KEHL
pu is 48 heures déroba aux deux armées leurs mouvements respectifs. A peine les alliés s'ébranlaient-ils,qu'on vint annoncer à Blùcher que toutes les troupes françaises avaient franchi la Katzbach, et que déjà le 6Ç corps attaquait vivement Langeron. Le général prussien fit aussitôt ses dispositions pour le combat. La principale tut d'établir Sacken derrière le plateau qui s'étend à gauche d'Eicholz, et de placer deux fortes batteries sur les hauteurs voisines. Il était trois heures. Macdonald , jugeant par les masses mises en action , qui) avait affaire à toute Tannée ennemie, se hâta de disposer la sienne. Tandis que le i r corps se développait entre Weinberg et Klein-Tintz, le 3e, qui était aux ordres de Souham, et la cavalerie, que Sébastian]' commandait, reçurent ordre de faire diligence pour entrer en ligne. Malheureusement , Souham , pour arriver plus tôt, se dirigea par Kroitsch et Nieder-Krayn. C'était la direction que Sébastiani suivait déjà, et ils se rencontrèrent dans le premier de ces deux villages, d'où provint un encombrement qui influa beaucoup sur la fatale issue de la journée. Notre droite s'appuyait à la Wùthende-Neiss , mais notre gauche restait absolument en l'air. Cette faute, Blùcher en profita sur-le champ. La cavaleriede Sacken etpartiede celle d'York attaquèrent de front l'extrême gauche du 11e corps, pendant qu'un fort détachement de Cosaques la prit de flanc par Licholz, et qu'un autre la tourna par Klein-Tintz. En même temps, l'infanterie d'York se déploya vers AVeinberg. Les régiments de Sébastiani, trouvant la route de Kroitsch à Nieder-krayn encombrée par l'artillerie, les équipages et les divisions du 3° corps, n'arrivèrent que lentement , que successivement', et ne purent fournir que des charges partielles qui toutes furent repoussées avec avantage par la cavalerie ennemie , bien supérieure en nombre.
Deux brigades du 3e corps, débouchant à la fin de Nieder-Krayn, essayèrent en vain d'appuyer quelques-unes des charges françaises ; elles furent refoulées avec la cavalerie au delà du village , et le parc, les bagages du 11e corps, tombèrent au pouvoir des Prussiens... Macdonald, ne pouvant plus que rétrograder
yers la Katzbach , prit la direction du gué de Schmochowitz. Pour n'être pas inquiété dans sa retraite, il ordonna nu 1/° corps de continuer à tfiiir le plus longtemps possible, et à deux divisions du 3e, qui n'avaient pas encore donné, d'opérer une diversion contre Sacken.
Grâce à ces mesures , dont toutefois l'exécution coûta des flots de sang, Macdonald ramena dans la nuit les restes de son armée a la rive gauche de la Katzbach , et, le jour suivant , marcha sur Buntzlau. La division Puthod , qui, avons-nous dit, avait été détachée dans la journée du 26 , pour se porter par Scnonau et Jauer sur les derrières des alliés , rétrograda dès qu'elle sut la perte de la bataille; mais elle ne put ni rallier le 5e corps à Goldshcrg, ni trouver un passage à llirsehberi;. Qbhgée de se rabattre sur Lowenberg, elle fut entourée par i'enneini , et malgré ses courageux efforts pour se faire jour, déposa Ips armes. Cette perte , et celle du champ de bataille, affaiblirent Macdonald d'environ 30.000 hommes et d'une centaine de canons. INos annales militaires offrent peu d'exemples de défaites aussi terribles.
Kehl (sièges de). Cette petite ville badoise , située sur la rive droite du Rhin, en face de Strasbourg, à l'extrémité (lu pont de bateaux, tut fortiliée au commencement de la guerre de Trente ans. Elle appartenait a la ville libre, de Strasbourg , iorsque le maréchal de Créqui la prit d'assaut en 1678 , et en rasa les fortifications. Après la réunion ' de Strasbourg à la France (1681), Vauban comprit cette localité dans le système qu'il imagina pour la défense de la place, et y construisit des ouvrages. A la paix de Rvswiek (1607), Louis XIV rendit Kehl" à j'Empire. En 1702, Villars vint l'assiéger. La tranchée lut ouverte le 25 février. 11 poussa les approches avec tant de vigueur , que la garnison, composée de 3,000 hommes, capitula le 9 mars.
— Rendu par la paix de Rastadt, ce fort fut encore assiégé par le maréchal de Berwick en 1733. Il fit quelque résistance; mais enfin, le 28 octobre, la garnison en sortit par capitulation. Les vainqueurs y trouvèrent 26 canons , beautvup de poudre, de boulets, etc.