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fautes; en apprenant la marche de Macdonald, il se hâta de quitter Turin pour se placer entre les deux généraux français; puis, laissant à Bellegarde le soin d'observer Novi, il se porta lui-même dans les plaines de Plaisance, où deux de ses divisions étaient déjà postées, celle de Hohenzollern près de Modène, et celle d'Ott sur le Tiuone. Macdonald accabla aisément la première; puis, alléché par le succès, voulut accabler la seconde. Il fit donc diligence, et attaqua Ott le 17 juin. OU était culbuté si Souvarow n'eût paru; leurs efforts réunis obligèrent alors Macdonald à rétrograder sur la Trebbia. Il voulait s'y établir, attendre l'arrivée de trois de ses divisions encore en arrière, et renouveler la lutte le surlendemain; mais Souvarow attaqua dès le lendemain même 18, et la bataille, suspendue seulement parla nuit, continua jusque dans la soirée du 19. La fortune ne nous fut pas tout à fait contraire, mais chacune des deux armées perdit douze mille hommes; et tandis que Souvarow, recevant tous les jours des renforts, n'avait qu'à gagner au prolongement de la lutte, Macdonald, au contraire, dont toutes les ressources étaient épuisées , pouvait, en s'obstinant à se battre, être jeté en désordre dans la Toscane. Il songea donc à regagner Gènes par derrière l'Apennin.
Souvarow tenta de le poursuivre; mais entendant le canon de Moreau qui débouchait enfin , après avoir mis Bellegarde en déroute, il se ralentit , et Macdonald eut le temps de recueillir au delà des monts les débris de son armée. Un mois après, joints à ceux de l'armée de Moreau et à des renforts arrivés de l'intérieur, ils formaient une nouvelle armée de quarante mille hommes parfaitement organisée, et brûlant de retourner à l'ennemi. Joubert la commandait. En outre, quinze mille hommes, destinés à devenir, sous Championnet, le noyau de l'armée des Grandes-Alpes, avaient débouché par la Bormida sur Acqui, par la Bochetta sur Gavi, et étaient venus se ranger en avantdeNovi. Malheureusement Alexandrie capitula le 22 juillet, Mautoue le 30, et Kray vint rejoindre Souvarow avec vingt mille hommes , ce qui porta
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à soixante et quelques mille la masse agissante des Austro-Russes. Joubert, ne pouvant plus lutter à chance égale, se disposait à rentrer dans l'Apennin pour y garder la défensive, quand , le 15 août, Souvarow l'obligea (l'accepter la bataille. Ce fut celle de Novi. Nous la perdîmes encore, et Joubert y fut tué. Dès lors, nous ne pûmes plus tenir la campagne.
Notre situation dans la Péninsule était donc redevenue , à la fin de 1799, aussi critique qu'elle l'avait été en 1796. En 1800, comme alors, le génie de Bonaparte , joint cette fois à l'héroïsme de Masséna , répara tout ; voyez au Dictiowvaibe les articles Gênes et Marengo. Mais le second de ces deux récits s'arrête à la suspension d'armes du 14 juin; il nous reste donc à raconter les événements militaires qui suivirent la rupture de cet armistice, et amenèrent, le 26 janvier 1801 , la conclusion de celui de Lunéville. L'armistice fut rompu le 8 novembre; néanmoins les hostilités ne s'ouvrirent que vers le milieu du mois suivant. Brune, qui commandait l'armée française, Bellegarde, qui commandait rarmée autrichienne , avaient un même intérêt à ne reprendre l'offensive que le plus tard possible. Le général ennemi , quoique à la tête de 70,000 hommes , aurait voulu , pour franchir le Mincio et entrer dans le Milanais , attendre la coopération de l'armée du Tyrol et de celle de Naples; Brune craignait, de même, de marcher avant que son flanc gauche fût couvert par l'armée des Grisons que lui amenait Macdonald.
