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G96 JAUNAYE L'UNIVERS JAY

général en chef de l'armée de l'Ouest, muni des pleins pouvoirs de la Convention pour traiter avec les insurgés et pacifier la Vendée , était parvenu à engager Charette à se prêter a une négociation ; en conséquence, les chefs de l'armée royale promirent de se rendre au château de la Jaunaye (12 février 1795) pour traiter avec les représentants du peuple.

Leurs premières demandes furent exorbitantes; mais ils se. montrèrent bientôt moins exigeants , et les représentants finirent par leur accorder, par une sorte de convention tacite et provisoire, la liberté des cultes , des indemnités pour les paysans qui avaient souffert de la guerre, l'exemption de service pour quelque temps, la formation d'une garde territoriale, soumise aux administrations locales , et dont l'effectif ne devait pas dépasser 2,000 hommes ; C acquittement, sur les fonds de l'État, des bons signés par les généraux vendéens , jusqu'à concurrence de 2 millions.

Du reste , ces concessions devaient figurer, non dans un traité , la république ne pouvant traiter avec des rebelles, mais dans des arrêtés rendus par les représentants. Ceux-ci fixèrent au 29 pluviôse (17 février) In conclusion générale des négociations.

La réunion fut très-orageuse, et les résolutionsdiamétralementopposéesdes deux chefs royalistes , StoHlet et Charette, faillirent amener une collision entre leurs partisans ; Stofflet ne voulait pas qu'on parlât de négociations, haranguait ses officiers le sabre en main , et cherchait à leur rendre suspects Charette et ses intentions pacifiques; tandis que ce dernier, intimement convaincu, sans doute, de la faiblesse de sa cause, discutait à peine, dans une autre salle du château, quelques points en litige, moins pour se refuser à la conclusion du traité que pour faire une retraite honorable. Les déclamations fougueuses de son rival ne purent prévaloir, et il signa , avec ses officiers et Cormatin , représentant de l'armée de Bretagne , le traité qui est connu dans l'histoire sous le nom de convention de la Jaunaye. Les commissaires de la Convention publièrent ensuite les ar-

rêtés qui en ratifiaient les conditions.

Ce traité fut suivi bientôt après de la pacification de la Vendée , pacification qui dura jusqu'à l'époque de l'expédition de Vile-Dieu. (Voyez Dernier , Charette , Stofflet.)

Javols, bourg du département de la Lozère , qui occupe l'emplacement de l'ancienne Gabalum, capitale des Gabali. (Voy. ce mot et Gevaudan.) Au troisième siècle, cette ville devint le siège d'un évéché qui fut transféré deux cents ans après à Mende. Ravagée au cinquième et au sixième siècle par les Vandales, elle fut détruite au septième par les Sarrasins. Javols conserve cependant encore des vestiges de son ancienne splendeur. On y trouva, en 1829, une enceinte circulaire de murailles, probablement un cirque , au milieu de laquelle était une colonne en pierre, dédiée par la cité des Gabali à Posthume, préfet des Gaules, qui devint empereur en 258. D'autres fouilles firent ensuite découvrir* des vestiges d'édifices considérables, des statuettes , des médailles, des ustensiles divers, des poteries, des mosaïques, etc.

Jay (Antoine), né en 1770, à Guitre, près de Libourne, embrassa d'abord la profession d'avocat , puis partit pour ■ l'Amérique du Nord, ou il demeura sept ans. A son retour, en 1802, Fouché,

a ni avait été son professeur au collège es oratoriens de Niort, lui confia l'éducation de ses trois fils. M. Jay vint alors habiter Paris, où il put bientôt se livrer entièrement à son goût pour les travaux littéraires. Sa première production fut le Tableau littéraire du dixhuitième siècle, qui remporta, en 1810, un prix proposé par l'Institut. Deux ans après, son Éloge de Montaigne obtint l'accessit dans un autre concours académique. Choisi par Fouché pour diriger le Journal de Paris, il déploya, dans la rédaction de cette feuille r un véritable talent de journaliste. Nommé, pendant les cent jours , membre de la chambre des représentants, il fit paraître, au commencement de la restauration , une Histoire du cardinal de Richelieu, et prit place parmi les rédacteurs-fondateurs de la Minerve et du Constitutionnel. Il fut envoyé à la chambre des députés en 1827, par les

électeurs de l'un des arrondissements de Paris. On lui doit , outre les ouvrages que nous avons mentionnés , un Eloge de Corneille ; un recueil intitulé le Glaneur ; enfin, les Ermites en prison et les Ermites en liberté, composés en collaboration avec M. Jouy , à la suite d'un mois de détention pour délit de presse.

