‹ FranceChapitre 310 sur 378 · ITARD · texte numérisé non relu

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arrivèrent en assez bon nombre. Il y eut à Salsnitz un vif engagement qui, favorable aux Français , retarda la poursuite et leur permit de s'affermir dans leur nouvelle position. Ils y tinrent assez de temps pour organiser des recrues, mettre Venise en état de défense et ravitailler les places; ensuite, rap-

{jelés par les progrès de l'ennemi dans e Tyrol , ils reculèrent jusqu'à l'Adige. Ce ne fut pas sans combattre qu'on réoccupa ces célèbres lignes. L'aile gauche de Hiller, se déployant par la vallée de la Brenta , avait pris possession de Bassano. On se hâta de marcher à elle, et on lui enleva cette ville , par où elle menaçait à revers le gros de notre armée, qui continuait son mouvement rétrograde. Enfin, on réussit à éviter une action générale, et on repassa les ponts de Vérone sans avoir été entamé. Les Autrichiens , ne donnant pas au viceroi le temps de prendre haleine, se précipitèrent par les routes du Tyrol et de Vicence. Eugène modéra leur ardeur.

Débouchant tour à tour sur Roveredo et sur Caldiero, il repoussa les assaillants et les obligea d'interrompre leurs opérations. Mais, en novembre, Trieste capitula, Venise fut investie, les Anglais débarquèrent en Toscane et dans les légations, puis Murât conduisit ses troupes vers Ancône avec des intentions trop manifestes. Néanmoins, l'armée d'Eugène occupait encore , à la fin de l'année, grâce aux renforts qu'elle avait reçus, les redoutables positions contre lesquelles la puissance de l'Autriche avait échoué en 1795.

A la fin de janvier 1814, tandis que le vice-roi se préparait à disputer à 60,000 Autrichiens , commandes alors par Bellegarde , la célèbre ligne de l'Adige, une division allemande, soutenue par les 24,000 Napolitains de Murât, remontait la rive droite du Pô, et les Anglais , débarqués en Toscane , côtoyaient la mer pour assaillir Gènes. Il fallut rétrograder encore, et prendre Mantoue pour pivot de la défense, afin de pouvoir au besoin manœuvrer dans les États vénitiens ou dans les Légations. Bellegarde fut le premier à marcher en avant. Passant les ponts de Vérone, il fit tourner par sa droite le lac de Garda et ta Rocca d'Anfo, et forma

ses colonnes pour forcer le Mincio à Pozzolo, Borghetto et Monzambano. A son approche , Eugène sortit de Mantoue par les deux rives, et la bataille s'engagea le 8 février. Les Français remportèrent la victoire , enlevèrent Pozzolo à l'aile gauche ennemie, détruisirent le pont , et poussèrent, si vivement sur Valeggio, gue Bellegarde dut appeler toutes ses forces sur la rive gauche. Enfin, après une longue lutte, le général ennemi, qui avait perdu 7,000 hommes, se retira a Villa-Franca. Deux jours plus tard , le 10, il tenta inutilement de déboucher du pont de Borghetto; enfin, le 14, sa droite fut chassée de Salo et rejetée dans les montagnes. Hélas ! pourquoi Eugène, au lieu de cueillir ces palmes stériles , n'obéissait-il pas aux injonctions réitérées de l'empereur , et , ramenant toutes ses troupes sur les Alpes , ne volait-il pas au secours de la France envahie !

Après les affaires de. Borghetto et de Salo, Bellegarde demeura immobile et hissa au roi de Naples le soin de déposter le vice-roi. Eugène jeta au delà du Pô 20,000 hommes sous Grenier, qui les établit sur le Taro; mais il n'y eut de ce côté que des escarmouches.

Murât ne força le passage qu'au moment où fut connue l'abdication de l'empereur , et pour convenir bientôt d'une suspension d'armes.

Depuis la chute de l'empire , nous n'avons remis qu'une fois le pied en Itatiei on devine que nous voulons parler de l'expédition d' Ancône du mois de février 1833. (Voyez Ancône, tome

Ier du DlCTIONNAIBB , p. 242.)

Itabd (Jean-Marie-Gaspard), né au bourg d'Oraison , Basses • Alpes , en avril 1774, entra, dans le commencement de la révolution, dans le service de santé des armées. Chirurgien de troisième classe au siège de Toulon , il vint à Paris après la prise de cette ville, fut, en 1796 , attaché à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, et enfin nommé, en 1800, sur la proposition de l'abbé Sicart, médecinâe l'institution des sourdsmuets.

