‹ FranceChapitre 330 sur 378 · JOURDAN L'UNIVERS. JOURDAN · texte numérisé non relu

JOURDAN L'UNIVERS. JOURDAN

dément; mais le département de la Haute-Vienne le nomma au Conseil des Cinq-Cents, assemblée dont il fut élu président à deux reprises différentes. Le 18 novembre, il fît un rapport sur les moyens de distribuer le milliard promis aux troupes, et ce fut lui qui» en 1798, proposa de soumettre àla conscription tous les Français depuis l'âge de 21 ans jusqu'à 25. Au mois d'octobre de cette même année , il reçut du Directoire le commandement de l'armée du Danube ; et , nonobstant l'extrême faiblesse de cette armée , suppléant au nombre par l'habileté, il passa le Rhin et s'empara de la Souabe. Avec ces forces inférieures, il attaqua les Autrichiens à Liebtinçen, et l'honneur de cette journée lui resta. Obligée toutefois de battre en retraite , l'armée du Danube passa, peu de temps après, sous le commandement de Masséna , et le général Jourdan fut nommé inspecteur général d'infanterie. Rentré au Conseil des Cinq-Cents, il provoqua l'appel sous les drapeaux des conscrits de toutes les classes, et demanda qu'une commission fût chargée de présenter des mesures vigoureuses contre les périls qui entouraient la république.

Il se montra opposé à la révolution du 18 brumaire, et cette désapprobation le fît exclure du Corps législatif et reléguer dans la Charente- Inférieure. Cet exil cessa bientôt, mais non la rancune de Napoléon.

Nommé ambassadeur extraordinaire dans le Piémont, puis administrateur général de ce pays, il y rétablit l'ordre dans les finances, y fit régner la justice et extirpa le brigandage. {Nommé conseiller d'État en 1802, sénateur et maréchal d'empire en 1803 , Jourdan était investi du commandement en chef de l'qrmée d'Italie, à l'époque où Napoléon se fit couronner roi d'Italie. Mais aussitôt que la guerre fut déclarée, les troupes passèrent sous le commandement de Masséna , ce qui blessa vivement le maréchal Jourdan. Ku 1806, il fut nommé gouverneur de Nantes, et, en 1808 , il suivit en Espagne le roi Joseph, avec le titre de major général.

Mais fatigué d'une situation qui lui semblait un peu équivoque, il demanda son rappel après la campagne de 1809.

Au moment d'entreprendre la campagne de Russie, l'empereur l'envoya de nouveau en Espagne ; mais il y exerça, à ce qu'il paraît, peu d'influence. Il se soumit aux événements de 1814, et accepta même de Louis XVIII le titre de comte. Toutefois, à son retour de l'île d'Elbe, Napoléon lui confia le commandement en chef de l'armée du Rhin , ainsi que celui d'une division militaire. Après la seconde restauration , le maréchal Jourdan présida le conseil de guerre devant lequel fut traduit le maréchal Nev, conseil qui se déclara incompétent. Malgré la rancune que lui en garda la restauration , il fut nommé pair de France en

Après la révolution de 1830 , il tint guelques jours le portefeuille des affaires étrangères , puis il fut nommé gouverneur des Invalides , poste dans lequel il mourut en 1833.

Napoléon, qui avait eu des préventions contre le maréchal Jourdan, lui rendit justice à Sainte • Hélène : « En «voilà un, dit-il dans le Mémorial «(tom. VII, p. Il), que j'ai fort mal « traité assurément. Rien de plus naturel que de penser qu'il eut dû m'en « vouloir beaucoup, sans doute. Eh bien, «j'ai appris avec plaisir qu'après ma «chute il est demeuré constamment « bien ; il a montré là cette élévation «d'âme qui honore et classe les gens.

« Du reste , vrai patriote , et c'est une « réponse à bien des choses. »

Le maréchal Jourdan a publié : Mémoires pour servir à C histoire de la campagne de 1796, Paris, 1818, in-8°.

