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ISABEAU

cle, dans leur résistance opiniâtre contre les tentatives du gouvernement anglais pour introduire chez eux la réforme, les Irlandais implorèrent le secours des puissances catholiques , et surtout des rois de France ; mais ceux-ci étaient alors trop occupés chez eux pour leur donner une protection efficace.

A la suite des différentes expéditions tentées à la fin du dix-septième siècle et au dix-huitième , par Louis XIV et Louis XV , dans le but de replacer les Stuarts sur le trône d'Angleterre, les Irlandais , qui n'avaient jamais et n'ont pas encore renoncé à l'espoir de recouvrer leur indépendance , entretinrent à ce qu'il paraît, à différentes reprises, des intelligences avec le cabinet de Versailles, et ces négociations se continuèrent jusqu'au moment où éclata la révolution française.

Cqtte révolution excita en Irlande le plus vif enthousiasme , et malgré les mesures du gouvernement anglais, il se forma une association qui, sous le nom d'union irlandaise, entretint des rapports intimes avec le gouvernement français. « La fête de la fédération française fut célébrée à Dublin , le 14 juillet 1 790, et dans le cours de 1791 , beaucoup d'adresses furent envoyées de toutes les parties de l'Irlande à l'Assemblée constituante. Lorsque les rois, coalisés à Pilnitz , eurent déclaré la guerre à la France, les Irlandais unis de Belfast votèrent des secours d'argent pour les armées françaises, et la même société provoqua dans plusieurs villes des réjouissances publiques au moment où l'on apprit la retraite du duc de Brunswick. En général , les patriotes irlandais s'étudiaient à suivre et à imiter le mouvement de la révolution française. Ils établirent une garde nationale* à l'instar de celle de France , et les soldats de ce corps , habillés et armes par souscription, prirent l'habitude de se saluer entre eux par le nom de citoyen. En 1793, ils devinrent tous républicains de langage et de principes; anglicans, calvinistes et papistes se réunirent dans cette opiniou , et l'archevêque catholique titulaire de Dublin, dans une de ses lettres pastorales, essava de prouver, par l'exemple des républiques italiennes du

moyen âge, que les catholiques étaient les créateurs de là démocratie moderne (*).

Le mauvais succès des différentes expéditions tentées par le Directoire pour arracher l'Irlande à la domination anglaise, ne découragea pas entièrement les Irlandais. « En général, dit l'auteur que nous venons de citer , toutes les classes de la population avaient les yeux fixés sur la France : les victoires des Français leur causaient de la joie, et celles* des Anglais du chagrin. Leur espoir était que la France ne ferait point de paix avec l'Angleterre sans stipuler expressément l'indépendance de l'Irlande. Ils le conservèrent jusqu'à l'époque du traité d'Amiens; mais la publication des clauses de ce traité causa parmi eux un abattement universel.

Deux mois après la conclusion de la paix , beaucoup d'hommes refusaient encore d'y croire , et disaient avec impatience : « Serait-il possible que les Français fussent devenus orangistes? »

Aujourd'hui , bien que quarante ans se soient écoulés depuis cette époque, l'Irlande, sous les ordres du grand agir tafeur, continue encore sa lutte, et esère toujours dans la France, et, nous espérons aussi, notre appui ne lui manquera pas au jour du danger. L'Angleterre a tressailli tout entière lorsque, il y a quelques années, O'Connell lui rappela ce que pourraient contre elle 200,000 fusils jetés sur les côtes d'Irlande par une flotte française.

Isa m ai ou Isabelle de Bavière, reine de France, était née, en 1371 , d'Étienne II , duc de Bavière et comte palatin du Rhin ; elle fut mariée en 1 385 à Charles VI. L'union , négociée

Ear le duc de Bourgogne, avait été cé- ?brée à Amiens le 17 juillet. Quatre ans après, le roi, insatiable de fêtes, voulut que la reine fît à Paris une entrée solennelle, et cette cérémonie fut célébrée avec une pompe ruineuse (voy.

Entrées}.

La nature avait paré Isabeau des char-

(*) Atig. Thierry, Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands, i836, t. IV, p. »90.