L'année même de son entrée en fonctions, on amena à l'établissement et l'on confia à ses soins un enfant muet de douze ans environ , qu'on venait de

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trouver dans une forêt de l'Aveyron, abandonné et complètement réduit à l'état sauvage. Itard publia dans deux mémoires, imprimés l'un en 1801, l'autre en 1806, le détail des observations et des expériences faites par lui sur les lents développements de cet étrange élève.

Physiologiste-psychologue, il étudiait avec une égale ardeur les causes physi-

?ues et les conséquences morales de infirmité des sourds-muets. Il enleva à l'empirisme la thérapeutique de l'organe de l'ouïe ; et son Traite des maladies de l'oreille et de l'audition , publié en 1821 ,• fut promptement traduit à l'étranger.

Nommé, en 1814 , chevalier de la Légion d'honneur, et élu bientôt après membre de l'Académie de médecine , il moumt à Passy en juillet 1838. Il avait du* o la spécialité de ses études une lucrative clientèle ; il voulut que sa for- ' tune retournât pour ainsi dire à sa source : entre autres legs philanthropiques , il en Ct un de 8,000 fr. de rente a l'institution des sourds-muets, pour la création d'une classe d'instruction complémentaire, avec six bourses gratuites, et il fonda à l'Académie de médecine un

f>rix triennal de 3,000 fr., pour le meileur ouvrage de médecine pratique.

Ivetot. Ce fut vers l'année 540 que le roi Chloter fonda, dit-on, le petit royaume d'Ivetot, si peu connu dans t'/iistoire. On raconte que ce prince ayant, le vendredi de la semaine sainte, tué de sa main dans la cathédrale de Soissons, Walther ou Gautier, seigneur d'Ivetot, et voulant, autant que faire se pouvait , réparer sa faute, érigea la susdite seigneurie en royaume. L'authenticité de l'anecdote est très-douteuse.

Robert Gaguin est le premier historien qui en fasse mention. Cependant les seigneurs d'Ivetot ont longtemps porté le titre de roi , et il paraît qu'ils ont joui de prérogatives toutes royales.

Quoi qu'il en soit, le budget de ce royaume n'était pas considérable; car l'un des érudits qui ont approfondi la question , a trouvé qu'au commencement du quinzième siècle ses revenus n'atteignaient pas 800 livres.

Un arrêt de i'échiauier de Normandie , tendu en 1393, désigne un seigneur

d'Ivetot sous le titre de roi ; plusieurs lettres des rois de France maintiennent ces mêmes seigneurs dans leur indépendance et dans la jouissance de leurs droits royaux, sans qu'ils soient tenus à prêter foi et hommage. A la cérémonie du couronnement de Marie de Médicis , Henri IV dit , en voyant Martin du Bellay , seigneur d'Ivetot : « Je veux « qu'on donne à mon petit roi d'Ivetot « une place honorable , selon sa qualité « et le rang qu'il doit tenir.» Pinson de la Martinière rapporte, dans ses Relations de la principauté d'Ivetot, que le Béarnais, se trouvant campé sur cette terre peu de jours avant la bataille d'Ivry , s'écria : « Ventre- saint - gris, si l'on « m'enlevait mon royaume de France , «je serais au moins roi d'Ivetot!»

La capitale de cette principauté , jadis comprise dans le pays de Caux , est au jourd'hui un chef-lieu de sous-préfecture du département de la Seine-Inférieure , comptant une population de 9,021 habitants.

Ivoy (sièges d*). Cette ville, à laquelle Louis XIV imposa, en 1662, le nom de Carignan (voyez ce mot), avait été plusieurs fois assiégée par les Français avant sa réunion au royaume en

Charles d'Amboise étant entré dans le duché de Luxembourg à la tête de 20,000 hommes , se rendit maître de la place par composition en 1481. Louis XI la rendit deux ans après; mais elle fut de nouveau assiégée en 1489, et Robert de la Mark perdit la vie devant ses murs. En 1542 , Ivoy fut emportée et saccagée par le duc d'Orléans; Tavannes avait surtout contribué à ce succès; les commencements du siège n'avaient pas été heureux , et, pour ne pas renoncer à l'entreprise, il avait fallu résister aux volontés du duc de Guise.

Les bourgeois avaient déployé dans la défense une grande intrépidité. La ville fut rendue à Charles-Quint en vertu du traité de Crépy.

Henri II se présenta, en 1552, devant Ivoy à la tête d'une armée formidable.

