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BAUX

Isèbe (département de F). Ce département comprend les portions de 1 ancien Dauphiné, connues sous le nom de Viennois et de Grésivaudan. Situé sur la frontière, il est borné à l'est par la Savoie , au nord par le département de l'Ain, dont le sépare le Rhône, à l'ouest par ceux du Rhône et de la Loire , au sud-ouest par celui de la Drôme , et au sud par celui des Hautes-Alpes. Il est couvert, surtout au midi, par des montagnes assez élevées qui dépendent de la chaîne des Alpes. Sa superficie est de 829,031 hectares , dont 316,387 en terres labourables, 171,990 en landes, pâtis, bruyères ; 168,420 en bois et forêts, 66,713 en prairies, 27,698 en vignes, etc. Son revenu territorial est évalué à 24,134,000 fr. Sa part d'impositions a été, en 1839, de 3,096,611 fr.

Ses seules rivières navigables sont l'Isère, qui lui donne son nom , et le Rhdne.Ses grandes routes sont au nombre de 23 , dont 7 routes royales et 16 départementales.

Il est divisé en quatre arrondissements , dont les chefs-lieux sont Grenoble, Saint-Marcellin , la Tour-du-Pin et Vienne. Il renferme 45 cantons et 555 communes. Sa population est de 573,645 habitants , parmi lesquels on compte 2,731 électeurs , représentés à la chambre par 7 députés.

Ce département forme l'évêché de Grenoble, suffragant de l'archevêché de Lyon. Il fait partie de la 7* division militaire, dont le quartier général est à Lyon. Grenoble , son chef-lieu , est aussi celui du 14e arrondissement forestier, ainsi que le siège d'une cour royale et d'une académie.

(*) Voyez les AnnaUs de Fredégaire, à l'année 763.

ISERNORE FRA

Parmi les hommes illustres ou remarquables qui sont nés dans ce département, il faut citer en tête Bayard, ensuite les deux frères Condillac et Mably , et , dans les temps plus modernes, Barnave et Casimir Périer.

Isebnià (prise d'). — Le 13 janvier 1799 , la division Duhesme , qui formait la gauche de l'armée de Rome , et qui traversait les Abruzzes pour aller rejoindre, sous les murs de Capoue , le général en chef Championnet, trouva sur son passage un corps nombreux de paysans napolitains insurgés, qui occupait une position assez forte en avant de la ville d'Isernia. On les attaqua sans hésiter, et on les eut bientôt mis en déroute; mais il fallut ensuite de grands efforts pour les chasser de la ville dans laquelle ils se retirèrent. Ils s'y étaient barricadés de manière à rendre nul l'effet du canon : on escalada les murailles ; mais on eut ensuiteà faire le siège de chaque maison , de chaque église, de chaque édifice. Toutes les ressources qu'invente le désespoir, l'ennemi les employa pour se défendre. Des tuiles , des poutres, des meubles , des tisons embrasés , L'eau et l'huile bouillante, rendaient l'abord des rues plus difficile que ne l'avait été celui des remparts. Enfin, de siège en siège, les Français parvinrent à se rendre entièrement maîtres d'Isernia. On conçoit tout ce qu'une résistance si opiniâtre avait dû provoquer d'excès de la part d'une soldatesque irritée. Le général Duhesme ne put empêcher ni les massacres ni le pillage ; il obtint seulement que la ville ne serait pas incendiée.

Isernore (monnaie d'). La ville d'Isernore , dont l'historien du comté de Bourgogne , Dunod de Charnage, crut, au dix-huitième siècle , avoir retrouvé les ruines dans le Bugey , paraît avoir été sous les Romains , "et sous la première race, une place importante. On connaît en effet des sous d'or mérovingiens, frappés dans cette ville , et dans lesquels on est forcé de reconnaître un travail bourguignon. Ils offrent , d'un côté , le nom de la ville, isàrnoderofit, autour d'un buste revêtu d'un pain dament u m; de l'autre, une croix ancrée sur des degrés, et accostée des ini-

[CE. ISLB-ACMONT 633

tiales is , avec le nom du monétaire

DROCTEBALVS MON. OU VENTRIO. Ce

dernier nom se trouve aussi sur un certain nombre d'autres triens bourguignons, entre autres sur ceux de Châlon-sur-Saône.

