‹ FranceChapitre 324 sur 378 · JODELLE · texte numérisé non relu

JODELLE

une loi ordonna la suppression des maisons de jeu, pou rie Ier janvier 1838. Une autre loi avait déjà supprimé la loterie. (Voy. ce mot.)

Aux jeux publics ont cependant survécu parmi nous des jeux non moins funestes, ceux que l'on pourrait appeler les délits ou même les crimes de la Bourse.

Jeox publics. Voyez Cabbousbls, Fêtes, Fous (fêtes et sociétés de), Tournois, etc.

Jeu de Paume (serment du). Voyez Assemblée nationale.

Jeudi (le grand). C'est le nom que Ton donna au jeudi 23 avril de Tannée 1643 , à cause de l'agitation et du tumulte qui , ce jour-là, régnèrent à la cour, réunie à Saint-Germain. Louis XIII venait de recevoir l'extrême-onction; son agonie se prolongea encore pendant trois semaines; il ne mourut que le 14 mai suivant.

Jeune. Cette pénitence ? qui se retrouve dans toutes les religions, était

firatiquée par les premiers moines avec a plus grande austérité. Il paraît, d'ar près le témoignage de saint Bernard , qu'en France, au douzième siècle, nonseulement les moines , mais les fidèies, jeûnaient encore jusqu'au -soir. Néanmoins , il est permis de croire que cet usage était loin d'être général.

Le jeûne perdit peu a peu de sa sévérité jusqu'au seizième siècle. Mais à cette époque la réforme et les guerres de religion ayant produit chez les catholiques une recrudescence de ferveur religieuse, l'observation du jeûne et du carême devint très-rigoureuse ; on vit alors le moindre manquement aux ordonnances de l'Église causer à ceux qui les avaient commis de très-grands dangers. (Voyez Carême.) Jeunesse dobée. Voy. Fréron.

Jeux -partis. Les poètes nomades du moyen âge composaient des poèmes dialogues, souvent mêlés de musique à deux parties : c'est ce qu'on nommait des jeux-partis.

On trouve des jeux -partis qui, comme la Cour de paradis, offrent une image curieuse des cours d'amour, ou comme le Purgatoire de saint Patrice , un mélange de la littérature , des mœurs et des croyances de plusieurs peuples ,

ou comme Aucassin et Nicolette . i?obin et Marion , des pastorales pleines de grâce et de fraîcheur. Ces petits drames s'exécutaient ordinairement sur des espèces de théâtres en présence d'un noble auditoire.

On appelait particulièrement tensons les poèmes dialogues roulant sur une question d'amour, de poésie ou de chevalerie.

Joachimites , hérésiarques qui furent condamnés par le concile d'Arles , tenu en 1260 ou 1261. Ils prétendaient que le Père avait opéré depuis le commencement du monde jusqu'à la prédication de J. C; que le Fils à son tour avait opéré jusqu'en 1260, époque à laquelle commençait, pour ne unir qu'à la un du monde, le règne du Saint-Esprit.

Ils soutenaient en outre que sous l'opération du Père, les hommes vivaient selon la chair; que sous celle du Fils, ils vivaient entre la chair et l'esprit ; enûn, que, sous la troisième, ils vivaient plus parfaitement, et uniquement selon l'esprit.

Jodelle ( Etienne) ,sieur d u Ly mod i n , né à Paris en 1532 , fut le premier en France qui imagina de composer des tragédies à l'imitation de celles des Grecs, c'est-à-dire, avec des prologues et des chœurs. Ces tragédies sont Cléopâtrc captive et Didon se sacrifiant. Voici le jugement qu'en a porté la Harpe :

« Il n'y a aucune étincelle du génie des Grecs , aucune idée de la contexture dramatique; tout se passe en déclamations et en récits. Le style est un mélange de la barbarie de Ronsard et des froids jeux de mots que les Italiens avaient mis à la mode en France. » La comédie en 5 actes d'Eugène ou la Rencojitre mérite les mêmes reproches.

CUopâtre fut jouée en 1552, à l'hôtel de Reims, puis au collège de Boncour, en présence de Henri II , qui récompensa l'auteur par une gratification de 500 écus. Jodelle lui-même représentait Cléopâtre; les autres rôles étaient joués par des poètes de ses amis, Remi Belleau, Jean de la Péruse, etc.

Ceux-ci passant ensuite le carnaval à Arcueil avec Jodelle , s'avisèrent, pour lui faire honneur, de célébrer une de ces fêtes à Bacchus , qui , chez les Grecs, avaient donné naissance à la

tragédie; ils lui amenèrent un bouc orné de guirlandes , en dansant et en chantant en chœur des dithyrambes de leur composition. L'affaire fit du bruit et faillit leur être funeste. On ne les accusa de rien moins que d'idolâtrie et d'athéisme.

