JOURNAUX L'UNIVERS. JOURNAUX
Le Journal de Paris fut le premier ouvrage périodique qu'on prit l'engage* ment de faire paraître tous les jours.
Le privilège en fut accordé, à la fin de 1776, à Durieux, homme de lettres, Corancez, imprimeur, Cadet, célèbre pharmacien , et Romilly, pour l'exploiter en commun. Le premier numéro parut le 1er janvier 1777. La nouvelle feuille, par respect pour le privilège de la Gazette, devait rester étrangère à toute question politique; elle ne pouvait même donner les nouvelles de la cour. Elle rendait compte des livres nouveaux, rapportait les faits relatifs aux arts et aux sciences, donnait le programme des spectacles et l'analyse des nouveautés dramatiques. La spéculation fut heureuse, et procura cent mille francs par an de bénéfice. Monsieur (depuis Louis XVIII) fut du nombre des collaborateurs. En 1785, le Journal de Paris faillit être supprimé pour avoir inséré une jolie chanson du chevalier de Boufflers. Pendant la révolution , il compta parmi ses rédacteurs André Chénier et Regnault de Saint- Jean d'Angely. Sous l'empire, Maret et Rœdérer en devinrent propriétaires. Supprimé par M. de Villèle sous la restauration, il ressuscita en 1830, sous le titre de Journal de Paris et des départements, pour se fondre, quelque temps après, dans une autre feuille.
En 1679, Nicolas de Blégny, chirurgien du roi, publia, à Paris, un journal de médecine, qu'un arrêt du conseil supprima en 1682.
Un recueil qui appartient à la France, quoique imprimé au dehors, ce sont les Nouvelles de la république des lettres, que Bayle fit paraître en Hollande , en
En 1701, les jésuites entreprirent leur journal de Trévoux.
Les premières gazettes.avaient été de simples recueils de nouvelles, nouvelles politiques, et , surtout , nouvelles de salon. La révolution ouvrit , pour le journalisme, une ère nouvelle, non-seulement en France , mais dans toute l'Europe , et jusqu'en Angleterre , la terre classique du journalisme. La presse périodique devint, en 1789, ce qu'elle est aujourd'hui, l'analogue moderne du forum antique. Il serait trop long
d'énumérer les journaux, la plupart éphémères, que vit naître cette époque. Nous mentionnerons seulement la fondation du Moniteur officiel, en 1789 , et celle du Journal de la Librairie, en 1798.
Sous le Directoire , et surtout sous l'Empire , la presse politique fut à peu près étouffée. Elle en revint, sous ce rapport, à n'être plus guère , comme dans son enfance, qu'un simple recueil de nouvelles. Déchus de leur mission politique, les journaux cherchèrent ailleurs des dédommagements : ils devinrent surtout littéraires. Le Journal des Débats, qui s'appela plus tard le Journal de l'Empire, parut le 21 janvier 1800, et publia bientôt après le premier feuilleton.
Les cent jours rouvrirent l'arène politique. Le 1er mai 1815 fut fondé le Constitutionnel, dont il serait ingrat de méconnaître les longs et importants services. A la fin de la même année, parurent les Annales politiques, morales et littéraires, qui, en 1819, chan-
f;èrent leur titre en celui de Courrier, equel devint, en 1820, le Courrier français, longtemps dirigé par M. K.cratry. En 1818 , fut fonde le Conservateur, organe des doctrines monarchiques et catholiques, auquel, en 1819, les libéraux opposèrent la Minerve.
Nous devons citer aussi, parmi les feuilles libérales de cette époque, le Censeur, qui se fondit plus tard dans le Courrier français. En 1824, parut le Globe, or-
Sane de la philosophie électique et des octrinaires, qui, malgré les justes et graves reproches qu'une critique sévère lui pourrait adresser, n'en exerça pas moins sur la jeunesse une grande et salutaire influence. Les dernières années de la restauration ont vu naître le Temps, le National, la Revue française.
La révolution de juillet donna un branle nouveau à la presse périodique.
Parmi les nombreux journaux qui ont paru et disparu dans les années qui ont suivi, nous citerons la Tribune, l'Avenir, le Monde, le Journal du Peuple, le Bon Sens, etc. En 1834, fut fondée la Presse, le prototype des journaux à bon marché.