Isigny , Isiniacum , bourg et port de l'ancienne Normandie , dont les habitants jouissaient, avant la révolution, du droit de bourgeoisie, de franc-alleu et de franc-salé. Ce lieu, qui est aujourd'hui l'un des chefs-lieux de canton du département du Calvados, passe pour avoir donné naissance au P. le Tellier , confesseur de Louis XIV.

Isle (I'), Insulx, ville de l'ancien comté Venaissin, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de Vaucluse.

L'origine de cette ville est toute démocratique. Quelques pêcheurs avaient construit leurs cabanes au milieu des marécages de la Sorgue. II se forma là insensiblement un bourg qui porta le nom de Saint-Laurent. Le bourg s'agrandit et s'entoura de murailles , au pied desquelles on fit passer l'un des canaux de la Sorgue. Il devint alors un lieu de refuge pour les populations des bourgs voisins, qui , hors d'état de résister aux compagnies qui désolaient le comté Venaissin , prirent le parti d'y transporter leur habitation. Dès lors considérablement agrandi , le bourg commença à s'appeler les Isles, Insulœ, puis, par abréviation, Clsle.

Cette ville ne reconnaissait point d'autre seigneur que le pape; elle avait toujours joui du droit de commune : les rois de France, les comtes de Provence, les comtes du Venaissin, et enfin les papes, avaient tous successivement reconnu et confirmé ses privilèges municipaux. Enfin elle prétendait n'avoir jamais eu d'autre garnison que ses propres citoyens. Sa population est aujourd'hui de 6,052 hab.

Isle (T), l'une des quatre premières baronnies de l'Armagnac, aujourd'hui comprise dans le département du Gers, appartenait, au siècle dernier , depuis plus de 200 ans, à la maison de Noé.

Isle-Aumont , ancienne seigneurie de Champagne , aujourd'hui du département de l'Aube, avec titre de marquisat, achetée du duc de Mantoue, Cbar-

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ISNARD LUlfîVÈW. iSNARD

les de Gonzague, par le maréchal d'Aumont, en faveur duquel elle fut érigée, en 1665, par Louis XIV, en duché-pairie, sous le nom d'Atimont.

ISLB-JOURDAIN. Voy. ILË- JOURDAIN.

Iles-d'Or. Les îles de Resnau , de Poctecros et de Levant (aujourd'hui îles d'Hières) furent érigées en marquisat, soiis la dénomination des IslesdOr, par lettres du mois de juillet 1531, en faveur de Bertrand d'Ornezans, baron de Saint - Blancard. Henri II les donna ensuite à Christophe, comte de Rockendorf , grand maître héréditaire d'Autriche, en faveur duquel elles furent de nouveau érigées en marquisat, par lettres du mois de décembre 1549.

Isnard (Maximin), né vers 1760, à Draguignan, fut élu en 1791 député dû Var à l'Assemblée législative. Il prit place à l'extrême gauche, et devint l'un des principaux orateurs de la Gironde, dans laquelle le rangeaient ses sympathies politiques. « L'homme du parti qui possédait au plus haut degré le don de ces inspirations véhémentes qui éclatent comme la foudre en explosions soudaines et terribles, dit M. Charles Nodier (*) , c'était Isnard, génie violent, orageux, Incompressible... Sa mémoire riche et ornée fournissait abondamment aux élans de sa brusque imnrovisation... Mais cette éloquence était gâtée par une figure dont Isnard faisait l'abus le plus fatigant, et qui était à vrai dire le moule naturel des conceptions de cet esprit exalté, sans direction positive, sans principes fixes en aucune matière, sans goût, sans règles et sans mesure, auquel il faut reconnaître les brillantes saillies du génie, mais qu'on ne proposera jamais pour modèle. Cette figure, c'est l'hyperbole. »

