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JEANNIN

stipulèrent , lors de ce mariage , qu'à elle seule appartiendrait l'administration de ses États héréditaires, et bien leur en prit, car son gouvernement fut aussi sage que glorieux. Elle chassa les Aragonàis et les Castillans , qui s'étaient introduits jusqu'au cœur de la Navarre ; aussi les Navarrais conservent-ils encore aujourd'hui son souvenir ; ils rappellent avec reconnaissance que ce fut elle qui fonda une de leurs villes nommée Puenta-Ia-Reyna. En 1297, le comte de Bar ayant fait une irruption en Champagne, Jeanne se mit elle-même à la tête d'une armée, tailla en pièces les troupes du comte , et l'amena prisonnier a Paris, où elle ne lui rendit la liberté qu'à la condition qu'il se déclarerait son vassal. Les intérêts des États particuliers de Jeanne ne l'empêchaient pas de s'occuper aussi de la France proprement dite. Elle siégeait dans les conseils de Philippe le Bel, et il ne tint pas à elle que plusieurs des hontes de ce malheureux règne ne se changeassent en autant de gloires. Le procès des templiers ne commença qu'en 1307, deux années environ après sa mort. Elle a attaché son nom à un établissement fameux , le collège de Navarre , qu'elle fonda, et duquel sont sortis tant d'élèves fameux. L'école polytechnique actuelle est en partie formée des bâtiments de cet ancien collège.

Jeanne de Navarre, née en 1312, de Louis le Hutin et de Marguerite de Bourgogne, fut mariée en 1317 à Philippe, comte d'Évreux. Elle succéda ensuite comme reine de Navarre à son oncle Charles le Bel , mort sans enfants.

Elle mourut elle-même à Conflans en 1349 , figée de moins de 38 ans , et fut inhumée à Saint-Denis, près de son frère Louis X.

Jeanne de Valois , fille de Louis XI et.de Charlotte de Savoie, naquit en 1464, et lut mariée, à l'âge de 12 ans. à Louis d'Orléans , qui fut depuis Louis XII. Lorsque ce prince monta sur le trône, son ancien amour pour Anne de Bretagne, et peut-être aussi la raison d'État, lui inspirèrent le désir d'épouser la veuve de Charles VIII. Il sollicita du pape une sentence de divorce. La morale réprouvait certainement cette démarche, car Louis XII ne

pouvait arguer contre sa malheureuse femme d'autre grief que de n'avoir pas su lui plaire ; mais le pape d'alors était l'odieux Alexandre VI , il ne s'agissait que de l'acheter , et la sentence fut facilement obtenue. La conduite de Louis XII fut cruelle durant ce malheureux procès , qui fut des plus scandaleux.

Jeanne, qui ne se défendit même pas, fut répudiée , et reçut pour douaire le Berry, où elle se retira, cherchant dans le sein de la religion des consolations que désormais le monde ne pouvait plus lui offrir. La malheureuse reine avait alors environ 34 ans. Renonçant à toute habitude de luxe , elle mena' dans cette province la vie la plus humble et la plus sainte , n'ayant pour tout vêtement qu'une bure grossière, et distribuant aux pauvres la presque totalité de son revenu. Elle entra en 1514 au couvent de l'Annonciade , qu'elle avait fondé à Bourges ; elle y mourut l'année suivante, à l'âge de 50 ans, en odeur de sainteté.

Jeannin (Pierre), naquit à Autun en 1540. Son père était tanneur et éehevin de cette ville. Il fut reçu avocat en 1 569 , et choisi en 1571 pour être le conseil des états de Bourgogne. Ses talents rélevèrent ensuite en peu de temps aux fonctions de conseiller , de président , et enfin de premier président du parlement de Dijon. Engagé dans le parti des ligueurs, il se retira de cette faction dès qu'il eut appris l'abjuration de Henri IV. Déjà , depuis quelque temps , il engageait Mayenne à se soumettre , et aux états de Blois, il avait le premier soutenu les droits de la maison de Bourbon (1588). Henri IV disait hautement qu'il avait fait, en Jeannin le bon homme, une véritable conquête. Il récompensa ses talents et sa probité en l'admettant dans son conseil , et en lui témoignant dans toutes les occasions une confiance également honorable pour le ministre et pour le souverain. Jeannin fut chargé en 1607 de négocier la paix entre les Hollandais et le roi d'Espagne, et parvint à l'obtenir.

Marie de Médicis continua de l'employer, et lui conféra le contrôle général des finances , fonctions dont il s'acquitta avec intégrité et sagesse.