Les principaux journaux politiques
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qui se publient aujourd'hui sont : le Journal des Débats, la Presse, la Lêgislature, organes du parti conservateur; le Siècle, le Constitutionnel, le Courrier français , organes de l'opposition dynastique; le National, organe du parti radical ; la Gazette , la Quotidienne et la France, organes de l'opinion légitimiste ; l'Univers , catholique et dynastique. Parmi les revues et recueils scientifiques, nous citerons le Journal des Savants, la Revue des Deux-Mondes, la Revue indépendante, la Revue de Paris, etc., auxquelles il faut ajouter les recueils suivants, qui ne rentrent dans aucune des précédentes catégories : le Droit, la Gazette des Tribunaux, le Semeur, la Phalange, le Charivari, etc.
Jodbnée des aniebs. Le congrès assemblé en 1511 à Mantoue pour la pacification de l'Italie, ayant été rompu par les intrigues du pape Jules II , qui voulait à tout prix satisfaire sa haine contre Louis XII, les hostilités recommencèrent entre les Français et les troupes du pape. Celles-ci s'étaient retirées sous les murs de Bologne, lorsque le maréchal de Trivulce , commandant l'armée française, vinteanonner la ville. Les Bolonais ouvrirent leurs portes; et les Français, les bourgeois, les paysans des montagnes voisines fondirent tous ensemble sur l'armée papale, qui s'éloignait en désordre à la nouvelle de la défection des Bolonais. Jamais victoire ne fut plus complète. La poursuite s'étendit jusqu'à quatorze milles de la ville. « Jamais, dit l'historien du bon chevalier sans paour et sans reprouche (Bayard), jamais ne fut vue si grosse pitié de camp, car tout leur bagage y demeura , artillerie , tentes et pavillons ; et y avoit tel François qui lui seul amenoit cinq ou six hommes d'armes du pape , ses prisonniers ; et en fut un qui avoit une jambe de bois, appelé la Baulme, qui en avoit trois liés ensemble. Ce fut une grosse défaite et gentement exécutée. Le bon chevalier sans paour et sans reprouche y eut honneur merveilleux, car il menoit les premiers coureurs. » Fleu range raconte d'où vint le surnom donné à cette journée.
« Qui eust eu affaire , dit-il, le long du grand chemin, de hardes, malles et au-
tres bagages , il y en eust trouvé assez. Et Ht on un gros gain, et, pour ce qu'il
Leut tant de mulets pris dedans les ssés , sur le grand chemin , et autre part, fut nommée par les François la Journée des âniers. » Ce fut après cette victoire que Trivulce écrivit à Louis XII que, dorénavant, « il coucheroit en « lit et ne porteroit plus que des éperons « de bois. »
Journée des dupes. Voy. Dupes.
Journée des éperons. Voyez Eperons.
Journée des farines. Voyez Farines.
Journée des harengs. Voyez Harbngs.
Jours (grands). Voyez Grands jours.
JOUVENBL OU JUVENAL DES UrSINS.
Voyez Des Ubsins.
Jouvenet (Jean) naquit à Rouen én 1647. Sa famille comptait beaucoup d'artistes, et on lui mit de bonne heure un crayon entre les mains; aussi exécuta-t-il, à 19 ans , son tableau de la Guérison du paralytique, qui attira sur lui l'attention des artistes. Le Brun le présenta à l'Académie en 1675 , et la protection du premier peintre du roi lui fut , dès ce moment , très-utile. Il avait fait quatre grands tableaux pour l'église de Saint-Martin des Champs. Sur la recommandation de le Brun, Louis XIV voulut les voir, et en fut tellement satisfait , qu'il pria Jouvenet de les recommencer , pour qu'on pût les exécuter en tapisserie auxGobelins. Tout en souscrivant au vœu du roi, Jouvenet ne voulut pas s'astreindre à une imitation servile; il copia ses tableaux, mais en maître , et il se surpassa lui-même.
Quand Pierre Ier, visitant la manufacture des Gobelins , vit les tapisseries qui avaient été exécutées d'après ces tableaux , il fut frappé de leur mérite et les choisit pour la tenture que le roi lui avait offerte.
Louis XIV chargea ensuite Jouvenet de peindre les douze apôtres qui devaient se trouver au-dessous de la cou-
f>ole des Invalides, et le fit contribuer à a décoration de la chapelle de Versailles.