Il concourut ainsi que ses amis aux diverses mesures qui signalèrent, sous la Législative, la marche ascendante de la révolution , et souvent même les provoqua par ses improvisations véhémentes, qui plus d'une fois excitèrent dans l'assemblée et dans les tribunes des ap- )laudissements enthousiastes. Au 20 uin , il fit partie de la députation que a représentation nationale envoya au-

(*) Recherche» «ur l'éloquence révolutionnaire.

près de Louis XVI pour teiljér à sa sûreté. Après le 10 août, que ses attaques vigoureuses à la tribune avaient concouru à préparer, il fut envoyé à l'armée du Nord pour obtenir l'adhésion des troupes aux grands changements qui venaient de s accomplir.

Réélu au mois de septembre suivant par ses compatriotes du Var, il partagea au sein de la Convention nationale les vues et les destinées du parti girondin. Bans le procès du roi, il vota la mort sans appel ni sursis. Il fut membre du comité de défense générale qui, sur sa proposition, s'appela ensuite comité de salut public. Ce n'était plus contre les adversaires de la révolution, c'était contre la Commune et les jacobins que se dirigeaient désormais ses violentes sorties. Il présidait la Convention au 25 mai , lorsqu'une députation de la Commune vint à la barre de l'Assemblée réclamer la liberté d'Hébert, dont la commission girondine des douze avait ordonné l'arrestation. C'est alors qu'il fit cette réponse si imprudente : « Écou- « tez ce que je vais vous dire. Si jamais, « par une de ces insurrections qui de- « puis le 10 mars se renouvellent sans1 « cesse, il arrivait qu'on portât atteinte « à la représentation nationale, je vous « le. déclare au nom de la France en- « tière, Paris serait anéanti. Bientôt on « chercherait sur les rives de la Seine « si Paris a existé. »

Le 2 juin, lorsque Barrère, au nonv du comité de salut public, proposa, pour le rétablissement du calme, que les représentants dénoncés fussent invités à se suspendre volontairement de leurs fonctions, Isnard y consentit. « Le co- « mité de salut public vous présente, « dit-il , la suspension des membres dé- « noncés comme la seule mesure qui « puisse éviter les grands maux dont «nous sommes menacés. Eh bien! je « me suspends, moi, et je ne veux d'aù- « tre sauvegarde que celle du peuple, « pour qui je me suis constamment sa- « crifié! Et qu'on ne dise pas que ce que «je fais est une action lâche; je crois « avoir fait preuve de courage jusqu'ici, « et je pense que ce dernier acte est « digne du caractère de représentant du « peuple. »

Cet acte de condescendance, qui ne fut point imité de ses collègues, et qui fut diversement interprété, sauva Isnard des suites immédiates de l'insurrection du 31 mai; mais ce ne fut qu'un ajournement. Au mois d'octobre suivant, il fut mis sur la liste des proscrits, et se tint caché jusqu'après le 9 thermidor. Il reprit alors son siège à la Convention, et mit au service des réacteurs toute la fougue de son talent oratoire. Chargé d'une mission dans le Midi, il y porta ses fougueux ressentiments.Céfut durant cette mission dans ces contrées , que l'esprit de vengeance, sans avoir besoin d'être aiguillonné, n'ensanglantait déjà que trop , qu'il prononça ces paroles restées célèbres :

« Si vous n'avez pas d'armes , fouillez la terre, cherchez les ossements « de vos pères et courez sur les assas- « sins. »

Après la clôture de la Convention, Isnard entra au Conseil des Cinq-Cents, d'où il sortit en 1797. A partir du consulat , il s'est tenu complètement éloigné des affaires. On a de lui les ouvrages suivants : 1° Discours sur la chose publique, et projet d'interpellation nationale à adresser au roi par le Corps législatif^ au nom du peuple français, 1792; T Proscription a" Isnard 1795; 3° Isnard à Fréron, an iv; 4° De l'immortalité de l'âme , 1 802 ; 5° Réflexions relatives au sénatus-bon suite du 28 floréal an XII; 6° Dithyrambe sur l'immortalité de l'âme, 1805.

