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KEHL L'UNI

Kehl fut de nouveau cédé à l'Empire en

— L'armée de Rhin-et-Moselle avait été forcée de repasser le Rhin en 1796. Moreau résolut de porter de nouveau la guerre sur le territoire de l'ennemi . Dans la journée du 23 juin, tous les préparatifs du passage étant terminés , il fait embarquer ses troupes à minuit. Les premiers bataillons enlevèrent les redoutes après une résistance très-vigoureuse. Dans la journée du 24 , on travailla à la construction d'un pont de bateaux. Les tirailleurs suffirent pour chasser les Autrichiens du fort, de la ville et du village de Kehl. A dix heures du matin , l'ennemi fuyait sur la route d'Offembourg. Les Français ne perdirent pas 200 hommes, tandis que les Autrichiens laissèrent sur le champ de bataille 600 hommes tués ou blessés, 500 prisonniers, 2,000 fusils, 13 canons. On releva les anciennes formations de Kehl , et l'on y ajouta quelques redoutes et un camp retranché.

L étendue de ces ouvrages aurait demandé une garnison nombreuse. Cependant la place n'était gardée que par 500 hommes. Le 18 septembre 1796, avant le point du jour, Kehl fut vivement attaquée par trois colonnes autrichiennes , qui en peu de temps s'en emparèrent. Cependant , au premier coup de canon , la générale fut battue dans Strasbourg; la garde nationale se réunit ; les batteries de l'autre côté du Rhin firent un feu terrible , tandis que les troupes de Strasbourg arrivaient au pas de charge. Les Impériaux , partout repoussés, poursuivis avec vigueur, furent chassés à dix heures des dernières mai-, sons et des derniers ouvrages de Kehl : 650 d'entre eux périrent dans cette journée, 300 demeurèrent prisonniers.

Des remparts de terre , un camp retranché à peine palissadé, des ouvrages avancés encore informes , paraissaient peu dignes des honneurs d'un siège en règle ; néanmoins, gardés par des Français , ils étaient un sujet continuel d'inquiétude pour les Autrichiens. Une armée formidable fut dirigée sur cette ville. Moreau en confia la défense à Desaix ,

?ui avait déjà dirigé les mouvements de attaque du mois de juin. Pendant deux

/ERS. KEMERMAÎSN

mois(*) , les attaques de l'ennemi furent repoussées avec une valeur et une habileté admirables. Les moindres avantages coûtaient si cher aux ennemis, qu'ils avaient résolu de ne risquer aucune attaque de vive force. On les vit marcher à la sape sur des masures de redoutes , les environner de tranchées , de batteries , et y déployer tout l'appareil d'un siège en règle. Desaix ne se rendit que quand le fort ne fut plus qu'un monceau de ruines, et ce fut lui qui dicta les conditions de la capitulation , le 9 janvier 1797. (Voyez Desaix.)

Moreâu franchit encore une fois le Rhin, le 24 avril 1797, vers Diersheim (voyez ce mot). Cinquante dragons se présentèrent alors devant Kehl , et la garnison que les Autrichiens y avaient laissée se rendit prisonnière.

Cette ville resta à la France jusqu'en 1814. A cette époque, après avoir soutenu un blocus assez long, elle fut cédée au grand-duc de Bade.

Kellermann (François-Christophe), duc de Valmy, maréchal de France, naquit à Strasbourg, le 30 mai 1735. Il s'enrôla comme volontaire en 1752, et fit la guerre de Sept ans, où il gagna le grade de capitaine. Après différentes missions à l'étranger, il fut en 1771 l'un des officiers que Louis XV envoya en Pologne pour seconder la confédération de Bar, et se distingua particulièrement au combat de Cracovie. Fait lieutenautcolonel à sa rentrée en France, il devint colonel en 1784, et maréchal de camp l'année suivante. En 1789, il embrassa avec ardeur la cause de la révolution, fut investi en 1791 du commandement de l'Alsace, et déjoua toutes les intelligences que le prince de Condé et le vicomte de Mirabeau entretenaient sur cette frontière.

Mis, en 1792, à la tête des troupes qui se rassemblaient au camp de Neukirk , sur la Sarre , il couvrit avec sa petite armée de 1 0,000 hommes l'Alsace et une partie de la Lorraine , et préserva ces nrovinces des dévastations méditées par les Autrichiens , qui , au nombre de 36,000, avaient franchi le Rhin près

(*) C'est par erreur qu'à l'article Desaix on u dit six mois.

