‹ FranceChapitre 337 sur 378 · DES COMPTES · texte numérisé non relu

DES COMPTES

Jurieu (Pierre), célèbre théologien protestant, naquit en 1637, à Mer, dans l'Orléanais (Loir-et-Cher). Il succéda à son père dans le pastorat de ce lieu , et

(*) Questions du droit administratif, préface , p. xir.

fut appelé, en 1674, à une chaire de l'académie de Sedan; mais il s'enfuit en Hollande en 1681, lors delà dissolution de cette académie, sur l'avis qu'on allait l'enfermer pour son livre intitulé la Politique du clergé de France.

Il obtint alors le pastorat de l'église wallone, et une chaire de théologie à Rotterdam. La révocation de l'édit de Nantes acheva d'aigrir son esprit irritable. Les succès de Bayle , son collègue à Sedan et à Rotterdam, lui ayant porté ombrage, il l'accusa d'adultère avec sa femme et d'hérésie, et le fit condamner

fiar le consistoire de Rotterdam. Tous es torts de Bayle se réduisaient cependant à ne pas partager les fureurs de son coreligionnaire.

Le reste de la vie de Jurieu ne fut qu'un accès de démence furieuse. Il cherchait sans cesse des ennemis, écrivait contre les protestants et contre les catholiques avec la même animosité, traitant avec aussi peu de ménagement Saurin et Basnage, que Nicole , Arnauld,Fénelon et Bossuet. L'irritation continue de ses organes finit par l'épuiser. Il mourut en 1713, âgé de 75 ans.

Ses ouvrages principaux sont : Histoire du calvinisme et du papisme mis en parallèle, Rotterdam, 1682, 2vol. in-4°; ih., 1683, 4 vol. in-12 (c'est une réfutation de Y Histoire du calvinisme du P.

Mu imbourg); Politique du clergé de France, etc., Amsterdam, 1681, in-12; Esprit de M. Arnauld, Deventer (Rotterdam), 1684, 2 vol. in-12; Accomplissement des prophéties, etc., Rotterdam, 1681, 2 vol. in-12, une des productions les plus bizarres de l'esprit de parti ; Lettres pastorales adressées aux fidèles et au clergé de France, 1 688 , in-12 ; Tableau du socinianisme, 1 691 , in ■ 1 2 ; enfin , Histoire critique des dogmes et des cultes, etc., Amsterdam, 1704, avec un Supplément, ibid., 1705, in-4° : c'est le meilleur ouvrage de Jurieu.

Jurisconsultes. C'est à la fin du douzième siècle que l'on vit paraître, en deçà des Alpes , les premiers jurisconsultes qui aient laissé un nom digne d'être consigné dans l'histoire : la France avait été devancée , mais de quelques années seulement, par l'Italie, dans la

science du droit, qui , dans cette contrée , avait pris un rapide essor , lors de la découverte faite à Amalfi, en 1137, d'un exemplaire des Pandectes.

Quoi qu'il en soit, vers 1190, Placen- Un professait le droit romain à Montpellier; et, peu de temps après lui, François Àccurse vint faire ses lectures à Toulouse.

En 1270, saint Louis publia ses Établissements , qui résumaient toute la science du temps, les principes des lois romaines , les procédés de la pratique, et çà et là quelques réformes importantes.

Vers le même temps, Pierre Des Fontaines rédigea le Conseil à un ami, où il traçait les règles à suivre dans les relations civiles, s'efforçait de tempérer, par le mélange des lois romaines , les principes rudes et barbares du droit féodal.

Philippe de Beaumanoir, contemporain de Des Fontaines, rédigea ^Coutumes et usages de Beauvoisis, en 1283.

Son ouvrage a obtenu l'estime de du Cange, et excité l'admiration de Montesquieu.

Dans le même temps , on voit Guillaume Durand écrire son Spéculum juris, et Guy Foulques, qui depuis fut nommé pape , sous le nom de Cte ment IV, composer deux ouvrages sur le droit romain , Qusestiones juris et Recipiendarum actionum rationes.

Au quatorzième siècle apparaissent Guillaume du Breuil , qui rédigea en latin les formules du palais, Stylus parlamenti; Jean Faber, qui fut chancelier de France , et fit un commentaire estimé sur les Institutes; Jean Desmarets, conseiller, avocat du roi au parlement , auteur des Décisions , et qui fut si injustement mis à mort sous Charles VI; Raoul de Preste, à qui on attribue le Songe du t ergier , ouvrage polémique où la juridiction ecclésiastique est fortement attaquée; enfin, Jean Bouteillier, oui écrivit sa Somme rurale à la fin au quatorzième ou au commencement du quinzième siècle.

En 1453, Charles VII rendit à Montils-lez-Tours , une ordonnance dont l'article 125 veut que « les coutumes, « usages et styles de tous les pays du « royaume soient rédigés et mis en écrit;

Page 1