Jean, roi de France, surnommé le Bon , parce que , d'après les idées de son temps, un homme bon était un homme brave , naquit le 26 avril 1319 et succéda, en 1350 , à son père Philippe VI. Ce prince, dont le règne devait être pour la France une époque d'effroyables calamités , ressemblait tout à fait à Philippe : orgueilleux, brutal, ignorant et cruel, se croyant bon chevalier et grand roi parce qu'il était galant et prodigue. Il débuta par l'assassinat du connétable, comte d'Ku et de Guines, dont le favori royal, Charles d'Espagne, devint immédiatement le successeur. (Voyez Favobis.) Charles le Mauvais, roi de Navarre, dont la haine fut plus d'une fois fatale à Jean et à son (ils, se déclara ensuite contre lui , et la lutte s'engagea dans le Midi entre la France et l'Angleterre.

Pendant ce temps , une famine effroyable dévorait le cœur du pays; le trésor était épuisé. Il fallut , par des concessions , engager les états de la Langue d'oui (1355) à accorder à la royauté des hommes et de l'argent. La bourgeoisie prit de là occasion de s'émanciper; mais son énergie et son dévouement ne pouvaient effacer l'incapacité du monarque. Elle ne put remédier aux maux du royaume : d'ailleurs, « Jean ne vouloit nul maître en France « fors que lui. »

Il le montra bien lorsqu'il eut résolu de se venger des barons qui trahissaient leur patrie pour l'Angleterre. D'Harcourt (voyez ce mot) et trois autres furent décapités à Rouen, devant lui, au sortir d'un festin où il les avait invités, et le roi de Navarre fut jeté en prison. Les parents des victimes appelèrent les Anglais à leur secours.

Edouard III envoya en France son fils, qui ravagea l'Auvergne , le Poitou , le Limousin , le Berry, et battit complè-

tement, près de Poitiers, l'armée indisciplinée de Jean (19 septembre 1356).

A cette funeste journée , qui fut pour l'aristocratie une profonde blessure, et coûta au pays 11,000 morts , le roi fut pris et conduit en Angleterre. Pendant 4 ans que dura sa captivité, le dauphin fut chargé du gouvernement du royaume. La Jacquerie éclata; les états généraux , assemblés par le régent, songeaient déjà à établir un gouvernement démocratique (voyez États généraux ) , lorsque, la liberté ayant été rendue à Charles le Mauvais, Paris se trouva à la veille d'être livré aux Anglais et aux Gascons du Navarrois.

Mais, dans la nuit même où Marcel (voy. ce mot) devait leur en ouvrir les portes, il fut tué par un bourgeois de Paris, nommé Maillard (1er août 1358), et la révolution populaire , si brusque, si héroïque, avorta sans laisser une garantie de liberté. Le dauphin maintint son pouvoir par des supplices ; les provinces se virent dévastées par les nobles, les compagnies d'aventure et les Anglais.

En 1 360, Jean rentra en France , en vertu du traite de Brétigny, et donna pour sa rançon , outre 3,000 écus d'or, 8 provinces *du royaume. La France s'épuisa de nouveau pour payer, tandis que les Tard-venus, la famine, la contagion , la réduisaient aux dernières extrémités. Le roi réunit cependant à la couronne le duché de Bourgogne et les comtés de Champagne et de Toulouse, puis il retourna en Angleterre pour y traiter de la rançon du duc d'Anjou, son frère , qui , gardé comme otage, avait rompu son ban et était revenu en France, ou pour tenir la place du fugitif. « Quelques-uns dirent qu'il n'y alloit que pour son plaisir (*). » Laissant la régence au dauphin, il passa l'hiver à la cour d'Edouard, « liement et amoureusement (**). » Cependant cette captivité tant fêtée ne fut pas de longue durée ; Jean mourut presque subitement , le 8 avril 1364, et ses restes lurent renvoyés à Saint-Denis.

On appelle quelquefois ce prince Jean II , en comptant au nombre des

(*) Guillaume de Nangis.

(**) Froissard.

603 JEAN XXII L'OTlVfcRS. JEANNE D'ALBRET

rois de France, souslenomde./ea?t/er, le fils posthume de Louis X , qui ne vécut que cinq jours.