Spire. Nommé le 28 août au commandement en chef de l'armée du centre, il s'ébranla dès le 4 du mois suivant, pour aller se réunir à Dumouriez dans les plaines de la Champagne , et opéra sa jonction le 19. Placé sur les bords de l'Auve, l'apparition inattendue des alliés l'obligea de chercher, le jour même, un champ de bataille moins désavantageux, et il s'arrêta sur les hauteurs de Valmy. Attaqué le lendemain, et voyant la bonne contenance de ses troupes, Kellermann mit son chapeau sur lapointe de son sabre, puis, l'élevant en l'air, s'écria : Vive la nation ! Ce cri , répété dans tous les rangs avec le plus vif enthousiasme, frappa l'ennemi de stupeur, et devint le signal de l'éclatante victoire que 24,000 Français remportèrent contre 100,000 Austro-Prussiens.

Employé ensuite , sous Custine , à l'armée de la Moselle, Kellermann fut dénoncé par ce général pour ne pas s'être emparé de Trêves et de Mayence. 11 parut le 14 novembre à la barre de la Convention , protesta hautement de son patriotisme, et fut absous. Au commencement de 1793 , sur une nouvelle dénonciation de Custine, encore moins fondée que la première, le comité exécutif manda une seconde fois Kellermann à Paris pour lui faire expliquer sa conduite. Un décret du 18 mai le déclara encore innocent, et trois jours après, il fut nommé général en chef de l'armée des Alpes et d'Italie.

Il venait d'arriver à son poste, et s'occupait activement de maintenir cette frontière intacte, lorsqu'il reçut l'ordre d'envoyer une partie considérable de ses forces devant Lyon. Bientôt il dut venir lui-même présider au siège de la cité rebelle. Mais au bout de quelques jours, se souciant peu de prendre part à la guerre civile, et d'ailleurs n'ignorant pas que les Lyonnais étaient encouragés dans leur résistance par l'espoir que les Piémontais forceraient la ligne du mont Blanc et viendraient les secourir, il voulut laisser le commandement des troupes assiégeantes au général Dumuy, et retourner a son armée : les représentants du peuple exigèrent qu'il demeurât. En vain ecrivit-il au comité exécutif

Îue c'était à la frontière qu'on prendrait .yon. Ce fut seulement lorsque nos

troupes , attaquées par des forces supérieures, se replièrent, et que les Piémontais firent irruption par la vallée de Salanches , qu'on permit à Kellermann de s'éloigner pendant trois jours. Sa présence rendit le courage à ses soldats , qui reprirent l'offensive. Le troisième jour, il était revenu à Lyon ; mais le 28 août il en repartait pour repousser les Piémontais, qui, après s'être déjà avancés jusqu'à Bonneville, menaçaient Annecy et Chambéry. Avec S^otfliommes, il les chassa de la Tarentaise et de la M m rienne, et ses prédictions s'accomplirent : Lyon capitula le lendemain de la fuite de l'armée piémontaise.

Rien cependant ne put, à ce qu'il paraît, contre-balancer l'impression qu'avait produite sur les membres du gouvernement la répugnance de Kellermann à réduire Lyon par les armes. Il fut destitué le 18 octobre, et enfermé à l'Abbaye, où il resta 13 mois. Acquitté au bout de ce temps , et replacé a la téte de l'armée des Alpes et de l'Italie, il arrêta , par sa résistance opiniâtre dans 20 combats, la marche des Autrichiens sur la Provence, et parvint à établir une ligne devant laquelle échouèrent tous leurs efforts. La conquête de l'Italie par Bonaparte restreignit l'importance du commandement de Kellermann; mais le vieux capitaine seconda de son mieux le jeune héros , et l'aida toujours , soit à vaincre, soit à conserver les fruits de ses victoires. Aussi , quand Bonaparte fut arrivé au pouvoir suprême, Kellermann, quoiqu il eût peu participé au 18 brumaire, devint successivement sénateur, président du sénat, maréchal de France, duc de Valmy. Toutefois, sans doute à cause de son âge déjà avancé , il ne commanda plus , de 1804 à 1813 ,

Sue des armées de réserve ou des corps 'observation.

En 1814, Kellermann , comme tous les grands dignitaires de l'empire, vota la déchéance de l'empereur, et se montra prêt à servir le gouvernement royal. Après la première restauration, il échangea son titre de sénateur contre celui de pair. Resté sans fonctions pendant les cent jours, il reprit, lors du deuxième retour des Bourbons, sa place à la chambre haute, où du moins il fit cause commune avec les défenseurs de nos libertés

KÉRATRY L'UNIVÈRS. KÉRATRY

publiques , et mourut le 1± septé***é

Sehta nt s* fin approche*, et désrrant què son coeuf fût déposé aux champs de Yalmy , il avait écrit ati maire de cette commmié pour le fnrier de lui acheter à cet effet un petit tertam de deux pieds carrés. Un fifs qui, de son vivant, s'associa à sa gloire militaire, a accomprï ce vœu patriotique.