Isobé (Jacques), né à Cauviçny en 1758, président de l'administration du district de Clermont en 1790, fut élu ensuite, par le département de l'Oise, député à la Convention nationale.il vota avec la majorité de l'assemblée dans le procès du roi. Envoyé, au mois de septembre 1793, en mission à l'armée du Nord , il en assura les approvisionnements par ses mesures énergiques, sauva Maubeuge, et eut part au gain de la bataille de Watignies. De retour à Paris, il fît partie du comité de l'agriculture et des finances, qui le choisit pour son secrétaire. Quelque temps après, il fut chargé d'assurer l'approvisionnement de Paris , et accusé alors sourdement de laisser l'armée dans la détresse; mais il se justifia

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pleinement, ; et cessa de s'occuper des subsistances.

Après le 9 thermidor, un décret de la Convention, auquel il dut obéir, le chargea, de nouveau de Papprovisionnement de Paris, menacé de famine.

Après la session de cette assemblée, il fut nommé président de l'administration de son canton; exerça ensuite, par intérim, les fonctions de commissaire central et d'agent général des contributions du département de l'Oise; enfin, après le 18 brumaire, il retourna, selon ses propres expressions, à la charrue.

On a de lui , entre autres ouvrages , un Tï-aité de la grande culture.

Ispegui (combats d'). — Le !•* juillet 1793, Delbecq, qui venait de remplacer Servan à la tête de l'armée des Pyrénées occidentales, envoya le général Dubouquet attaquer un camp retranché que les Espagnols avaient formé sur le mont d'Ispegui , et d'où ils menaçaient Saint- Jean-Pied -de-Port. Dubouquet part avec quatre cents hommes, et trouve l'ennemi rangé en bataille.

Malgré le feu très-vif de l'artillerie des Espagnols, plus nombreux d'un tiers, les Français avancent, les culbutent, les chassent du camp, s'emparent de quatre canons et de quatre obusiers, font un immense butin, et ne se retirent qu'après avoir détruit les retranchements et brûlé les bagages. Pendant le même temps , un autre détachement s'était porté contre le poste de Baygorry, que les Espagnols occupaient également, les en avait chassés, puis avait voulu s'établir au col d'Ispegui; mais trois mille Espagnols, qui s'y tenaient cachés, se montrèrent soudain, et obligèrent les Français à se retirer à la hâte. Le lendemain, Delbecq, informé de cette circonstance, dirigea contre ces nouveaux ennemis des forces suffisantes , qui les culbutèrent, et les forcèrent de repasser la frontière.

Isques, terre et seigneurie de l'ancien Boulonnais, aujourd'hui du département du Pas-de-Calais , érigée en vicomté en 1675 , en faveur de René Chouet.

Issoibe, Icciodurumt petite et ancienne ville de l'Auvergne, aujourd'hui l'un des chefs-lieux d'arrondissement du département du Puy-de-Dôme. Cette

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ville a donné le jour au cardinal Duprat, chancelier de France, et à Jean Barillon, son secrétaire. On y compte aujourd'hui 5,990 habitants.

Issoudun, Juxellodunum, Issoldunum, ville du Berry, aujourd'hui l'un des chefs-lieux d'arrondissement du dé-

E artement de l'Indre. Elle compte 1 1 ,664 abitants.

Beaucoup plus ancienne que le cheflieu du département, cette ville occupait autrefois le second rang dans la province, et était considérée comme la capitale du bas Berry; aussi existait-il entre Issoudun et Bourges une rivalité qui se manifesta en diverses occasions. Le bailliage d'Issoudun était originairement un des plus beaux du royaume. 11 fut démembré ensuite pour former le comté de Blois, et plus tard le duché de Châteauroux.

Les seigneurs d'Issoudun, déjà fameux au douzième siècle, formaient la branche cadette de l'illustre maison de Dêols. Leur seigneurie relevait des comtes de Poitiers.

Après avoir été longtemps au pouvoir des Anglais, Issoudun fut reprise par Philippe- Auguste, qui la réunit, vers 1220, au domaine de la couronne.