Cet homme d'État , un des plus re-

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FRANCE. JÉMMAPES

marquables qu'ait produits la France , mourut le 31 octobre 1622. Son opposition au massacre de la Saint-Barthélemy est un des traits qui honorent le plus sa vie. On a de lui des Négociations j publiées par l'abbé de Castiile , son petit-fils, Paris, 1656, in-fol., et insérées dans les Collections de mémoires relatifs à l'histoire de France.

Jeaubat (Edme-Sébastien) , astronome, né à Paris en 1724. Devenu professeur de mathématiques à l'école militaire en 1753, il fut reçu à l'Académie des sciences, et nommé membre de l'Institut à sa création. Il est mort en 1803, doyen des astronomes de l'Europe. On a de lui un bon Traité de perspective, 1750, in-4° ; de Nouvelles tables de Jupiter , 1766, in-4°; et 12 vol. de la Connaissance des temps.

Jemerii, petit peuplegaulois dont les localités de Vaumielles-lez-Jaumes , et surtout de Saint-Jemmes , déterminent la position et retracent le nom.

Jemmapes (département de) , réuni à la France , par le traité de Luuéville, avec les huit autres départements formés dans les Pays-Bas autrichiens. Ce département comprenait l'ancien comté de Hainaut. Il était borné au nord par les départements de l'Escaut et de la Dyle; à l'est par celui de Sambre-et- Meuse ; au sud par ceux du Nord et des Ardennes. La ville de Jemmapes, théâtre de l'une de nos plus belles victoires, lui avait donné son nom. Son chef-lieu était Mons; il était divisé en trois arrondissements : Mons, Tournay etCharleroy. Enlevé à la France en 18 U , il fait 'maintenant partie du royaume de Belgique.

Jemmapes (bataille de). — Dumouriez avait besoin d'une victoire pour faire oublier la complaisance et la courtoisie avec lesquelles il avait permis aux Prussiens de repasser nos frontières.

Valence commandait la droite de l'armée des Ardennes, forte de 24 bataillons et 12 escadrons; la gauche, aux ordres du général d'Harville, devait partir de Maubeuge et marcher sur Charleroy; Dumouriez, à la tête du centre, se trouvait entre Quarouble et Quiévrain; l'aile gauche, composée d'environ 18,000 hommes, sous les ordres de la Bourdonnaye, devait empêcher le

corps autrichien de Tournai de se porter sur Mons.

Le 28 octobre 1792, Beurnonville, commandant l'avant-garde, se porta à Quiévrain; la Bourdonnaye fit aussi un mouvement en avant sur Tournai et Ypres, garda le pont de Bouvine, et envoya le général Du val à Pont-à-Tressin ; d'Harville vint camper à lions, près du bois de Sar, à la droite de l'armée.

«Le duc Albert, avec 15 à 20,000 hommes , était en avant de Mons. Beaulieu commandait la gauche sur les hauteurs de Bethmont; la droite, sur celles de Jemmapes et de Cuesmes, obéissait à Clairfayt. Ces positions avaient été fortifiées avec un soin extrême. Aussi les généraux autrichiens s'attendaientils peu à une attaque sur ce point, où l'on avait entassé redoutes sur redoutes. Quatorze de ces redoutes se trouvaient élevées et garnies de pièces de trentesix. Outre cette artillerie, le parc de réserve contenait dix-huit bouches à feu de gros calibre; les nombreuses pièces attachées aux différents corps étaient répandues sur le front de la ligne.

« Les villages de Jemmapes, de Cuesmes et le taillis de Blenu couvraient le centre de l'armée ennemie. Le général autrichien avait fait barricader ces hameaux; il avait aussi jeté dans le taillis quelques compagnies de chasseurs tyroliens aussi bons tireurs que braves soldats. Pourtant la formidable position des Autrichiens offrait un grand désavantage, elle ne présentait qu'une seule route, qu'une seule issue en cas de défaite, c'était Mons; et le moindre pas rétrograde de la gauche mettait Clairfayt dans l'impossibilité de regagner les portes de cette ville.

« En avant de cette ligne de bataille, plusieurs postes étaient occupés par les Autrichiens. La position de Boussu, que protégeait le bois qui s'étend de Frasmeries à VaSme, fut attaquée le 3 novembre par trois bataillons de patriotes belges, qui s'étaient réunis à l'approche des républicains , et qui faisaient partie de l'armée française. Enlevée au premier choc, cette hauteur fut reprise sur les assaillants. Par suite du mauvais succès de cette attaque, Beurnonville crut devoir se replier jus-

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