Kempten (bataille de), gagnée fe 17 janvier 1642, contre les Impériaux, par le maréchal de Guébriant. (Voyez ce nom.)

Kéné (combat de). — Au mois de février 1799, les Arabes dTambo, réunis à Mourad-Bey, se rallièrent, après leur défaite deSamanhout, dans les environs de Kéné, sur la route de Cosseïr. Le chef de brigade Conroux se porta, dès le 6, avec une colonne mobile, sur cette petite ville. Le 12, au soir, tous les postes de la 61e demi brigade furent attaqués. Leur vive défense força l'ennemi à se retirer; mais le chef de brigade fut Messe. Impatients de le venger , les Français attendaient le lever de la luné pour poursuivre les Arabes, quand ils revinrent en poussant des hurlements épouvantables. Ils furent reçus, comme la première fois , par une fusillade extrêmement vive. En un instant leur déroute fut complète. On les poursuivit pendant plusieurs heures. Deux ou trois cents d'entre eux se jetèrent dans un enclos de palmiers, s'acharnant à s'y défendre contre le feu dirigé contre euk par le chef de bataillon Dorsenne ; ils y périrent jusqu'au dernier. Plus de 300 Arabes succombèrent, en outre, dans Cette affaire. On compta seulement 3 blessés parmi les vainqueurs. Dorsenne, dont la conduite mérita les plus grands éloges des chefs de l'armée, fut du nombre des blessés.

Kknoque (fort de la).— Cette forteresse de la Flandre autrichienne, dont les travaux de défense lurent augmentés par Vauban, avait été prise en 1647 parRantzau. Boûftlers s'en rendit mattre le 9 juin 1744.

Kérathy (Marguerite-Hilarion) naquit à Rennes, le 28 octobre 1769, d'Une famille noble. Après avoir faitson droit à l'école de sa ville natale, il fit plusieurs voyages à Paris, ets'v lia avec quelques

hommes distingués, tels que Bernardin de Saint-Pièrre et Legouvé, auxquels il plut par l'élévation de ses sentiments ét par Son goût pour les lettres.

Retiré à Rennes, à l'époque de la terreur, il fut arrêté, comme ex-noble, par ordre de Carrier; mais il fut Sauvé par quelques amis de collège. Après l'exécution de Louis XVI, M. Kératry subit encore une détention de quatre mois, après lesquels les habitants de sa commune rurale le réclamèrent, et le firent rendre à la liberté. Depuis cette époque, il exerça à diverses reprises des fonctions municipales dans sa commune. Pendant ses loisirs, il se livrait avec assiduité à des études philosophiques et littéraires. En 181 8, les suffrages de ses concitoyens lé portèrent à la chambre des députés.

M. Kératry défendit à la tribune, avec M. Royer-Coîlard, la nouvelle loi de la presse ; il composa sur les lois exceptionnelles trois brochures politiques d'un grand mérite , et dont le publié épuisa plusieurs éditions en peu de mois. Plus tard, il dénonça le prétendu cordon sanitaire établi sur les Pyrénées, en le signalant comme une mesure destinée à renverser par la force des armes la constitution espagnole, pour faire triompher les soldats de la foi, les moines et le gouvernement absolu.

Il réclama avec force un dégrèvement sur le sel, s'éleva avec éloquence contre l'odieux et funeste privilège des jeux de hasard et de loterie, et, dans la session de 1822, attaqua sans ménagement le système de la diplomatie des cours liguées contre les peuples.

En 1822, M. Kératry rut de nouveau nommé député par le département du Finistère ; mais , à l'époque de la dissolution de cette chambre , l'influence ministérielle réussit à maîtriser les élections et à le faire exclure. Il devint alors collaborateur du Courrier français, et, dans cette feuille , constamment fidèle aux mêmes principes, il attaqua la faction audacieuse qui marchait téte levée à la contre-révolution. Deux fois traduit devant les tribunaux, deux fois il futacquitté. Réélu dans la session de 1828, il répondit à la confiance de ses commettants par un redoublement de zèle pour la cause du libéralisme.

