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JARDINIER L'UNIVERS. J ARCEAU

Nantes, et se retira à Berlin , où il de- que d'offrir de grandes difficultés ; car vint prédicateur du roi , et pasteur de comment donner à Médée une expresl'église française. Il mourut dans cette sion aimable? Sept artistes l'essayèrent ville en 1708, laissant un grand nom- successivement, et tous les sept échouèbre d'ouvrages, dont les plus importants rent tour à tour. Enfin Beauvalet entresont : Dissertation sur t existence de prit cette œuvre difficile,eteut le bonheur Dieu, Paris, 1744, 2e édit., 3 vol. in-12; de réussir. C'est ce portrait que Jardi- Traité de la vérité et de Vinspiration niergrava, et qui parut sous les noms de des livres de l'Ancien et du Nouveau Care et Beauvalet. Testament, 1715, in-8°. Il avait eu avec Jardinier, timide et modeste , ne re- Bayle et Jurieu de très-vives discus- cueillit pas tout le prix de son travail sions. ni de son talent. Il était peu estimé de

Jarchi (Salomon), savant rabbin, né son vivant, et il est fâcheux d'avoir à

en 1040, à Troyes en Champagne, mort ajouter que son peu de succès fut at-

en 1115, après avoir parcouru toute tribué en grande partie à ce qu'il était

l'Europe , l'Égypte , et une partie de trop négligé dans son costume. Inutile

l'Asie , dans le but d'augmenter ses de dire, après cela , que Jardinier fut

connaissances. On a de lui, en hébreu, refusé par l'Académie, qui ne cherche

des Commentaires sur le Pentateuque, pas de préférence les talents modestes.

le Cantique des Cantiques et l'Ecclé- Il l'avait parfaitement compris , et ne

siaste, imprimés à Naples,en 1487; un s'était mis sur les rangs que sur les

Commentaire sur le Talmud, imprimé pressantes sollicitations de Care. Jar-

à Venise, en 1520, etc. dinier mourut à Paris en 1774. On cite

Jardïn (Nicolas-Henri), né en 1720, parmi ses ouvrages , le Génie de l'honà Saint-Germain des Noyers, en Brie, neur et de la gloire , d'après Annibal remporta , à l'âge de 22 ans , le grand Carrache, et le Silence, d'après Greuse. prix d'architecture, fut envoyé en Ita- Jabgeau ou Gergeau, petite ville lie par le gouvernement , et appelé à de l'ancien Orléanais (aujourd'hui chefson retour en Danemark , par le roi lieu de cantou du département du Loi- Frédéric V, qui lui donna le titre d'in- ret) ; population, 2,500 habitants, tendant général de ses bâtiments. Il oc- C'est dans cette ville que fut conclue, cupa cette place pendant 18 ans, et orna en 1412, la ligue des Armagnacs. Enle- Copenhague d'un grand nombre de vée par les Anglais pendant qu'ils assiébeaux édifices. A son retour en France, geaient Orléans en 1428, elle fut attal'Académie d'architecture l'admit dans quée le 20 mai , par le duc d'Alençou son sein. Il mourut à Saint - Germain et tous ses chevaliers. Après la levée clu des Noyers, en 1799. Son œuvre, qui siège , Suffolk était sorti de la petite est très-considérable, a été publié; il en ville et avait rangé sa garnison en baavait gravé lui-même presque toutes les taille. Les Français, qui ne s'y attenplanches. daient pas , reculaient et semblaient

Jardin des Plantes. Voyez Md- vaincus déjà, quand la Pucelle, pre-

seum d'histoire naturelle. nant son étendard , se porta la pre-

jARDiNiER(CIaude-Donat), graveur, mière en avant. Son exemple, ses panaquitàParis en 1726. Il fut d'abord rôles, rétablirent le combat, et les élève de Dupuis, et reçut ensuite des Anglais rentrèrent dans Jargeau. Le leçons de Le Bas et Laurent. Une Vierge lendemain, les canons et bombardes portant Venfant Jésus, gravure qu'il tirèrent sur la ville. Enfin , le 22 mai , exécuta d'après Maratte, commença sa il y eut brèche suffisante , et la Pucelle réputation. Il avait déjà pris une belle pressa le duc de donner l'assaut. Les place parmi les graveurs, lorsqu'il entre- Anglais se défendirent bravement. Le — prit de graver dans l'atelier de Care, et combat durait depuis quatre heures; souslesyeuxdecetartiste, kportraitde Jeanne, son étendard a la main, fit mademoiselle Clairon, dont Louis XV planter une échelle à l'endroit où la défaisait les frais. Mademoiselle Clairon fense semblait la plus âpre, et monta avait voulu être représentée jolie dans hardiment. Une grosse pierre, roulée le rôle de Médée , ce qui ne laissait pas du haut du mur , la renversa dans le

fossé. «Sus mes amis, s'écria -t-elle « en se relevant, notre sire a condamné «les Anglais; à cette heure ils sont à « nous. »" Bientôt, en effet, la ville fut emportée. Suffolk y fut fait prisonnier avec l'un de ses frères ; un autre y fut tué. Les Anglais furent massacrés dans les rues et dans les maisons , au nombre de 500. Plusieurs furent tués par les paysans furieux et par les gens des communes, entre les mains des gentilshommes qui les avaient reçus à rançon.