On trouve, dans les archives de cette ville, entre autres documents, des lettres patentes données à Bourges en 1423 pour affranchir les habitants du droit de mortaille, en considération du courage qu'ils avaient déployé pour soutenir le parti du roi , et des pertes considérables qu'ils avaient éprouvées; une charte de 1465 accordant des franchises aux sept foires d'Issoudun, en récompense de la valeur des habitants, ainsi que des sacrifices qu'ils avaient faits pour la cause du roi, sacrifices auxquels les dames de la ville avaient elles-mêmes participé; des lettres patentes de 1550 et 1553 exemptant les gens de la ville et des faubourgs de la taille et des autres subsides.

En 1589, le sieur de la Châtre, qui commandait dans le Berry pour le parti de la ligue,s'empara d'Issoudun par trahison, après avoir tenté inutilement d'y entrer de vive force; mais il en fut bientôt expulsé par le dévouement des habitants.

Durant la minorité de Louis XIV,

cette ville, attaquée par le parti de la fronde, refusa de se rendre; les assaillants se vengèrent en l'incendiant; puis, comptant sur cette diversion, ils renouvelèrent l'attaque, mais encore infructueusement. Le roi, passant quelques jours après à Issoudun, vit deux cents maisons encore fumantes, et aux exemptions anciennes dont jouissaient les bourgeois, il ajouta le droit d'élire annuellement un maire, auquel il accorda le privilège de noblesse. Mais les habitants ne jugèrent pas à propos de profiter de ce dernier droit, de peur de nuire à leur commerce.

Issoudun (monnaie d'). — L'existence de l'atelier monétaire d'Issoudun ne nous est révélée que par les monnaies qui en sont sorties ; on ne connaît aucun texte où il en soit fait mention. L'histoire numismatique de cette petite ville n'est cependant pas tout à fait dénuée d'intérêt. Les plus anciens deniers d'Issoudun que nous connaissions remontent au onzième siècle; et, comme presque toutes les espèces frappées à cette époque, ils sont presque indéchiffrables ; c'est à peine si l'on y remarque d'un côté le nom latin "de la ville exsoldvni avec son type monétaire, lequel se compose d'une espèce d'M onciale surmontée d'un trait horizontal, et ayant au-dessous d'elle un petit o.

Ces deniers sont encore inédits.

L'empreinte de ceux du siècle suivant est plus distincte : ils portent le nom de la ville autour du type ordinaire , et celui du seigneur rodvlfi ou odo dns ( Raoul, ou Eudes, seigneur ) autour d'une croix.

Sous le règne de Philippe- Auguste, Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, fut momentanément maître d'Issoudun, et y fit battre monnaie à son nom. Mais il se garda bien d'altérer l'empreinte consacrée ; ses pièces ne diffèrent par conséquent des autres que parce qu'on lit dans la légende ricardvs BEX.

Is-sur-Tille, petite ville du département de la Côte-d'Or, arrondissement de Dijon, située à dix-huit kilomètres de ce chef-lieu.

Cette ville, autrefois fortifiée, a subi de nombreuses révolutions qui ont causé sa décadence. En 1373 et en 1408, il fut

ordonné à ses* habitants de faire de bonnes fortifications autour de leur église , pour la garantir des incursions « des grandes compagnies de voleurs. »

Guillaume, évêaue de Langres, la fit de nouveau fortifier, en 1420, conformément aux lettres de Philippe le Bon, ce qui ne l'empêcha pas d'être pillée en 1433, par le sire de Château-Vilain, ni d'être dévastée par les écorcheurs en 1440.

Les lettres de Philippe le Bon nous apprennent qu'elle fut alors détruite « de « tout en tout, et que de plus de neuf «vingts feux, il nen resta que qua- « rante. »

En 1513, les Suisses saccagèrent encore cette ville et en abattirent les murs ,

Sjui ne furent rétablis qu'en 1588. Mais e plus grand désastre arriva au mois de juin 1589. La ville, qui était royaliste, fut prise par le duc de Nemours , a la tête de six mille Lorrains, « grands larrons et ligueurs, » disent les Mémoires de Tavannes. Ils y commirent pendant dix-huit jours toutes sortes d'excès.