JoufiDAN(Mathieu Jouve), dit Coupe- Tête, né vers 1749, dans le Vivaraîs, ou , suivant d'autres, près du Pu v en Veiav. Dépourvu de toute éducation , on dit qu'il fut maréchal ferrant, contrebandier, condamné à mort par contumace; mais on ne sait , sur lui, rien de bien constaté jusqu'à la première année de la révolution. Il se vanta alors d'avoir coupé la tête au malheureux Delaunay, gouverneur de la Bastille : de là sans doute lui vînt le sinistre sobriauet de Coupe-Tête. Il se signala bientôt après dans les troubles d'Avignon, et fut l'un des chefs de l'armée révolutionnaire qui marcha de cette ville contre Carpentras et les

communes du Haut - Comtat. Arrêté sur l'ordre des commissaires de la Constituante, comme prévenu d'assassinats, il fut relâché en vertu de l'amnistie décrétée par l'Assemblée législative en mars 1792. Le parti fédéraliste le tint de nouveau en prison , à Marseille; mais à l'arrivée du général Oirtaux, qui rétablit dans cette ville l'autorité de la Convention , il fut élargi , et , bientôt après, nommé commandant de la gendarmerie des départements de Vaucïuse et des Bouches-du-Rhône. Il mettait à profit cette situation pour assouvir ses assions cruelles et désordonnées, lorsu'il fut enfin arrêté par ordre du comité de salut public, qui le fit juger à Pans et exécuter, le 27 mai 1794, comme participant à une conspiration qui tendait à détruire la république par l'immoralité.

Journaux. — Des nouvelles écrites à la main furent les premières gazettes. Les plus anciennes que l'on connaisse datent du seizième siècle. Elles parurent à Venise, sous le titre de Notizie scrittey à l'occasion de la guerre que les Vénitiens soutenaient contre Soliman II (*).

Telle fut l'origine de cette presse périodique, qui est devenue aujourd'hui l'organe prépondérant du monde civilisé, et qui en est comme le souffle intellectuel. On n'est pas d'accord sur la date des premiers journaux réguliers, non plus que sur le lieu où ils parurent.

(*) Suivant une note marginale découverte par M. Emoi. Gochet, note écrite de la main d'Adrien de But, probablement entre 14^7 et 1460, l'usage des nouvelles manuscrites serait beaucoup plus ancien , et ce serait en Allemagne qu'on en rencontrerait les première* traces : « Dans ces jours-là, dit cette note, les libraires et les imprimeurs ont déployé une étonnante promptitude pour répandre à bon marche les dernières annonces concernant les savants et les plus fraîches nouvelles ; car ceux qui sont avides tien recevoir par ce canal donnèrent volontiers leur argent. De là vient que les gestes des Turcs ont été sitôt divulgués dans nos Pays-Ras; mais ces mêmes annonces ont surtout été colportées dans la ville de Paris, cette mère et nourrice de toutes les études. >• (Bulletin de l'Académie roy. dessciences et belles-lettres de Bruxelles, t. VI, première section, p. 460 et suiv.)

Venise, Nuremberg, la Grande-Bretagne se disputent l'honneur de l'initiative. Le Mercure de France , qui date de 1605, et fut continué jusqu'à la fin de 1664 , est le premier recueil périodique qui ait paru en France. « Ce Mercure qu'on ne fait plus , dit l'historiographe C. Sorel , a été continué jusqu'au vingtième tome, qui est pour les années 1634, 1635; le tout d'une même méthode et de la main d'un imprimeur appelé Jean Riche, qui étoit fort stilé à cette manière d'ouvrage, et qui y employoit d'assez bonnes instructions pour les affaires de paix et de guerre; depuis cela est fort changé ; il n'y a

Îju'un tome ou deux de plus qui ont été aits par le sieur Malingre. Ce continuateur prétendoit d'y introduire la seule narration faute de mémoires secrets; mais cela ne lui a point réussi , de sorte que notre Mercure français a trouvé là son tombeau, etc. » Visé le reprit en 1672, et le publia jusqu'au mois de mai 1710, sous le titre de Mer* cure galant.

C'est dans les gazettes , dont la Gazette de France ouvre l'ère en 1632 (voyez Gazette), qu'il faut chercher l'origine parmi nous des journaux proprement dits. La dénomination de journal, qui prévaut aujourd'hui pour ce genre de publication, fut d'abord réservée aux recueils littéraires et scientifiques. C'est ainsi que VEncy~ clopédie définit ce mot ; « Journal^ ouvrage périodique, qui contient les extraits aes livres nouvellement imprimés, avec un détail des découvertes que l'on fait tous les jours dans les arts et dans les sciences... C'est un moyen de satisfaire sa curiosité et de devenir savant à peu de frais. »

Le plus ancien journal est donc le Journal des Savants , dont le premier numéro fut publié, le 5 janvier 1665, par Denis Sallo, conseiller au parlement, sous le nom du sieur d'Hédouville. En 1702, le Journal des Savants fut placé dans les attributions du chancelier de France, et doté sur la caisse du sceau des titres. Interrompu en 1793, il fut repris, vers la fin du siècle, par Sainte-Croix, Sylvestre de Sacy, etc.

En août 1816, il passa sous la direction du garde des sceaux, .

Page 1