Jean d'Arbas , secrétaire de Jean, duc de Berry, composa en 1387, par ordre de Charles V , et pour l'amusement de lu duchesse de Bar, sœur de son maître, le roman de Mélusine, imprimé en 1500, à Paris, in-fol., et Lyon, m-4° (lr'édit., très-rare).

Jean d'Auton , historiographe de Louis XII, dont les Chroniques ont été pour la première fois publiées en entier en 1834, par M. Paul Lacroix (P. L.Jacob). Elles ne s'étendent que de 1499 à 1508. Cet historien-poète, fort estimé au seizième siècle, tort oublié depuis, est très-bien informé, très-digne de foi, et ne manque ni de chaleur ni d'énergie.

Jean de Tboyes , greffier de l'hôtel de ville de Paris , au quinzième siècle, passe généralement pour être l'auteur de l'histoire de Louis XI, connue sous le titre de Chronique scandaleuse.

Mais cet ouvrage n'est qu'une copie tirée presque mot pour mot des grandes Chroniques de Saint-Denis et du second volume des Chroniques martiniennes. Il a été publié à la fin du quinzième siècle in-fol., et depuis un trèsgrand nombre de fois, soit séparément, soit à la suite des Mémoires de Comines, soit dans les grandes collections de Mémoires éditées par M. Petitot et par MM. Michaud et Poujoulat.

Jean XXII (Jacques-Renaud d'Ossa ou d'Euse, qui prit, lors de son avènement à la papauté, le nom de), naquit en 1244, d'un savetier de Cahors. Élevé par Pierre Ferrier, archevêque d'Arles, il était devenu évéque de Fréjus, et avait succédé à son protecteur comme chancelier du roi de ISaples , Robert d'Anjou. Celui-ci le fit nommer successivement archevêque d'Avignon, évéque de Porto et cardinal. Enfin , deux ans après la mort de Clément V, la cour

I)ontificale résidant à Avignon , Phiippe le Long enferma les cardinaux dans un couvent de Lyon, en leur déclarant qu'ils n'en sortiraient pas avant d'avoir fait un pape. Ils s'en rapportèrent au choix du cardinal de Porto. C'était un homme de petite taille , d'un extérieur ignoble ; mais il était connu

pour son habileté et son savoir; il prit la tiare pour lui : Ego sum papa (7 août 1316).

Il se crut appelé à régenter la France, où il voyait un roi jeune et faible de tête, et des princes brouillés entre eux. Il se fixa donc à Avignon. Il donna des conseils au roi, adressa des reproches à l'université de Paris , voulut réformer l'académie d'Orléans, confirma les privilèges de l'université de Toulouse, changea toute l'organisation des évéchés du Midi, multiplia dans le royaume les supplices des sorciers, pour lesquels lui-même éprouvait des terreurs suîerstitieuses, et les persécutions contre esfratricelles ou béguards; enfin, il activa les sacrifices humains de l'inquisition. Mais bientôt Charles IV entama avec lui des négociations pour se faire lui-même nommer pape. Philippe VI les continua et lui imposa des conditions très-rigoureuses pour son engagement de marcher à la croisade (1332). Le souverain pontife n'était plus qu'une créature de la France. Sur ces entrefaites, la Sorbonne l'accusa d'hérésie, et Philippe le menaça du bûcher. Jean rétracta alors les propositions peu orthodoxes qu'il avait émises. Il mourut au milieu de ces embarras, le 4 décembre 1331 , laissant comme fruit de sa rapacité un trésor de 25 millions de florins (300 millions de francs). Il eut pour successeur un autre pape français, Benoît XII.(Voy.cemot.)

Jeanne d'Albret naquit en 1531, de Henri d'Albret , roi de Navarre , et de Marguerite , sœur de François Ier.

La maison d'Albret était une des plus nobles et des plus riches maisons princières de l'Europe ; elle possédait, outre la basse Navarre , le Béarn , les pays d'Albret, de Foix, d'Armagnac, et plusieurs autres grandes seigneuries. Charles V convoitait ces propriétés, qui lui eussent donné une large entrée dans les Etats du roi de France ; il songea à s'en rendre maître d'une façon pacifique, et fit demander pour son fils , l'infant Philippe II, la main de Jeanne. Henri d'Albret eût cédé peut-être; mais François Ier s'opposa formellement, comme oncle et comme roi de France , à une union dont il sentait le danger. Quelque temps après , la jeune princesse fut fiancée au duc de Clèves ; mais ce mariage

fut encore rompu par la politique , et Jeanne avait environ dix ans lorsqu'elle épousa, à Moulins , Antoine de Bourbon , duc de Vendôme. Or , c'était le temps de la réforme , tous les esprits étaient préoccupés de ce grand mouvement , ja France entière se partageait en deux camps ennemis : Antoine de Bourbon avait embrassé les doctrines de Calvin ; mais Jeanne, qui par la suite montra tant de zele pour la réforme , était encore, à l'époque de son mariage, assez indifférente a toute doctrine, uisque, selon Brantôme, elle conseilla son époux « de ne point s'embarras- « ser de toutes ces nouvelles opinions.»