mes les plus séduisants ; mais , aimant citer contre elle chez le peuple franle luxe et les plaisirs , elle se montra çais (*). „ , ,; . :) bientôt violente et avide. Sa liaison cri- * Isabelle de France. Ce nom a apminelle avec le duc d'Orléans, frère du partenu à plusieurs princesses , entre monarque, fut publique. Uni, au con- autres à une fille de Louis VII J , née seil et dans les affaires, avec cette jeune en 1224, morte en 1269 ; à une fille de femme que la démence de son mari lais- Philippe le Bel , mariée à Édouard II f sait veuve pour ainsi dire, leducseren- roi d'Angleterre; à une fille de Henri IV j dit facilement maître de tout le royaume, épouse de Philippe IV d'Espagne. Après l'assassinat du duc d'Orléans, le Isabelle de France, fille de Philippe connétable d'Armagnac devint chef du le Bel , née en 1292, fut fiancée dès son parti des orléanistes. Il déihigna l'ap- enfance avec le prince de Galles, fils nui de la reine ; mais celle-ci ne se me*- d'Édouard Ier , et épousa ensuite ce lait presque point des affaires publi- prince, devenu, en 1308, roi d'Angleques. Charles, averti dans un de ses terre sous le nom d'Édouard II. moments lucides de la conduite scanda- Ce mariage fut très-malheureux. La leuse de sa femme, sévit contre elle, fit reine, comme on sait, finit par fomennoyer un de ses amants, et l'exila elle- ter la guerre civile contre son époux , même à Tours. Isabeau, oubliant alors qu'elle fit prisonnier, et qui fut assassa haine contre le duc de Bourgogne , siné par l'amant de sa femme. Mais le implora son appui. Ce prince, dans ses crime ne profita pas à celle-ci ; elle moupropres intérêts, la délivra, et la fit re- rut en 1358 dans le château de Rising, connaître dans une partie du royaume où son jeune fils l'avait reléguée depuis comme seule dépositaire de la puissance 28ans.C'estduchef d'Isabelle de France royale. En effet, le 14 juillet 1418, Isa- qu'Édouard III , son fils, et ses succesbeau reparut triomphante dans Paris; seurs. prétendaient avoir droit direct à mais l'assassinat du duc de Bourgogne la couronne de France, changea bientôt la face des affaires. La Isabelle de Hainaut, fille de Baureine fit alors déclarer le dauphin îndi- douin, comte de Hainaut, sœurdeBaugne du trône, traita avec les Anglais, douin , empereur de Constantinople , donna sa fille à Henri V , et l'infâme épousa, en 1180 , Philippe-Auguste, et traité de Troyes promit à ce monarque lui donna un seul fils, qui devint plus la succession de Charles VI. Enfin les tard Louis VIII. succès de Charles VII , et sa réconcilia- Isa tu y (Jean-Baptiste), est né à Nancy tien avec le nouveau due de Bourgo- vers 1770. filève de David, il ne voulut gne, abrégèrent les jours de sa mère , cependant pas suivre une carrière où se qui mourut à Paris , le 24 septembre pressaient tant de rivaux de talent ; il 1435, à l'hôtel Saint-Pol, devenu sa ré- préféra la miniatureal'histoire-Un de ses sidence ordinaire depuis la mort de premiers ouvrages fut le portrait en pied Charles VI. de Bonaparte, portrait qui eut un grand Étrangère aux affaires, méprisée des succès. Il exposa ensuite, comme pour Anglais, oubliée des Parisiens, elle était prouver que ce n'était pas par impuisalors tombée dans la plus complète nul- sance qu'il avait laissé de côté la peinlité. Une honteuse parcimonie présida tnre historique, un tahleau d'une grande à ses funérailles, et les Parisiens eux- dimension, représentant la revuedupremémes furent blessés de ce manque d'é- mier consul dans la cour des Tuileries, gards de l'Anglais envers une reine qui Ce tableau , où l'on reconnaissait les l'avait si bien servi. Il est du reste à re- portraits d'un grand nombre des permarquer que les contemporains, qui sonnes qui accompagnaient Bonaparte, connaissaient Isabeau pour une femme répondit aux espérances de M. Isabey, faible , épaisse d'esprit et de corps, in- et fut très-goûté du public, dolente, peu sensible à l'amour ou à (*) Voyez Jean Chartier, le Journal d'un la haine, n'eurent point les ressenti- bourgeois de Paris , Monstrelet , Bouvier dit mentS que l'on chercha plus tard à ex- Berry, les Mémoires de Richeraont.

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Comme peintre particulier de l'empereur , il a fait à plusieurs reprises le portrait de Napoléon , de l'impératrice et du roi de Rome. En 1814, il accompagna l'impératrice Marie-Louise dans la capitale de l'Autriche , et profita de cette circonstance pour faire une Séance du congrès de Vienne, dont tous les personnages sont d'une ressemblance parfaite. On doit à M. Isabey les portraits de presque tous les souverains de l'Europe , des vues des manufactures de Rouen et de Jouy, de Y Escalier du musée, de Chambord, et un grand nombre de lithographies. Son aquarelle représentant 1 Escalier du musée , qui fut exposée au salon de 1817, est regardée comme son chef-d'œuvre.

Les portraits de M. Isabey sont remarquables surtout par la finesse et par une vigueur étonnante dans la miniature. Il a peint une table en porcelaine où se trouve le portrait de Napoléon et des plus illustres généraux français. Cette table, connue sous le nom* de table des maréchaux, fut donnée par l'empereur à la ville de Paris. En 1816 , un particulier la reçut en payement d'une créance de la ville , et en 1835, elle a été vendue à l'encan.

M. Isabey a fait aussi un voyage à Pétersbourg , et y a peint en miniature les portraits de l'empereur et de l'impératrice de Russie, ainsi que de beaucoup d'autres personnages de cette cour.

Quoique déjà très - âgé , M. Isabey a encore exposé au salon de 1841 plusieurs aquarelles et portraits, parmi lesquels on remarquait celui de Bonaparte premier consul , en uniforme de grenadier de la garde , fait d'après nature en 1802. M. Isabey a été chargé , lorsgu'il était , sous le gouvernement impérial , dessinateur du cabinet des cérémonies , de faire les dessins du couronnement ; enfin il a dirigé aussi à cette époque la décoration des théâtres , et a coopéré aux décorations de YEn/ant prodigue et des Bayadères.

Eugène Isabey , son fils , a pris rang parmi nos plus habiles peintres de marine, et est aujourd'hui rival de Gudin. Au dernier salon , il a exposé avec une Vue de Dieppe, Y Embarquement du cercueil de Napoléon à bord de la fré-

gate la Belle-Poule à Sainte - Hélène.

Isandon ou Yssandon. Celieu, qui n'est aujourd'hui qu'un petit village du département de la Correze , était , au moyen âge, une ville importante, dont le territoire, gui fournissait du vin à toute l'Aquitaine, fut complètement ravagé par Pépin dans son expédition contre Waifre (*).

J s ,\i re (Clémence). Voy. Jeux flo-

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