JÉRÔME BONAPARTE L'ÛNIVER$. JÉRÔME BONAPARTE
avait composés pour les majuscules des lettres latines, espagnoles, lombardes, saxonnes et carolines. On ignore l'époque de sa mort. Sixte IV l'avait décoré du titre honorifique de cornes palatinus.
Jérôme, adjudant-major du 4* bataillon de l'Yonne, montra une valeur héroïque à la bataille de Loano, au mois d'octobre 1795, contre les Austro-Sardes , où il soutint avec 25 hommes la fusillade de 300 ennemis. Il venait de rentrer à son bataillon après cette expédition , lorsqu'il aperçut un peloton de 150 Autrichiens qui dépouillaient des prisonniers français. Aussitôt, malgré une blessure qu'il avait reçue à la tête , et sans prendre le temps' de se faire panser, il se précipite sur eux avec quelques braves , les oblige eux-mêmes à mettre bas les armes, et délivre ainsi ses camarades. Il laisse alors les nouveaux prisonniers à la garde des Français qu'il vient de dégager , et , suivantses instructions , parcourt les crêtes les plus élevées pour s'assurer des positions. Attaqué par des forces supérieures , il se délendit longtemps avec son sabre, puis quand cette arme se fut brisée entre ses mains, il combattit avec des pierres, et renversa encore plusieurs Autrichiens.
Cependant, blessé de nouveau, il allait succomber , lorsque l'arrivée d'un détachement français le délivra.
Jérôme Bonaparte, le plus jeune des frères de Napoléon, naquit à Ajaccio, en 1784. Au sortir du collège de Juilly , où il fit ses études , il entra dans la marine, fut, nommé, en 1801, lieutenant de vaisseau, et partit sous le général Leclerc pour l'expédition de Saint-Domingue. En 1803 , comme il commandait la frégate VÈpervier , les forces anglaises l'ayant contraint de se retirer à New-York, il y épousa , quoique mineur et sans l'aveu de sa famille, mademoiselle Patterson, fille d'un commerçant de Baltimore. Ce mariage déplut a Napoléon, qui, malgré la douleur et la résistance de Jérôme, tendrement attaché à sa femme dont il avait un fils, le fit casser, A son retour en France, en 1805, Jérôme futchargéd'une mission
Srès du dey d'Alger, mission à la suite e laquelle il fut élevé au grade de capitaine de vaisseau. En 1806, il fut ap-
pelé au commandement d'une escadre de huit vaisseaux , qu'il conduisit à la Martinique , et à son retour il fut fait contre-amiral. En 1807 , il quitta le service de mer pour prendre le commandement d'un corps de Bavarois et de Wurtembergeois , à la tête duquel il s'empara de la Silésie , succès qui lui valut le grade de général de division. Le 7 juillet fut signée la paix de Tilsitt, un mois plus tard, Jérôme épousa Frédérique-Catherine, fille du roi de Wurtemberg , et six jours après (13 août), il fut créé roi de Westphalie. Le gouvernement de Jérôme a donné lieu à des critiques sévères, et, dans le Mémorial de Sainte- Hélène y Napoléon s'est exprimé sur le compte de Tex-roi plus sévèrement que personne. « Jérôme, dit- « il , était un prodigue dont les débor- « déments avaient été criants. Son «excuse peut-être pouvait se trouver « dans son âge et dans ceux dont il s'é- « tait entouré. » — « En mûrissant, dit « ailleurs Napoléon , Jérôme eût été « propre à gouverner, et je découvrais « en lui de véritables espérances (*). » Malheureusement , nos désastres ne lui laissèrent pas le temps de mûrir. Au reste, durant son règne, sauf les étourderies de jeune homme qui lui appartiennent en propre , il ne fut guère que le lieutenant de Napoléon. Le roi de Westphalie fit la campagne de 1812 , à la tête d'une division allemande, qui se distingua aux combats d'Ostrowa et de Mohilow. Malheureusement, il se laissa surprendre à Smolensk , faute désastreuse qui le fit reléguer à Cassel. En
1813, quand nos armées cédèrent devant la coalition, Jérôme dut se retirer de l'Allemagne.
Après l'abdication de l'empereur en
1814, il retourna à la cour de Wurtemberg. Il était à ïrieste avec sa femme quand la nouvelle de l'événement du 20 mars le ramena à Paris. Il siégea à la chambre des pairs , et suivit Napoléon en Belgique , où il déploya dans
(*) « Au retour de Vile d'Elbe, il semblait avoir beaucoup gagné, et donnait de grandes espérances. Puis il existait un beau témoignage en sa faveur, c'est l'amour qu'il avait inspiré à sa femme. »
{Mémorial.)
plusieurs combats la plus grande bravoure ; il fit à Waterloo, jusqu'au dernier moment , les plus honorables efforts.