À aucune époque, la politique n'avait

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empêché M. Kératry de satisfaire son ensuite par les tempêtes et le mauvais penchant pour les travaux sérieux de la état de l'équipage de revenir en France,

téraires. En 1791 , il avait fait paraître d'avoir délaissé, au miliea des parages

un volume de contes et tfidyUes dans déserts qu'il parcourait , une embarca-

le genre de Gessner. L'abbé Aubert et tionqui ne fut sauvée que par miracle,

la Harpe en parlèrent avec éloge dans Traduit en conséquence devant un con-

les journaux du temps. Dans le cours seil de guerre , il fut dégradé et enfermé

de Fanvni, il publia son foyage de au ehâteau de SaUimïr : jugement sé-

vingt-quatre heures , dont deux édi- vère, dans lequel entra peut-être de l'a-

tions lurent promptement épuisées ; en ni m o si te. Dans la suite , il obtint sa It-

i'an x/ses Voisins dans V Arcadie, qui berté et fit encore quelques courses sur

n'eurent pas moins de succès; et, l'an- mer, mais sans résultats importants. Il

née suivante, son Habit mordoré, pro- mourut en 1797. On a de lui la Relation

duction dans le genre de Sterne. L'ou- d'un voyage dans la mer du Nord, Pa-

vrage qui a le plus contribué à sa répu- ris,* 1771, t vol. in-4°; la Relation dè

tation appartient au genre philosophi- deux voyages dans les mers Australes

que : ce sont les Inductions morales et et des Indes, Paris, 1782, in-8° ; la Re-

pfUlosophiques , où règne un noble et lotion des combats et des événements

fnir spiritualisme, mais où la pensée et de la guerre maritime de 1778, entre 'expression s'enveloppent trop souvent la France et l'Angleterre, Paris, 1796, des nuages d'une mysticité allemande in-8°; enfin, diverses Cartes marines. et d'une sensiblerie affectée. M. Kéra- Kbbjan, ancienne châtellenie de l'étry s'est aussi occupé des beaux-arts, et véché de Léon , en Bretagne , laquelle il a rendu , dans le Courrier français, fut unie aux châtellenies de Languen, un compte très-détaillé du salon de Rodafaes , Kerleiguer, et Trocurum, 1819, qui a ensuite paru en un volume, et érigée en marquisat, en 1618. Enfin, on a de lui des romans, le Der- Kermtbno, ancienne seigneurie de mer des Beaumanoir ; Frédéric Styn» Bretagne , qui , réunie à celle de Baud , dall y assez intéressants , malgré des fut érigée en marquisat en 1624. longueurs et trop de dissertations ou Kiebsy (diète de). — Au moment où de rêveries philosophiques mêlées au l'empire carlovihgien tombait en ruine récit. de toutes parts, Charles le Gros, avant Kebguelen - Tremabec (Yves-Jo- de partir pour l'Italie, envahie à la fois seph de), navigateur et contre-amiral, par les Sarrasins, les Grecs, le duc de né en Bretagne, eu 1745, fut chargé, Bénévent, et les vassaux même de l'Einen 1767, du commandement d'une fré- pire, assembla à Kiersy-sur-Oise une gâte qui fut envovée en station dans diète, où il régla le gouvernement du les parages de l'Islande, pour y protéger royaume pendant son absence, et dési-» les pêcheurs français. Après avoir rem- gna les prélats et les comtes qui depli successivement plusieurs autres vaient servir de conseillers à son fils, commissions importantes , il partit en Cette diète fait époque dans notre his- 1771 pour un voyage de découvertes toire, car un des articles du capituiaire dans les terres australes. On supposait qui y fut décrété consacre le triomphe alors que la partie méridionale et voi- de la féodalité. En voici le texte. « Si sine du pôle de l'hémisphère austral un comte de notre royaume vient à devait offrir un continent qui fît équili- mourir, et que son fils soit avec nous bre à la masse des terres voisines du (en Italie) , que notre fils et nos fidèles pôle dans l'hémisphère boréal. Kergue- choisissent quelques-uns de ceux qui len ne découvrit rien qu'une île affreuse ont été les plus proches et les plus inet déserte qu'il nomma Vile de la déso- times dudit comte, lesquels, de concert lation, et qu'on a appelée depuis en son avec les officiers inférieurs du comté et honneur Terre de Kerguelen. Il y re- l'évêque diocésain , prendront soin du tourna l'année suivante (1773), et du 15 comté jusqu'à ce que nous soyons prédécembre au 6 janvier 1774, il recon- venus, et que nous puissions conférer nu t environ 32 myriam. de côtes. Forcé la dignité du père aujils qui sera près<

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