A la fin , pourtant , on s'ébranla de part et d'autre : c'était le 17 décembre. Dupont conduisait notre aile droite, Moncey notre aile gauche, Suchet notre centre; Delmas était à l'avant -garde, Marmont commandait l'artillerie , et Rochambeau . détaché à l'aile gauche, devait communiquer avec Macdonald , ce qui eut bientôt lieu. Le village de Monzambano fut le point où Brune entreprit de passer le Mincio. Le 21 , s'engagea une action générale : les Autrichiens, chassés de tous leurs postes , furent repoussés sur Peschiera par notre avant-garde. Moncey s'empara de Monzambano, Suchet de Vol ta. Dupont
rejeta l'ennemi de l'autre côté du fleuve, et alla s'établir devant Goïto ; mais il reçut ordre de jeter un pont à Molino délia Volta , vis-à-vis le village de Pozzuolo , puis , le 29 , de faire une démonstration sur ce point pour favoriser le passage qui devait , le même jour , s'effectuer a Monzambano. Or, cette fausse attaque fut si habilement conduite, que bientôt Dupont et ses deux divisions se trouvèrent établis sur la rive droite. Bellegarde dirigea contre lui deux fortes colonnes; il les attendit de pied ferme. Pozzuolo, plusieurs fois pris et rppris, demeura enfin au pouvoir des Français. Au bruit de la bataille , Suchet et Davoust, se détachant du centre, accoururent et décidèrent la victoire. Bellegarde crut que toute l'armée française allait déboucher par Pozzuolo , et fit halte à Villa-Franca , prêt à y soutenir une dernière bataille. Mais Brune persista dans le projet de se déployer par Monzambano; il prescrivit à Dupont de^ garder l'offensive, pendant que son centre et sa gauche effectuaient le passage sans obstacle; puis, cette opération terminée, il les porta sur Valeggio. L'Autrichien comprit qu'il allait être acculé au bas Adige, et se replia sur Vérone en faisant occuper Rivoli et la Corona.
Toutes nos forces marchèrent alors sur l'Adige. Ce fleuve était défendu, depuis ses sources jusqu'à Vérone , d'abord par Auffenberg . qui gardait les cols menacés par Macdonald ; ensuite par Laudon et Wukassowich , qui sétendaient depuis Rivoli au mont Tonal, et occupaient Trente et Roveredo; enfin, par Bellegarde luimême , qui venait de se replier sur la rive gauche. Macdonald marcha sur Trente, Rochambeau sur Roveredo, Moncey sur Rivoli ; en même temps , Brune se disposa à forcer le passage vers Bussolengo. Bellegarde se vit contraint d'évacuer Vérone, et~couronna les hauteurs de Caldiero; il y resta jusqu'au moment où Brune eut achevé ses préparatifs d'attaque, et battit alors en retraite. Il s'arrêta encore de position en position jusqu'à la Brenta, se déployant toujours comme pour recevoir la bataille , et s'éclipsant dès qu'on croyait le tenir. Laudon et Wukasso-
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wich , de leur côté , se replièrent par la route de Bassauo. Quand Trente et Roveredo tombèrent en notre pouvoir, Wukassowich était en sûreté ; mais Laudon ne s'échappa qu'en jurant à Moncey qu'une suspension d'armes avait été convenue entre les deux généraux en chef. Bellegarde, rejoint à Bassano par ses deux lieutenants, continua à rétrograder jusqu'à Trieste , où se signa un armistice. D'autre part, Macdonald enveloppa Auffenberg à Botzen. Enfin Murât, à la tête de la seconde armée de réserve , pénétra par la route d'Ancône dans les États romains, et frappa de terreur la cour de Naples , qui implora merci. On déposa les armes de toutes parts.