Mais Jeanne était moins circonspecte à l'égard delà politique et même île la guerre ; elle suivit en effet Antoine de Bourbon en Picardie, où il était chargé de commander unearmée française destinée à repousser Charles-Quint/Devenue enceinte durant cette campagne , elle alla rejoindre son père dans la Navarre , et ne tarda pas à y accoucher. Chacun sait qu'elle chanta, pendant les heures douloureuses de l'enfantement, une chanson béarnaise qu'affectionnait son père.

Henri d'Albret étant mort, en 1555, Jeanne lui succéda, avec son mari, dans la souveraineté de Navarre et de Béarn, d'où son lils fut appelé le prince de Béarn ou le Béarnais. Le duc de Bourbon et sa jeune épouse se trouvaient alors à la cour de France ; ils ne retournèrent dans leur petit royaume que contre la volonté de Henri II , et, au bout de deux années , ils durent reparaître à la cour. Le roi de Navarre, prince du sang royal de France , avait été nommé lieutenant général du royaume. Il fut tué au siège de Rouen ; sa veuve, qui avait suivi jusque-là sa fortune, retourna presque immédiatement en Navarre, où elle embrassa le calvinisme, dont elle fut depuis lors un des plus fervents apôtres.

Dès avant cette abjuration, la cour de Rome, usant de son prétendu droit de disposer des couronnes , avait investi le roi d'Espagne du petit royaume de Navarre, dont du reste celui-ci ne prit jamais possession. Cet attentat du saintsiége fut peut-être une des causes qui déterminèrent Jeanne à embrasser le protestantisme; mais du moment où

elle fut entrée dans cette nouvelle croyance, elle ne regarda plus la reli-

f;ion avec cette indifférence que nous ui avons vu montrer à l'époque de son mariage, et son fils fut élevé dans toute la rigueur d'un culte dont elle-même remplissait les obligations avec la plus sévère ponctualité.

Elle publia en 1567, à la demande des états de Béarn , un édit pour l'établissement du calvinisme dans son rovaume, et bientôt, protectrice déclarée cle la réforme, .*lle alla avec son fils s'enfermer à la Rochelle. Le jeune prince avait à cette époque 16 ans à peine.

Mais, peu de temps après, la cour de France chercha et trouva les moyens d'attirer à Paris les chefs du protestantisme : l'union du Béarnais avec Marguerite de Valois, sœur de Charles IX, fut l'appât offert à la bonne foi des réformés. Jeanne d'Albret hésita longtemps avant d'accepter ce brillant mariage, qui, à ses yeux clairvoyants, semblait cacher quelque piège; là réputation de la princesse Marguerite, l'éducation qu'elle avait dû naturellement recevoir à la cour corrompue de Catherine deMédicis, la lui faisaient redouter pour son lils; mais elle mourut à Paris, le 9 juin 1572. On répandit le bruit d'un empoisonnement qui n'a jamais été prouvé, et qui, disait-on, s'était effectué au moyen d'une paire de gants. Deux mois plus tard, elle serait peut-être tombée victime des assassins de la Saint- Barlhélemy.

Jeanne d'Albret, qui écrivait également bien en vers et en prose , a laissé bon nombre de vers, la plupart inédits; quelques sonnets seulement ont été imprimés dans le recueil de Joachim Dubellay.

Jeanne de France, fille aînée de Louis de France , comte d'Évreux , fut femme de Charles le Bel , son cousin germain. Elle n'eut point d'enfants, et son époux vit s'éteindre en lui la race des Capétiens directs. Elle mourut en 1300, à Brie-Comte-Robert.

Jeanne de Navarre, née en 1272, fille et unique héritière de Louis I'*, roi de Navarre et comte de Champagne, fut mariée en 1280 à Philippe le Bel.

Jeanne, ou plutôt les états de son petit royaume et de son comté champenois,

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