Gaston d'Orléans, avec douze cents hommes,campa deux jours à Is, en juin 1632, avant de gagner le Languedoc.

La peste se joignant aux maux de la guerre, enleva une partie des habitants en 1636 et 1637. Enfin, la révocation de l'édit de Nantes acheva de ruiner le commerce de cette ville et d'affaiblir sa population. Cent familles se retirèrent alors en Suisse.

La grosse tour carrée, reste du château ducal, est fameuse par l'ordonnance concernant la police des prisons, que François Ier y signa en octobre 1535, et qui est connue sous le nom ^'ordonnance d'Is.

Cette ville compte aujourd'hui 1,436 habitants.

Issy , Issiacum, village de l'Ile-de- France, à 4 kil. de Paris , et qui , suivant une opinion accréditée , doit son origine et son nom à un temple d'isis, bâti en ce lieu au temps des Romains.

Italie (relations de la France avec 1'). Lorsque la Gaule eut été conquise par Clo vis, ce prince , à part quelques négociations avec le grand Théodoric, ne s'occupa point de l'Italie. Il n'en fut pas de même de ses successeurs. L'empereur Justinien projetant de reconquérir la Péninsule, alors au pouvoir

des Ostrogoths, comprit que les Francs pouvaient faire pencher fa balance en sa faveur; il leur envoya, en présent une grande somme d'argent , et leur promit un subside annuel s'ils le secondaient dans ses desseins. Les rois francs promirent , mais ils se tinrent en rc-

f)os; et, en 536 , le roi goth, Vitigès, es gagna à son parti, en leur abandonnant toutes ses possessions transalpines , et en leur payant 120,000 sous d'or.

« Les rois francs ne violèrent pas d'abord ouvertement leur traité avec l'empereur , et n'expédièrent point d'armée franque en Italie ; mais dix mille Burgondes allèrent joindre les guerriers de Vitigès , sans l'aveu apparent de leurs maîtres, et aidèrent les Goths à reprendre la grande cité de Milan (538). Bélisaire n'en poursuivait pas les hostilités avec moins de vigueur , lorsqu'on ap-

5 rit , au printemps de 539 , que Théoebert avait franchi les Alpes et descendait en Ligurie , à la tète de cent mille combattants ; les Ripuaires avaient entraîné avec eux Burgondes, Alamans, Thuringiens, Boïowares , toutes les hordes des forêts germaniques. Les Goths reçurent en libérateurs cette multitude de barbares , et leur livrèrent le passage du Pô, non loin de Pavie; mais les païens de l'armée franque reconnurent cet accueil en égorgeant les femmes et les enfants des Goths, et en les jetant dans les fleuves, pour se rendre propices , par ce premier sang versé , Hella et les Walkyries. Deux corps d'armée, goth et impérial , étaient en présence aux bords du Pô : Théodebert alla fondre avec toutes ses forces sur les Goths, qui voyaient approcher sans défiance ceux qu'ils regardaient comme des alliés. Les Goths furent taillés en pièces; puis les Impériaux , qui , à l'aspect des Goths fugitifs, s'imaginaient que c'était Bélisaire qui avait pris les ennemis en queue , furent assaillis à leur tour et traités comme les Goths.... Théodebert ne visait à rien moins qu'à s'emparer de l'Italie , en écrasant les deux partis qui se la disputaient ; mais sa double trahison ne porta pas les fruits qu'il espérait : le climat de la haute Italie fut fatal aux hommes du Nord. La dys-

638 ïtalik L'UNIVERS

senterie , la disette , conséquences de leurs effroyables ravages , décimèrent les bandes germaniques; le découragement se mit' dans l'armée de Théodebert, et ce prince fut obligé de ramener ses gens ert Gaule et en Germanie, sans rien garder des contrées envahies (*). »