Les travaux du siège furent poussés avec vivacité par Anne de Montmorency. Bientôt la brèche fut praticable ; mais le comte de Mansfeld,qui défendait la place , opposa mille obstacles à Tim-

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pétuosité des Français, qui , après bien des efforts inutiles,* résolurent enfin de tenter un assaut général. Mansfeld se disposait à la résistance, lorsque les Allemands c|ui composaient sa garnison se soulevèrent et refusèrent de le seconder : prières, promesses, menaces, tout échoua contre cette mutinerie que l'argent du connétable avait suscitée.

Désespéré, le gouverneur fit venir un officier français prisonnier, et lui dit en présence de ses troupes : « Allez, je « vous donne la liberté, et vous prends « à témoin du tort qu'on fait aujour- « d'hui à l'Empereur et à moi. lvoy, « assiégée il y a quelques années par le « duc d'Orléans , fut vaillamment dé- « fendue par Gilles, le forgeron, à la « tête de quelques paysans , et ne se « rendit, qu'à l'extrémité et à des condi- « tions tres-honorables ; et moi, homme « de naissance , capitaine expérimenté , « je me vois forcé, parla lâcheté de mes a soldats, de subir humblement les lois « de l'ennemi ! Toutes les fois que vous « vous rappellerez la grâce que je vous « accorde , n'oubliez pas de me justifier « contre les calomnies de ceux qui vou- « draient noircir ma réputation.» Quand il eut prononcé ces mots , il fit arborer le drapeau blanc , et se rendit prisonnier de guerre avec sa garnison.

Rendue à l'Espagne lors de la paix de 1559, cette forteresse fut rasée en vertu d'un article du traité. La France voulait ainsi prendre sa revanche du traitement que Charles-Quint avait fait subir à la ville de Thérouenne.

En 1592, Henri de la Tour, vicomte 4e Turenne, seigneur de Sedan, se présenta devant lvoy avec une armée composée en grande partie de religionnaires, s'en empara facilement, et la mit au pillage. Deux ans après, elle tomba de nouveau au pouvoir du duc de Bouillon. Plus tard, les gens du duc de Nevers la prirent, la pillèrent encore, et la brûlèrent si complètement, qu'une seule maison resta debout.

» Les fortifications d'Ivoy ayant été, dans les premières années du dix-septième siècle, relevées par l'Espagne, contre la teneur des traités de Cateau- Cambrésis et de Vervins, le gouvernement français envoya, en 1637, le maréchal de Châtillon pour en taire le

siège. Cet officier la prit, en effet, en 1637. Le gouverneur espagnol y rentra . par surprise peu de temps après. Mais Châtillon l'assiégea de nouveau en 1639, la força à se rendre à composition, et la traita fort rigoureusement. A peine y laissa-t-il deux maisons entières. On fit sauter les murailles jusqu'aux fondements, et l'on abattit même l'église à coups de canon. Louis XIII vint assister à cette œuvre de destruction, et y prit grand plaisir, ainsi que nous l'apprend Fontis dans ses Mémoires (tome II, liv. IV, n° 17).

Nous avons dit , à l'article Cabtgnan, qu'Ivoy, cédée à la France par le traité des Pyrénées , devint alors le chef-lieu du duché de Carignan. Cette cession fut confirmée par la paix de Nimègue.

Ivbée (prises d'). — Cette ville, située entre deux collines, sur la Doria, dans une position très-avantageuse, fut attaquée par le duc de Vendôme en 1704, et résista à son artillerie depuis le 17 jusqu'au 28 septembre. Elle fut alors obligée de se rendre; et onze bataillons ennemis y furent faits prisonniers de guerre.

— Le général Lannes reçut ordre, le 24 mai 1800, de s'emparer d'Ivrée, occupée en force par les Autrichiens. Les Français l'investirent, s'élancèrent dans la ville en escaladant les endroits les plus accessibles; enfin les Impériaux y abandonnèrent quinze pièces de canon et cinq cents prisonniers.

Ivby (siège et bataille d'). — « L'an « 1424, les gens du roy Henry assiégè- « rent le chastel d'Ivry, sur les marches « de Normandie, et tant furent devant, « que les gens du roy Charles , qui es- « toient dedens,se midrenten coinposi- « cion, et baillèrent hostaçes de rendre « la place à ung jour qui dit fut, en cas « que les Engles ne seroient combatus « audit jour; et sur ce point envoièrent « devers le roi Charles et son conseil « qu'ilz y pourveissent. Et quant le roi « Charles sceut la vérité, il fist moult « grande assemblée pour estre au jour «desusdit; et pareillement le duc de « Betheford, régent, assembla toute sa « puissance... Et alla ledit de Bethe- « ford , régent , vers Yvry, pour trouver « ses anemis; et quant vint au jour que « Yvry se devoit rendre, le roy Charles

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