Jodelle mourut à Paris en l.r>73, âgé de 41 ans.

Tous les biographes ont avancé auMl était mort dans la misère. On peut douter de cette assertion quand on trouve, dans un compte de dépenses de Charles IX(*),que, très-peu de temps avant sa mort , le poète recevait du roi des sommes considérables. Voici du reste le texte de l'article : « 29 octobre 1572. « — A Estienne Jaudelle, sieur de Li- «modyn, l'un des poettes dudict sieur, « la somme de 500 livres tourn., en con- « sidération des services qu'il luy a cy- « devant et de longtemps faicts en son « dict estât, et mesmes pour luy donner «moyen de se faire panser d'une mal- «ladie,de laquelle il est à présent dé- «tenu , et supporter les frais et des- « pences qu'il est contraint de faire en « ceste occasion , et en oultre et par- « dessus les autres dons et bienfaicts « qu'il a cy-devant eus dudict sieur. »

Joh anneau (Éloi), né à Contres , près de Blois,en 1770, a publié, comme éditeur , les Mémoires de l'académie celtique, Paris, 1807 et années suivantes, 5 vol. in-8°, auxquels il a fourni un grand nombre de dissertations pleines d'intérêt; on lui doit Y Alphabet de la langue primitive de V Espagne, traduit de 1 espagnol de M. de Erroy Aspiroz; Mélanges d'origines étymologiques et de questions grammaticales , Paris, 1818 , in-8°. Il a encore été l'éditeur des Œuvres de Rabelais , édition variorum, Paris, 1823-1826, 9 vol. in-8°.

Johannot (Ch. H. Alfred), graveurdessinateur et peintre distingué de l'école française, naquit en 1800 , à Offenbach-sur-le-Mein; il descendait par son père d'une famille française, que la révocation de l'édit de Nantes avait forcée de se réfugier à l'étranger. Son père vint se fixer a Paris avec sa famille en 1806. Alfred se livra bien jeune en-

(*) Arch. cur. de th'ist. de France , tome /VIII (t" série), p. 35q.

core à son goût prononcé pour le dessin ; mais il fut obligé de suivre à Hambourg son père, nommé par l'empereur inspecteur de la librairie, et il se trouvait dans cette ville au moment où elle fut assiégée en 1813. En 1818, il revint de nouveau à Paris, et, après la mort de son frère Charles, graveur distingué (1835), il s'adonna sans relâche à la gravure. La première planche qu'il grava fut d'après le tableau des Orphelins de Scheffer. Ses succès en ce genre ne l'empêchèrent pas de se livrer à la peinture, et en 1831 il exposa, avec son frère Tony , deux cadres contenant 24 tableaux destinés à être gravés pour les œuvres de Walter Scott, puis un grand tableau de chevalet , V Arrestation de Jean de Crespière sous Richelieu. Ces œuvres, qui attirèrent l'attention du public , furent suivies d'ouvrages non moins importants, parmi lesquels nous citerons : Don Juan naufragé, et une Scène de Cinq-Mars (1831) ; Y Annonce de la victoire d'IIastenbeck (au Palais- Rovnl); Y Entrée de mademoiselle de Môntpensier à Orléans (1833) ; François Ier et Charles Quint (1835); Henri Il et sa famille ; Marie Stuart quittant V Europe; et enfin François de Lorraine présentant, après la bataille de Dreux, les officiers de son armée à Charles IX, tableau d'une très-grande dimension (au château d'Eu). Mais son travail assidu avait épuisé ses forces et développé une maladie de poitrine dont il était atteint depuis longtemps. Il mourut en 1837. Outre les œuvres que nous avons citées , Alfred Johannot a produit un nombre immense de vignet- !

tes, d'aquarelles, de sépia et de dessins qui ont rendu son nom populaire. Quelques-unes de ses aquarelles ont, jusqu'à un certain point , l'importance de tableaux à l'huile.

Johannot ( Tony ) , frère du précédent, est né aussi & Offenbach (Hesse- Darmstadt), le 9 novembre 1803 ; mais trop de titres les rattachent tous deux à la France pour qu'elle ne les réclame pas comme une de ses gloires Leur famille, d'ailleurs, était française. Établie à Aunonay, elle ne quitta le sol de la France que pour échapper aux conséquences de la révocation de Tédit de Nantes. En 1814 , Tony Johan-

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