Pendant les années suivantes , des bandes franques traversèrent de nouveau les Alpes , et , à la faveur de la lutte engagée entre les Ostrogoths et les impériaux, elles occupèrent presque sans résistance les Alpes cottiennes (Piémont), la Ligurie, et une grande partie de la Vénétie. Narsès, vainqueur des Ostrogoths , menaça , en 553 , de leur enlever ces conquêtes; soixante et quinze mille guerriers francs, alaraans, burgondes , boïowares , traversèrent alors les Alpes, sous les ordres de deux frères, Buccelin et Leutharis; une ar*mée d'Impériaux et d'auxiliaires barbares fut détruite par eux près de Parme ; puis les Francs se divisèrent en deux corps , et longèrent les cotes des mers Tyrrhénienne et Adriatique jusqu'à la mer Ionienne , dévastant et saccageant tout sur leur passage. Le corps de Leuther fut, en revenant , attaque par la peste, et succomba presque entièrement avec son chef sur les rives du Pô. Quant à Buccelin , il resta dans l'Italie méridionale, où il espérait se faire reconnaître comme roi parles Ostrogoths.

11 attendit les Impériaux aux bords de la petite rivière du Casilin , à quelques lieues de Capoue. Victorieuse dans un

f»remier engagement , son armée , au ieu de poursuivre sa victoire , courut piller le camp ennemi. Elle fut alors assaillie par la cavalerie de Narses et par un corps de réserve , et complètement exterminée. Suivant l'historien grec Agathias, il ne s'échappa que cinq hommes de toute cette armée. La con-

séquence de cet événement fut , pour l'Italie, l'expulsion complète des Francs (564).

Lorsque les Lombards enlevèrent de nouveau cette contrée aux empereurs d'Orient, les Francs jouèrent, vis-à-vis des nouveaux conquérants , un rôle semblable à celui qu'ils avaient joué vis-à-vis des Ostrogoths. (Voy. Empihe

(*) Martin, Hist. <Je France, t. II, p. 3a.

ITALIE

d'Obibwt.) Les barbares et les Grecs recherchèrent également leur alliance, et les Francs la leur vendirent aux uns et aux autres. En 584, après une expédition de Childebert dans la haute Italie, les Lombards s'engagèrent à payer à ce prince un tribut annuel.

Ce traité accepté fut rompu l'année suivante, et une nouvelle expédition eut lieu. Par suite des discordes des généraux et de l'indiscipline des soldats,» les Austrasiens , dit Grégoire de Tours, revinrent sans aucun butin. Ils retournèrent en Italie au bout de trois ans, en 588, perdirent contre les Lombards une grande bataille ; et il s'y fit un tel carnage des Francs, que, de mémoire d'homme, on n'avait rien ouï de pareil. » Les vainqueurs, toutefois.

cherchèrent à négocier; mais leurs propositions furent rejetées par Childebert, qui, en 590, envoya en Italie vingt ducs avec une formidable armée. Après avoir pénétré dans le Milanais et la Vénétie, et ravagé cruellement le plat pays sur leur passage, ils échouèrent devant les cités, et furent forcés par la disette et les maladies de regagner leur pays, par bandes isolées, vendant partout le

eurs habits et leurs armes pour acheter des vivres. Enfin lassé de tant d'insuccès, le roi d'Austrasie s'engagea à laisser les Lombards en paix , moyennant un tribut annuel de 12,000 sous d'or.

Depuis cette époque jusqu'à Charles Martel, la Gaule sembla rester étrangère aux affaires d'Italie. Mous avons seulement, pendant ce laps de temps, à mentionner l'appui que donna Clôture III au roi lombard Pertharit , détrôné par Grimoald. Ce prince, réfugié en Gaule l'an 664, rentra en Italie Tannée suivante , à la tête d'une armée franque. Vaincu près d'Asti , il fut obligé de repasser les monts. Ce fut encore probablement avec l'aide des rois francs qu'après la mort de l'usurpateur il put, en 691, remonter sur le trône.

Sous Charles Martel, la papauté, menacée dans son existence par les Lombarts , s'adressa pour la première fois aux Francs. C'est alors que l'on vit commencer une série de négociations et d'expéditions qui finirent, sous Charlemagne, par amener la destruction de

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