Après la seconde abdication, Jérôme alla rejoindre sa femme dans le Wurtemberg. En 1816, le roi son beau-père lui conféra le titre de comte de Montfort, que Jérôme a porté depuis lors.
Il réside alternativement dans un château qu'il possède près de Vienne, et à ïrieste. Le fils de Jérôme et de mademoiselle Patterson , lequel porte aussi le nom de Jérôme Bonaparte, aujourd'hui négociant aux États-Unis , a préféré l'indépendance de citoyen américain aux titres plus fastueux que lui offrait l'Europe.
Jérusalem (prise de — 1099). L'armée des croisés arriva sous les murs de Jérusalem, après une marche longue et pénible. Lorsque, au lever du soleil, la ville sainte se découvrit à leurs regards, le cri de Jérusalem! Jérusalem! fut répété à la fois par 60,000 bouches , et retentit au loin sur le mont de Sion et sur celui des Oliviers; puis, une sorte de pieux délire s'emparant de toutes les âmes, on les vit se jeter à genoux, se prosterner dans la poussière, et baiser avec respect cette terre sacrée. Ils pleuraient, ils frappaient leurs poitrines , et renouvelaient, dans un saint transport , le serment d'affranchir Jérusalem.
Les chefs se fièrent à cet enthousiasme : ils donnèrent aussitôt, sans machines de guerre , un assaut qui fut repoussé. Il tatlut alors tout préparer avec la lente, régularité d'un siège ordinaire ; l'armée chrétienne eut à essuyer les ardeurs dévorantes de la soif : on était au cœur de l'été. L'arrivée d'une Hotte génoise vint ranimer le courage des croisés. Une procession faite autour de la ville rendit à leur foi toute son ardeur. L'assaut fut résolu. Il échoua de nouveau ce jour-là (14 juillet). Mais le lendemain, au moment où les chrétiens, succombant à la fatigue, allaient encore une fois se retirer devant l'opiniâtre résistance de l'ennemi, ils virent, disent les récits contemporains, apparaître sur le mont des Oliviers un cavalier revêtu d'une armure éclatante, qui agitait son bouclier, et leur donnait le signal d'en-
T. ix. Ah* Livraison. (Dict. enci
trer dans la ville. Godefroy de Bouillon fut le premier à s'écrier que c'était saint George oui venait au secours des chrétieus; rien dès lors ne put arrêter leur impétueuse valeur. Une tour roulante abaissa son pont-levis sur la muraille : chefs et soldats s'y précipitèrent ensemble.et bientôt la bannière de la croix y fut arborée. Tancrède et le comte de Toulouse forcèrentde leur côté tous les obstacles ; enfin, les croisés vainqueurs, après avoir assouvi dans le sang des infidèles leur soif de vengeance , allèrent se prosterner devant le saint sépulcre.
Jérusalem (royaume de). Dix jours après que la ville sainte fut tombée au pouvoir des croisés, les principaux chefs s'assemblèrent, et décidèrent que dix hommes choisis dans le clergé et dans l'armée éliraient un roi. Les membres de ce conseil jurèrent en présence des soldats de n'écouter aucun intérêt personnel. L'élection eut du reste un caractère vraiment démocratique; Guillaume de Tyr rapporte que l'on mit le plus grand soin à consulter l'opinion de l'armée sur chacun des chefs , et que l'on alla jusqu'à interroger , sous la foi du serment , les familiers et les serviteurs de tous ceux qui avaient des prétentions à la couronne. Après cette enquête, Godefroy de Bouillon fut solennellement proclamé roi. Mais il ne voulut pas se décorer de ce nouveau titre , qu'il remplaça par celui de défenseur et baron du saint sépulcre.
Bientôt on apprit les préparatifs du calife fatimile d'Egypte pour reconquérir la ville sainte. Les croisés, au nombre de 20,000, marchèrent au-devant de l'ennemi , qu'ils rencontrèrent dans la plaine d'Ascalon (12 août 1099). La bataille fut courte et la victoire facile. Ce ramas indiscipliné de fantassins mal armés et' de cavaliers du désert ne put tenir contre les armures de fer et la vaillance exercée de l'armée chrétienne.
La victoire d'Ascalon mit un terme aux longs travaux de la première croisade.
Aussi les croisés rentrèrent-ils en triomphe dans Jérusalem, « au milieu de la suave et délectable harmonie des chants qui , selon un chroniqueur contemporain , retentissaient dans les vallées et sur les montagnes. »
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