On reconnaît dans les tableaux de Jouvenet une composition riche, une manière large ; on sent un pinceau fer-
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me et vigoureux, mais on regrette que le coloris n'ait pas tout le ressort, toute la vérité qui en feraient des chefs-d'œuvre. C'est à cette absence de coloris qu'il faut attribuer l'estime médiocre qu'on fait aujourd'hui du talent de cet artiste. Le dessin, l'imagination, ce n'est pas, dans les œuvres de l'art, ce ue l'on comprend le mieux ; ce qui séuit davantage , c'est la couleur qui frappe d'abord les yeux, et c'est souvent en faveur de cette qualité qu'on laisse passer bien des erreurs. Jouvenet travaillait beaucoup; ses travaux altérèrent sa santé. Frappé d'une attaque d'apoplexie, il devint paralytique du côté droit. A peine sa main pouvait-elle tracer à grand'peine quelques tristes dessins, lorsqu'il entreprit de dessiner et de peindre de la main gauche. C'était presque une éducation à recommencer. Cependant, il ne se découragea pas, et réussit à peindre ainsi avec autant d'habileté qu'il l'avait fait auparavant. Son tableau du Magnificat , qui décore le chœur de Notre-Dame , a été exécuté de cette manière.
Parmi les meilleurs tableaux de Jouvenet, on cite : Madeleine chez les pharisiens; Jésus-Christ chassant les vendeurs du Temple; la Pêche miraculeuse; la Résurrection de Lazare; une Descente de croix; Esther devant Assuérus. Le Musée possède 8 tableaux de ce peintre. Il avait été nommé directeur et recteur perpétuel de l'Académie; il mourut à Paris en
Joux ÔU Jubà, Pagus Juranus ou Jurensis , pays de l'ancienne Franche- Comté , dont les principales localités étaient le château de/owr (département du Doubs), Menetraen Joux (département du Jura).
Joux (fort de), château fort du département du Doubs , à 4 kil. de Pontarlier. Bâti sur un mamelon isolé d'environ 600 pieds de hauteur . au pied duquel coule le Doubs, il se compose de trois enceintes entourées de larges fossés avec pont-levis. Cette forteresse, qui a longtemps servi de prison d'État , a reçu successivement comme prisonniers, Mirabeau , Toussaint-Louverture , le marquis de Rivière , le. général Dupont, etc.
Jouy-en-Jos vs , ancienne seigneurie de l'Ile-de-France, aujourd'hui du département de Seine-et-Oise , érigée en comté en 1654 , en faveur de Charles cPEscoubleau, marquis de Sourdis.
Jouy (Victor-Joseph-Étienne) , né à Jouy(Seine-et.-Oise), en 1769, embrassa d'abord la carrière des armes.Tout jeune, il alla servir aux colonies , à la Guiane d'abord, ensuite aux Indes orientales. De retour en France, à la fin de 1790, il fut promu au grade de capitaine dans le régiment de colonel-général-infanterie, fit la première campagne de la guerre de la révolution sous les ordres du général O'Moran , dont il était l'aide de camp, et fut nommé adjudant général après la prise de Fumes. Impliqué dans l'accusation qui conduisit, en 1794,500 général à l'échafaud, il fut lui-même condamné à mort par contumace, et n'échappa au sort qui le menaçait qu'en se réfugiant en Suisse. Il rentra en France après le 9 thermidor , et fut nommé chef d'état-major de l'armée du général Menou. Il concourut, dans la journée du 2 prairial, à la victoire remportée par les troupes de la Convention, fut arrêté au 13 vendémiaire, pour avoir eu une conférence avec les députés des sections, recouvra la liberté quinze jours après, et fut envoyé alors à Lille en qualité de commandant de place; mais à peine arrivé dans cette ville, il fut de nouveau arrêté et incarcéré, sous prétexte de liaisons politiques avec lord Malmesbury, et de connivence avec le ministère anglais.
Réintégré dans ses fonctions après une courte détention et plusieurs mois de non activité, il sollicita sa retraite. Sous l'empire , il suivit à Bruxelles le comte de Pontécoulant , en qualité de chef des bureaux de la préfecture du département de la Dyle ; il renonça à ces fonctions pour se livrer exclusivement à la littérature, lorsque M. de Pontécoulant fut nommé sénateur.
Il composa alors des opéras, des opéras comiques, des vaudevilles , des tragédies. Il s'exerça aussi dans le genre du roman de mœurs. Il y a dans ses nombreux essais de la facilité , de l'esprit, mais rien qui l'élève au-dessus des talents de second ordre. En 1815, il fut appelé à l'Académie fran-