Le tumulte était si grand*, que l'église fut pillée, malgré les ordres de la Pucelle.

Charles VII tint, au mois de mai 1430, ses grands jours à Jargeau.Le contrat , de mariage d'Anne de France, fille de Louis XI , avec Pierre de Bourbon , comte de Beaujeu , y fut signé le 3 novembre 1473. Àu dix-huitième siècle levêque d'Orléans était encore seigneur de Jargeau.

Jarles, dénomination donnée aux nobles gaulois.

Jabnac, ancienne seigneurie del'Angoumois, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Charente, avec une population de 2,336 habitants.Cette ville est surtout célèbre par la victoire que le duc d'Anjou , depuis Henri If I , y remporta , en 1569 , sur l'armée des

(>rotestants, commandée par Coligny et e prince de Condé. Jarnac avait donné son nom à une branche de la famille de Chabot.

Jabnac (bataille de). — L'armée des protestants , commandée par Coligny, occupait la rive droite de la Charente, et cherchait à empêcher l'armée catholique de passer cette rivière. Cette armée était commandée par le duc d'Anjou. Ce prince s'empara, le 12 mars, de Chàteauneuf, situé sur la rive méridionale; le pont de cette ville était rompu; les catholiques parvinrent à le rétablir pendant la nuit, et passèrent la rivière sans être aperçus. Dès que Coligny en fut averti , il Vit mettre son armée en retraite, et expédia à Montgonimery, à d'Acier, à Puy-Viaud , qui étaient dispersés avec leurs troupes, à d'assez grandes distances , l'ordre de se diriger vers Bassac, abbaye peu éloignée de Jarnac, où il les attendait. Mais il fut mal obéi ; l'armée du duc d'Anjou avait

tout entière passé la Charente avant que tous ses corps l'eussent rejoint. Il vit

Su'il ne pourrait éviter la bataille, et se écida à attendre l'ennemi à un kilom.

de Bassac, pour profiter d'un petit ruisseau qui le couvrait.

« Ce fut sur les bords de ce ruisseau que se livra la bataille de Jarnac. Le corps de cavalerie que conduisait Puy- Viaud venait d'être mis en désordre ; mais il avait été soutenu à temps par la Noue, la Loue et Dandelot, et il s'était rangé derrière le ruisseau , dont il défendit quelque temps les bords. Enfin, le passage fut forcé par Brissac, qui commandait Pavant-garde catholique; la Noue et la Loue furent faits prisonniers , et déjà le duc de Montpensier avait ordonné qu'ils fusssent pendus, lorsqu'ils furent arrachés au supplice par les représentations du vicomte de Martigues. Coligny, cependant, avait fait reculer les catholiques qui s'étaient trop avancés, et les avait chassés de Bassac ; il avait ensuite continué sa retraite jusqu'à un second ruisseau, où il était encore couvert par un marais , et c'était là qu'il avait fait dire à Condé de venir le soutenir.

« Condé, blessé la veille par une chute de cheval, portait le bras en écharpe; au moment où il rejoignit Coligny, un cheval fougueux de son beau-frère , le comte de la Rochefoucauld , lui cassa la jambe par une ruade. ■ Allons , noblesse française, » s'écria-t-il en s'adressant à trois cents gentilshommes environ qui l'entouraient, et auxquels il montrait sa jambe, « voici le combat « que nous avons tant désiré; souvenez- « vous en quel état Louis de Bourbon « y entre pour Christ et sa patrie. » C'était la devise de sa cornette :

Doux le péril pour Cltrist et le pays.

Mais avec quelque vaillance qu'il conduisît la charge contre la cavalerie ennemie, il était trop tard, une petite partie seulement de la cavalerie des huguenots se trouvait engagée contre toute l'armée catholique; une charge de reîtres avait fait fuir à la débandade le corps qui s'appuyait au marais ; Chastelier Portaut, qui le commandait , renversé de son cheval et fait prisonnier , fut reconnu pour celui qui avait tué

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