En 1805, lorsque la rupture de la paix d'Amiens ralluma la guerre, Napoléon pensa que du côté de l'Italie, où ses dernières conquêtes lui avaient donné la ligne de l'Adige, il suffirait de la défendre jusqu'à ce que la vigueur des coups portes en Allemagne lorçât le prince Charles de renoncer à l'offensive. Or, le prince, supérieur en forces, resserra facilement les troupes de Masséna sur le fleuve et dans les célèbres positions de Rivoli. Toutefois, à la nouvelle du mouvement de Napoléon au delà du Rhin, il résolut d'en attendre le résultat, et les deux adversaires convinrent d'un armistice. Vers le milieu d'octobre, quand Mack fut entouré dans Ulm, JVlasséna reçut l'ordre de rouvrir les hostilités. Il s'assura d'abord du pont de Vérone et du faubourg de la rive gauche , puis consacra onze jours à préparer ses opérations. L'archiduc occupait les hauteurs de Caldiero; il avait couvert de retranchements son front et sa droite , et s'était mis en garde du côté des marais d'Aréole. Masséna , le 29 , déposta une division établie à Saint-Michel, puis marcha sur ce fameux champ de bataille. Il voulait y pénétrer par la gauche. Le 30 , 10,000 hommes ûlèrent le long de l'Adige pour passer le fleuve vis-à-vis Gombione, enlever le village et saisir les digues qui conduisent jusqu'à l'Alpon. En même temps , le reste de l'armée se porta en masse sur Caldiero. L'archiduc, au lieu d'attendre le choc dans ses lignes , vint engager la bataille dans la plaine, et,
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par cette habile résolution, faillit remporter la victoire. Notre droite échoua au passage de l'Adige, et nos autres corps reculèrent un moment. Néanmoins l'action se soutint jusqu'à la nuit, et l'archiduc finit par être refoulé dans ses retranchements. Le lendemain, la droite réussit à passer l'Adige ; le surlendemain elle força la digue de Gambione. Masséna hésitait à engager une nouvelle affaire générale, quand on apprit que l'armée autrichienne était en pleine retraite par la route de Vicence. On se lança à sa poursuite, on atteignit son arrière-garde à Villa-Nova, à Montebello , et on les mena l'épée dans les reins jusqu'à l'Izonzo.
L'archiduc rétrogradait déjà, quand Ney parut au Pas de Scharnitz.C'est un col que ferme un fort bâti sur le roc à 700 toises d'élévation. Ney osa en ordonner l'escalade , et on y pénétra de vive force. Les 2,000 Autrichiens formant la garnison mirent bas les armes; puis la division traversa le col sans obstacle. Le lendemain elle entrait dans Inspruck , que l'archiduc Jean avait abandonné pour rejoindre son frère par Brixen et Laybach. En effet, la marche triomphante "de Napoléon rappelait les deux princes au sein de l'Empire. Masséna poursuivit l'archiduc Charles par la route de Laybach , et Ney l'archiduc Jean par celle* de Brixen et'de Villach. Saint-Cyr et Augereau, chacun à la tête de 20,000 hommes , entrèrent alors en ligne. Le premier bloqua Venise et Trieste; le second emporta les retranchements de. Feldkirch, et poussa le général Jellachich sur le haut Tvrol , où il se heurta contre Ney, qui l'obligea à capituler. Vers la même époque, une autre division ennemie , forte de 7,000 hommes et conduite par le prince de Rohan, descendit la vallée de la Brenta, surprit Bassano et tenta de percer par Villach ; mais atteinte et battue à Castel-Franco par une division de Saint- Cyr , elle capitula aussi. Le 27 décembre, Napoléon mit à l'ordre du jour de sa grande armée la conquête de Naples.
