corps anglais qui se trouvaient sous ses ordres, et qui coupèrent bientôt aux Français toute voie de retraite , pouvaient s'élever à une vingtaine de mille hommes, d'autres disent à trente mille. C'était plus qu'il n'en fallait pour écraser Humbert et pacifier l'Irlande, qui était loin d'être en effervescence comme l'avaient dit les catholiques et les defenders. Le général français se
Sorta d'abord sur Drumahairn, ce qui t croire aux Anglais qu'il avait l'intention de gagner Te nord de l'île pour opérer sa jonction avec les troupes qu'il attendait de France. On avait en effet ordonné à la div ision de Brest d'atterrir près du lac de Lough-Swilly , dans l'espoir qu'elle y rencontrerait le corps d'armée français. Deux hasards se seraient donc combinés pour produire un heureux résultat, sans la fatalité qui fit tomber Baupart au pouvoir de. la flotte ennemie.
De Drumahairn, Humbert.se rabattil brusquement sur Balintra , craignant de se laisser envelopper par Cornwallis; et, gagnant de vitesse l'armée ennemie, il passa à la hâte le Shannon, sans écouter une proposition de capitulation honorable que lui fit faire son adversaire. Dans sa marche , qui dura 8 jours , il soutint plusieurs combats glorieux : à Granard et à Cloon, par exemple, il déploya toute l'intrépidité, toute l'adresse qu'il est donné à un homme de posséder. Mais ses efforts devaient être impuissants, et sa défaite , qu'il pressentait, devait encore être accélérée par la lâcheté des insurgés, qui, au moment de la Jutte, lui demandèrent la permission de se retirer, et disparurent, craignant, disaient-ils, que les Anglais n'égorgeassent leurs femmes et leurs enfants.
Entourée à Ballinamuck , le 8 sep tembre, par 25 à 30,000 hommes de
troupes réglées soutenues par plus de 100 pièces d'artillerie , la petite armée d'Humbert se décida à la plus vigoureuse résistance , quoique sans espoir de salut. Humbert et Sarrazin avaient résolu de vaincre ou de périr. Le premier fit téte à la colonne ennemie , qui masquait le pont de Granard , la força de fuir, et s'en empara. Fontaine dégagea notre artillerie du centre de notre colonne , la flt transporter vers la petite arrière-garde avec quelques caissons, et commanda de faire feu sur la cavalerie anglaise. Cette attaque fut si impétueuse, qu'elle culbuta les escadrons ennemis , et y tua plus de cinquante chevaux et un plus grand nombre d'hommes. Pour répondre à ces décharges à mitraille, les Anglais amenèrent un obusier; ils revinrent à la charge; mais les canonniers français démontèrent cet obusier et firent sauter deux caissons. Pendant ce combat, quelques Irlandais , qui n'avaient pas voulu se séparer des Français, se battirent en désespérés, et furent hachés en pièces, en réunissant leurs efforts aux nôtres pour repousser à la baïonnette la cavalerie anglaise.
Depuis longtemps le major Crofford demandait à parler au général Sarrazin. Humbert se décida enfin à envoyer celui-ci en parlementaire. Pendant leur entretien , les Anglais fondirent sur le centre ; le major Crofford se porta sur ses troupes pour arrêter le feu. Le général Fontaine, qui défendait l'aile gauche, croyant qu'on avait entamé des négociations, se rendit à la colonne pour y attendre des ordres ; mais quelle fut sa surprise et celle du général Sarrazin , quand ils se virent enveloppés et faits prisonniers!
Humbert se défendit quelques instants de plus; mais il fallut enfin céder; c'était à qui aurait l'honneur de faire prisonnier un Français ; il n'y en avait pas assez pour tous* les officiers.
Le général Lacke alla au - devant d'Humbert, en lui demandant où était son armée. La voilà , lui répond le général français, en lui montrant les 844 officiers et' soldats qui étaient encore debout. Le général Lacke fit un geste d'admiration et de surprise; et , dès ce
moment, il eut pour son prisonnier les plus grands égards (*),
Cependant, la division de Brest mit à la voile le 16 septembre ; elle se composait d'un vaisseau de ligne, de huit frégates et d'un aviso , et portait environ 3,000 hommes de débarquement, commandés par les généraux Hardy et Ménage; cette flotte fut coupée par les Anglais et capturée presque tout entière, malgré le courage et l'habileté des marins. Trois bâtiments purent seuls échapper.
Une dernière expédition partit encore de Rochefort, sous les ordres de Savary, le 12 octobre. Elle avait pour mission spéciale de s'assurer du sort de Humbert ; mais que signifiait cette injonction? La nouvelle delà reddition de ce général ayant été insérée dans le Moniteur onze jours avant le départ de Savary , le peu de distance de Paris à Rochefort ne permettait-il pas de changer les instructions? Pourquoi ne le furent-elles pas?
La division sous les ordres de Savary ne put débarquer , et rentra au port après avoir trompé encore une fois les vaisseaux anglais qui la poursuivaient.
Irlande (relations avec Y). Pendant longtemps , nos rapports avec l'Irlande se bornèrent à l'envoi qu'elle nous fit démissionnaires comme saint Columban , de savants comme Scot Érigène.
Notre pays resta malheureusement complètement étranger à la lutte de l'Angleterre contre l'Irlande , et l'indépendance de cette dernière était anéantie avant que la France eût songé à lui venir en aide.
Plus tard , au milieu du seizième siè-
(*) Huit jours après la reddition de Humbert, le brick l'Anacréon arriva sur les côtes d'Irlande. Il était mouté par le général Rey et Napper-Tandy, l'un des chefs des Irlandais unis, alors chef de brigade au service de la république, outre plusieurs officiers et un détachement d'artillerie légère. Le général Rey , ayant appris le sort des troupes qui avaient débarqué à Killala , fit voile vers le nord de l'Angleterre, et rentra dans un pori hollandais après avoir capturé deux bâtiments anglais qu'il avait trouvés sur sa route.
IRLANDE
L'UNIVERS