Au moment où les hostilités recommençaient sur l'Adige entre les Français et les Autrichiens , la cour des Deux- Siciles , violant la neutralité promise, appelait contre nous 20,000 Anglo-Rus-
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ses. La vengeance fut terrible. L'empereur déclara que la dynastie napolitaine avait cessé de régner; une armée de 40,000 hommes s'organisa aussitôt; Joseph Napoléon , à qui était destinée la couronne de Ferdinand, fut nommé général en chef, et eut pour lieutenants Masséna, Saint-Cyr et Reynier; enfin, dans le courant de janvier 1806 on marcha en avant. A cette nouvelle, Anglais et Russes se rembarquèrent; la cour se réfugia de nouveau en Sicile, et ses troupes ne tinrent nulle part. Les trois colonnes françaises franchirent sans obstacle le Garigliano. Celle de droite marcha ensuite sur Gaëte; les deux autres allèrent sommer Capoue , qui, d'abord, refusa d'ouvrir ses portes. Mais, le lendemain même, arriva delà capitale une députation qui apportait les clefs de Capoue, de Pescara et des châteaux de Naples. Huit mille hommes, sous le général Lacour, demeurèrent pour former le blocus de Gaëte. Le reste de l'armée , continuant sa marche, entra à Naples le 14 février, et n'y éprouva aucune résistance; après quoi Saint-Cyr se déploya sur l'Adriatique et ie golfe deTarente, taudis que Masséna recevait la mission de réduire Gaëte, et Reynier, soutenu par la droite de Saint-Cyr, celle de disperser l'armée napolitaine, qui, forte de 18,000 hommes et commandée par le prince royal , se tenait sur les frontières de la Calabre citérieure.
Deux routes mènent dans les Calabres : l'une , moins directe , côtoie le golfe de Tarente; l'autre, débouchant de la principauté citérieure, longe, pendant une quinzaine de lieues, Ta crête des Apennins , qu'elle va traverser entre Castelluccio et Morano. Cette longue suite de défilés se termine par le val San - Martino , où deux hommes ne peuvent passer de front, et aboutit au plateau de Campo-Tenèse. Les Napolitains , divisés en deux corps , avaient pris position de manière à intercepter les deux routes. Celui de droite , sous le maréchal Rosenheim , était appuyé au golfe de Tarente ; celui de gauche , sous Roger de Damas , occupait le Campo-Tenèse. Deux colonnes françaises marchèrent à eux : Duhesme contre Rosenheim, Reynier contre Damas. Reynier seul en vint aux mains.
Il força l'avant-garde ennemie qui défendait l'entrée du val de San-Martino, s'enfonça dans cet étroit passage, le franchit sans obstacle , et couronnant les hauteurs à droite et à gauche du Campo-Tenèse, fondit le 9 mars sur sou adversaire , qu'il défit complètement.
Rosenheim se hâta, de son côté, d'évacuer les Calabres, dont nos généraux prirent alors possession sans coup férir. Le 19, Reynier poussa jusqu'au détroit de Messine, et peu de jours après, Joseph fut proclamé roi de Naples par un décret impérial. Gaéte capitula le 12 juillet. Les Calabrois, excités par les Anglais et les Siciliens , se soulevèrent encore ; mais ce ne fut qu'une guerre de partisans qui cessa à la fin de septembre.
Au mois d'avril 1809, quand l'Autriche profita de l'éloignement de Napoléon , alors en Espagne , pour déclarer de nouveau la guerre à la France , elle lança tout d'abord une armée dans les provinces vénitiennes. L'archiduc Jean, qui la commandait , prit au dépourvu le vice-roi d'Italie, Eugène, et le replia jusqu'à l'Adige. Pourtant cette retraite ne fut pas sans gloire. Au passage du Tagliamento , à Pordenone , Eugène lutta honorablement , et il prit enfin
fiosition autour de Vérone. Là il rallia armée éparse dans toute la Péninsule.
Cependant l'archiduc le menaçait de front, et le général Chasteler, après avoir envahi le Tyrol , atteignait le lac de Garda , prêt à déborder notre flanc gauche. Mais soudain, à la grande surprise du vice-roi, les ennemis se mirent à battre en retraite. Il pensa que l'empereur venait de frapperun de ses coups décisifs , et il n'hésita point à entreprendre la poursuite de l'armée autritrichienne. L'archiduc se replia d'abord pied à pied , en se mettant chaque jour en bataille ; puis, atteint et rompu au passage de la Piave , il regagna précipitamment les provinces impériales. Eugène le poursuivit encore. Mais le titre de cet article nous défend de sortir de l'Italie.
En octobre 1S13, nous retrouvons Eugène forcé, à son tour, d'abandonner 4es États autrichiens et se repliant sur rizonzo. Ses colonnes , malgré les efforts de l'ennemi pour ies rompre , y
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